Interview de Mme Ségolène Royal, députée PS et candidate à l'élection présidentielle 2007, à "TF1" le 4 avril 2007, sur ses origines sociales, ses aspirations, et son premier objectif : la lutte contre le chômage. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Ségolène Royal, députée PS et candidate à l'élection présidentielle 2007, à "TF1" le 4 avril 2007, sur ses origines sociales, ses aspirations, et son premier objectif : la lutte contre le chômage.

Personnalité, fonction : ROYAL Ségolène, PERNAUT Jean-pierre.

FRANCE. PS, députée ; FRANCE. Candidate à l'élection présidentielle de 2007;

ti : Jean-Pierre Pernaut - Depuis un mois, cette campagne semblait assez paisible pour tous les candidats. Mais elle commence à s'animer, François Bachy et des petits noms d'oiseaux commencent à voler un peu partout.

François Bachy - Oui, alors il n'en a pas été question ce matin, au point de presse de Ségolène Royal. Pour le deuxième jour consécutif, elle tenait son point de presse, rue de Solferino, pour parler des jeunes, de leurs emplois et de leurs inquiétudes. Mais effectivement, elle a refusé de répondre à une question sur cette polémique qui depuis un mois l'oppose à Nicolas Sarkozy. Vous, vous en souvenez, c'était en visitant le Salon de l'Agriculture, Ségolène Royal avait trouvé ignoble, l'amalgame fait selon elle, par Nicolas Sarkozy entre l'identité française et les travailleurs immigrés. Le mot « ignoble » était assez mal passé chez Nicolas Sarkozy, qui lui avait trouvé que la candidate faisait part d'une certaine forme d'hystérie. Et puis hier soir, un nouveau grade a été franchi par Ségolène Royal qui dit que Nicolas Sarkozy est un menteur, elle ne disait pas ce mot pour lui-même et elle dit quand même, elle pose la question, est-ce qu'un menteur peut-être président de la République ? Et à mon avis, ça ne va pas forcément s'arrêter là.

Jean-Pierre Pernaut - Non et il reste 18 jours avant le 1er tour et après il y en aura 15 autres avant le deuxième, on imagine la suite. Dans ce « Journal de Campagne » tous les jours, vous savez que je rencontre l'un des candidats et justement aujourd'hui, c'est Ségolène Royal, quelles sont ses valeurs, des passions, les racines auxquels elle est attachée ? Qui est Ségolène Royal ? Ecoutez.

Ségolène Royal, candidate PS à l'élection présidentielle - Ah ! Mes racines ce sont mes racines françaises, d'abord et en même temps avec cette chance d'avoir une ouverture sur le monde, puisque c'est vrai que je suis née au Sénégal. Mon père était militaire, donc avait été nommé en garnison dans ce pays. Et puis ensuite nous avons été mutés en Martinique, donc j'ai vécu aussi trois ans en Martinique et en même temps, ma famille est enracinée depuis des générations, puisque mon arrière-grand-père était ouvrier agricole dans les Vosges.

Jean-Pierre Pernaut - D'où vous est venu le goût de la politique, très jeune finalement ?

Ségolène Royal - Très jeune, je crois que j'ai été accrochée très tôt par les débats politiques à la télévision, tout simplement parce que je ne viens pas d'une famille qui était très politisée, je vivais dans un petit village donc pas du tout dans les cercles du pouvoir. Et donc j'ai franchi une à une les étapes en saisissant les chances qui passaient et puis j'ai appris quand j'étais à l'université en Sciences Economiques, que l'Institut d'Etudes Politiques de Paris existait, j'ai passé le concours, j'ai été reçue. Et ainsi depuis de file en aiguille, je suis un pur produit de la réussite scolaire et éducative.

Jean-Pierre Pernaut - S'il y a un homme politique dans l'histoire que vous admirez, c'est lequel ?

Ségolène Royal - Je vais quand même citer une femme, finalement, peut-être Indira Gandhi, peut-être Louise Michel, aussi qui a appris aux femmes la liberté et la révolte, et voilà et puis peut-être des hommes politiques plus contemporains. Peut-être pour l'indépendance de la France, je citerais le Général de Gaulle et François Mitterrand.

Jean-Pierre Pernaut - Aujourd'hui vous avez quatre enfants, est-ce que le fait de faire tant de politique, de briguer de telles responsabilités, ne vous éloignent pas trop de la vie de famille ?

Ségolène Royal - Je dirais au contraire que ça m'en rapproche, parce que j'ai conscience de la rareté du temps et donc de l'importance de la qualité du temps, qu'il faut passer avec eux et puis aussi l'importance de la parole, vous savez Françoise Dolto disait : « avec les adolescents tout est parole » et je crois que c'est cela, c'est avec quelques mots, les mots d'encouragement, leur dire qu'on les aime, leur dire qu'on leur fait confiance...

Jean-Pierre Pernaut - Vous avez le temps, vous avez le temps ?

Ségolène Royal - Oui, j'ai le temps et puis c'est très important pour leur équilibre et aussi pour le mien.

Jean-Pierre Pernaut - Quelles sont vos valeurs de références ? Quelles valeurs aimeriez-vous ou inculquez-vous à vos enfants ?

Ségolène Royal - Je leur enseigne l'honnêteté. Voilà, je crois que c'est la valeur fondamentale.

Jean-Pierre Pernaut - En dehors de la politique, quelles sont vos passions ?

Ségolène Royal - La musique, je pense, je ne peux pas me passer de musique...

Jean-Pierre Pernaut - Entre Diam's et Piaf par exemple ? Vous préférez qui ?

Ségolène Royal - Aujourd'hui je préfère Diam's parce que je crois qu'elle dit beaucoup de choses sur ma France à moi, elle transmet des valeurs, elle s'est engagée pour la citoyenneté, Diam's heu Piaf pour la nostalgie mais Diam's pour la France qui se lève.

Jean-Pierre Pernaut - Vous êtes présidente de la république, quelle première mesure prenez-vous ?

Ségolène Royal - C'est la bataille contre le chômage, ça c'est évident, donc tout de suite, c'est la réunion des partenaires sociaux, comme je m'y suis engagée, pour discuter tout de suite de la revalorisation des bas salaires et puis des réformes fiscales et sociales qu'il faut faire pour relancer l'emploi.

Jean-Pierre Pernaut - Je vous remercie. L'interview de Ségolène Royal, comme toutes les autres, sur le site Internet du journal de 13 heures, dont vous allez voir l'adresse apparaître une nouvelle fois sur votre écran, où il y a plein d'autres choses sur ce site mais il y a toutes les interviews des hommes politiques. Demain je rencontrerai le 12ème qu'on n'a pas encore vu, pour mieux le connaître, c'est Jean-Marie Le Pen. Et puis comme d'habitude, quelques archives pour terminer ce journal, François Bachy, « Journée de campagne. »

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