Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, avec RMC le 30 janvier 2007, sur l'éventualité d'une intervention militaire américaine en Iran, la situation au Proche-Orient, l'enquête sur l'assassinat de la journaliste russe Anna Polikovskaya, la guerre au Darfour, la condamnation à mort des infirmières bulgares en Libye et la détention d'Ingrid Betancourt en Colombie. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, avec RMC le 30 janvier 2007, sur l'éventualité d'une intervention militaire américaine en Iran, la situation au Proche-Orient, l'enquête sur l'assassinat de la journaliste russe Anna Polikovskaya, la guerre au Darfour, la condamnation à mort des infirmières bulgares en Libye et la détention d'Ingrid Betancourt en Colombie.

Personnalité, fonction : DOUSTE-BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - Bonjour Monsieur le Ministre, merci d'être avec nous ce matin. Tout d'abord la question que vous avez envie de poser aux auditeurs de RMC.

M. Douste-Blazy - La campagne présidentielle intégrera-t-elle la politique étrangère ? Pour vous, la politique étrangère aura-t-elle de l'importance ? Que pensez-vous de l'Iran, des Etats-Unis ou de l'Europe ?

Au sujet du résultat des sondages parus ce matin concernant les futures élections présidentielles...

Q - Franchement, trouvez-vous que nous n'en parlons pas assez ?

R - Vous savez, depuis bientôt 2 ans, je suis tout à fait étonné de voir les répercussions colossales pour moi, pour nos enfants et nos petits-enfants, des décisions que la France aura à prendre dans les prochains mois et les prochaines années. C'est certainement beaucoup plus important que de savoir si nous aurons un impôt de plus ou de moins, par exemple sur des heures supplémentaires. Bien sûr que le pouvoir d'achat c'est très important, mais savoir ce que l'on peut faire au Moyen-Orient, ce que nous ferons avec ou sans les Etats-Unis, ce qu'est la politique européenne et étrangère de la France, cela me paraît capital.

Q - Nous allons donc attendre les questions des auditeurs de RMC mais, avant, nous avons plein de choses dont nous voulons parler avec vous. Le président Bush veut-il attaquer l'Iran ? Qu'en pensez-vous ?

R - Je pense qu'il faut à tout prix trouver une solution diplomatique.

Q - Y a-t-il urgence ?

R - Il y a urgence. Le 23 décembre dernier, nous avons voté la résolution 1737 qui décide de sanctions de la communauté internationale contre l'Iran. C'est un élément majeur. Toute la communauté internationale a voté cette résolution, y compris la Chine et la Russie. Nous avons demandé également au Prix Nobel de la Paix, M. El Baradeï, le directeur de l'AIEA, d'aller vérifier. Malheureusement, et c'est déjà un mauvais signe, l'Iran a récusé certains inspecteurs de l'Agence.

Q - Participerions-nous, la France, à une action militaire américaine contre l'Iran ou bien à une opération internationale contre l'Iran ?

R - Aujourd'hui, on ne peut pas se mettre dans une telle situation puisque le dossier est traité de façon multilatérale et diplomatique au Conseil de sécurité. Comprenez-nous bien, nous n'en sommes pas là. Nous demandons une double suspension :

Les Iraniens opèrent des activités nucléaires sensibles, de l'enrichissement de l'uranium et nous disons qu'ils y ont droit, mais à condition que ce soit pour des raisons pacifiques. S'ils n'acceptent pas de suspendre ces activités, alors, nous ne suspendrons pas nos sanctions.

Q - Nous ne suspendons pas nos sanctions qui pourraient donc aller jusqu'à une action militaire ?

R - Pour l'instant, ce ne sont que des sanctions économiques et il y a une nouveauté actuellement en Iran. Pour la première fois, il y a un débat en Iran. Le frère de M. Rafsandjani, l'ancien président Khatami et le guide suprême lui-même, M. Khamenei, sont en train de se poser des questions sur le bien-fondé de la politique étrangère et de la politique nucléaire du président iranien, lequel vient de subir un échec électoral dans son pays.

