Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur la construction du nouveau réacteur nucléaire Jules-Horowitz : instrument de recherche européen visant à améliorer les performances et la sûreté de la filière nucléaire, Cadarache le 19 mars 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur la construction du nouveau réacteur nucléaire Jules-Horowitz : instrument de recherche européen visant à améliorer les performances et la sûreté de la filière nucléaire, Cadarache le 19 mars 2007.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Pose de la 1ere pierre du RJH (Réacteur Jules Horowitz) à Cadarache (Bouches du Rhône) le 19 mars 2007

ti : Mesdames et Messieurs les parlementaires et les élus
Monsieur l'Administrateur général,
Mesdames, Messieurs,


Je suis particulièrement heureux de participer aujourd'hui, à Cadarache, avec vous, à la cérémonie de lancement de la construction du Réacteur Jules-Horowitz (RJH) et tiens à vous remercier, Monsieur l'Administrateur général, de m'avoir convié à cet événement.

Le RJH joue un rôle majeur pour la réussite de notre politique énergétique tant nationale qu'européenne. Il s'inscrit en effet parfaitement dans le cadre des grandes orientations de la loi de programme du 13 juillet 2005 ainsi que dans les conclusions du Conseil européen du 8 mars dernier.

Le RJH c'est aussi une réussite du CEA qui a été capable de fédérer autour d'un tel projet.

1/ Le RJH c'est d'abord un instrument de recherche européen de premier plan qui soutiendra la filière nucléaire en Europe :

Pour répondre aux défis climatiques qui sont devant nous, nous devons développer des énergies non génératrices de gaz à effet de serre. La feuille de route du dernier Conseil européen est claire à ce sujet puisqu'à l'horizon 2020 l'Europe doit réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre. Cet objectif, qui prolonge nos engagements de Kyoto, nécessite le développement des énergies renouvelables et des recherches sur les nouvelles technologies propres en carbone (comme le charbon propre, la captation ¿ séquestration du CO2) tout en conservant le bénéfice du nucléaire qui est une énergie non émettrice de gaz à effet de serre.

Avec le RJH nous préparons l'avenir car nous améliorons les performances et la sûreté de la filière nucléaire.

Le RJH apporte une capacité d'expertise :

- En matière de recherche sur les combustibles nucléaires, pour les rendre plus performants, améliorer leur durée de vie et ainsi produire plus d'énergie avec la même quantité de combustible et donc réduire les déchets ;
- En matière de test de matériaux afin d'améliorer la sûreté, la durée de vie et les performances des réacteurs.

Grâce à sa flexibilité il s'adapte à toutes les filières de réacteurs :
- le parc actuel (REP et EPR) en améliorant ses performances,
- mais aussi la 4ième génération voire même les réacteurs de fusion, en permettant la mise au point de nouveaux matériaux.

Enfin je n'oublie pas que le RJH permettra également de produire des radioéléments pour des applications médicales, et participera ainsi à sécuriser la réponse aux besoins français et européens dans ce domaine.

Avec le RJH nous prolongeons et élargissons notre capacité de recherche et d'expertise sur les matériaux et les matières nucléaires.

La réalisation du RJH est d'autant plus stratégique que les réacteurs de recherche européens actuellement en service devraient être progressivement arrêtés dans les dix prochaines années.

Je pense à l'actuel réacteur de recherche Osiris du CEA à Saclay : à compter de 2014 le RJH reprendra son activité et l'élargira à la 4ième génération afin de préparer au mieux la construction du prototype prévu pour 2020.

Le RJH apportera donc une capacité d'expertise modernisée nécessaire pour la France mais aussi l'ensemble de l'Europe.

C'est pour toutes ces raisons que l'Etat a donné son feu vert dès 2004 à ce projet, dans le cadre du Comité à l'énergie atomique, en finançant à hauteur de 50% la construction du réacteur (soit 250 Meuros).

Il est enfin apparu nécessaire que ce projet ne soit pas porté exclusivement par la France dans la mesure où les défis énergétiques et environnementaux doivent trouver des réponses au niveau international. Des partenaires européens mais aussi internationaux ont donc été rassemblés et je m'en félicite.

