Entretien de Mme Catherine Colonna, ministre déléguée aux affaires européennes, dans "Le Taurillon" du 5 mars 2007, sur l'avenir de la Constitution européenne, le cinquantième anniversaire du Traité de Rome et l'information du citoyen concernant l'Union européenne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de Mme Catherine Colonna, ministre déléguée aux affaires européennes, dans "Le Taurillon" du 5 mars 2007, sur l'avenir de la Constitution européenne, le cinquantième anniversaire du Traité de Rome et l'information du citoyen concernant l'Union européenne.

Personnalité, fonction : COLONNA Catherine.

FRANCE. Ministre déléguée aux affaires européennes

ti : Q - Que pensez-vous de l'état actuel de l'Europe, notamment après le referendum de 2005 et les ''non'' français et néerlandais ?

R - La première chose à dire, c'est que malgré les difficultés qu'elle rencontre, l'Europe continue d'avancer. Elle a, par exemple, su prendre des décisions pour un nouveau budget ou sur des textes très importants comme la directive sur les services. Mais pour faire face aux nouveaux défis d'un monde globalisé (énergie, environnement, migrations, recherche, sécurité, etc.), elle a besoin de se rénover et de se doter d'institutions qui lui permettent d'agir de manière plus efficace comme les citoyens le souhaitent. Les institutions ne sont bien sûr pas une fin en soi, mais elles sont une condition de son efficacité.

Comment peut-on sortir de l'impasse institutionnelle actuelle ? Dix huit pays ont ratifié le projet de traité constitutionnel. Deux pays l'ont refusé. Les autres ne se sont pas prononcés Cette situation s'impose à tous et chacun devra faire un pas vers l'autre, car l'objectif est bien de forger un nouveau consensus à vingt-sept à partir de cette réalité.

Ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est identifier ce qui peut être le consensus qui réunit les 27 Etats membres en avançant de manière pragmatique, pas à pas, sans a priori. Dans ce contexte, il faut partir de la substance et des équilibres du texte et non pas repartir de zéro. Il faut regarder ce sur quoi les Européens peuvent se mettre d'accord, ce qu'il faut réserver pour plus tard et ce qu'il est possible, aussi, d'ajouter - je pense notamment au social.

Q - En cette année de commémoration du 50ème anniversaire du Traité de Rome, peut-on espérer qu'il se produise, en 2007, un sursaut pour la construction européenne ?

R - Il le faut. 2007 doit être l'année de la relance : après une année 2005 difficile, disons-le, et une année 2006 qui a été une année de consolidation avec un certain nombre de bonnes décisions, il faut maintenant aller de l'avant ! Il est temps de donner un nouveau souffle au projet européen.

Le 25 mars prochain, ce sera le 50ème anniversaire du Traité de Rome. A cette occasion, les dirigeants européens doivent se retrouver pour faire le point et pour adopter une déclaration qui doit être courte, politique, simple et compréhensible par les citoyens. Cette déclaration doit marquer tout d'abord ce que l'Europe nous a apporté depuis 50 ans : la démocratie et une paix durable, ne l'oublions pas, mais aussi un cadre pour notre développement économique et social. Ce texte doit ensuite affirmer l'ambition européenne pour les 50 années à venir : que pouvons-nous faire, que devons-nous faire et comment devons-nous nous organiser ? C'est cela que représente ce rendez-vous, une formidable occasion d'engager la relance de l'Europe, de lui donner une nouvelle ambition.

Q - Quelles sont les actions qui ont été mises en oeuvre pour mieux informer les Français sur l'Europe ?

R - A la demande du président de la République, le gouvernement a pris de nombreuses initiatives en ce sens. Vous pouvez toutes les retrouver sur le site diplomatie.gouv.fr, dans les pages me concernant.

A titre d'exemple, à partir de janvier 2007, tout projet qui a reçu des subventions européennes devra le signaler de manière visible par un panneau. C'est important, quand on sait qu'en France, en 15 ans, plus de 140 000 projets ont été soutenus par les fonds européens !

Sur Internet, le site touteleurope.fr, lancé le 2 mai 2006 en partenariat avec la Commission européenne permet chaque jour à environ 10.000 visiteurs d'avoir accès à une information simple et complète sur l'Europe et de prendre la parole sur les grands sujets européens. Dans le même esprit, le 20 février, nous avons lancé le site traitederome.fr : chacun peut ainsi tout savoir sur ce Traité de Rome et les événements qui seront organisés pour en célébrer le 50ème anniversaire.

En matière d'éducation, le socle commun des connaissances met désormais au coeur de l'enseignement de chaque jeune Française et chaque jeune Français la géographie, l'histoire, les institutions et l'action concrète de l'Union européenne. Par ailleurs, un module "Europe" vient d'être introduit dans le cadre de la Journée d'appel de préparation à la défense, qui concerne 800.000 jeunes de 18 ans par an. Et ce ne sont que des exemples.

Q - Comment faire en sorte selon vous que l'Europe soit l'un des sujets importants de l'élection présidentielle ?

R - La bonne marche de l'Europe est l'une des clefs de notre avenir, personne ne peut en douter. Il faut donc tout simplement parler davantage de l'Europe, que chaque candidat dise quelle est sa vision de l'Europe, et quelles sont ses propositions. Il y a en réalité peu de sujets strictement nationaux, aujourd'hui. Notre avenir dépend en très grande partie de notre capacité à construire une Union européenne qui nous porte et qui nous protége, et dont la voix porte dans le monde, qui défende mieux notre modèle social.

C'est pourquoi il est fondamental que les candidats expriment leurs positions et répondent clairement aux citoyens qui se demandent quel est leur projet politique pour l'Europe, comment on peut relever ensemble les grands défis de demain, quelles sont les réformes à accomplir pour rester dans la compétition économique mondiale, quelle est la solution pour un nouveau traité, etc. Il faut que les Français puissent exercer leur choix démocratique en connaissance de cause.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 9 mars 2007

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