Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur les "stages d'immersion" des sénateurs dans l'armée et les liens entre l'armée et la nation, Paris le 14 février 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur les "stages d'immersion" des sénateurs dans l'armée et les liens entre l'armée et la nation, Paris le 14 février 2007.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président ; FRANCE. UMP, sénateur

ti : Madame le Ministre, chère Michèle ALLIOT-MARIE,
Mes chers collègues, Sénatrices et Sénateurs,
Messieurs les Chefs d'Etat major, Monsieur le Directeur général de la Gendarmerie nationale,
Messieurs les Officiers généraux,
Mesdames et Messieurs les Officiers supérieurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Permettez-moi de souhaiter à chacune et à chacun d'entre vous une très cordiale et très chaleureuse bienvenue dans les Salons de la Présidence pour cette réception que j'ai souhaité organiser à l'occasion des premiers stages d'immersion des sénateurs dans les forces armées.

Madame le Ministre,

Au mois de septembre dernier, en effet, je vous ai proposé, en lien avec le Bureau du Sénat et notre commission des Affaires étrangères, de la Défense nationale et des Forces armées, d'accueillir au sein des forces armées des sénatrices et des sénateurs, pour ce que nous appelons, ici au Sénat, des « stages d'immersion ».

J'ai ainsi voulu que mes collègues, sénatrices et sénateurs issus de tous les groupes politiques -et volontaires bien évidemment !-puissent effectuer un stage dans une unité militaire de leur choix, dans l'armée de Terre, la Marine, l'armée de l'Air ou dans la Gendarmerie nationale, ainsi que dans des unités interarmées.

Cette proposition s'inscrit, vous le savez, dans la démarche dynamique que j'ai engagée depuis 1998 afin d'ouvrir largement le Sénat sur le monde extérieur. C'est ainsi que plus de 250 stages d'immersion en entreprise, et plus de 130 stages dans les institutions judiciaires ont, à ce jour, pu être effectués par mes collègues.

Je dois vous rendre grâce, Madame le Ministre, chère Michèle, d'avoir d'emblée accepté ce nouveau terrain d'ouverture, que dis-je d'exploration, pour les sénateurs, malgré les lourdes contraintes spécifiques qui pèsent sur les armées.

L'accueil d'un parlementaire au sein d'une unité militaire opérationnelle, parfois durant plusieurs jours, ne va pas sans certaines difficultés. Les militaires ont su, comme toujours, relever ce défi et donner le meilleur d'eux mêmes dans ces échanges aussi francs qu'utiles, aux uns comme aux autres.

Au-delà des Chefs d'états-majors et du Directeur général de la Gendarmerie nationale, dont je salue très cordialement la présence aujourd'hui, et des chefs d'unités qui nous ont fait l'amitié de répondre à notre invitation, je vous demande, Madame le Ministre, de bien vouloir transmettre à toutes celles et à tous ceux qui ont participé à la pleine réussite de ces stages mes plus sincères remerciements, ma vive gratitude, et mes félicitations les plus chaleureuses.

Je ne crois pas, en effet, trahir le sentiment général de mes collègues -ils auront l'occasion de le dire eux-mêmes dans quelques instants- en vous exprimant, Madame le Ministre, la reconnaissance du Sénat tout entier pour la très grande qualité des stages offerts et le grand professionnalisme avec lequel ils ont été organisés. En définitive, ces stages ont donc été à l'image de nos armées.

A ce jour, une vingtaine de sénatrices et sénateurs sont allés à la rencontre de différentes unités, sur terre, en mer, dans les airs, ou au sein de la Gendarmerie. Croyez-moi, ils n'ont pas ménagé leur peine, comme vous pourrez en juger tout à l'heure dans le reportage réalisé par Public Sénat !

Sept stages supplémentaires sont d'ores et déjà programmés au cours des prochaines semaines, et une douzaine d'autres sont déjà envisagés.

