Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur la nécessité d'exploiter au maximum le potentiel des nouvelles technologies de l'information, sur le rôle de l'ENST dans la recherche partenariale et la création d'entreprise, Paris le 12 février 2007 | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur la nécessité d'exploiter au maximum le potentiel des nouvelles technologies de l'information, sur le rôle de l'ENST dans la recherche partenariale et la création d'entreprise, Paris le 12 février 2007

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Visite à l'école nationale supérieure des Télécommunications de Paris le 12 février 2007

ti : Je suis très heureux de m'adresser à vous aujourd'hui et d'avoir ainsi l'occasion de vous témoigner toute l'importance que j'attache au rayonnement de votre école.

Je le fais après avoir pu constater ce matin la mobilisation qui existe ici dans la recherche partenariale et dans le soutien à la création d'entreprises. Je veux remercier les responsables de l'école, ainsi que M. FAURE, vice-président du CGTI et M. JEANNERET, administrateur général du GET, pour la présentation très complète qui m'a été faite.

Développer l'esprit d'entreprise et d'innovation constitue, en effet, un enjeu essentiel sur lequel je reviendrai dans un instant. Au préalable, je voudrais souligner le rôle du GET et de l'ENST dans un contexte qui est marqué par la place des TIC dans nos économies et dans la vie de nos sociétés.

1/ L'enjeu est clair : nous devons exploiter toutes les potentialités des TIC pour la croissance

En 2006, l'importance des TIC peut être clairement mesurée :

- Un foyer sur deux est désormais équipé d'un ordinateur ;
- Un Français sur deux est internaute : c'est une progression de 14 % en un an ;
- Et un internaute sur deux a déjà réalisé des achats en ligne. Le chiffre d'affaires du commerce électronique dépassera cette année les 10Mdseuros.

L'objectif ambitieux que le Gouvernement s'était fixé de 10 millions d'abonnés à Internet haut débit en 2007 a été atteint avec plus de 18 mois d'avance. Début 2002, il y avait 600 000 abonnés au haut débit. Aujourd'hui on en compte près de 12 millions. Parallèlement, l'administration électronique se met en place.

Toutes ces données sont connues de vous. Elles traduisent des transformations considérables de notre économie et de notre société.

Les tendances en cours marquent l'évolution et le dynamisme de ce secteur : la convergence ; la montée en débit ; la diversification des technologies ; et, enfin, la transformation de la télévision. Quand on parle de convergence, c'est très concret pour les acteurs du secteur. Cela veut dire de nouveaux produits, de nouveaux services, de nouveaux modèles économiques et de nouveaux usages.

Alors, nous devons exploiter ce potentiel formidable des TIC. J'ai présenté lors du Conseil télécommunications de 8 juin dernier la contribution française pour une Europe numérique. Cette contribution contient des propositions d'actions très concrètes et constitue une base de réflexion ouverte en vue d'accélérer la promotion de l'économie numérique en Europe.

Au-delà, notre économie doit réussir son entrée dans l'économie de l'immatériel et de la connaissance. On ne peut se satisfaire d'une croissance potentielle de la France comprise entre 2 % et 2,5 %. La France doit trouver les voies et moyens d'une croissance de 3 à 4 % par an. Le rapport « Lévy-Jouyet » sur l'économie de l'immatériel a démontré que c'était possible et formulé, à cette fin, des recommandations très pertinentes. Thierry BRETON a d'ores et déjà annoncé plusieurs mesures concrètes immédiates dans le prolongement des recommandations de ce rapport.

2/ Dans ce contexte, le GET et l'ENST doivent jouer un rôle essentiel

2007 est une année importante pour le GET. C'est son dixième anniversaire en tant qu'établissement public sous tutelle du ministère de l'industrie. 2007 sera surtout l'année de la définition d'un nouveau plan stratégique. C'est l'occasion de franchir une nouvelle étape.

Le GET est un acteur reconnu en France. Quelques illustrations : sa participation comme partenaire fondateur de 4 pôles de compétitivité mondiaux ou à vocation mondiale, sa labellisation comme un des 20 Instituts Carnot en mars 2006, sa forte présence dans les projets de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), dans ceux des réseaux thématique ou de l'Agence pour l'Innovation Industrielle (AII) comme le projet Quaero.

Il faut poursuivre dans cette voie. J'ai fixé il y a quelques jours aux écoles des mines leur « feuille de route » en leur disant notamment : faites plus d'international et plus de recherche. Je fixe cette même ambition au GET.

- Plus d'international, cela passe par une meilleure reconnaissance internationale et par le recrutement d'étudiants étrangers de haut niveau. Le développement de Paristech, auquel je souhaite que Telecom Paris participent activement, constitue un bon outil pour renforcer ses positions à l'international. Je veux aussi que les étudiants français aient une expérience significative à l'étranger. La voie du double diplôme doit être privilégiée.

- La deuxième orientation, c'est plus de recherche, en liaison avec la formation et les besoins économiques. Cela passe par plus de formations doctorales adaptées aux attentes des entreprises et par le développement des partenariats de recherche avec des entreprises de toutes tailles.

