Déclaration de Mme Marie-George Buffet, députée PCF et candidate à l'élection présidentielle 2007, et réponses à un questionnaire sur le pluralisme dans la presse et les médias, le secteur public de l'audiovisuel et les droits des journalistes, Paris le 27 mars 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-George Buffet, députée PCF et candidate à l'élection présidentielle 2007, et réponses à un questionnaire sur le pluralisme dans la presse et les médias, le secteur public de l'audiovisuel et les droits des journalistes, Paris le 27 mars 2007.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. PCF, députée ; FRANCE. Candidate à l'élection présidentielle de 2007

Circonstances : Réponses au questionnaire sur les médias proposé par "Convergence des médias du tiers secteur" lors des Etats généraux pour le pluralisme organisés à Paris le 10 février 2007.

ti : Madame, Monsieur,

Vous trouverez ci-joint les réponses à votre questionnaire. Elles sont certes un peu longues car nous avons souhaité les détailler.

Pour l'essentiel d'ailleurs, vous les connaissez, puisque le Parti Communiste Français s'est fait représenté aux assises de Marseille comme à celles de la Bourse du travail de Saint Denis. A cette occasion d'ailleurs, j'ai donné une interview à « Zaléa TV » sur toutes ces questions. Et plus récemment dans le cadre de la campagne des présidentielles, je me suis faite représentée à la réunion que vous organisiez au Sénat.

Je souhaite pourtant m'adresser à vous plus personnellement.

Vous avez pris en effet l'initiative d'adresser une lettre ouverte à Madame Ségolène Royal dans laquelle vous faites part de votre « profonde stupeur » et de votre « immense déception » à la lecture du pacte présidentiel de la candidate du parti socialiste eu égard aux propositions qu'il contenait en matière de médias.

Cette candidate vous a répondu et vous avez diffusé sur le web sa réponse.

Celle-ci appelle de ma part plusieurs remarques. Il ne s'agit pas de polémiquer, mais de rendre perceptible la diversité qui existe à gauche sur cette question.

Il se trouve que la politique et l'information ont ceci de commun aujourd'hui, que leur pluralisme qui devrait les caractériser est gommé par le traitement médiatique qu'on leur inflige.

Je souhaite donc inlassablement sur cette question des médias comme sur l'ensemble du programme présidentiel, saisir toute occasion d'une confrontation d'idées que j'inscris pour ma part dans une contribution active à toute la gauche afin qu'elle batte la droite et qu'elle réussisse durablement.

Dans la réponse de Ségolène Royal, il y a bien sûr certaines questions sur lesquelles nous convergeons. Par exemple concernant la taxation des activités commerciales sur le web, ou la lutte nécessaire contre la concentration dans les médias. Bien sûr, il faudrait vérifier ce que recouvrent certaines formulations.

Mais l'essentiel pour moi n'est pas là.

Les médias en France sont passés sous une double tutelle commerciale et idéologique. L'ensemble des citoyens téléspectateurs sont considérés avant tout comme des consommateurs et les médias imposent une parole unique libérale qui va de pair avec cet objectif.

Bien sûr, un grand nombre de journalistes résiste, de nombreux médias associatifs proposent une alternative. De même, il existe encore fort heureusement des oeuvres de qualité programmée, mais dans des horaires qui ne permettent pas, le plus souvent, à l'ensemble de nos concitoyens de pouvoir les regarder. Globalement, depuis des années, la programmation culturelle et de divertissement s'est appauvrie et l'information pluraliste n'est plus qu'un rêve.

Pourtant, il n'y aura pas selon nous, de transformation sociale sans une transformation profonde des médias permettant à nos concitoyens, comme le dit joliment ACRIMED, de ne plus être « ex-communiqués ».

Pour répondre à toutes ces questions, nous ne pouvons nous contenter de demi-mesures. Il faut une véritable rupture avec les pratiques actuelles pour dégager les médias de la logique financière sans les replacer sous tutelle de l'Etat ce qui suppose de nouvelles formes d'appropriation sociales.

C'est sur toutes ces questions, que la lettre ouverte de Ségolène Royal me paraît grandement insuffisante.

