Déclaration de Mme Corinne Lepage, présidente de Cap 21 et candidate à l'élection présidentielle de 2007, à RTL le 29 janvier 2007, sur le réchauffement climatique, la gestion de l'eau et la difficulté à trouver des parrainages. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Corinne Lepage, présidente de Cap 21 et candidate à l'élection présidentielle de 2007, à RTL le 29 janvier 2007, sur le réchauffement climatique, la gestion de l'eau et la difficulté à trouver des parrainages.

Personnalité, fonction : LEPAGE Corinne, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. CAP 21, présidente ; FRANCE. Candidate à l'élection présidentielle de 2007;

ti : Q- Cinq cents des meilleurs spécialistes de l'état de la planète se réunissent à Paris. Peut-on dire, aujourd'hui que la prise de conscience des problèmes écologiques est acquise dans les sociétés comme les nôtres ?

R- Le problème climatique, oui. Des problèmes écologiques dans leur ensemble,
non.

Q- C'est plus large les problèmes écologiques ?

R- C'est beaucoup plus large, parce qu'on ne parle pas de l'eau qui est un problème majeur, et les gens vont se taper dessus pour l'eau dans les années qui viennent. On ne parle pas de la pollution chimique qui est un problème majeur. Je rappelle simplement que la fécondité humaine a baissé de 50%, de l'ordre de quarante ans. On ne parle pas de la biodiversité. C'est quand même
la sixième extinction des espèces qui est commencée. Cà, on n'en parle pas
beaucoup.

Q- Pourquoi est-ce qu'on parle du réchauffement climatique, alors d'abord ?

R- On parle beaucoup du réchauffement climatique parce que c'est, je dirais, là où on est le plus précis dans la connaissance, même s'il y a beaucoup d'incertitudes, là où les intérêts économiques qui vont dans le sens d'une prise de conscience sont les plus importants aussi, et là où le coût apparaît si on ne fait rien comme le mieux chiffré et le plus important.

Q- Intérêts économiques, pour vous ça veut dire : lobby nucléaire qui fait qu'on parle du réchauffement climatique ?

R- Oui, et pas seulement, mais notamment en France ; oui, parce que le nucléaire se donne une nouvelle virginité avec "Je suis l'industrie qui va permettre de lutter contre le réchauffement de la planète".

Q- Ce que l'on peut constater, c'est que contrairement aux autres élections présidentielles, ceux qu'on appelle les grands candidats, parlent aussi beaucoup de problèmes écologiques. Est-ce que vous convenez là de l'introduction dans les programmes de thématiques qui n'existaient pas avant ?

R- Elles existaient mais de manière beaucoup plus modeste. Mais je dirais qu'il reste une très grande différence ; et on peut en parler à partir du Pacte de N. Hulot. Pour certains, c'est un point d'arrivée. On prend le Pacte de N. Hulot, on le rajoute à son programme et on a des mesures environnementales. Pour, d'autres comme moi...

Q- Ce n'est déjà pas mal !

R- C'est un point de départ : c'est-à-dire que ce que nous avons à faire, et c'est en çà que l'écologie peut être formidablement positive dans le siècle qui vient, ce à que nous avons à faire, c'est à une véritable révolution dans nos modes de production et nos modes de consommation. Et c'est à nous, écologistes, de proposer des solutions qui soient à la fois innovantes, créatrices d'emploi et créatrices d'intelligence et d'entreprise.

Q- On a l'impression que si avant, vous aviez une utilité dans le débat public, pas seulement vous - les écologistes au sens large - aujourd'hui, peut-être votre utilité dans cette élection apparaît moins grande parce que précisément, les autres candidats parlent aussi beaucoup d'écologie.

R- Mais justement, la grande différence c'est qu'il y en a qui en parlent, et il y en a qui ont des réalisations à leur actif. Et ce n'est pas parce qu'on a eu tort d'avoir raison trop tôt, qu'on a tort d'être encore dans le débat.

Q- C'est compliqué ça...

R- Non, ce que je veux dire par là c'est que ceux qui depuis dix ou quinze ans parlent de réchauffement climatique, parlent de pollution chimique, ont eu le temps de préparer des solutions. Moi, je suis dans l'ère des solutions. Je propose un "new deal écologique" aux Français. C'est 330 mesures d'ordre économique pour créer 300.000 emplois dans les cinq ans qui viennent. Je suis précise dans mon projet. Je propose de mettre immédiatement en place le "facteur 4" dont tout le monde parle, c'est-à-dire de réduire d'ici 2050 nos émissions de gaz à effets de serre d'une division par quatre. Pour cela, il faut faire moins 3% par an d'émissions de gaz à effets de serre. J'ai un projet de moins 15% sur les cinq ans qui viennent, qui n'est pas malthusien puisqu'au contraire, il permet de créer des entreprises dans les énergies renouvelables, dans la mobilité durable, dans le logement qui est un grand sujet de préoccupation des Français, c'est-à-dire de lier une évolution économique et la prise en compte réelle et pratique des problèmes environnementaux.

Q- Vous ne seriez pas plus efficace en menant le combat qui est le vôtre, à partir d'une candidature, en insérant vos mesures dans un programme plus large que porterait un autre candidat dont vous vous sentiriez proche ?

