Lettre de M. Gérard Schivardi, candidat à l'élection présidentielle 2007, en réponse à un questionnaire de la Société des agrégés de l'Université sur la politique de l'enseignement, notamment sur la formation, le statut et la carrière des enseignants, Paris le 15 mars 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Lettre de M. Gérard Schivardi, candidat à l'élection présidentielle 2007, en réponse à un questionnaire de la Société des agrégés de l'Université sur la politique de l'enseignement, notamment sur la formation, le statut et la carrière des enseignants, Paris le 15 mars 2007.

Personnalité, fonction : SCHIVARDI Gérard.

FRANCE. Comité national pour la reconquête de la démocratie politique; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007

ti : Monsieur le président,


C'est un honneur pour moi de répondre aux questions que vous avez bien voulu me poser : l'un des axes de ma candidature est en effet la défense de l'école publique et laïque, la reconquête du droit à l'instruction pour la jeunesse, et pour ce faire, la nécessaire rupture avec l'Union européenne.


1 - En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes vous le plus proche ?
a) La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
b) A la transmission du savoir doivent obligatoirement s'ajouter d'autres missions.
c) Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu'une partie parmi beaucoup d'autres.

R - Je considère que la mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir. Cette mission est remise en cause depuis des années et d'abord par un affaissement considérable des conditions mêmes d'instruction.

J'ai ainsi appris que 5500 postes devraient être supprimés à la rentrée prochaine dans les lycées et collèges et que depuis vingt ans, 11 000 écoles communales ont aussi été fermées, 5 833 communes ont perdu leur école comme elles perdent leurs bureaux de poste et comme les cantons perdent leurs hôpitaux. Et tout cela pourquoi ? Parce que tous les gouvernements successifs ont inscrit leur action dans le cadre des traités de Maastricht et Amsterdam, dont l'article 104 exige : « Les Etats membres évident les déficits publics excessifs. La Commission surveille l'évolution de la situation budgétaire et du montant de la dette publique dans les Etats membres en vu de déceler les erreurs manifestes. Elle examine notamment si la discipline budgétaire a été respectée. » C'est ce que l'Union européenne appelle le Pacte de stabilité. Libérer le pays de ce carcan, rétablir classes et postes ne pourra qu'aider les enseignants et leurs élèves. C'est pourquoi je suis candidat pour la rupture avec l'Union européenne.

2 - Que doit faire, selon vous, un Ministre de l'Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l'étude ?

R - Pour rétablir la sérénité nécessaire à l'étude, toute sa place doit être effectivement redonnée à l'instruction, à la transmission des savoirs. Mais on ne peut éluder le pourquoi d'une situation dramatique dans notre pays. Des enseignants m'ont appris que l'Union européenne a adopté un mémorandum pour l'éducation tout au long de la vie, publié en octobre 2000, qui privilégie « l'éducation non formelle » acquise sur le tas et « l'éducation informelle », celle de la vie : supermarchés, halls de gare, lieux de culte sont cités comme autant de cadres de formation au détriment de « l'éducation formelle », autrement dit l'école. Où cela nous mène-t-il ? N'y a-t-il pas pire violence que celle qui livre la jeunesse à la rue, sans espoir, sans avenir, sans défense ? Rétablir la sérénité nécessaire à l'étude, c'est redonner vie à ce discours de Victor Hugo, qu'un ami instituteur m'a rappelé récemment , discours prononcé à l'assemblée nationale le 15 janvier 1850 pour l'instruction gratuite et obligatoire et un « grandiose enseignement public, donné et réglé par l'État », c'est-à-dire « Pas une commune sans une école, pas une ville sans un collège, pas un chef-lieu sans une faculté. Un vaste ensemble, ou, pour mieux dire, un vaste réseau d'ateliers intellectuels, lycées, gymnases, collèges, chaires, bibliothèques, mêlant leur rayonnement sur la surface du pays, éveillant partout les aptitudes et échauffant partout les vocations. »

3 - Êtes vous favorable ou défavorable à une définition précise de l'organisation des études et des examens relevant de l'Éducation nationale par l'établissement de programmes nationaux et d'horaires nationaux pour chaque discipline ?

