Interview de M. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, à "Challenges" le 1er mars 2007, sur le plan de restructuration et la situation à Airbus industries, les suppressions d'emplois et la position de l'Etat dans ce dossier. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, à "Challenges" le 1er mars 2007, sur le plan de restructuration et la situation à Airbus industries, les suppressions d'emplois et la position de l'Etat dans ce dossier.

Personnalité, fonction : MAILLY Jean-Claude.

FRANCE. FO, secrétaire général

ti : Q - Quelles vont être vos actions pour Airbus ces prochaines semaines ?

R - La Fédération FO des Métaux est en ce moment même en pleine réunion pour décider des actions à venir, justement. Alors je ne peux pas vous dire ce qu'elles vont comporter précisément.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il y aura des actions, tant au niveau national qu'au niveau européen.

Q - Aujourd'hui, aucun mouvement de grève n'a été lancé. Les salariés ayant débrayé sont-ils dans l'illégalité ?

R - Ils ne sont pas dans l'illégalité, et quand bien même ils le seraient, je serais curieux de savoir ce que l'on pourrait faire pour les arrêter !

De plus, à l'inverse du secteur public, qui, à l'image des cheminots par exemple, doit se soumettre à une certaine procédure avant de réagir de la sorte, il n'y a pas de préavis de grève dans le secteur privé...

Quoiqu'il en soit, quand des salariés apprennent ce genre de mesure, il est normal qu'ils réagissent et se battent pour leurs droits.

Q - Vous contestez les suppressions d'emplois, mais que préconiseriez-vous à Louis Gallois pour redresser son groupe ?

R - Louis Gallois [président d'Airbus, ndlr], depuis quelques mois dans l'entreprise est déjà confronté à une situation très délicate.

Plus qu'à Louis Gallois, c'est au gouvernement que j'adresse des reproches. Le gouvernement a été incompétent et désinvolte sur le dossier Airbus. Il n'a pas pris ses responsabilités et a tout simplement et totalement démissionné dans cette affaire.

De quoi a besoin Airbus aujourd'hui pour remonter la pente ? D'argent.

Le plan de restructuration Power 8 dévoilé mercredi ne vise, finalement, qu'à réaliser cinq milliards d'euros d'économies d'ici 2010.

Alors pourquoi les pouvoirs publics français, qui sont déjà au capital d'Airbus, n'investissent pas ?

C'est à croire qu'ils n'ont plus à intervenir dans le secteur clé de l'aéronautique.

Vous savez, il y a, en France, deux gros secteurs industriels de poids -cela ne veut pas dire que les autres ne comptent pas-: l'aéronautique et l'automobile.

Il me semble inadmissible que l'Etat larmoie sur leur sort sans agir.

D'autant plus que nous les avions alertés !

Aujourd'hui, Airbus a des difficultés de gouvernance, que les bagarres d'égo n'ont pas arrangées -je pense notamment à Noël Forgeard-, nous en sommes conscient, mais le problème n'est pas réglé. Et dites-moi: quelle entreprise a le pouvoir d'investir ?

Nous demandons à l'Etat de remplir ses obligations. S'il ne le fait pas et que la vacance se prolonge, les régions, pourraient, avec certaines garanties et grâce au montant des aides à la recherche, investir.

Mais là encore, un groupe comme Airbus, avec quatre pays européens derrière lui (la France, l'Allemagne, l'Espagne, et la Grande-Bretagne), dispose au total de 60 millions d'aides publiques, tandis que Boeing en a dix fois plus...

http://www.force-ouvriere.fr, le 8 mars 2007

Rechercher