R- Ecoutez, pour le moment, je n'ai pas trouvé ce candidat. Je ne suis fermée à rien mais encore une fois, le sujet est d'une trop grande importance. L'urgence écologique est une trop grande urgence pour que l'on puisse se contenter simplement de mettre quelques mesures au bout d'un programme, fussent-elles les cinq propositions de N. Hulot. C'est quelque chose de beaucoup plus global auquel il faut s'attaquer.

Q- Je ne veux pas être désagréable. Mais votre espace politique n'était déjà pas très large en 2002 lorsque vous étiez candidate : 1,88% des voix. 535.000 électeurs...

R- ... 588.000, je crois, si ma mémoire est exacte.

Q- Ah bon, j'ai vu 535.000. On ne va pas pinailler, hein ! 500.000 à 600.000 électeurs sur 28 millions et demie d'électeurs, c'est-à-dire un espace très réduit. Et on a l'impression qu'en 2007, il s'est encore réduit, qui ne vous reste pas grand chose.

R- Je ne le crois pas. Ca, je ne le crois pas. Je pense que le combat que je mène aussi pour pouvoir m'exprimer et montrer un projet qui est un projet constructif, qui est un projet d'une écologie positive, d'une écologie qui parle aussi des institutions parce que nous n'aurons pas cette évolution que j'appelle de mes voeux si nous restons dans le cadre qui est actuellement le nôtre. Eh
bien si je puis exprimer ce projet, je suis persuadée que le résultat sera beaucoup plus important que ce que vous indiquez maintenant. Simplement, effectivement, l'organisation de la campagne est telle qu'il est difficile pour ce que l'on appelle les petits candidats de trouver un mode d'expression audible.

Q- Je n'indiquais rien. Je rappelais votre score de 2002.

R- Non, non mais j'entends bien.

Q- Nous sommes d'accord. Les signatures, alors il vous faut 500 parrainages. Vous disiez le 12 janvier que vous en aviez plus de 400. Donc, on est fin janvier, vous en avez combien ce matin ?

R- Cela monte doucement. Quelques signatures tous les jours.

Q- Vous ne donnez pas de chiffres, ce matin ?

R- 400... Ca doit être 28, 29, quelque chose comme ça. Ca monte doucement.

Q- La barre des 500 sera difficile à atteindre, non ?

R- Ecoutez, je pense que beaucoup souhaitent que je ne l'atteigne pas. Moi, j'ai bon espoir d'y arriver parce que tout simplement beaucoup de maires ont gardé, je dirais jusqu'à maintenant, la signature sous le coude. Et on sent que beaucoup hésitent. Beaucoup disent : de toute façon, je ne la donnerai pas cette fois-ci. Ce qui pose un problème démocratique que nous aurons à résoudre. Moi, je suis optimiste et je pense que j'y arriverai.

Q- Qui souhaite que vous n'ayez pas les signatures ?

R- Ecoutez, même si mon espace peut apparaître comme étroit, je pense qu'un certain nombre de candidats que ce soit, par exemple, D. Voynet, serait heureuse que je ne les ai pas.

Q- Elle ne doit pas avoir beaucoup de moyens de pression sur les maires, tout de même. Je pense que vous pensez à d'autres candidats. Vous avez cette particularité dans cette pré-élection, d'être celle qui paie le plus important Impôt sur la fortune ? 12.000 euros...

R- Oui. Je suis peut-être aussi celle qui a été la plus honnête dans ses déclarations.

Q- Il vous a semblé que des gens ont été malhonnêtes dans leur déclaration de patrimoine ?

R- Non, je ne dirais pas cela. Je ne dirais pas cela.

Q- S'il vous semble que vous êtes la plus honnête, c'est qu'il y en a qui sont malhonnêtes ?

R- Non, mais j'ai lu la presse comme vous-même et je me suis posé des questions, c'est tout.

Q- Certains disent que si on rachetait les Biens au prix où ils ont été déclarés, on ferait des affaires ?

R- Donc, moi j'ai déclaré les choses. Je n'ai pas honte de ce que j'ai gagné. Je l'ai gagné avec mon travail. J'ai fait de la politique. Je ne me suis jamais enrichie avec la politique, ça m'a toujours coûté de l'argent. Voilà. Donc j'ai une vraie réussite professionnelle avec mon mari. Je n'ai pas à m'en cacher. C'est quarante ans de vie de travail pour lui, trente ans de vie de travail pour moi. Je ne vois pas pourquoi je me cacherais. Je dois cette honnêteté aux gens ; et donc je dis les choses comme elles sont.

Q- Dans ce pays, on a souvent honte de l'argent qu'on gagne. Vous, ce n'est pas le cas ?

R- Moi, je rêve d'une société où les gens puissent de nouveau s'enrichir avec leur travail et pas avec des coûts.

Q- Des coûts ?

R- Oui, des coûts sur l'immobilier, des coûts boursiers, des coûts divers et variés, avec leur travail.

C. Lepage, peut-être future candidate à l'élection présidentielle, était l'invitée de RTL ce matin.


Source:premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 31 janvier 2007

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