Par rapport aux moyens financiers pour l'audiovisuel public et pour les médias alternatifs, par exemple, tout raisonnement s'inscrivant dans un refus "d'alourdir les prélèvements obligatoires", m'inquiète. Pour ma part, je pense que les prélèvements qui touchent l'ensemble de nos concitoyens peuvent être allégés. Mais dans le même temps, la responsabilité sociale des entreprises n'a cessé de s'amenuiser depuis vingt ans au travers des politiques libérales qui ont été poursuivies. Il y a donc là un véritable rééquilibrage qui peut être fait et qui peut permettre d'alimenter des politiques publiques en faveur de la création, de l'information et du divertissement. C'est d'ailleurs dans le droit fil de la tradition de notre pays qui a su mettre à contribution les entreprises culturelles qui tirent profit de la marchandisation des oeuvres.

Encore convient-il que le niveau de l'intervention publique soit suffisamment fort pour permettre à nos concitoyens de bien voir la "différence" entre le service public de l'audiovisuel et la télévision privée. C'est pour cela, vous le savez, que nous proposons, par exemple, la suppression en trois ans de toute publicité sur le service public, compensée financièrement comme il est indiqué dans nos réponses jointes.

A propos de la gestion dans ce secteur - certains diraient la gouvernance, je préfère parler de nouvelle appropriation sociale - ce n'est pas en faisant nommer une haute autorité ou les directions de chaînes principalement par le Parlement, que nous sortirons de la tutelle politique. C'est pourquoi nous proposons que le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) transformé en Conseil Supérieur des Médias, soit constitutionnalisé et que sa composition soit revue.

Elle devrait être tripartite : une représentation de l'opinion publique au travers de tous les partis politiques en fonction de leur résultat dans les dernières échéances électorales, les professionnels de l'audiovisuel par un renforcement de la représentation syndicale, et les citoyens dans les formes de représentation qu'ils se donnent.

Je veux souligner que le recours à un "panel" de citoyens ne me semble pas pertinent. Il y a des associations nombreuses, des confédérations syndicales, d'autres représentations collectives, qui peuvent parler dans un tel conseil supérieur des médias au nom de collectifs de citoyens importants.

Quant aux dirigeants des chaînes publiques, ils doivent être élus par les conseils d'administrations, responsables devant eux et le collectif des journalistes doit avoir droit de veto sur la nomination d'un rédacteur en chef.

Enfin, concernant la création, on ne peut s'en tenir à un "soutien vigoureux de la production indépendante". Ayons le courage, surtout dans un moment où les personnels de France 3 manifestent, de poser la question d'une refondation de la production publique dans l'audiovisuel. Il est urgent de reconstruire un pôle public en la matière, d'abroger les décrets Tasca, et de promouvoir des coopérations avec les médias associatifs, locaux, régionaux ou nationaux, et en Europe.

En renouvelant tout mon soutien à l'action que vous menez depuis des années, je vous adresse, Madame, Monsieur, mes salutations les meilleures.


REPONSES AU QUESTIONNAIRE
DE LA CONVERGENCES DES MEDIAS


1. Les concentrations et le pluralisme :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour restaurer le pluralisme et l'indépendance des médias et de l'information ?

Nous proposons de rendre à la création sa liberté, de défendre et promouvoir le pluralisme de la presse, de construire un espace public d'information et de débats réellement pluraliste.

Et plus précisément :
- Quelles dispositions légales, institutionnelles et financières proposez-vous pour limiter les concentrations et l'emprise des groupes financiers et des publicitaires sur les médias d'information ?
- Quelles dispositions comptez-vous prendre pour mettre un terme aux liaisons dangereuses entre les médias et les groupes qui bénéficient des marchés publics ?
- Que proposez-vous pour refonder et réorienter l'aide publique à la presse écrite et à sa distribution
afin que celle-ci permette de garantir effectivement le pluralisme et bénéficie prioritairement à la presse d'information générale et aux médias sans but lucratif ?

