Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le bilan positif des forums sur le financement de l'innovation et de la compétitivité, sur la politique de soutien à la recherche industrielle, notamment avec la création des pôles de compétitivité ou de France Investissement, et sur la priorité au développement des TIC dans les PME, Rennes le 25 janvier 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le bilan positif des forums sur le financement de l'innovation et de la compétitivité, sur la politique de soutien à la recherche industrielle, notamment avec la création des pôles de compétitivité ou de France Investissement, et sur la priorité au développement des TIC dans les PME, Rennes le 25 janvier 2007.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : 7e forum du financement de l'innovation et de la compétitivité à Rennes, le 25 janvier 2007

ti : Monsieur le Président, Mesdames et messieurs les Elus,
Monsieur le Préfet
Mesdames et Messieurs les Entrepreneurs,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et messieurs,


C'est donc à Rennes que je viens aujourd'hui boucler mon tour de France des forums du financement de l'innovation et de la compétitivité. Cette étape est en effet la 7e après Lyon, Marseille, Grenoble, Paris, Toulouse et Strasbourg.

Je suis heureux que cette dernière édition m'amène en Bretagne, région réputée pour le tourisme, parfois pour l'agriculture, mais dont je n'oublie pas qu'elle est aussi une terre industrielle, avec une proportion particulièrement élevée d'industries innovantes, notamment 43000 salariés dans le secteur des technologies de l'information et de la communication. La Bretagne se situe aussi au 7e rang des régions françaises les plus attractives d'après l'INSEE, au 6e rang pour la dépense privée de R& D et au 4e rang pour le nombre de brevets déposés.

Ce dynamisme dans les secteurs de la R& D et de l'innovation se retrouve et s'amplifie dans la dynamique des pôles de compétitivité bretons, que je tiens à saluer et à remercier pour leur participation à l'organisation de ce forum : le pôle mondial Images et réseaux, les pôles Mer, Valorial, Automobile Haut de Gamme, Viande et EMC².

Bref, Rennes, capitale de la Bretagne a largement mérité d'abriter la conclusion des forums du financement de l'innovation et de la compétitivité.

Cette conclusion est naturellement l'occasion d'un bilan, ce qui m'amène à rappeler l'objectif essentiel de ces réunions. Je le répète à chaque session, le plus important dans ces forums est l'intensité des rendez vous d'affaires qui se déroulent en coulisse, quel que soit par ailleurs l'intérêt des discussions en réunion plénière. Ces forums visent en effet avant tout à réunir des entrepreneurs et des financiers pour trouver des solutions de développement aux uns, au grand bénéfice des seconds. C'est l'originalité de ces rendez-vous que de permettre des contacts bilatéraux entre ces acteurs.

Au total, en incluant les derniers chiffres prévisionnels de Rennes, les forums auront permis de monter près de 3000 rendez vous d'affaires. Plus parlant que les chiffres, les résultats les plus importants à mes yeux sont les réalisations effectives de transactions grâce à ces rencontres. Bien sûr quelques mois après nous n'en sommes qu'au tout début, mais j'ai rencontré ce matin même deux PME, 3Room et Cylnatis qui ont trouvé des solutions de financement directement grâce aux Forums.

Dresser le bilan, c'est aussi mettre en perspective l'action de cette majorité depuis 2002 en faveur du financement de l'innovation et de la compétitivité.

Je commencerai par une nouveauté, sur un sujet qui m'a beaucoup occupé ces derniers jours et auquel sera en particulier sensible le pôle de compétitivité automobile de la région : la réduction des délais de paiement.

Il peut paraître étrange de rapprocher ce sujet de la problématique de l'innovation, mais le lien est pourtant très fort. Depuis plus de quinze ans les fournisseurs de la filière automobile se plaignaient de délais de paiement plus longs en France qu'ailleurs en Europe, avec pour effet un poids excessif des créances clients et du BFR dans leur bilan, ce qui restreint leur capacité à emprunter et mobiliser des ressources pour l'investissement et la recherche. Après un an de difficiles discussions au sein de la filière, un accord a été signé hier en ma présence pour diminuer de 15 jours dans toute la filière les délais moyens de paiement, et jusqu'à 45 jours de réduction pour les PME, qui pourront être payées à 60 jours nets au lieu de 90 jours fin de mois aujourd'hui. Le lien avec les questions de financement est direct : par cet accord, on estime que c'est plus de 1 milliard d'euros d'amélioration de la trésorerie des sous-traitants qui est obtenu, autant de ressources qui pourront maintenant être mobilisées pour l'innovation.

S'il concerne l'automobile, cet accord devrait du reste servir d'exemple et faire tâche d'huile dans d'autres filières, probablement d'abord dans la filière aéronautique.