2/ Le RJH c'est également une réussite du CEA qui a su fédérer de nombreux partenaires :

L'excellence scientifique du CEA

Bien entendu, Monsieur l'Administrateur général, je ne peux parler du RJH, sans souligner que ce projet n'aurait jamais vu le jour sans la compétence et l'engagement de vos collaborateurs. Je tiens donc à les en remercier.

Le RJH, c'est le succès de votre établissement; c'est la confirmation de son excellence scientifique et technologique, de sa capacité à convaincre et à mobiliser les partenaires les plus prestigieux autour d'un projet structurant; c'est également la confirmation de votre enracinement dans l'espace européen et mondial de la recherche.

Le RJH contribuera ainsi à pérenniser l'excellence scientifique de votre établissement. L'Etat a choisi le CEA pour réaliser ce projet et il ne s'est pas trompé, une fois de plus.

Un partenariat technique et financier international

A côté de l'engagement financier de l'Etat qui figure dans le récent contrat d'objectifs Etat-CEA sur 2006-2009 que j'ai signé en juillet dernier, vous avez réussi à mobiliser un financement externe de 50% du coût du projet. Ce résultat est important. Je mesure l'effort que vous avez réalisé pour l'obtenir.

Vous avez ainsi réussi à réunir plusieurs partenaires qui matérialiseront leur engagement dans quelques instants avec la signature de l'accord de consortium. Je pense aux grands industriels français du nucléaire, EDF et Areva, aux instituts de recherche, tant européens qu'internationaux ici présents (Espagne, Belgique, Finlande, République Tchèque, Japon) et à la Commission européenne. Alors que d'autres réacteurs de recherche existent aujourd'hui en Europe, la présence de tous ces partenaires dans le projet RJH est une reconnaissance de la compétence de votre établissement dans ce domaine.

Je sais que cela n'est pas fini et que des discussions avec d'autres se poursuivent afin d'élargir vos collaborations. Aujourd'hui, je ne peux que les inviter à monter à bord du RJH.

Un projet majeur pour la région qui renforce le pôle de Cadarache

Le dernier partenaire de ce projet c'est évidemment la région PACA : le chantier du RJH aura également des retombées économiques importantes qui se rajouteront à celles d'ITER, juste à proximité. Ce sont ainsi plusieurs centaines d'emplois, directs et indirects, qui seront créés.

Je pense aussi aux retombées du projet pour notre industrie qui sera sollicitée dans les tous prochains mois pour participer à la construction du réacteur de recherche. Ce sont près de 2/3 des dépenses du projet qui devraient revenir aux industries de la région. Et je souhaite qu'à l'image du processus d'accompagnement prévu sur ITER, le CEA puisse informer régulièrement les entreprises notamment locales afin de mobiliser les meilleures compétences sur le projet.

Enfin avec ITER et aujourd'hui le RJH le site de Cadarache devient l'un des plus grands centres européens de recherche sur les énergies non génératrices de gaz à effet de serre. AREVA, le CEA et l'IRSN sont présents sur le site qui est associé par ailleurs à EDF dans le cadre du pôle de compétitivité Capénergies. Aujourd'hui 4 500 personnes y travaillent, demain plusieurs centaines supplémentaires arriveront. Nous pouvons dons être fier de la recherche française en matière d'énergie qui est en pleine forme à Cadarache !

En conclusion je souhaite donc bonne chance au CEA et à ses partenaires pour la construction du RJH. Je sais que d'ici sa mise en service, en 2014, il reste encore beaucoup de travail à faire, d'énergies à déployer, que des difficultés se feront probablement jour.

Mais j'ai pleinement confiance dans la capacité du CEA à mener à bien ce projet, à en assurer la maîtrise d'ouvrage avec succès et en respectant le planning et les coûts, ainsi que dans le soutien, sans faille, de ses partenaires.

Je vous remercie.


Source http://www.industrie.gouv.fr, le 129 mars 2007

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