Je sais que le GET agit dans ce sens puisque le nombre de doctorants a quasiment doublé depuis 2000. La participation aux pôles de recherche et d'enseignement supérieur comme ParisTech ou la future université européenne de Bretagne devrait permettre de renforcer ces formations doctorales.

- Troisième orientation, enfin, contribuer au développement de l'activité économique et, en particulier, à la création d'entreprise.

Je connais le rôle actif du GET joue dans la promotion de l'entrepreneuriat, notamment à travers la création d'un fonds d'amorçage T-Source et la mise en place d'un système de bourses qui permet de soutenir les meilleurs projets.

L'incubateur de Télécoms Paris, que j'ai eu le plaisir de visiter, est l'un des plus grands de France. Les actions menées à Sophia Antipolis avec les partenariats autour d'EURECOM témoignent de ce dynamisme.

Mais nous devons accentuer nos efforts. La formation à l'entrepreneuriat ne touche guère plus de 10 % des jeunes ingénieurs. Au niveau européen - et la France ne fait pas exception - la faiblesse de la culture entrepreneuriale est considérée comme un handicap économique majeur de l'Union Européenne vis à vis des Etats-Unis en particulier. Il nous faut combler ce retard.

3/ Mon ambition est, en effet, de faire de la société française une société plus entreprenante et plus innovante

L'industrie elle-même est fortement innovante. Près d'1 entreprise industrielle sur 2 lance chaque année un nouveau produit ou procédé. 20 % des richesses produites par l'industrie relèvent des hautes technologies. C'est pourquoi mon souhait, c'est que les ingénieurs travaillent en priorité dans l'industrie : c'est elle qui innove, qui invente, qui imagine l'avenir.

Nos écoles doivent contribuer à donner de l'industrie une image attractive auprès des jeunes. C'est à elles de vous donner les outils pour intégrer l'industrie avec confiance.

C'est tout l'intérêt des pôles de compétitivité. Ils favorisent les synergies entre les grandes entreprises, les PME, les centres de recherche et de formation. Ils donnent également une image très positive de l'industrie vis-à-vis des salariés, et des jeunes en particulier. Aussi c'est une très bonne chose que les écoles des télécoms soient très présentes dans les pôles.

Nous assistons par ailleurs à une accélération du rythme de la création d'entreprises. Ce qui est un premier indicateur d'un renouveau entrepreneurial. Nous devons aller toujours plus dans ce sens.

- C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de renforcer l'implication des écoles d'ingénieurs du ministère de l'industrie en matière d'entrepreneuriat. J'ai souhaité que cet axe soit un volet important du plan stratégique de ces écoles.

La Direction générale des entreprises, le Conseil général des mines et le Groupe des écoles des télécommunications réuniront un groupe de travail sur ce sujet et me feront des propositions.

- Dans la droite ligne de cette première action, je souhaite aussi renforcer la coopération entre écoles d'ingénieurs et de management et les réseaux d'appui à l'innovation et à la création d'entreprises. Nous avons besoin de rassembler tous les talents et toutes les énergies. Nous avons besoin de créer de vraies passerelles entre ces écoles de cultures différentes et les réseaux.

J'ai confié à Francis BECARD, président du réseau Retis, ici présent, une mission sur ce thème et je le remercie vivement d'avoir accepté de relever ce défi : il me remettra à la fin du mois prochain ses préconisations, avec à la clé deux ou trois propositions d'expérimentation avec des écoles.

- Troisième axe : je souhaite que les grandes entreprises impulsent une nouvelle dynamique de gestion de leurs ressources humaines, en valorisant les compétences entrepreneuriales de leurs salariés.

Ainsi, j'ai décidé de soutenir, en vue de sa diffusion et de son déploiement à une plus large échelle, une initiative innovante associant des écoles d'ingénieurs et de management, et des grandes entreprises, avec l'appui de Spinnove qui a conçu un programme collaboratif de formation-action sur la thématique de l'intrapreneuriat.

- J'en viens au quatrième volet : si l'on veut créer des entreprises, de l'activité, de l'emploi, il faut encourager toutes les forces vives et ne pas en perdre en chemin. C'est la raison pour laquelle nous devons donner une seconde chance aux entrepreneurs qui ont connu une liquidation judiciaire, en travaillant à la création d'un dispositif de formation et d'accompagnement qui leur permettra de ré-entreprendre dans les meilleures conditions et avec les meilleures chances de succès.

Ce sera l'objet de la concertation que le ministère de l'industrie et le ministère de la justice ouvriront d'ici la fin du premier trimestre 2007 avec les professionnels de la prévention (experts comptables, avocats, administrateurs et mandataires judiciaires, tribunaux de commerce...), les organisations représentatives d'employeurs, la Banque de France, des représentants des réseaux bancaires, des opérateurs de formations.

- Enfin, il faut sensibiliser les jeunes et leurs familles à l'esprit d'entreprendre : c'est l'objet de la campagne de sensibilisation qui est menée auprès des jeunes depuis novembre 2006, en partenariat avec le Groupe L'Etudiant.

Voilà quelques actions très concrètes destinées à valoriser l'esprit d'entreprendre. C'est un enjeu essentiel pour l'avenir. Je sais pouvoir compter sur le dynamisme de Télécom Paris pour contribuer à relever ces défis.

Source http://www.industrie.gouv.fr, le 13 février 2007

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