Déclaration de M. Léon Bertrand, ministre du tourisme, sur la réalité de la coopération franco-russe à travers la réalisation des lancements Soyouz et l'importance de l'implication du secteur spacial dans tous les secteurs économiques de la Guyane, Sinnamary le 26 février 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Léon Bertrand, ministre du tourisme, sur la réalité de la coopération franco-russe à travers la réalisation des lancements Soyouz et l'importance de l'implication du secteur spacial dans tous les secteurs économiques de la Guyane, Sinnamary le 26 février 2007.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. Ministre délégué au tourisme

Circonstances : Inauguration de l'ensemble de lancement Soyouz à Sinnamary (Guyane)

ti : Monsieur le Ministre, Anatoly PERMINOV (Directeur de Roscosmos)
Monsieur l'Ambassadeur de Russie en France, Alexandre AVDEEV,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président de l'Office Parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, Sénateur Henri REVOL,
Monsieur le Président du Groupe parlementaire sur l'espace, Député Christian CABAL
Mesdames les députées de Guyane,
Monsieur le Sénateur de Guyane,
Monsieur le Président du Conseil Régional,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Monsieur le Maire de SINNAMARY, Georges MADELEINE,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Président du CNES, Yannick D'ESCATHA,
Monsieur le Directeur Général de l'ESA, Jean-Jacques DORDAIN,
Monsieur le Directeur Général d'Arianespace, Jean-Yves Le GALL,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers amis,

C'est vraiment un très grand plaisir d'être présent aujourd'hui avec vous et un très grand honneur de représenter le Gouvernement français, à l'occasion de cette inauguration du chantier de l'ensemble de lancement de SOYOUZ, en Guyane, sur le territoire de la commune de Sinnamary.

C'est aussi, bien-sûr pour moi, une grande émotion de partager ce moment avec vous, sur cette terre de Guyane qui reste le creuset de mes ambitions et de mes espérances, pour mes compatriotes, comme pour moi-même, en tant qu'homme et en tant qu'élu local.

Je vois dans notre présence sur ce site, le symbole d'une volonté partagée du Président de la Fédération de Russie, Vladimir POUTINE et de notre Président de la République, Jacques CHIRAC, de conduire un partenariat gagnant/gagnant dans le domaine du spatial et je m'en réjouis.

L'accord signé le 19 janvier 2005, à Moscou, par l'Agence spatiale européenne l'ESA et l'Agence spatiale russe Roscosmos, dans le prolongement de l'accord intergouvernemental franco-russe conclu en novembre 2003, porte non seulement sur le lancement des vaisseaux SOYOUZ depuis le Port Spatial de l'Europe, ici à Kourou en Guyane, mais aussi sur une coopération à long terme dans le domaine de la création et de l'utilisation des lanceurs.

Comme le rappelait Jean-Pierre RAFFARIN, Premier Ministre, le 21 mars 2005, lors de la signature des accords financiers relatifs à ce programme : « il s'agit d'une pièce importante pour consolider l'indépendance de l'accès de l'Europe à l'espace (...) c'est aussi une nouvelle preuve de la coopération euro-russe ».

Je rappelle que le montant des investissements pour réaliser ce nouveau pas de tir est à la mesure des enjeux : 344 millions d'euros.

L'événement qui nous réunis donc, aujourd'hui, est un gage de réussite dans la poursuite de l'aventure spatiale initiée il y a maintenant près de cinquante ans, par le lancement du premier « Spoutnik » en octobre 1957, suivi de près par « Explorer 1 », en janvier 1958.

Cette coopération est un atout pour nous permettre de faire face à la très forte concurrence qui sévit dans ce secteur stratégique, au niveau mondial.

Nous aurons donc, ici en Guyane, la plus belle vitrine de l'excellence de la très haute technologie et grâce aux lanceurs Ariane 5, Soyouz et Vega, nous serons en mesure de répondre, dans les meilleurs termes à nos besoins stratégiques mais aussi à la demande mondiale des opérateurs de satellite.

Car si le spatial reste une magnifique aventure collective, une extraordinaire aventure humaine et si chaque lancement demeure une prouesse de maîtrise technologique, c'est un secteur qui répond aujourd'hui, de façon plus prosaïque, à un marché.

La France, l'Europe en partenariat avec la Russie ont su s'adapter à cette mutation dans l'approche du spatial, en passant d'une vision simplement étatique à une vision plus pragmatique et je crois que nous devons tous nous en féliciter.

