Réponses de Mme Marie- George Buffet, députée PCF et candidate à l'élection présidentielle 2007, à un questionnaire du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) sur ses propositions en matière de politique de l'enseignement, Paris le 2 avril 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Réponses de Mme Marie- George Buffet, députée PCF et candidate à l'élection présidentielle 2007, à un questionnaire du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) sur ses propositions en matière de politique de l'enseignement, Paris le 2 avril 2007.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. PCF, députée ; FRANCE. Candidate à l'élection présidentielle de 2007

ti : FICHE 1 : LES OBJECTIFS EN MATIERE D'EDUCATION ET L'ORGANISATION PEDAGOGIQUE

1 Comment envisagez-vous de réduire significativement les sorties sans diplôme ou qualification ?

Il nous semble tout d'abord important de préciser que nous souhaitons que le parlement vote une loi instaurant la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. Affirmer cette obligation c'est d'abord entériner et conforter une situation de fait, mais c'est surtout affirmer une option politique fondamentale pour le système éducatif: il s'agit d'offrir à tous les jeunes une "culture commune de haut niveau" permettant ensuite au futur citoyen et travailleur toutes les adaptations et/ou reconversions professionnelles et culturelles qui s'avéreraient nécessaires tout au long de sa vie dans les meilleures conditions.

Ce "haut niveau de culture commune", nous le situons au niveau du baccalauréat.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, nous proposons notamment de mettre en place des dispositifs pédagogiques pour une entrée réussie dans la culture de l'écrit dès l'école maternelle et primaire afin que les élèves issus des milieux populaires, qui ne possèdent pas les codes linguistiques et culturels dominants qui structurent la culture scolaire puissent les acquérir. Cet objectif impose aussi, que dans le cadre d'une concertation importante, les objectifs, contenus et méthodes soient examinés. Ces mesures permettront notamment de réduire considérablement le nombre d'élèves qui arrivent en sixième sans maîtriser les fondamentaux enseignés à l'école primaire.

Il faut aussi réfléchir à permettre pour ceux qui le souhaitent d'acquérir un diplôme en alternance ou par la voie de l'apprentissage à la condition d'une vraie formation en lien avec l'éducation nationale.

2 Partagez-vous l'objectif de 50 % de diplômés à bac +3 et si oui, quels moyens vous donnez-vous pour les atteindre ?

Le développement des sciences et des techniques, la tertiairisation de l'industrie, l'allongement de la vie impliquent des salariés mieux formés et formés plus longtemps. Nous pensons que 50% de jeunes diplômés à bac +3 correspond à un vrai besoin pour le libre développement de chacun et pour que notre pays puisse s'inscrire dans une logique de développement durable. Il faudra des mesures afin que ces qualifications soient reconnues dans les conventions collectives.

Pour atteindre cet objectif il faut - outre les mesures déjà citées - s'attaquer fondamentalement à tout ce qui, dans et hors l'école, est producteur d'inégalités et finalement d'échecs scolaires.

C'est pourquoi, dans notre projet " Pour une école de l'égalité, de la justice et de la réussite pour tous", nous proposons la mise en place d'un ensemble d' outils professionnels nouveaux qui seront à la disposition des personnels pour les aider dans l'accomplissement de leur mission. Cela va des CSP (Conseil scientifique et pédagogique) au niveau des établissements, indépendants de toute hiérarchie administrative et travaillant en relation avec la recherche en sciences de l'éducation, jusqu'au FNLIE (Fonds National de lutte contre les inégalités à l'Ecole), organisme décentralisé au
niveau des départements et régions. Ce sont aussi les Observatoires des Scolarités (départementaux et régionaux), un Service Public de l'Accompagnement Scolaire, une rénovation de la formation initiale et continue des personnels, notamment enseignants et, naturellement, les moyens matériels (temps de travail des enseignants par exemple) et humains (des postes à la hauteur des besoins) pour que ces objectifs puissent être atteints.

Nous proposons de réfléchir à l'amélioration des baccalauréats techniques et professionnels et des diplômes à bac +2 (DUT, BTS) pour améliorer la possibilité de poursuite d'étude dans le cadre du service public d'éducation. Nous proposons aussi de rénover en profondeur les premiers cycles universitaires en donnant les moyens aux équipes enseignantes de permettre la réussite de tous les étudiants. Nous proposons de rediscuter de la réforme LMD et de la semestrialisation des études.

3 Quelle attitude adopterez-vous par rapport à la loi Fillon pour l'avenir de l'école (abrogation, modifications...) ?

Nous demandons l'abrogation de la loi Fillon qui est dans la logique néolibérale du traité de Lisbonne et de recommandations de l'OCDE. Nous demandons aussi l'abrogation de l'ensemble des décrets De Robien sur la lecture, la grammaire, le calcul... et le temps de travail des enseignants notamment.

FICHE 2 : LE COLLEGE

4 Quelles mesures comptez-vous prendre pour que le collège permette à tous les élèves d'atteindre les objectifs de fin de Troisième et d'accéder à une classe de Seconde (générale, technologique ou professionnelle) ?

Comme nous l'avons dit précédemment il nous semble important de considérer que la réussite d'un élève ou une situation d'échec scolaire n'est pas lié à l'élève lui-même, ou à « ses talents personnels » mais à un contexte social et que le capital culturel des familles n'est pas le même pour tous au départ.

