Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le développement de produits et de procédés chimiques permettant de réduire leurs impacts négatifs sur la santé et l'environnement, Paris le 21 mars 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le développement de produits et de procédés chimiques permettant de réduire leurs impacts négatifs sur la santé et l'environnement, Paris le 21 mars 2007.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Remise du « Prix Pierre Potier » récompensant l'innovation en chimie au service de l'environnement le 21 mars 2007

ti : Monsieur le Professeur Yves Chauvin,
Monsieur le Professeur Armand Lattes,
Monsieur le Président Alain Devic,
Mesdames, Messieurs,


Nous nous retrouvons pour la deuxième édition du prix Pierre Potier. Constatant le décalage entre les travaux de notre chimie pour l'environnement et sa perception dans l'opinion publique, j'ai demandé l'an dernier au Professeur Armand Lattes, Président de la Fédération des Sciences pour la Chimie, s'il voulait bien se charger d'organiser un prix, à l'image du « Green Awards Prize » aux Etats-Unis, qui récompenserait les innovations du secteur bénéfiques à l'environnement.

Le Professeur Lattes ayant accepté et mené l'opération de main de maître, le prix a rencontré un vif succès avec 41 dossiers présentés et 9 lauréats.

Compte tenu de cette réussite et des nombreuses sollicitations de dirigeants d'entreprises, il m'a été proposé de reconduire ce prix en 2007. J'ai accepté et cela nous a conduit à avancer de quelques semaines la remise des trophées pour nous retrouver tous ensemble ici comme l'an dernier.

Je tiens à remercier le Professeur Armand Lattes qui a conduit ces deux années l'organisation de ce prix en constituant un jury, lançant l'appel d'offres, s'entourant d'experts pour l'analyse des dossiers, etc. Mes remerciements vont aussi au Professeur Yves Chauvin qui a accepté d'être le président d'honneur du jury. Ils vont enfin à l'Union des Industries Chimiques qui s'est de nouveau mobilisée pour faire de cet événement un succès.

L'industrie chimique française s'est résolument engagée dans la chimie « verte » pour répondre aux défis environnementaux.

Notre industrie chimique est le 4ème secteur industriel avec près de 240 000 emplois directs dans notre pays.

Suite aux rejets dans les airs, les eaux ou les sols dont l'industrie chimique a pu être la source, tout au long de sa phase d'expansion intense au cours du XXe siècle, le concept de « chimie verte » ou chimie durable est apparu aux États-Unis au début des années 1990, puis s'est imposé dans le but d'offrir un cadre à la prévention de la pollution liée aux activités chimiques.

Il s'agit de concevoir des produits et des procédés permettant de réduire leur impact négatif sur la santé et l'environnement, faire de plus en plus appel à des matières premières et énergies renouvelables, et optimiser le rendement et l'efficacité énergétique des procédés.

L'industrie française s'est résolument engagée dans cette voie dès le début réalisant que la réponse aux défis environnementaux ouvrait de nouveaux horizons à la chimie. La réalisation d'économies d'énergie et la préparation de l'après pétrole, la limitation des déchets et le développement de produits de substitution aux substances polluantes ou dangereuses ne pourront en effet être obtenues sans elle.

Cet engagement immédiat a conduit l'industrie française à disposer aujourd'hui de compétences reconnues au niveau international pour le traitement de l'eau, de l'air, des déchets ou la remédiation des sols pollués.

La chimie « verte » constitue en outre le socle sur lequel reposent les projets de R& D soutenus par les pouvoirs publics au travers des 4 pôles de compétitivité consacrés à la chimie, l'Agence de l'Innovation Industrielle (AII) et l'Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Citons par exemple le pôle de compétitivité « chimie environnement » de Lyon (Axelera), promoteur du passage d'une chimie curative de ses effets sur l'environnement à une chimie d'avant-garde intégrant dès l'amont la maîtrise de sa relation à l'environnement ou encore le pôle de compétitivité « Industries et Agro Ressources » en Champagne-Ardennes et Picardie, centré sur la valorisation du végétal et son utilisation dans l'industrie comme alternative aux énergies fossiles.

Je me félicite que 9 projets dans le secteur de la chimie aient été retenus au titre du 3ème appel à projets des pôles de compétitivité bénéficient de financements publics comme cela a été annoncé hier. Je veux citer les projets Duramat et Valoriste pour Axelera, EPACA, RBDCP et Virtual Skin Sensitisation pour la Cosmetic Valley, Agro-Solvants, BioH2Gen et Biomat pour Industrie et Agro-Ressources, Claryssime pour Parfums, Arômes, Senteurs et Saveurs.