Les actions menées depuis 2002 sont aussi un effort sans précédent de ressources financières mobilisées par l'Etat et de facilités accordées aux entreprises pour développer leur effort de recherche :

- statut de la Jeune Entreprise Innovante

- crédit d'impôt recherche qui a été constamment amélioré, avec très récemment le doublement du plafond, après le doublement du taux d'aide en volume

- créations d'agences de moyens, dont les dotations ont été encore fortement renforcées en 2007 : Oseo (doublement des moyens) , AII créée avec une dotation de 2 milliards d'euros, ANR qui dispose de 825 millions d'euros cette année

- pôles de compétitivité : la création de ces pôles en 2005 marque un véritable tournant dans notre politique industrielle et d'aménagement du territoire. Non seulement par les moyens qui y sont consacrés, 1,5 milliard d'euros sur trois ans - et nous avons tenu le rythme en « année 1 » avec 540Meuros engagés - mais surtout par la dynamique de décloisonnement entre acteurs publics et privés de recherche que les pôles ont engagés. Grâce à cela, chaque pôle contribue à développer une vision stratégique sur son secteur.

- France Investissement : ce dispositif entraîne une levée de fonds de 3 milliards d'euros sur 6 ans exclusivement consacrés aux phases critiques du développement des entreprises, de l'amorçage au capital développement

Cette politique de soutien à la recherche industrielle s'appuie sur un constat implacable : nous sommes en France dans la moyenne européenne pour les dépenses privées de R& D, mais nous ne sommes pas là où nos ambitions sont, c'est-à-dire au niveau des meilleurs. Ils consacrent 2% de leur PIB à la R& D privée, nous étions en 2003 à 1,3. C'est pour cette raison que l'effort engagé doit être maintenu dans la durée, afin de rattraper les niveaux atteints en Finlande en Suède ou au Japon.

Cette politique place aussi les PME au coeur des préoccupations. On l'a vu dans les enquêtes publiées ce matin par le Comité Richelieu environ 30 à 40% des aides dans les pôles vont aux PME. Ce ratio est à rapprocher de la part des PME dans la dépense de R& D qui n'est que de 16% : c'est le signe que nous essayons de tirer vers le haut les PME avec les pôles de compétitivité. Cet effort doit être poursuivi, et nous avons ainsi décidé de passer de 30% à 45% le taux des aides aux PME dans les pôles.

Cet encouragement à la croissance passe par les mesures prises dans la dernière loi de finances en faveur des gazelles, avec une neutralisation fiscale pour les entreprises à croissance rapide. C'est aussi le développement du marché Alternext qui permet un accès facilité aux marchés boursiers pour les PME innovantes.

L'autre élément de perspective que je souhaiterais donner sur mon action en faveur de l'innovation, c'est la priorité absolue au développement des usages des TIC dans les entreprises.

Développer l'utilisation des TIC dans notre économie est un enjeu à ne pas manquer pour notre économie. La France dispose d'atouts considérables dans ce secteur : un niveau record d'équipement des foyers, des entreprises françaises leader mondiales et une attractivité forte pour les investisseurs internationaux. Cela se voit parfaitement dans la richesse d'un pôle comme Images et Réseaux qui rassemble des grands noms du secteur comme Thomson, Alcatel, Motorola, un laboratoire public parmi les plus performants en matière de valorisation, l'INRIA et une multitude de PME performantes.

Pour autant, notre économie a également une faiblesse dans ce domaine, l'insuffisante diffusion des TIC dans l'économie et en particulier dans les entreprises, surtout les plus petites d'entre elles. C'est là une des raisons principales pour lesquelles la productivité aux Etats-Unis croît plus vite qu'en France aujourd'hui. C'est aussi, tout simplement, une des explications de l'écart de croissance.

Pour le dire autrement cet enjeu est au coeur de l'économie de l'immatériel, pour reprendre les termes du rapport remis par Jean-Pierre Jouyet et Maurice Lévy à Thierry Breton. Dans ce domaine, L'Etat prendra toute sa part pour le développement de ces atouts, que ce soit par le financement de la R& D ou dans son activité de réglementation et de normalisation : vous le savez, dans de nombreux domaines les choix européens en matière de norme sont des facteurs clés pour stimuler le développement d'activité.

Avec la création des pôles de compétitivité ou encore le lancement de France Investissement, avec les négociations sur les délais de paiement nous avons bâti des fondations pour permettre un changement de braquet dans le financement de l'innovation. Ce changement de braquet consiste à jouer sur quatre leviers de croissance jusqu'ici trop peu utilisés dans notre pays :

- les synergies entre les acteurs économiques, et la solidarité interne aux filières économiques. C'est la dynamique enclenchée dans les pôles de compétitivité, c'est aussi l'aboutissement des négociations entre clients et fournisseurs.

- le développement de la R& D et de l'innovation, en privilégiant des politiques de financement qui jouent sur l'effet de levier : la cible est 1 euro public pour 2 euros privés.

- le développement d'un tissu plus fort d'entreprises moyennes qui disposent d'une taille suffisante pour innover et exporter.

- la diffusion des TIC dans l'ensemble de notre économie

C'est sur ces fondations qu'il faudra poursuivre l'action et construire un modèle économique conforme à notre ambition de rester parmi les cinq premières puissances économiques mondiales. Ce défi à l'échelle de notre économie, c'est le défi qui attend chacun d'entre vous, entrepreneurs, pour la journée d'aujourd'hui : profiter de la journée du Forum pour construire vos solutions de financement avec des partenaires de confiance.

C'est là toute la réussite que je vous souhaite,


Je vous remercie

Rechercher