R - Bien évidemment. Programmes, horaires et diplômes doivent rester nationaux, ou plus exactement le redevenir : c'est la condition nécessaire à l'exercice de l'égalité des droits. C'est contradictoire avec le maintien de la loi Jospin de 1989 qui a instauré le projet d'école et d'établissement obligatoires. Elle doit être abrogée comme toutes les " lois " qui en découlent et qui ont été mises en oeuvre depuis, notamment la loi Fillon du 23 avril 2005.

4 - Êtes vous favorable ou défavorable à l'idée de rétablir le rôle de l'inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l'élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l'évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

R - Aujourd'hui les inspecteurs sont totalement sous tutelle. C'est directement sous la coupe du ministère des finances qu'ils ont dû travailler aux rapports d'audits justifiant la dite « modernisation » de l'Etat qui non seulement supprime des milliers de postes d'enseignants - 27 000 ont disparu depuis 2002- mais menace le ministère dans son existence même et l'élaboration de programmes nationaux dans chaque discipline.

La loi Fillon du 23 avril 2005, m'a-t-on dit, a imposé le « socle commun de connaissances et de compétences ». Le mot « socle », emprunté au bâtiment, est utilisé sans doute pour « rassurer » le peuple français, mais j'ai appris que c'est la commission européenne qui a rédigé les « huit compétences clés pour l'éducation et l'apprentissage tout au long de la vie », ce « cadre de référence européen » dont le « socle commun » est la copie conforme et où toute discipline disparaît. L'une des compétences européennes est « Communiquer dans sa langue maternelle ». Comme fils d'immigré, je suis bien placé pour savoir que ce n'est pas la même chose que l'étude de la grammaire, de l'orthographe, des auteurs ... La commission européenne n'en a que faire, son seul impératif c'est la baisse du coût du travail. Voilà une raison de plus de ne pas s'y soumettre. Rendre à l'inspection générale ses missions d'élaboration des programmes et son statut, garantir son indépendance vis-à-vis de tout gouvernement ne pourra que participer de la reconquête du droit à l'instruction publique pour la jeunesse, du droit d'enseigner pour les professeurs, de la valeur des diplômes.

5 - L'actuel Ministre de l'Éducation nationale a souhaité renforcer à l'école primaire l'apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

R - Le ministre actuel vient même de prôner le retour au quart d'heure quotidien de calcul mental sur les bancs de l'école primaire. Tout pas en avant vers le rétablissement de l'instruction digne de ce nom ne pourrait qu'être encouragé. Mais s'agit-il de cela ? Que valent les circulaires ministérielles si les Etablissements Publics d'Enseignement Primaire sont mis en place , si les écoles communales n'existent plus ? Car tel est l'enjeu des EPEP : 26 000 écoles de moins de quatre classes risquent de disparaître au profit de « pôles intercommunaux » qui pourraient expérimenter l'autonomie totale, c'est-à-dire échapper à toute réglementation nationale sur le plan scolaire. Une des premières mesures à prendre, c'est l'abandon d'une telle mesure et l'abrogation de la loi qui l'a inspirée, la loi du 13 août 2004, dite des libertés et responsabilités locales.

J'ai appris que le même ministre n'hésite pas à supprimer tout accès aux soins et à l'enseignement spécialisé aux enfants autistes. Comment se fait-il qu'ils soient obligés d'être dans les classes ordinaires, empêchant bien malgré eux le déroulement normal des cours, l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul ? A l'origine de cette mesure, il y a la loi Montchamp du 11 février 2005 et les recommandations et décisions de l'Union européenne à l'origine de l'intégration « dans le système traditionnel d'éducation et de formation » des enfants handicapés qu'elle appelle « apprenants à besoins spécifiques », car les soins et l'éducation spécialisée coûteraient trop cher : un enfant scolarisé dans une classe ordinaire « coûte » 7 000 euros par an, comparé à 30 000 euros minimum dans un établissement spécialisé, adapté à son handicap.