Fruit du hasard, de la disponibilité opérationnelle des unités comme des agendas surchargés de mes collègues, la Marine et la Gendarmerie nationale ont été fortement sollicitées pour l'accueil de la première série de stages, mais je sais déjà que les armées de Terre et de l'Air seront mises à plus rude épreuve pour la seconde.

Pour cette année de lancement, c'est donc près de quarante stages qui auront ainsi été organisés, ce qui me permet d'ores et déjà de saluer ce succès collectif, véritable contrat « gagnant-gagnant », si vous me permettez cette expression qui fait florès de nos jours.

Nous pouvons tous, je crois, nous féliciter de cette réussite.

Nous souhaitions sensibiliser prioritairement les sénateurs non spécialistes des questions de défense : cet objectif est atteint puisqu'ils représentent 80% de cette première « promotion ».

Nous voulions que les sénateurs côtoient la réalité du terrain et le quotidien de nos militaires : de ce point de vue, ils ont été servis ! Nous voulions que les militaires changent de regard sur le Sénat : d'après les échos qui me sont revenus, c'est, là aussi, une réussite ! Mais, connaissant les qualités humaines de mes collègues, je ne nourrissais pas d'inquiétude sur ce point !

Sans anticiper sur ce que dira, -enfin, je l'espère, Madame le Ministre,- j'ai le sentiment que les armées en général, et les militaires qui ont accueilli les « stagiaires » parlementaires en particulier, ont, eux aussi, apprécié cette opération innovante et, je le crois, riche de promesses.

Madame le Ministre, chère Michèle,

Vous me permettrez de conclure en formulant deux souhaits.

Le premier, c'est, naturellement, que les stages d'immersion des sénateurs dans les forces armées perdurent.

Qu'ils s'inscrivent résolument dans la durée, et ce dans le même état d'esprit ouvert, cordial et constructif qui a présidé aux premiers stages.

Il me paraît aujourd'hui, plus que jamais, indispensable que se poursuive ce dialogue de terrain fructueux qui s'est ainsi instauré entre les élus de la Nation et les militaires.

Indispensable parce ces stages constituent, à l'évidence, l'une des manifestations tangible du lien Armée-Nation, élément central de cohésion nationale auquel nous sommes - vous le savez - au Sénat tout particulièrement attachés.

Indispensable, aussi, parce que les parlementaires, qui votent le budget des armées, doivent disposer des informations les plus pertinentes et les plus concrètes possibles pour faire des choix éclairés, surtout dans l'environnement international incertain qui est le nôtre aujourd'hui.

Et j'en arrive à mon second souhait, qui prendra - si vous le voulez bien, ma chère Michèle - la forme d'un hommage, votre modestie dût-elle en souffrir.

L'occasion m'est donnée de rendre solennellement hommage à votre action déterminée qui allie courage, droiture et sens de l'Etat, à la tête du ministère de la Défense.

En ces temps propices aux promesses, je veux tout particulièrement saluer votre action, sous l'autorité du Président de la République, en faveur du maintien de l'effort de défense de la France.

Je ne saurai d'ailleurs mieux faire que de reprendre les propos du Chef de l'Etat, lors de ses voeux aux Armées, selon lesquels « une politique de défense sans moyens suffisants ne serait qu'une politique d'apparences ». L'actualité nous montre tous les jours la nécessité vitale d'une telle politique, à la fois volontariste et responsable.

C'est bien cette ligne de conduite que, depuis cinq ans, vous incarnez avec fermeté, conviction, élégance, et -reprenant la devise de la Légion étrangère que, j'en suis sûr, vous ne renierez pas, avec « Honneur et Fidélité ».

Chers amis,

Pour ne pas prolonger cette cérémonie qui doit, après l'intervention de Michèle ALLIOT-MARIE, voir mes collègues témoigner de la rudesse de l'état militaire, je terminerai en renouvelant mes plus sincères remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont fait de ces stages dans les forces armées une réussite prometteuse et, j'ai la faiblesse de le penser, un exemple à suivre.


Je vous remercie.


Source http://www.senat.fr, le 19 février 2007

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