Déclaration de M. José Bové, candidat à l'élection présidentielle 2007, dmandant qu'aucun emploi ne soit supprimé à Airbus et liant cette demande à ses propositions en matière de politique de l'emploi, de politique industrielle et pour la protection de l'environnement, Paris le 5 mars 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. José Bové, candidat à l'élection présidentielle 2007, dmandant qu'aucun emploi ne soit supprimé à Airbus et liant cette demande à ses propositions en matière de politique de l'emploi, de politique industrielle et pour la protection de l'environnement, Paris le 5 mars 2007.

Personnalité, fonction : BOVE Jose.

FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007

Circonstances : Manifestation de salariés d'Airbus pour protester contre le "Plan Power 8" de restructuration d'EADS et Airbus prévue pour le 6 mars 2007 à Toulouse

ti : Demain, mardi 6 mars, je manifesterai à Toulouse auprès des salarié-e-s d'Airbus, pour les soutenir dans leur lutte actuelle. Comme eux et avec eux, je condamne et exige le retrait du plan Power 8 qui fait payer aux salarié-e-s les errements et querelles d'actionnaires privés et publics, plus préoccupés par la maximisation du profit que par l'intérêt des salarié-e-s et de nos sociétés. Comme à chaque fois, plutôt que de sanctionner les responsables de la crise, et de rompre avec la logique néo-libérale, les salarié-e-s paient les pots cassés : ils sont victimes de suppressions d'emplois dont la seule justification est de satisfaire les marchés financiers - ce dont témoignent les résultats d'EADS.

Dans l'immédiat, tout doit être mis en oeuvre pour qu'aucun emploi ne soit supprimé, chez Airbus comme chez les sous-traitants, et ce quelque soit le statut des salarié-e-s, CDI et CDD comme intérimaires.

Pour que cela soit maintenant possible et viable à long terme, les logiques qui ont conduit à cette crise doivent être stoppées et inversées. Améliorer la gestion, revoir la participation des actionnaires, accroître les liquidités de l'entreprise ne suffiront pas, à court et moyen terme, pour sauvegarder l'emploi - à Airbus et chez ses sous-traitants - et garantir une industrie conforme à l'intérêt général : ce sont aux logiques qui ont conduit à cette crise qu'il faut s'attaquer, pour les stopper et les renverser.

Sur le plan industriel et actionnarial, les entreprises stratégiques doivent rester publiques pour ne pas être soumises aux diktats boursiers et financiers (tout comme leurs sous-traitants). Mais cela ne suffit pas : les salarié-e-s et représentants du personnel doivent participer aux décisions stratégiques de l'entreprise.

Sur le plan social, interdiction des suppressions d'emplois (incluant tous les statuts, y compris l'intérim) dans les groupes et entreprises qui font des profits. Les salariés, ou leurs représentants, doivent disposer d'un droit de veto suspensif sur les plans sociaux et les délocalisations. D'autre part, les salarié-e-s, en cas de perte d'emploi, doivent bénéficier d'une véritable sécurité professionnelle traduite par un nouveau statut leur permettant de conserver leur salaire, leur contrat de travail et les droits associés.

Sur le plan européen, nous proposons de rompre avec la politique de l'euro fort qui renchérit les productions de nombreuses entreprises - notamment celle d'Airbus face à Boeing. Nous proposons que le statut de la BCE soit revu pour qu'elle oeuvre pour l'emploi en baissant les taux d'intérêt. Dans le même temps, nous souhaitons que l'Union Européenne défende un modèle social ambitieux qui rompe avec la course à la "baisse des coûts" salariaux et à la diminution des dépenses publiques et sociales (cf. nos 125 propositions).

Sur le plan environnemental, les pouvoirs publics doivent oeuvrer pour que la politique industrielle ne se fasse pas au détriment de la planète. Défense de l'emploi et défense de l'environnement peuvent et doivent être conjuguées pour assurer l'avenir de celle-ci. Le transport aérien étant l'un des plus polluants, le transport ferroviaire doit être favorisé sur les courtes et moyennes distances. Il faut également réfléchir aux types d'appareils faisant le moins de nuisances sonores et intensifier la recherche sur les économies d'énergie. En raison de l'impact du transport aérien sur l'environnement, nous voulons maîtriser sa croissance. Cela peut se faire dès maintenant. Nous pensons que l'avenir de ce secteur industriel ne peut pas être fondé sur une croissance indéfinie du trafic aérien et c'est pourquoi il faut envisager les reconversions industrielles possibles. Ce processus devrait s'appuyer sur l'intelligence et les compétences collectives en associant les salarié-e-s, les élus et les citoyens.

Être candidat à la présidentielle suppose de poser ces questions dans le débat et de proposer des perspectives. Être candidat à la présidentielle suppose de relever le double défi de sauvegarder tous les emplois et de faire face à la crise énergétique.

L'objectif de la vie économique ne doit pas être la croissance pour elle-même, mais le développement des capacités humaines ; le critère ne doit pas être la rentabilité financière, mais l'utilité sociale des activités et des productions.

C'est dans ce cadre que je renouvelle l'invitation faite à tous les candidats de gauche à se réunir pour décider d'une action commune et favoriser ensemble le débat public indispensable pour élaborer des réponses de long terme.


Source http://www.josebove2007.org, le 29 mars 2007

Rechercher