Q - Je regarde ce qui se passe du côté américain. Deux porte-avions sont sur zone, vous le savez bien, ou arriveront sur zone dans quelques semaines. George Bush a annoncé, au début du mois de janvier, que l'Amérique allait déployer des batteries antimissiles patriotes dans des pays de la région, probablement les Etats du Golfe, pour protéger ces Etats. Le nombre de sous-marins américains croisant dans le Golfe a augmenté à un point tel que les accidents avec des bateaux civils se multiplient. Et puis, autre signe, après 3 ans de fonctionnement au ralenti, la base américaine d'Insirlik en Turquie, proche de l'Iran, tourne à plein régime et plusieurs F-16 y sont de nouveau stationnés. Sont-ce des signes ? Serait-ce une erreur une attaque des Etats-Unis en Iran ?

R - Non, nous ne pouvons pas parler ainsi lorsque l'on est responsable politique.

Q - Mais, la presse américaine ne cesse de poser cette question !

R - Que la presse américaine pose la question, c'est une chose, mais lorsque l'on est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, et c'est le cas de la France, vous comprenez bien que l'attitude officielle d'un responsable politique français n'est certainement pas de se laisser embarquer dans des solutions qui aujourd'hui ne sont pas imaginées par le Conseil de sécurité.

Ce qui l'est, en revanche, ce sont des sanctions, des sanctions économiques qui, déjà, commencent à interpeller les Iraniens, le débat est né en Iran. Ces sanctions font partie du système, ce sont des instruments du système multilatéral de l'ONU, elles doivent être envisagées dans une perspective pacifique. La seule voie possible, c'est la voie diplomatique.

Q - Le gouvernement américain serait-il obsédé par l'Iran ?

R - Aujourd'hui, nous avons un dossier de prolifération nucléaire iranien, c'est l'un des sujets les plus graves qui soit. Nous avons demandé à l'Iran de suspendre ses activités nucléaires, il doit le faire, sinon, c'est l'isolement de l'Iran et, en effet, ce sont des sanctions. Aujourd'hui, elles sont économiques, demain, la diplomatie doit régler ce sujet. Ou bien l'Iran suspend ses activités et nous serons alors capables de tendre la main à l'Iran pour des négociations, après la suspension des activités sensibles de l'Iran.

Q - Où en est-on au Proche-Orient ?

R - Je suis très très inquiet concernant ce sujet. Dans les Territoires palestiniens, le Fatah et le Hamas se battent et nous pensons que la seule solution, c'est un interlocuteur, un gouvernement d'union nationale avec un Premier ministre qui puisse nous parler.

Q - Mais c'est ce que l'on dit depuis des mois maintenant ?

R - Oui.

Q - On ne vous entend pas, on ne vous écoute pas dans la région ?

R - Dans la mesure où l'Union européenne aide l'Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas à exister face à Israël et c'est absolument fondamental, on nous entend. Mais par ailleurs, nous demandons à Israël de tout faire pour aider M. Mahmoud Abbas. Il doit y avoir en face d'Israël un responsable prêt à reconnaître Israël et à créer un Etat à côté de celui d'Israël, car, bien sûr, Israël a droit à la sécurité. Mais les Palestiniens ont aussi droit à avoir un pays et la seule solution, c'est qu'ils se reconnaissent mutuellement. Je fais partie de ceux qui pensent que la seule solution, c'est ce gouvernement d'union nationale qui reconnaîtrait Israël et les anciens accords de l'OLP avec Israël et nous pourrions alors enfin, envisager un avenir pour les jeunes Palestiniens. Si vous êtes au chômage, si vous avez 22 ans, aucune perspective, évidemment vous devenez violent.

Q - Quel est le montant de l'aide que nous allons verser au Liban ?

R - 500 millions d'euros.

Q - Pourquoi faire ?