Je crois que l'effet pôle commence à se faire sentir avec davantage de projets de grande qualité, à visée industrielle. La chimie est un parfait exemple : 9 projets c'est plus que pour les deux premiers appels à projet de 2006 réunis. Les projets retenus pour cette 3e vague sont plus encore significatifs : l'accompagement du fonds unique interministériel augmente sensiblement et dépasse 12 millions d'euros pour ces nouveaux projets des pôles chimie.

En tant que ministre de l'énergie, je me réjouis que la chimie innove pour se préparer à l'ère de l'après-pétrole. Dans ce domaine, l'AII a retenu des projets qui ont pour objectif de développer, pour l'industrie, des molécules à partir du blé, du maïs et de leur amidon ou d'autres agro-ressources, qui remplaceront celles issues des produits pétroliers. Enfin, un nouveau programme de recherche a été lancé par l'ANR qui s'intitule « chimie et procédés pour un développement durable », structuré selon 4 thèmes : synthèses respectueuses de l'environnement, procédés verts et sûrs, évaluation contrôle analyse et ressources renouvelables.

Toutes ces actions ainsi que notre forte implication dans les travaux menés au sein de la plateforme européenne de technologie « SUSCHEM » traduisent le haut niveau d'appropriation des acteurs de la chimie et de ses filières d'approvisionnement en France pour la chimie verte.

Elles contribuent à l'amélioration de l'image de ce secteur et par là-même au renouveau de ce secteur d'activité.

L'adoption le 18 décembre dernier de REACH marque une étape importante dans la règlementation. Sans attendre, nous avons lancé l'an dernier avec l'UIC une action commune de grande ampleur afin que 800 PME produisant, important, utilisant et/ou distribuant des substances chimiques se préparent à la mise en oeuvre de REACH.

Dans le détail, ces actions qui se poursuivent en 2007 sont de quatre ordres :

- des sessions de sensibilisation dispensées gratuitement sur ¿ journée,

- des actions de formation collective à destination des producteurs, importateurs, distributeurs et utilisateurs de produits chimiques. En deux jours, il s'agit à la fois de connaître et de comprendre les nouvelles obligations prévues par REACH et d'être en mesure de préparer sa mise ¿uvre dans l'entreprise (mise en place d'un plan d'action) ;

- des actions par chaîne de valeur qui mettent spécialement en présence des clients et des fournisseurs d'un même secteur d'activité ;

- un accompagnement individualisé sur site pour certaines PME.

Le règlement européen REACH, issu d'un subtil équilibre entre le nécessaire développement de notre industrie et les attentes des consommateurs, est parfois perçu comme une contrainte supplémentaire qui pèse sur les entreprises. Je crois que c'est également une formidable opportunité de recherche, d'innovation et de découvertes à venir pour les industriels de la chimie. Avec la recherche de substitution pour les substances les plus préoccupantes s'ouvre un marché important sur lequel certains d'entre vous sont, fort judicieusement, déjà positionnés.

Bref, avec le nouveau règlement Reach qui a pour but ultime le remplacement des substances les plus préoccupantes pour la santé et l'environnement, il y a de grandes chances pour que de nouveaux produits ou nouveaux procédés comme ceux récompensés par le Prix Pierre Potier voient le jour.

A l'occasion de cette remise de prix, je tenais à rappeler ces faits propres à réconcilier les Français avec leur industrie chimique.

Cette année, 26 dossiers ont été présentés, ce qui est beaucoup compte tenu du calendrier resserré que nous nous étions fixé. Les lauréats auront tout à l'heure l'occasion de présenter plus en détail les produits et procédés qui leur ont valu une récompense. Comme l'année dernière, je constate avec plaisir la place occupée par les PME dans ce palmarès.

Je voudrais également saluer au travers de l'UIC les lauréats de l'an dernier : depuis le 29 juin, tous sans exception ont progressé dans la technologie pour laquelle ils avaient reçu un trophée ou une médaille.

Je suis particulièrement heureux de constater qu'une des jeunes pousses récompensée l'an dernier a gagné en notoriété et a pu réaliser une importante levée de fonds. Elle emploie aujourd'hui 9 personnes (un effectif triplé en un an), et espère signer dans les prochains jours un partenariat majeur. Bref, la « chimie verte » est porteuse de croissance et d'emploi au sein de la chimie et plus généralement de l'industrie.

Je souhaite autant de succès à tous ceux qui seront couronnés et que tous participent à ce développement de l'emploi dans cette filière.

Un mot, enfin, avant de laisser la parole à Alain Devic et Armand Lattes pour la remise des prix, à la mémoire de Pierre Potier qui nous a quittés voici un peu plus d'un an. Inventeur de médicaments révolutionnaires à partir de plantes et par procédé chimique, il symbolise l'apport de la chimie verte que nous célébrons aujourd'hui.


Source http://www.industrie.gouv.fr, le 22 mars 2007

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