6 - Êtes vous favorable ou défavorable à l'introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

R - Je suis, vous vous en doutez, défavorable au contrôle continu (ou contrôle en cours de formation) au baccalauréat. Je suis pour le maintien des épreuves anonymes, je suis pour que le baccalauréat reste le premier grade universitaire. J'ai été particulièrement scandalisé par le prérecrutement, ou tri, opéré par certaines universités dès ce mois de mars pour la rentrée prochaine, sur décision du ministre délégué aux universités, monsieur Goulard. Le contrôle continu ne peut que détruire le baccalauréat comme diplôme national, reconnu nationalement. Au-delà, il entraîne un affaissement général des connaissances , puisqu'elles perdront leur caractère obligatoire.

7 - Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu'elles constituent un élément indispensable de l'organisation de l'Éducation nationale ?

R - Les CPGE sont indispensables. Nul n'ignore que sans elles, il n'y aurait pas d'écoles normales supérieures, il n'y aurait pas d'ingénieurs, de chercheurs. Notre système est envié dans le monde entier. Mais cette autre « exception française » est, comme toutes les études universitaires, menacée par le LMD. Ce système mis au point par l'Union européenne ronge tout l'enseignement supérieur. Pour sauver les CPGE, les école normales supérieures et les facultés, peut-on décidemment faire autrement que rompre avec l'Union européenne ?

8 - Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

R - Il faut aller au fond des problèmes, à leur racine. Au nom de la « discrimination positive », les collèges « ambition réussite » et les dizaines d'écoles qu'ils drainent dans leur réseau vont échapper à toute réglementation nationale en matière de programmes, d'horaires. Ils ont été conçus pour expérimenter l'autonomie des collèges et des écoles, et remettre en cause les statuts des enseignants. J'ai appris que des agrégés pouvaient être affectés en école primaire et que le summum de « l'ambition » et de la « réussite » c'était l'enseignant qui n'enseignait plus mais devenait « tuteur » . Quel gâchis !

9 - Êtes vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu'à l'attribution des postes par l'administration centrale de l'État aux lauréats de ces concours ?

R - Les concours nationaux sont la base même de l'égalité de droits pour l'accès aux fonctions publiques : leur impartialité doit être garantie par l'anonymat et la souveraineté des jurys. La politique de réduction des " déficits publics " fait qu'aujourd'hui un départ en retraite sur deux n'est pas remplacé. Le nombre de places aux concours enseignants a diminué de moitié depuis 5 ans, toujours au nom du pacte de stabilité. Pour la première fois cette année le budget de l'enseignement scolaire est en baisse, le gouvernement s'en félicite, et la Commission européenne appelle à plus d'efforts encore. En effet, dans son rapport annuel de 2007 sur le programme de stabilité français, la Commission indique : « Il existe des risques quant au respect des objectifs budgétaires, et la position des finances publiques pourrait ne pas être suffisante pour assurer leur réalisation d'ici à 2010 ». En clair, Bruxelles demande de nouveaux efforts, quel que soit le futur président.

10 - Approuvez vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n'ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

R - J'ai de jeunes amis, bardés de diplômes, qui tentent des concours actuellement. Ils tentent tous les concours, absolument tous, comme ils remplissent des CV, des tas de CV. Il y a de moins en moins de postes aux concours et de moins en moins d'emplois rémunérés correctement. Le chômage est insupportable. Certains ont été emplois jeunes, ils ont tenté « la 3ème voie » pour devenir enseignant. Mais ils se retrouvent aujourd'hui vacataires, comme des milliers d'autres que le ministère ne se donne même pas la peine de compter, alors qu'ils pourraient être titulaires.

S'il n'y a pas rupture avec l'Union européenne, les concours seront appelés à disparaître, parce qu'un concours c'est un fonctionnaire recruté sur sa qualification. Un fonctionnaire c'est une carrière et une pension, c'est un coût. La " validation des acquis de l'expérience " ( comme l'expérience d'élu politique ou syndical ou de militant associatif ! ) qui vient d'être introduite récemment dans la Fonction publique à la place des concours est un pas vers le recrutement clientéliste et arbitraire, mais surtout un pas vers la disparition de toute qualification dans la Fonction publique.