Sur ces trois questions, nous proposons de faire adopter par le parlement une véritable loi anti concentration :
Il faut réformer les dispositifs anti-concentration et interdire, notamment pour les grands groupes financiers, industriels et de services, les situations de quasi monopoles national ou régional dans la presse, l'audiovisuel et l'édition. La question de bénéficier ou non de marchés publics n'est qu'un phénomène aggravant, c'est la logique financière qui préside à l'appropriation des médias qu'il faut combattre. D'une manière générale, il faut garantir la diversité des filières de production dans le domaine de l'image, du son et de l'écrit ;
prévoir une réforme de l'actionnariat des principaux groupes privés de communications en progressant dans le sens d'une appropriation sociale basée notamment sur la réévaluation de la place des salariés de ces entreprises ;
Assurer l'égalité de traitement des territoires par une couverture nationale s'appuyant sur une intervention publique reconstituée (TDF, flotte de satellite, adsl...) ;
Garantir une égalité de traitement des émetteurs en particulier pour le secteur non marchand, les médias locaux et associatifs ;
Défendre le pluralisme dans la presse écrite payante quotidienne, magazine et régionale d'information générale et pour cela rénover les principes coopératifs mis en place à la Libération notamment par un soutien accru au réseau de distribution et de vente des journaux, en particulier aux dépositaires de presse dont le rôle doit être considérablement revalorisée ;
Cette loi cadre nécessitera une loi de programmation financière pluriannuelle permettant de définir les investissements publics nécessaires, la redistribution des produits fiscaux de la publicité, les indemnisations fiscales aux citoyens « souscripteurs » et les coopérations souhaitées en France, en Europe et dans le Monde.

- Que proposez-vous pour transformer ou remplacer le CSA, afin que le mode de désignation, la composition et les missions de l'autorité de régulation garantissent son indépendance et le pluralisme médiatique. En particulier, quelles représentations des journalistes et salariés de médias, ainsi que des médias du secteur associatif, des citoyens et des usagers, préconisez-vous ?

Le Droit à l'information et le CSA, transformé en Conseil supérieur des médias, doivent être inscrits dans la Constitution
La Constitution affirmera la nécessité que ce Droit à l'information, au divertissement et à la culture constitue une responsabilité qui incombe à l'ensemble des médias publics et privés
Elle actera la création d'un Conseil Supérieur des Médias
Elle mentionnera les grands principes de propriété et de financement des médias (audiovisuels, presse écrite, internet..)
L'assemblée nationale établira et contrôlera le cahier des charges des médias publics et privés sur avis du Conseil Supérieur des Médias
Création d'un Conseil Supérieur des Médias
Chargé du contrôle du respect des obligations en la matière, sa composition sera tripartite : Elu-e-s, Professionnels et Citoyens dans les représentations qu'ils se donnent (syndicats, associations...) ; son président ou sa présidente sera élu-e par le Conseil sur proposition du président ou de la présidente de l'Assemblée Nationale.
Il assurera les fonctions actuelles du CSA (Conseil supérieur des médias) du BVP (bureau de vérification de la pub) et des autorités de régulation : attribution des carneaux et des fréquences, respect du pluralisme de l'information, élaboration d'une « charte » de la PUB...
Il travaillera à l'élaboration de statuts des médias (audiovisuels, presse) publics, privés et associatifs en relation étroite avec les organisations professionnelles concernées
Par ailleurs, il assurera une mission de mesure qualitative et quantitative de l'audience des médias audiovisuels dont il définira les indicateurs ;
Il rendra compte de son travail devant les Etats généraux des médias et sollicitera le parlement autant que de besoin
Assurer la souveraineté populaire Démocratiser les entreprises, donner de nouveaux droits aux salariés
Des États généraux des médias, constitués de professionnels (journalistes, salariés, auteurs,...), d'élus de la représentation nationale et de citoyens (syndicats, associations, ...) constituera un espace de dialogue permanent et de suivi de l'activité des médias, de leur fonctionnement, du respect des conventions et des engagements. Ces États généraux disposeront d'un droit d'interpellation du Conseil supérieur des médias ou des Conseils d'administration des entreprises du pôle public avec une Information publique de ces échanges
Le droit des salariés et leur représentation dans les conseils d'administration sera accru dans les entreprises de presse, dans l'audiovisuel public et privé.
Dans les structures du secteur public, la représentation des salariés sera portée à 50%, un collège associé des usagers sera institué et régulièrement consulté, le/la prédisent-e sera élu-e par le conseil d'administration sur proposition du Conseil supérieur des médias et sur présentation d'un projet d'entreprise débattu par le conseil


2. Le secteur public de l'audiovisuel :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour rénover et développer l'Audiovisuel de Service Public?