Cette mutation est aussi le gage d'un nouvel élan pour le Centre spatial guyanais et je l'espère pour toute la Guyane.

Car il faut se rappeler que lorsqu'au début des années soixante, la France a décidé de se doter d'une base spatiale, nous étions encore dans cette vision que je qualifie d'étatique.

Dès la décision prise en 1964, un cahier des charges a été élaboré pour déterminer la meilleure localisation pour installer cette base spatiale.

La Guyane, du fait de sa position sur l'équateur et de sa large ouverture sur l'Atlantique notamment, s'est révélée comme la meilleure situation.

Il ne restait plus qu'à créer l'environnement industriel et économique dont le Centre spatial avait besoin.

Des grands chantiers furent lancés dans ce but dès 1965, mobilisant 2500 hommes, et près de 11 nationalités, qui y ont travaillé jusqu'au début des années soixante dix.

La base spatiale de Kourou a vu le jour et à évolué au fil des années avec le succès que l'on connaît, mais le nouvel environnement industriel et économique créé dans ce seul objectif, s'est arrêté aux portes du Centre spatial Guyanais, à la limite de la « ville nouvelle » de Kourou, conçue comme une « base vie », déconnecté du reste du territoire.

Les Guyanaises et les Guyanais, s'en souviennent et en gardent une certaine amertume, à juste titre.

Surtout que la place prise par le spatial dans l'économie guyanaise est devenue déterminante.

Ce sont 30% du chiffre d'affaire des industries et des services, avec 235 Meuros de dépenses auprès des fournisseurs et prestataires locaux, plus de 20% du Produit Intérieur Brut de la Guyane, 1.500 emplois sur site, 3.800 emplois dans des sociétés annexes et 3.000 emplois induits.

C'est dire que lorsque « Ariane » éternue, c'est toute la Guyane qui s'enrhume.
Nous avons pu le constater en 2002/2003, avec notamment le départ de 300 familles de Kourou, pendant la période intermédiaire entre la fin du programme Ariane 4 et l'arrivée à maturité du lanceur Ariane 5.

Aujourd'hui, les choses évoluent dans le bon sens, grâce notamment à l'implication du spatial dans tous les secteurs de l'activité de la vie des Guyanaises et des Guyanais.

Je pense en disant cela aux conventions liées avec les communes, à l'action de la mission Guyane et au soutien aux grandes opérations telle que Rames-Guyane dernièrement.

Nous ne referons pas l'histoire mais nous sommes tous d'accord, je crois, pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

Et nous convenons aussi, qu'au delà des bonnes intentions, désormais, comme je le soulignais, le spatial est devenu un immense marché.

Nous sommes donc aujourd'hui, plus clairement qu'hier, dans la convergence d'intérêts et la création de ce nouvel ensemble de lancement SOYOUZ est la preuve que la Guyane est un maillon essentiel du dispositif, pour être compétitif sur ce marché mondialisé du spatial.

Dans le même temps, le Gouvernement auquel j'appartiens à mis en oeuvre, tout au long de la mandature qui s'achève, de nombreux outils pour rompre avec cette « mono-industrie » du spatial, en Guyane et, à l'inverse, inclure ce secteur phare sur le plan de la recherche et de la technologique, dans de nouvelles synergies. (Plan Guyane, Parc Amazonien, Pôle de compétitivité).

En tant que Ministre du Tourisme, j'ai moi-même tenu, en partenariat avec le CNES, Arianespace et l'ESA, à encourager le développement d'une offre de tourisme industriel, sur le thème du Spatial, à côté de l'éco-tourisme, s'appuyant sur notre extraordinaire biodiversité, qui reste le « produit d'appel » de notre territoire.

Le projet est en cours de finalisation.

Je ne doute pas que tout ce travail et cette volonté commune de réussir, ensemble, et non plus l'un à côté de l'autre, constituera une nouvelle opportunité de développement et de rayonnement pour la Guyane.

Enfin, Mesdames et Messieurs, Chers amis, je ne voudrai pas terminer sans un petit clin d'oeil à l'histoire qui déjà a inscrit tant de fois la Guyane dans la marche du monde.

Comme le chantier de l'ensemble de lancement de SOYOUZ a permis de mettre à jour des vestiges amérindiens vieux de 2000 ans, je ne doute pas que la pierre issue du pas tir «Gagarine», ramenée du cosmodrome de Baïkonour et qui symbolise notre accord, fournira aux archéologues des prochains milléniares une énigme de choix.

Je vous remercie.

Source http://www.tourisme.gouv.fr, le 14 mars 2007

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