11 - Êtes vous favorable ou défavorable à l'introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d'enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

R - Peut-on opérer un oeil si on est chirurgien dentiste ? Peut-on construire une maison si on est boulanger ? Comment un professeur d'histoire pourrait-il enseigner le français ? Je suis résolument hostile à cette introduction de la « bivalence » et je soutiens totalement les enseignants et leurs organisations qui exigent l'abrogation du décret que le ministre De Robien a osé publié contre leur volonté et celle des parents de plus en plus angoissés par ces mesures qui pèsent un peu plus sur l'avenir des enfants.

En toutes circonstances la qualification disciplinaire des professeurs doit être respectée et ces décrets abrogés. Oui, cela « coûte » de fabriquer un agrégé de philosophie ou un professeur d'électromécanique. Cela ne coûtera jamais assez au regard des besoins.

12 - Êtes vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

R - J'entends dire que chaque université est maintenant autorisée à élaborer ses propres diplômes qu'on appelle " européens " alors qu'ils sont régionaux. J'entends dire que chacune va assurer comme elle le veut et comme elle le peut la formation pratique des enseignants. Il n'y aura plus de cadre national, il n'y aura donc plus d'instruction républicaine, je ne suis pas d'accord. J'entends dire que des jeunes stagiaires remplacent des titulaires rôdés dans les classes, que certains tombent malades, en démissionnent ? Comment le ministère peut-il organiser cela impunément ? Dans la maçonnerie, vous êtes condamné si vous laissez un jeune apprenti seul sur un toit et sans protection !

Est-ce que le retour aux écoles normales, qui formaient les instituteurs dès l'issue de la 3ème ne permettrait pas de remettre la formation des enseignants sur de bons rails ? Cela permettait d'ailleurs à des enfants de familles ouvrières ou paysannes de devenir instituteur.

13 - Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

R - La signature par les gouvernements des traités de Maastricht, puis d'Amsterdam, renforce l'austérité budgétaire. Cela se traduit notamment par le blocage des augmentations générales de salaires dans la fonction publique (le point a perdu près de 30 % par rapport à l'augmentation des prix depuis 1982) et le refus de négocier sur les revendications catégorielles. Votre demande d'une revalorisation indiciaire des professeurs agrégés est parfaitement fondée.

14 - Vous engagez vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l'appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

R - Je croise à chaque vacance scolaire des enseignants de retour au « pays ». Ils me parlent de leurs problèmes. Beaucoup souhaitent revenir près de leur famille. Or ils ne peuvent pas revenir ici même ceux qui ont déjà une longue expérience et sont « anciens » dans le métier. Pourquoi ? Tout simplement parce que le mouvement national, c'est-à-dire, le droit de choisir un poste précis sans perdre le sien, n'existe plus depuis 98 ! Un ami, professeur d'EPS, a pu rejoindre la région, mais il s'est vu proposer un bout de poste fixe dans un établissement distant de 50 Kms de chez lui, il doit faire le reste de son service à 150 Km, à Port la Nouvelle, près de Narbonne, trois fois par semaine. Ce n'est pas normal.

Alors, oui, je suis pour le retour au mouvement national des personnels enseignants et l'abrogation des mesures qui empêchent un fonctionnaire de l'Etat d'aller, comme c'est permis dans son statut par ailleurs, où il le souhaite, dans un poste qu'il a demandé.

15 - Vous engagez vous à permettre l'affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l'on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

R - Comme vous le savez, je suis maçon. Je n'ai pas fait de longues études. Pourtant, aujourd'hui, je suis candidat aux élections présidentielles. Si je peux le faire c'est, non seulement parce qu'il y a la force des idées que je défends avec mes collègues maires, mais aussi parce qu'à l'école primaire, au collège, j'ai eu la chance d'avoir des instituteurs et des professeurs qui m'ont donné, à moi, fils d'immigré italien, l'instruction. Ces professeurs m'ont transmis, après avoir passé un concours très difficile, leur savoir. Alors pourquoi nommer un enseignant en dehors du poste auquel il peut prétendre ? Là aussi, je vous donnerai un exemple : au premier trimestre, j'ai appris qu'un agrégé de lettres classiques n'avait pas de classes et que l'administration lui avait imposé de tenir le standard de l'établissement ! Il est agrégé, les élèves veulent apprendre, alors, tout simplement, il doit être nommé dans les classes qui correspondent à son niveau de recrutement, à sa qualification, à sa discipline de recrutement.