Et plus précisément :
- Êtes-vous prêts à vous engager à inscrire l'existence de l'audiovisuel public dans la Constitution ?
- Quelles dispositions entendez-vous prendre pour doter l'audiovisuel public de moyens de financements augmentés et pérennes ?
- Quelles dispositions entendez-vous prendre pour réduire l'emprise de la publicité sur la télévision publique ?
- Envisagez-vous d'attribuer à France Télévisions des moyens spécifiques et de nouvelles fréquences pour développer son offre sur de nouveaux supports (TNR, TNT, TVmobile, Satellite et ADSL) ?
- Comptez-vous remettre en cause les dispositions de la récente loi « Télévision du futur » qui prorogent la concession des télévisions hertziennes privées, et qui leur accordent une chaîne bonus à chacune dans le cadre du passage au numérique ?
- Envisagez-vous l'abrogation du décret Tasca et la réappropriation de la production en interne ?
- Êtes-vous prêts à vous engager à organiser la coopération des différents médias acteurs de l'action extérieure (RFI, TV5, CFI, AFP...) et l'intégration de France 24 dans la sphère publique ?

Nous souhaitons promouvoir une conception étendue du service public :
Notre conception du service public ne nous conduit pas à un « retour » en arrière : ni logique financière, ni monopole d'état. Nous voulons également prendre en compte les évolutions du combat démocratique : le service public aujourd'hui c'est à la fois le secteur public et les médias associatifs.

Un pôle public des médias :
il ne s'agit pas de revenir à l'ORTF, il convient de permettre le développement de l'intervention publique au sein d'un « pôle public » élargi et recomposé qui rassemblerait les réseaux de diffusion et de communication, des moyens de production, France Télévisions, Radio France, RFI, France 5, CFI, Euronews, l'INA et l'AFP et naturellement France 24.
L'AFP agence de presse internationale indispensable au pluralisme de l'information dans le monde pourrait être associée au pôle public des médias dans un GIE à part égale avec France Télévision pour développer des projets communs sur la vidéo ou l'image animé sur le web et des projets de coopération avec l'INA en associant d'autres structures comme le CNRS. Un collège associé au CA de l'AFP, regroupant des entreprises de presse internationales, permettrait de conforter le pluralisme dans les sources de l'information.

Les réseaux de diffusion et de communication :
Dans le cadre de la convergence des technologies (satellites, câbles, TNT, ADSL, UMTS, Wimax, ...) nous affirmons que le déploiement cohérent et universel de ces réseaux découle d'une responsabilité nationale. Dès lors, il convient de reconstituer un pôle industriel de télécommunication de grande envergure, garant d'une couverture universelle du territoire pour l'ensemble des technologies disponibles et d'une politique de recherche et d'innovation technologique ambitieuse.
Ce pôle public dont le noyau sera constitué par les entreprises TDF et France Telecom aura vocation à gérer les infrastructures financées ou subventionnées par les fonds publics (existantes ou à venir), à fédérer les initiatives publiques ou non-marchande en matière de création de déploiement des réseaux de télécommunication et à développer des politiques de coopération industrielle au niveau européen et mondial.

Tout cela suppose bien sur de revoir la récente loi « télévision du futur ». Les fréquences libérées seront attribuées à des services publics de télévision numérique, de télévision associative, de téléphonie mobile, de télévision mobile, et surtout de Wimax, notamment dans les zones rurales.

Un service public de production
Nous soutenons la lutte actuelle des salariés de France 3 au coeur de ces questions. La disparition de la SFP n'a pas détruit toute capacité de production audiovisuelle. Les moyens du groupe France Télévisions et notamment ceux de France 3 et de RFO, doivent être augmentés. Les « décrets Tasca » doivent être abrogés. Nous proposons le contrôle par les Conseils d'Administration des chaines, du recours à des producteurs privés, l'internalisation de la production des émissions du « flux » et l'élargissement des commandes de production aux petites et moyennes structures indépendantes.

Les chaines associatives
Elles sont aujourd'hui légalisées par la nouvelle loi sur la liberté de communication. Il faut désormais leur assurer une existence véritable dans le paysage audiovisuel français et les moyens de leur indépendance.
Il faut leur réserver une part suffisante des ressources en fréquences, des créneaux satellites et sur le câble ; créer un Fonds de soutien à l'expression audiovisuelle citoyenne alimenté par une taxe sur les chiffres d'affaires des entreprises qui exploitent les ressources hertziennes à des fins commerciales (chaînes privées mais aussi opérateurs de téléphonie mobile)
Les collectivités territoriales peuvent contribuer aux financements des chaînes associatives accomplissant une mission de communication sociale de proximité sur les questions de diffusion et de production. Un cahier des charges garantira l'indépendance de ces chaines. Elles pourront bénéficier de commandes publiques. La coopération avec France 3 et ses moyens de production sera recherchée.

