Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur la condamnation des thèses négationistes et des menaces du président de la République islamique d'Iran contre Israël, et la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU contre le programme nucléaire iranien, Paris le 13 février 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur la condamnation des thèses négationistes et des menaces du président de la République islamique d'Iran contre Israël, et la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU contre le programme nucléaire iranien, Paris le 13 février 2007.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président ; FRANCE. UMP, sénateur

Circonstances : Soirée organisée par le CRIF, à Paris le 13 février 2007

ti : Chers amis,


C'est sans hésiter que j'ai accepté de répondre à votre invitation à participer à la soirée que le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France organise ce soir.

Je tenais, en effet, à m'associer, une nouvelle fois, à votre démarche.

Le XXe siècle avait commencé en France par une exposition universelle où se devinait déjà, à travers le mélange des langues et des cultures, la mondialisation qui, aujourd'hui, nous envahit.

On croyait à la science, au progrès et même aux bienfaits du machinisme. Qui imaginait alors que le mal absolu allait se manifester à plusieurs reprises et sur plusieurs continents -à commencer par l'Europe- pendant tout le XXe siècle ?

On imaginait en 1920 avoir connu « la der des der ». Mais cette guerre allait bientôt être surpassée dans l'horreur.

La barbarie nazie a noirci de manière indélébile des pages de notre histoire. Avec l'Holocauste, c'était la civilisation elle-même qui était visée. On sait ce qu'il en coûtât pour le peuple juif, cible principale de cette folie.

Je n'ai pas oublié. J'étais jeune, mais je me souviens.

Qui pourrait, dès lors, prédire aujourd'hui avec assurance que le nouveau siècle qui débute ne va pas, lui aussi, se dérégler ?

Les risques ne sont pas négligeables. Le monde se fragilise, le climat s'échauffe, la terre se rebelle face aux traitements qu'on lui impose à rythme forcé.

Mais, surtout, nous le savons bien, l'Homme lui-même peut devenir à nouveau une menace et sombrer dans la violence et la folie.

Il nous appartient, dès lors, de retenir les leçons de l'Histoire et de nous souvenir. La connaissance de cette face sombre du genre humain nous impose cette exigence de mémoire.

Nous ne pouvons donc accepter sans réagir que le passé soit travesti.

Le Président de la République islamique d'Iran s'est trop souvent laissé entraîner par la tentation du rejet de l'autre, irraisonnée, simpliste et potentiellement destructrice.

Ses propos, trop souvent répétés pour laisser la place au doute, sont inacceptables.

Je les condamne.

La remise en cause de l'existence même de la Shoah, les prédictions quant à la disparition prochaine de l'Etat d'Israël, ou l'organisation de conférences donnant libre cours aux thèses négationnistes soulèvent l'indignation menacent la paix et insultent les victimes de l'Holocauste.

Comment laisser dire ?

Comment laisser faire ?

Comment ne pas réagir ?

Nombreux sont ceux qui, au sein de la communauté internationale, assument le poids de l'Histoire et veulent s'assurer que le futur ne s'égarera pas à nouveau.

C'est le sens de la vaste condamnation qui a accompagné les appels à la haine du Président iranien. L'Assemblée Générale des Nations Unies a adopté le 26 janvier dernier, à l'unanimité je tiens à le souligner, une résolution condamnant sans réserve la négation de l'Holocauste.

La communauté internationale s'est aussi légitimement inquiétée, dans ce contexte, du programme iranien d'enrichissement de l'uranium. Le Conseil de Sécurité, dans sa résolution 1737 de décembre dernier, a adopté des sanctions, avec l'espoir que l'Iran se conformera, enfin, à ses engagements internationaux.

Tout cela n'est pas inutile. On le voit en Iran même, où de plus en plus nombreux sont ceux que ce discours, répété à maintes reprises, met mal à l'aise.

Ils ne se reconnaissent plus dans un Président qui n'a pas été élu pour diffuser ce message. Une élection ne saurait légitimer les excès ou conférer une respectabilité inattaquable. Le peuple iranien est un peuple sage et avisé. Il n'oublie pas son passé et n'ignore pas l'Histoire.

Chers amis,

Je suis heureux de voir que la France n'est pas divisée dès lors qu'il s'agit de lutter contre l'intolérance et d'assurer l'exigence de mémoire. Votre présence ce soir témoigne de cette unité.

Je vous remercie.


Source http://www.senat.fr, le 15 février 2007

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