Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur les nouvelles orientations des écoles des mines axées sur le développement au plan international, la valorisation de la recherche, l'extension vers l'industrie, les PME, le social, et l'élargissement du réseau des écoles, Paris le 2 février 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur les nouvelles orientations des écoles des mines axées sur le développement au plan international, la valorisation de la recherche, l'extension vers l'industrie, les PME, le social, et l'élargissement du réseau des écoles, Paris le 2 février 2007.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Colloque à l'Ecole des mines, à Paris le 2 février 2007

ti : Je suis très heureux de conclure les travaux que vous avez conduits ce matin. Vous comprendrez qu'en cette occasion, c'est le ministre mais aussi un peu l' « ancien élève » qui a le plaisir de s'exprimer devant vous.

Vos débats sont, à mes yeux, très importants au moment où nos écoles sont appelées à franchir une nouvelle étape à l'heure de la mondialisation. Je me félicite en particulier que vos tables rondes aient permis d'aborder les différents enjeux. Je remercie tous ceux qui ont bien voulu y contribuer.

1/ Après les réflexions menées en 2000 et 2001 par le groupe de travail piloté par Francis MER, auquel je veux rendre hommage, il m'a semblé indispensable de définir une nouvelle phase d'évolution des écoles des mines.

C'est pourquoi je veux remercier chaleureusement Grégoire OLIVIER d'avoir accepté de piloter une nouvelle réflexion sur la stratégie des écoles des mines, Marc CAFFET qui a été le rapporteur du groupe de travail, ainsi que Jean Jacques DUMONT, vice président du Conseil général des Mines. Mes remerciements vont aussi à l'ensemble des membres du groupe de travail qui ont bien voulu donner de leur temps et surtout faire bénéficier nos écoles des mines de leur grande expérience universitaire ou industrielle.

Certes les préconisations du rapport MER ont été engagées avec détermination. Il faut en féliciter le Conseil d'orientation stratégique présidé par Jean Jacques GAGNEPAIN. Elles ont permis des avancées dans les domaines de l'international, de la recherche et de la gouvernance. Elles se sont notamment traduites par des projets collectifs de recherche et par l'organisation de l'offre de formation en conformité avec le système LMD.

Mais chacun peut s'en convaincre facilement, le contexte évolue très rapidement :

- D'abord, notre pays est engagé dans une compétition internationale intense. Notre principal atout dans cette compétition, c'est le savoir, la « matière grise ». C'est pourquoi la formation et la recherche sont au coeur des priorités du Gouvernement.

- En outre, la mondialisation, qui soumet nos entreprises à l'exigence de la compétitivité, renforce aussi la concurrence entre les établissements d'enseignement au plan international.
Voilà pourquoi j'ai souhaité qu'une nouvelle réflexion soit engagée. J'en retire deux enseignements: d'abord, les écoles des mines possèdent de solides atouts. Mais elles ont aussi encore plusieurs défis à relever, en particulier la visibilité et la reconnaissance internationale. Cette question n'est d'ailleurs pas propre aux écoles des mines : elle constitue l'un des challenges pour notre enseignement supérieur dans son ensemble.

2/ A l'issue de ces réflexions, je voudrais vous dire quelle est mon ambition pour les écoles des mines

Au fond, elle est simple : c'est que les jeunes entrent dans un système d'enseignement qui les rende confiants dans leur avenir dans l'industrie, qu'ils soient convaincus que l'industrie est un « métier » formidable et qu'ils acquièrent dans leur cursus tout le bagage nécessaire pour l'exercer.

C'est pourquoi je veux partager avec vous trois grands messages pour que les écoles des mines bâtissent un projet d'avenir qui soit aussi celui de l'industrie française :

- D'abord, les écoles des mines doivent se renforcer sur l'international ;
- Ensuite, elles doivent mettre toujours plus l'accent sur la recherche et savoir la valoriser ;
- Enfin, elles doivent être en phase avec les attentes de notre société et de notre économie, en répondant à la demande d'ingénieurs qui restera très forte dans les prochaines années, en sachant mieux travailler avec les entreprises et prendre en compte les besoins spécifiques des PME et en ayant une démarche d'ouverture sociale.