16 - Vous engagez vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d'enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ? Que pensez vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007 187 du 12février 2007) ?

R - Il découle, je crois, de tout ce qui précède que je suis un fervent partisan du maintien du statut général de la fonction publique de l'Etat. Le transfert des personnels TOS aux collectivités territoriales n'est que le prélude à l'externalisation des services d'entretien, de restauration, d'hébergement et d'accueil. Je viens d'apprendre que le ministère des sports a signé un contrat de partenariat public-privé avec les trusts Vinci, Accor, Dexia et que 140 TOS de l'INSEP perdraient tout, toutes leurs garanties de fonctionnaires avec leur poste, dans cette privatisation. Un collège du Loiret s'est ouvert dans le même cadre sans un seul personnel TOS.

Ces « opérations financières » sont le produit de l'article 3 du traité de Maastricht qui définit l'Union européenne comme « un régime assurant que la concurrence n'est pas faussée dans le marché intérieur ». Aucun domaine n'y échappe, pas plus l'enseignement que la santé.

Voilà pourquoi le maintien des statuts particuliers des personnels enseignants qui, notamment dans l'enseignement secondaire, définissent leurs missions en heures d'enseignement est si important. L'abrogation du décret n°2007 187 du 12 février 2007 est à exiger dès maintenant, sans attendre.

17 - Approuvez vous aujourd'hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L'intérêt supérieur de la paix à l'intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n'ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l'asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

R - La laïcité de l'école implique son indépendance vis-à-vis de tous les groupes de pression politiques, religieux, idéologiques, commerciaux, garantie par la loi, celle de 1905. La sérénité des conditions de travail suppose que l'institution soit préservée comme lieu d'instruction et non comme la caisse de résonance et le forum permanents des pressions extérieures. L'ignorance et l'obscurantisme ne peuvent produire que des esclaves. C'est une directive européenne qui est a remis en cause l'interdiction du travail des enfants (DE 94/33 du 22 juin 1994), transposée en droit français par l'ordonnance n°2001-174 du 22 février 2001 : « Le principe d'interdiction du travail des enfants (...) ne s'applique pas aux enfants âgés de 14 ans au moins qui travaillent dans le cadre d'une formation en alternance ou de stage en entreprise. ».

Comme nous l'avons dit avec mes amis maires :

Nous, élus du peuple, maires des communes, constatons chaque jour les dégâts provoqués par la déqualification, la précarité et le chômage sur la jeune génération.

Parce que nous avons le devoir de protéger nos enfants de la misère, l'Etat doit :
- abroger toutes les mesures prises en application des recommandations et directives de la Commission européenne qui ont plongé la jeunesse dans la déqualification . Garantir un diplôme national, sanctionnant des connaissances et reconnu dans les conventions collectives nationales !
- rouvrir les 336 LP fermés, rétablir les 6.375 postes aux concours supprimés en 2006, maintenir les 5.500 postes de professeurs menacés pour la rentrée 2007 !

Avec mes collègues maire nous réclamons : que l'Etat assume sa responsabilité de recruter de former, de payer nos instituteurs, d'ouvrir les classes au lieu de les fermer, de scolariser les enfants en maternelle au lieu de l'en empêcher. Pour notre part, nous n'avons pas attendu pour assumer nos responsabilités qui sont d'assurer l'entretien de nos écoles communales, le financement de nos cantines, des cars, des fournitures scolaires et dans la mesure de nos moyens des activités périscolaires. Nous réclamons :
- l'arrêt de la fermeture des écoles communales et leur réouverture là où elles ont été fermées.
- l'abrogation des lois anti laïques à commencer par l'article 89.
- l'abrogation des lois de décentralisations organisant l'éclatement de l'Education nationale et le transfert des responsabilités de l'Etat aux collectivités territoriales. Et s'il faut rompre avec le pacte de stabilité exigeant la diminution des dépenses publiques pour sauver nos écoles communales : rupture avec le traité de Maastricht et l'Union européenne !

Source http://www.schivardi2007.com, le 5 avril 2007

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