R - D'abord, il faut voir la perspective. Aujourd'hui le Liban, qui est un pays ami, est devant une situation terrible. Il doit vivre en indépendance, dans l'unité nationale, en toute souveraineté. La France défend ces valeurs universelles : la souveraineté, l'unité et l'indépendance des pays, celles du Liban en particulier et, pour cela, il faut aider le gouvernement de M. Siniora, ce Premier ministre courageux, qui tient, malgré les coups de boutoirs.

Nous devons être présents et les Libanais doivent faire des réformes, des réformes économiques pour sortir le Liban de l'ornière. Nous avons d'abord demandé au Liban d'adopter ces réformes, et ensuite, nous les aiderions.

L'ensemble de la communauté internationale était présente à la Conférence internationale sur le soutien au Liban de Paris, jeudi 25 janvier. 7,6 milliards de dollars pour sauver le Liban ont été annoncés, à une condition, c'est que le Liban puisse continuer à mettre en place ces réformes économiques.

Q - Le Hezbollah commence-t-il d'être désarmé ?...

R - En effet, d'abord pendant la guerre...

Q - Par l'armée libanaise, je le rappelle.

R - D'abord, il faut savoir que dans la résolution 1701, il y a toute une partie qui concerne le Sud-Liban où se trouve la FINUL à laquelle nous sommes partie prenante - nous y avons 1.600 militaires français auxquels je voudrais rendre hommage. Il y a aussi beaucoup d'Européens et, en effet, nous faisons tout pour qu'il n'y ait pas de heurts entre les Israéliens et le Hezbollah et nous faisons tout pour que le Hezbollah passe d'un mouvement armé à un parti politique. Je vous rappelle que le Hezbollah fait partie de la vie politique du Liban mais il est évident, et nous l'avons toujours dit, que le Hezbollah avait lancé ce conflit avec Israël, en capturant deux soldats israéliens.

Nous ne nous cachons pas à ce sujet, mais il faut que la vie politique libanaise puisse intégrer toutes les composantes politiques du Liban.

Q - Puisque le Hezbollah fait partie de la vie politique, dialogueriez-vous avec l'un de leurs député ?

R - Aujourd'hui, nous n'avons pas à dialoguer, ni avec les uns, ni avec les autres. Ce sont les Libanais eux-mêmes qui doivent construire leur unité, c'est le président du Conseil des ministres, c'est le président de l'Assemblée nationale, ce sont toutes les personnalités, à l'intérieur même du Liban qui doivent dialoguer. Nous n'avons pas à donner de bons ou de mauvais points.

Ce que je sais, c'est que nous aidons le Premier ministre, M. Siniora et, derrière, c'est la seule solution, nous essayons d'avoir un Liban, souverain, uni et indépendant. Nous voulons également qu'il y ait un Tribunal à caractère international pour déterminer qui a tué l'ancien Premier ministre, M. Hariri, qui a tué les 14 ou 15 journalistes, députés ou autres hommes politiques depuis tant d'années. Nous devons le savoir sinon, il y aura toujours une déstabilisation du Liban et si nous voulons éviter cela, il faut bien qu'il y ait un Tribunal à caractère international et c'est d'ailleurs ce que le président Chirac et d'autres demandent dans le monde. Une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies a été adoptée et tout le monde, y compris la Syrie, doit s'y plier.

Q - Le président Chirac ne demande pas à M. Poutine qui a tué la journaliste Anna Polikovskaya ?

R - Je suis désolé, vous ne pouvez pas dire cela. L'OSCE, le Conseil de l'Europe dans lequel nous sommes présents, l'ont demandé.

Q - Jacques Chirac l'a-t-il demandé à M. Poutine ?

R - Evidemment, je me suis exprimé à deux reprises, devant l'Assemblée nationale et devant le Sénat pour indiquer qu'il devait y avoir à tout prix une transparence totale sur les causes de la mort de cette journaliste afin que la liberté d'expression puisse être sauvegardée, car la possibilité pour un journaliste d'écrire exactement ce qu'il souhaite fait partie de l'une des valeurs universelles de la démocratie.