Bref, il faut plus d'international, plus de recherche, plus d'élèves dans les écoles, plus d'actions vers les PME et plus de social !

3/ Sur ces bases, je retiens quatre axes stratégiques d'évolution qui permettront de traduire ce projet d'avenir dans les faits

1er axe : Plus d'international

D'abord, je souhaite que tous les élèves passent systématiquement un an à l'étranger dans leur cursus et que la voie du double diplôme soit privilégiée. Actuellement, c'est 6 mois. Ce n'est pas suffisant. Des pays comme la Chine, l'Inde ou le Brésil devront être privilégiés car c'est là que se trouvent les marchés que les futurs cadres devront conquérir.

Les écoles devront aussi recruter davantage d'étudiants étrangers représentant des hauts potentiels. Je retiens un objectif de 25 à 30% d'ici 5 ans, contre 12% actuellement.

Paristech constitue un outil précieux pour faciliter ce recrutement d'étudiants étrangers. Mais il nous faut aussi renforcer nos partenariats à l'international. C'est pourquoi j'ai fixé au GEM un objectif de 30 accords-cadre (contre une vingtaine aujourd'hui). J'ai en outre demandé au GEM de privilégier dans ces accords la voie du double diplôme qui me paraît la plus efficace et de négocier une extension à la recherche et au doctorat des protocoles d'accord signés avec des universités étrangères de premier plan.

Le développement des échanges d'ingénierie pédagogique, déjà pratiqués par les écoles, contribuera à cette ouverture internationale. A travers les plates formes de formations communes, les écoles des mines doivent approfondir leur implantation à l'étranger et valoriser la marque « Mines ».

2e axe : Plus de recherche et de valorisation de la recherche

A ma demande, le directeur de l'Institut Carnot Mines (directeur de recherche de l'école des Mines de Paris) Michel SCHMITT, pilote une mission sur la gouvernance de la recherche. Cette mission portera sur les relations contractuelles avec l'ANR, l'élaboration d'un programme de recherche « amont » partagé entre écoles et sur la mise en place d'une politique commune de gestion de la propriété intellectuelle. Je souhaite notamment que les écoles, en lien avec les entreprises, se dotent des moyens d'identifier les secteurs où des besoins existent.

Cette politique scientifique commune doit aussi faire du doctorat un diplôme particulièrement attractif pour nos entreprises. Les écoles seront, par ailleurs, appelées à faire des propositions pour introduire une formation à la recherche dans la formation d'ingénieur. Des stages en laboratoires seront intégrés dans le cursus ingénieur dès la rentrée 2007. Je souhaite que tous les élèves fassent un stage en laboratoire, qu'ils s'intéressent à la technique et à l'innovation technologique.

Enfin, parallèlement, le renforcement des coopérations contribuera à cet objectif. Selon une logique de site : c'est tout l'intérêt du projet Paristech auquel participe l'école des mines de Paris, qui devrait prendre un nouvel élan tout prochainement. Il bénéficiera aux écoles en région à travers un statut d'établissements associés. Mais aussi à travers les PRES de la loi Recherche, dans lesquels les écoles des mines sont d'ores et déjà investies et les écoles doctorales.

Avec les autres réseaux d'écoles. Je vise en particulier le GET, les écoles centrales, les universités technologiques et l'ENSAM. Des protocoles de coopération seront conclus au cours du premier semestre.

3e axe : les écoles des mines doivent être en tête pour répondre aux attentes de l'économie et de la société

- D'abord en répondant aux besoins de l'industrie en ingénieurs,

Le rapport Olivier l'a souligné : ces besoins resteront forts dans les prochaines années. Et je souhaite que les ingénieurs travaillent en priorité dans l'industrie, c'est elle qui innove, qui invente, qui imagine l'avenir. Les mineurs doivent choisir l'industrie. Les écoles des mines devront donc accroître leur offre de formation. Le développement du centre Georges Charpak à Gardanne implantation nouvelle de l'école des mines de Saint Etienne est un témoignage exemplaire de leur capacité d'adaptation aux besoins dans les secteurs d'avenir. D'ici cinq ans et à l'issue de cette « montée en charge » des écoles existantes, la question d'une nouvelle école, dans une autre région, pourra être examinée.