Les moyens d'une telle politique
Le financement de ces propositions nécessite un complet retournement de l'évolution du rapport financement public/financement privé de toutes ces dernières années.
La refondation d'un service public des médias passe par un ré investissement public, une véritable politique industrielle publique nationale, des coopérations européennes et internationales soutenues par des organismes bancaires associés et une taxation élargie de la publicité.
Ces dispositions nécessitent la remise en cause du pacte de stabilité européen et la transformation du rôle de la BCE.

Les investissements nécessaires seront assurés grâce aux ressources suivantes:

1 - La politique industrielle nationale et de coopération déjà évoquée

2 - La réforme de la redevance pour augmenter son rendement en la modulant en fonction des revenus des citoyens. Le service de la redevance sera maintenu et conforté pour lui permettre de mener à bien cette réforme et son exécution.

3 - Un élargissement du prélèvement sur les recettes publicitaires (chiffre d'affaire de 3O Milliard d'euros en 2004) pour alimenter un fond de répartition géré par l'état en faveur du pôle public des médias, de la presse écrite d'information générale indépendante (fonds de modernisation de la presse aide aux journaux disposant de peu de rentrée publicitaires), de l'AFP. des éditeurs indépendants.
Une taxation de 5% des dépenses de publicité représenterait 1,5 Milliards d'euros. Pour comparaison, les ressources pub de France Télévisions représentent actuellement 750 Millions d'euros, les besoins de l'AFP s'élèveraient à 300 millions...

4 - La création d'un Fonds de Soutien à l'Expression Audiovisuelle Citoyenne alimenté par une taxe parafiscale sur les chiffres d'affaires des entreprises qui exploitent les ressources hertziennes (bien public inaliénable) à des fins commerciales.

5 - Les citoyens qui s'abonnent à des journaux quotidiens ou qui participent aux souscriptions organisées par les journaux, pour tenter d'équilibrer leur budget, bénéficierons de déductions fiscales aux personnes.

Nous pensons indispensable de libérer les médias publics du diktat de l'audimat et pour cela d'interdire en l'espace de trois ans toute publicité sur les médias publics. Nos propositions permettent de conserver les revenus de la publicité nécessaire au fonctionnement du pôle public des médias et à la presse indépendante.

L'ensemble de ce processus se fera sous le contrôle du Conseil supérieur des médias, de même que la suppression de la publicité sur toutes les émissions destinées aux enfants.


3. Les médias du Tiers Secteur :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour soutenir les médias associatifs, dans les domaines de la presse écrite, de la radio, de la télévision et de l'internet ?

Et plus précisément :
- Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour renforcer et démocratiser le Fonds de soutien à l'expression radiophonique (FSER) ? Êtes-vous prêts à l'étendre aux télévisions associatives indépendantes par une augmentation de son montant et de l'assiette (grands médias et hors médias) de la taxe sur la publicité ?
- Etes-vous prêts à vous engager, s'agissant des radios associatives, à protéger le quota des fréquences associatives (30% des fréquences pour le secteur associatif) et s'agissant des télévisions associatives à leur réserver un quota équitable de fréquences aux plans local, départemental, régional et national, en tenant compte de leur spécificité lors des appels à candidatures ?
- Quelle est votre position sur l'obligation de transport gratuit des télévisions associatives par les distributeurs privés commerciaux du câble, du satellite, de la TNT, de l'ADSL et de la téléphonie mobile (Free Must Carry) ?
- Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour favoriser le développement des logiciels libres contre les tentatives commerciales de le bloquer ? Envisagez-vous d'abroger la législation liberticide (LEN, DADVSI, etc.) qui compromet le libre accès à l'information, à la culture et au savoir ?
- Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour que les structures (entreprises, scop ou associations) qui éditent des sites internet d'informations et qui n'ont pas d'édition papier, puissent bénéficier du statut d'entreprise de presse, recruter et former des journalistes professionnels ?