Q - Durant la publicité, une dépêche vient de tomber, écoutez bien ce que je vais lire, c'est incroyable ! Vous avez vu ce qui s'est passé à Eilat, avec ce kamikaze palestinien. Un Israélien a pris ce kamikaze en auto-stop, quelques minutes avant l'attentat qui a tué trois personnes donc, et cet Israélien, lieutenant-colonel de réserve de l'armée israélienne, s'est rendu compte, après coup, qu'il avait pris l'auteur de l'attentat, le kamikaze dans sa voiture. "C'est même moi qui ai choisi l'endroit où je le déposerai", et évidemment le conducteur a choisi l'endroit, "et, j'ai ainsi déterminé ceux qui seraient tués plutôt que d'autres !" raconte cet homme de réserve de l'armée israélienne à la presse ce matin. C'est hallucinant.

R - Oui, mais c'est l'aveuglement, la lâcheté du geste terroriste.

Q - Parlons du Darfour M. le Ministre, la guerre au Darfour domine l'actualité du Sommet africain de l'OUA. Où en est-on ?

R - D'abord, il y a des violations quotidiennes du cessez-le-feu,

Q - "Médecin du Monde" qui s'en va !

R - Les bombardements aériens, les exactions à l'encontre des civils comme des ONG et c'est évidemment inacceptable. J'ai fait partie de ceux qui sont allés à plusieurs reprises au Darfour, j'ai rencontré le président du Soudan, j'ai dit combien il était important que l'ONU puisse être présente au Darfour avec des forces africaines auxquelles on donnerait des moyens, en particulier une logistique de l'ONU.

Q - Mais le Soudan n'en veut pas !

R - Oui, mais il est d'accord pour que l'ONU apporte un soutien à la Force africaine, ce qui constitue une réelle avancée vers le principe d'une Force hybride. Je fais partie de ceux qui l'ont demandé, maintenant le déploiement des soldats de l'ONU a débuté sur le terrain, il faut l'accélérer et la coopération des autorités soudanaises est essentielle.

Il faut surtout obtenir un accord qui est la seule solution et nous appelons toutes les parties à un accord politique. A Abuja, il y a plus d'un an, certains sont venus et d'autres non. Aujourd'hui, ceux qui ne sont pas venus et qui n'ont pas signé l'accord politique doivent le faire.

Nous soutenons donc les efforts engagés par l'ONU et l'OUA.

Q - Bonjour, j'habite la Drôme et j'ai 37 ans. Vous parliez de crédibilité tout à l'heure, je voulais vous demander si vous pensiez avoir été crédible et efficace dans l'Affaire de Nathalie Gettliffe, cette Franco-Canadienne ? Pouvez-vous nous donner de ses nouvelles ?

R - Je peux tout d'abord vous dire Isabelle que j'ai parlé de son cas, alors qu'elle était encore enceinte, à mon homologue Peter Mackay, je crois ne pas être pour rien dans le fait qu'elle ait été libérée et qu'elle ait pu accoucher dans un hôpital. Ensuite, il ne faut pas oublier que cela dépend de la justice canadienne et qu'un homme politique, quel qu'il soit, dans une démocratie n'a pas à interférer dans la justice d'un pays.

En effet, j'ai demandé à ce qu'elle puisse sortir de prison, vu les faits qui lui étaient reprochés, mais après tout, on m'a également expliqué que je n'avais pas à le faire puisque je ne pouvais interférer dans la justice canadienne. Faites attention lorsque vous parlez de crédibilité, dans une démocratie, le pouvoir politique est une chose et le pouvoir judiciaire en est une autre et cela s'appelle la démocratie crédible.

Q - Allez-vous parvenir à sauver les infirmières bulgares condamnées à mort en Libye ?

R - Vous savez que c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Je suis le seul ministre des Affaires étrangères à les avoir rencontrées dans leur prison. Il y a 7 ans qu'elles sont détenues, il y a un médecin palestinien avec elles. Récemment, j'en ai parlé au fils du colonel Kadhafi. Vous savez qu'elles ont été à nouveau condamnées à mort. Aujourd'hui, c'est la Cour suprême qui va décider.

