Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la nécessaire remobilisation des départements contre l'insécurité routière, Auxerre le 22 février 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la nécessaire remobilisation des départements contre l'insécurité routière, Auxerre le 22 février 2007.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Déplacement dans l'Yonne : réunion de remobilisation après la parution des chiffres de la sécurité routière de janvier 2007,

ti : Monsieur le préfet de l'Yonne,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs


Je viens aujourd'hui dans le département de l'Yonne pour examiner, avec vous, ce que nous allons faire en matière de sécurité routière après la reprise à la hausse des chiffres en janvier.

Rappel des chiffres de la sécurité routière :

J'ai eu l'occasion, il y a 15 jours, de faire le bilan de la sécurité routière en France, après une année 2006 exceptionnelle où le nombre de personnes tuées est passé pour la première fois en dessous de 5.000 (4.703 exactement).

Malheureusement, le mois de janvier est loin de faire aussi bien que l'année dernière, puisque avec 394 personnes décédées nous nous rapprochons du niveau de janvier 2005 (405 morts). Par rapport au mois de janvier 2006 (346 morts), c'est un retour en arrière avec + 13,9%, même si nous restons en dessous du niveau de 2005. Le nombre de personnes blessées sur la même période est de 7.928 contre 7.690 en janvier 2006 (soit + 3,1%) et 8.927 en janvier 2005. Le nombre d'accidents corporels a très légèrement augmenté entre 2005 et 2006, passant de 6.090 à 6.212 (soit + 2,0 %).

Il y a donc une aggravation marquée des accidents, avec une augmentation partout en France, mais en particulier en dehors des agglomérations, voilà le constat qui est fait par les experts de la sécurité routière. C'est d'ailleurs la situation de l'Yonne.

Certes, il existe des facteurs qui expliquent ces chiffres nationaux :

la comparaison se fait avec une période exceptionnelle de 2006 (les mois de janvier 2006 et février 2006 sont les meilleurs résultats mensuels jamais enregistrés en France depuis 1970).

la météorologie globalement clémente de janvier (en dépit des derniers jours du mois) a eu son effet paradoxal maintes fois constaté : davantage de déplacements, davantage de prise de risque puisque le temps est plutôt beau, et donc hélas au final davantage de victimes

Toutefois, une autre explication ne peut pas être ni éludée ni ignorée, c'est celle d'un relâchement des Français ces dernières semaines : et en matière de sécurité routière, le moindre relâchement se paie cash en morts et en blessés.

Nous ne pouvons pas l'accepter, c'est un devoir absolu envers toutes les victimes que comptent encore les routes, et envers toutes celles qui ont été épargnées depuis cinq ans.

La politique nationale sera poursuivie sur les trois objectifs que j'ai indiqués lors du bilan de l'année 2006 : les jeunes, les usagers des deux-roues et les citadins.

Chaque département doit à nouveau mobiliser l'ensemble des forces qui concourent à la sécurité routière, administration et associations réunies.

C'est pourquoi j'ai demandé dès le 8 février aux préfets d'organiser la re-mobilisation de tous autour du grand chantier de la sécurité routière.

Je suis donc heureux d'être présent ici pour la réunion du département de l'Yonne.

Le département de l'Yonne a été confronté à une situation difficile en matière de sécurité routière en 2006. Vous avez eu l'occasion d'en expliquer les raisons de façon très claire toute à l'heure.

Il va de soi que l'objectif que nous poursuivons, et qui est le seul qui compte, est de faire baisser le nombre de victimes dans les mois qui viennent.

Je voudrais aussi saluer dans toutes les initiatives le rôle des associations de lutte contre l'insécurité routière. Grâce à vous, l'action des pouvoirs publics est démultipliée, et j'ai constaté que c'est dans les départements où la mobilisation des associations est la plus forte, que les résultats se maintiennent dans le temps. Je vous remercie donc chaleureusement pour votre travail bénévole dans un domaine qui n'est pas facile.

Je souhaite que la mobilisation de tous dans le département de l'Yonne, qui est déjà lancée et qui se réaffirme aujourd'hui au cours de cette réunion avec le préfet, se poursuive comme dans tous les autres départements.

Annonce des Rencontres de la Sécurité Routière :

Pour y faire suite, j'organiserai d'ailleurs le 7 mars, avec le Premier Ministre et mes collègues les plus particulièrement concernés, Nicolas Sarkozy, Pascal Clément, Gilles de Robien et Xavier Bertrand, des rencontres de la sécurité routière pour inscrire dans la durée les progrès enregistrés depuis cinq ans en matière de sécurité routière, et ouvrir ensemble les chantiers de demain. Ces Rencontres s'articuleront sur trois séquences : l'exemple d'autres pays, la protection des usagers les plus vulnérables, et la mobilisation de toute la société.

Je souhaite que le rassemblement de mars soit le plus large possible autour d'une cause que tous partagent et j'espère vous revoir à nouveau à cette occasion.

Nous évoquerons notamment au cours de ces rencontres le civisme sur la route. Car il n'y pas de petites infractions, il n'y a pas d'un côté des comportements dangereux et de l'autre des comportements qui ne font «que» gêner l'autre. Lorsque je prends l'exemple des pays où le nombre des victimes est le plus faible, je constate qu'il s'agit aussi de ceux où l'on respecte le plus l'autre et la règle.

Il y va de la courtoisie, il va aussi de la vie.

Les valeurs humaines du combat pour la sécurité routière :

Plus généralement, je voudrais redire avec force combien nous ne devons pas perdre de vue la nécessité humaine de ce combat. La sécurité routière, ce ne sont pas seulement des statistiques et des chiffres, ce sont surtout des personnes et des souffrances individuelles, des douleurs physiques mais aussi des douleurs morales, qui sont toutes inacceptables. La sécurité routière, ce sont aussi des hommes et des femmes engagés au quotidien, mais qui sont malheureusement en butte à des conducteurs parfois inconscients des drames qui se jouent.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire aux pompiers et aux forces de l'ordre, ce travail a un sens, et il est au coeur de l'une des tâches les plus nobles qui soit.

Demande d'intervention des auditeurs dans le département :

Le département de l'Yonne fera l'objet, comme 10 autres départements l'année dernière, d'un audit de sécurité routière mené conjointement par les ministères des Transports, de l'Intérieur et de l'Education Nationale. Les auditeurs se sont rendus dans le département hier et avant-hier : je souhaiterais avoir leurs premières constatations sur le déroulement de la mission.

Je voudrais, avant de leur passer la parole, vous redire toute ma détermination et mon engagement en faveur de la sécurité routière.

Nous sommes au début d'une nouvelle phase. Il nous faut tout à la fois conjurer, dans un contexte difficile, la remontée du nombre des victimes, confirmer les acquis du passé et maintenir la politique de fermeté, tout en renouvelant notre démarche autour de nouveaux chantiers fédérateurs.


Source http://www.equipement.gouv.fr, le 14 mars 2007

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