Nos réponses précédentes peuvent être complétées ainsi :

Interdire la brevetabilité des logiciels, garantir la liberté des internautes respecter le droit des auteurs par la taxation des fournisseurs de services et d'accès commerciaux ; cela suppose d'abroger la loi DADVSI.
Nous proposons la mise en place d'une plate forme publique de téléchargement permettant d'être à la fois aux côtés des internautes et aux côtés des auteurs en prévoyant la rémunération de ces derniers.
Il y a des gains de productivité aujourd'hui. On peut faire du stockage illimité de musique et d'oeuvres de création, on peut les diffuser en temps réel immédiat sur l'ensemble de la planète, certains coûts de reproduction sont quasiment nuls : ces gains de productivités doivent être mis à contribution pour la création.
Il faut taxer les serviteurs d'accès et toute entreprise commerciale sur le Web pour qu'une partie de cet argent revienne à la création via la gestion par les ayants droit.
Une plate-forme publique  de téléchargement sur internet créera bien sûr une saine concurrence avec le privé en offrant une véritable diversité sur l'ensemble du champ de la création, ce qui suppose aussi un effort en faveur de la numérisation des catalogues. C'est vrai dans le domaine de la musique, dans le domaine de la littérature, dans d'autres domaines artistiques. Seule la puissance publique peut garantir une offre d'oeuvres s'efforçant de répondre à la demande de chacun.


4. Les droits des journalistes :
Quelles mesures concrètes proposez-vous pour garantir les droits et l'indépendance des journalistes ?

Et plus précisément :
- Vous engagez-vous à inscrire dans la Constitution le droit du public à une information honnête, complète et pluraliste ?
- Approuvez-vous la reconnaissance juridique de l'équipe rédactionnelle dans toute entreprise de presse ?
- Êtes-vous prêts à la mise en conformité du droit français avec le droit et la jurisprudence européenne pour la protection des sources des journalistes ?
- Quels sont vos engagements pour garantir l'accès à l'information détenue par les pouvoirs publics, l'administration et les entreprises ?
- Êtes-vous prêts à soutenir les journalistes dans leur défense de leur statut, et l'annexion des chartes nationale et internationale de déontologie dans leur Convention Collective ?
- Êtes-vous prêts à soutenir les journalistes dans leur combat pour l'application de toutes les dispositions légales et conventionnelles protégeant les pigistes, et pour la résorption des emplois précaires ?

Là également nos réponses précédentes peuvent être complétées ainsi :

La place des journalistes dans la société, est pour nous essentielle. Les journalistes sont ceux qui peuvent permettre qu'il y ait un véritable débat politique, c'est-à-dire un débat public qui permette aux citoyens d'intervenir. En s'appuyant sur leur charte, qui nous semble-t-il est déjà associée aux conventions, les journalistes ont un devoir d'informer en présentant les événements de façon contradictoire. Ils ont aussi un droit d'investigation qu'il faut leur reconnaître y compris à l'égard des informations détenues par les pouvoirs publics, les administrations et les entreprises. Il faut que l'on respecte leurs sources, renforcer l'article 109 du code de la procédure pénale et empêcher notamment les perquisitions qui mettent en cause le droit de préservation des sources d'information. Protéger les journalistes et leur travail suppose qu'on ne puisse pas leur prendre leurs carnets d'adresses, les mettre sur écoute téléphonique, ou utiliser des rushs dont on ne sait s'ils seront diffusés ou pas. La bataille pour la reconnaissance de ces droits passe bien sur par la recherche de convergences des législations européennes dans ce sens.

Dans tous les médias et notamment dans les entreprises de presse, nous pensons nécessaire de renforcer la place et le rôle des journalistes, en limitant la précarisation de cette profession, et en renforçant le rôle des organisations syndicales de journalistes (nous sommes contre la constitution d'un nouvel « ordre » des journalistes).
Les syndicats ne sont pas là pour s'occuper uniquement des fiches de paye ou des conditions de travail. Ils participent à l'entreprise médias dans laquelle ils sont, et ils doivent pouvoir jouer tout leur rôle aussi dans le choix des orientations et de la ligne éditoriale. Concernant le collectif des journalistes qui constituent une rédaction, nous pensons qu'ils doivent pouvoir avoir un droit de veto sur la nomination de leur rédacteur en chef. 


Source http://www.mariegeorge2007.org, le 28 mars 2007

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