- Plus vers les PME, ensuite

Je veux que les élèves des écoles des mines entrent davantage vers les PME. Et je veux aussi que les écoles assurent davantage encore la diffusion des savoirs technologiques dans l'économie, au profit notamment des PME. La présence active des écoles des mines dans les pôles de compétitivité, en majorité composés de PME, répond à cet objectif. Notre défi, c'est de savoir faire grandir nos PME pour qu'elles atteignent la taille critique leur permettant d'aller conquérir des marchés à l'international. C'est pourquoi les écoles des mines renforceront leurs formations continues au profit des cadres salariés des PME. En outre, l'encouragement à la création d'entreprises par les enseignants chercheurs et les élèves sera désormais inscrit dans le plan stratégique de chaque école.

- Plus d'ouverture aux autres, plus de social, aussi

Une équipe projet est en place sous la responsabilité de Jean Claude DURIEZ, directeur de l'école des mines de Douai, pour mettre en oeuvre les recommandations sur l'ouverture sociale. Cette équipe est chargée d'organiser les campagnes d'information dans les lycées de ZEP et de développer les tutorats en mobilisant à cette fin les associations d'anciens élèves. Elle devra préciser les conditions de création d'un dispositif de « bourses de vie » et les meilleures voies pour diversifier les filières d'accès. J'invite nos élèves à aller vers les autres, c'est la différence qui enrichit, l'ouverture aux autres qui apprend.

Une expérimentation sera conduite avec un lycée à la rentrée 2007 en vue de la mise en place d'une préparation intégrée adaptée aux publics moins favorisés. Enfin, j'ai demandé au directeur de l'école des mines de Saint Etienne, Robert GERMINET, que son école soit « référente » pour encourager la reprise d'études sous statut salarié y compris en utilisant la VAE.

- Plus vers les territoires, enfin

La valorisation de la contribution des écoles au développement territorial sera approfondie. A cette fin, cet objectif sera inscrit dans le plan stratégique de chaque école et dans son contrat d'objectifs pluriannuels, et ce dès 2007. En outre, les DRIRE seront associées aux instances de gouvernance des écoles.

4e et dernier axe : pour réussir, il faut aussi plus de cohésion au sein du réseau d'écoles

La mission OLIVIER a formulé des recommandations dans ce sens, en particulier par le recours à des contrats d'objectifs pluriannuels.

Pour traduire ces recommandations, j'ai demandé au directeur de l'école des mines de Paris, Benoît LEGAIT, d'examiner les formules envisageables pour doter le GEM d'une personnalité juridique lui permettant de mener des actions communes et de porter la marque « Mines ».

J'ai confié au COSEM le pilotage des analyses prospectives dans différents domaines (recherche, international, pédagogie et adaptation des formations aux besoins des entreprises).

En outre, un groupe de travail tutelle-écoles sera mis en place sur la définition d'une politique de Gestion des Ressources Humaines et sur la préparation des contrats d'objectifs pluriannuels. La programmation des moyens des écoles des Mines devra, en effet, s'inscrire dans ces contrats pluriannuels qui préciseront en contrepartie les engagements qu'elles prendront ainsi que l'indispensable dispositif de suivi et d'évaluation.

Parallèlement, des filières partagées entre écoles seront définies pour favoriser la mobilité des élèves et optimiser les formations.

Voici les principales orientations qui seront mises en ¿uvre dans les prochaines semaines. Les contrats d'objectifs pluriannuels devront naturellement mettre en regard les engagements des écoles et les moyens alloués.

Ensemble, doter nos écoles des mines d'atouts supplémentaires dans la compétition internationale et leur permettre de répondre toujours mieux aux attentes de notre société, pour que nos jeunes participent au dynamisme et à la compétitivité de notre pays voilà le projet qui doit tous nous mobiliser !


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