Je me suis beaucoup occupé des enfants atteints du sida à Benghazi dont certains sont venus en France, sur des fonds libyens d'ailleurs et non pas sur les fonds de l'Assurance Maladie française. Nous nous en sommes occupés, nous avons même formé des médecins et des infirmières, des hommes et des femmes travaillant dans les laboratoires à Benghazi. J'espère que la Cour suprême se montrera clémente, je l'ai demandé aux autorités.

Q - Que vous a dit le fils du colonel Kadhafi ?

R - J'ai vu récemment qu'il s'était lui-même exprimé en disant qu'il ferait tout pour qu'elles ne soient pas condamnées à mort. A la suite de cela, si nous pouvions éviter cette condamnation à mort, ce qui est fondamental évidemment, il faudra qu'elles reviennent chez elles, en Bulgarie.

Q - Et pour Ingrid Betancourt, quand reviendra-t-elle ?

R - Il ne se passe pas une journée, vous vous en doutez, où nous ne parlions de ce dossier ; pour des raisons de confidentialité et pour des raisons d'efficacité, je serai très prudent car c'est un dossier très compliqué.

Q - Le problème est que cela fait 4 années que nous disons la même chose malheureusement !

R - Oui, mais chaque fois que nous avons essayé de faire quelque chose, cela a été aussi très délicat car il a fallu assumer ces choix qui ont été faits à juste titre. Mais le problème, c'est qu'il faut être crédible et avoir également des interlocuteurs qui le soient aussi.

Q - Nous ne les avons pas ?

R - Ce n'est pas ni oui ni non. D'une part, il y a le gouvernement Uribe, qui est le gouvernement de Colombie mais ce n'est pas lui qui détient Ingrid Betancourt et, d'autre part, il y a les FARC qui, comme vous le savez, sont, par définition, dans la clandestinité.

Q - Alors, Monsieur le Ministre, vous avez posé une question, les auditeurs de RMC y répondent.

Q - Au sujet de la place de la politique étrangère. Une auditrice qui dit qu'un ouvrier qui se lève à 5 heures du matin tous les jours peut difficilement penser à la politique étrangère de la France. Même discours de Philippe en Gironde.

R - Justement, je crois que lorsque l'on se trouve en Gironde ou ailleurs, que l'on gagne 1 500 euros, que l'on souhaite fonder une famille, je pense que la question de Jean-Jacques Bourdin sur la réaction américaine ou israélienne concernant la prolifération nucléaire iranienne, cette question sera certainement beaucoup plus importante pour les enfants de ces personnes qui se sont exprimées aujourd'hui en disant que cela ne les intéressait pas. Sans faire de comparaisons, cela s'est déjà produit dans la vie de notre pays. Il y a quand même des moments où il faut se rendre compte que se joue l'avenir. Nous sommes dans un ensemble, la France est dans un ensemble qui s'appelle l'Union européenne et l'Union européenne se situe en Occident qui est lui-même un ensemble et l'Occident a des valeurs que, peut-être un jour, il faudra défendre. Moi, je ne crois pas à la guerre des civilisations, je ne crois pas à la guerre des religions, ni à la guerre des cultures, mais il y a des personnes qui tentent de nous y entraîner et il faut éviter de les suivre. Cela étant, lorsque l'on se lève à 5 heures du matin, et moi aussi lorsque je me lève si tôt, je peux très bien comprendre que l'on ne pense pas directement à ce que deviendra le monde !

Mais notre avenir dépend en effet de ce qui se passera, en particulier dans certains endroits du monde.

Q - Merci Monsieur Douste-Blazy, je crois savoir que vous allez publier un livre dans quelques jours.

R - Oui, dans 3 jours, qui concernera ma vision de la politique internationale, sur les deux ou trois grandes idées édictées par le président Chirac, sur UNITAID, sur la possibilité de réduire le fossé entre le Nord et le Sud car ce sera le grand sujet du XXIème siècle.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 31 janvier 2007

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