Il convient donc de donner les moyens au système scolaire de prendre part pour ce qui le concerne à la réduction des inégalités dans l'accès aux savoirs en défendant un véritable droit à l'Education pour tous. Cela implique la mise en place de dispositifs adaptés (déjà cités), mais aussi un plan ambitieux de formation permanente des enseignants à la fois disciplinaire et pédagogique. Il nous semble aussi important de donner aux enseignants les outils théoriques et le temps disponible pour réfléchir à leur pratique et les mettre en partage avec leurs pairs, notamment dans le cadre d'institutions comme l'INRP et les IUFM.

5 - Comment vous situez-vous par rapport aux propositions de définition locale de 20 % des heures de cours ?

Nous sommes pour des programmes et objectifs nationaux, assortis d'options répondant aux choix des élèves . Les modulations éventuellement nécessaires ne doivent porter que sur les démarches pédagogiques adaptées pour que tous réussissent, et les moyens pour les mettre en oeuvre (travaux en petits groupes, etc...). Bien évidemment l'exploitation des richesses locales (culturelles, sportives, recherche, industrielle...) tout ce qui fait le patrimoine d'une région doit trouver sa place dans le cadre des objectifs nationaux.

6 - Envisagez-vous d'abroger le dispositif d'Apprentissage Junior ?

Oui.

Fiche 3 : LES LYCEES

7- Faut-il, pour vous, augmenter la proportion des jeunes bacheliers et comment comptez-vous arriver à cet objectif (diversification des structures ? recours à l'apprentissage ? ...) ?

Nous pensons que la totalité des élèves doit être mise en mesure d'obtenir un baccalauréat. Il est aujourd'hui autour de 63% en comptant les baccalauréats professionnels. Nous pensons que ce diplôme doit rester national et être le premier grade universitaire.

La diversification des voies de formation est une réalité incontournable: elle ne doit pas constituer un obstacle à l'appropriation par tous les élèves d'une culture commune de haut niveau, dont le contenu reste à définir.

Sauf exceptions particulières ou transitoires, nous ne sommes pas favorables à l'apprentissage. Nous sommes pour repenser la formation d'une série de formations très ancrée sur le terrain (métiers de bouche par exemple).

FICHE 4 : L'EDUCATION PRIORITAIRE

8 - Quelles mesures envisagez-vous de prendre en zone d'éducation prioritaire pour maintenir les mêmes exigences qu'ailleurs, améliorer les conditions d'étude des élèves, rendre les postes attractifs et stabiliser les équipes ?

Les ZEP n'ont pas répondu à toutes les attente d'éradiquer l'échec scolaire dans ces zones, elles ont permis d'éviter un effondrement scolaire des établissements concernés. Nous proposons la mise en place d'observatoires de la scolarité et d'un fonds de lutte contre les inégalités à l'école qui permettent une intervention globale dans les zones ZEP. Autour de ces observatoires pourront se mettre en place des politiques cohérentes et d'assez longue durée qui prennent en compte à la fois les questions de logement, santé, d'environnement culturel et social, les mesures à prendre pour assurer une véritable mixité scolaire (en partenariat avec les collectivités territoriales qui ont la responsabilité de la carte scolaire), la mise en place d'une véritable gratuité scolaire. Selon nous les actions doivent concerner les élèves, les familles, les personnels.. Les Conseils Scientifiques et Pédagogiques mis en place au niveau des établissements devraient permettre l'élaboration collective des stratégies pédagogiques à mettre en oeuvre à partir des diagnostics établis cas par cas. Nous proposons que des moyens spécifiques permettent un abaissement significatif des taux d'encadrement à tous les niveaux de la scolarité, une augmentation des personnels pour permettre la multiplicité des situations éducatives ; une amélioration des conditions d'accueil et d'enseignement. Nous pensons que la réussite des élèves dans les ZEP implique que les équipes enseignantes aient à l'égard des élèves le même niveau d'exigence qu'ailleurs. Cela signifie une formation adaptée et des valeurs de démocratisation qui soient portées par l'ensemble des personnels. Nous pensons aussi qu'il faut des effectifs plus réduits et des équipes enseignantes plus nombreuses et stables. Pour organiser la stabilité nous proposons une démarche de volontariat et des mesures adaptées associant amélioration des conditions de travail (temps de concertation, formation continue, effectifs allégés, etc...) et avantages de carrière (avancement accéléré, etc...).

FICHE 5 : SOUTIEN SCOLAIRE ET ACCOMPAGNEMENT A LA SCOLARITE

9 - Êtes-vous d'accord pour supprimer le dégrèvement fiscal pour le soutien scolaire marchand et pour réintégrer les sommes dans le financement d'un soutien scolaire public au sein de l'école ?

Dans le cadre d'une refonte globale de la fiscalité, nous proposons de supprimer tous les dégrèvements fiscaux pour le soutien scolaire marchand et d'utiliser ces sommes pour améliorer la qualité du service public.

Nous proposons de créer, un service public national décentralisé de l'accompagnement scolaire fondé sur la gratuité totale pour les familles, géré par des partenaires locaux (collectivités territoriales, associations). Il serait assuré par des personnels de statut public dont la formation et la certification relèveraient de la responsabilité de l'état, et qui travailleraient en collaboration étroite avec les personnels scolaires.

10 - Êtes-vous favorable à la reprise du recrutement d'étudiants surveillants dans les établissements scolaires ?

Oui, mais dans le cadre d'un statut repensé en faisant le bilan, par exemple, de l'expérience des Aides éducateurs Plus globalement, nous pensons qu'il faut dissocier cette question de celle de l'aide financière que la collectivité doit apporter aux étudiants pour qu'ils réussissent leurs études. (Nous faisons pour cela la proposition d'une allocation de formation personnalisée dans le cadre d'un ensemble de droits nouveaux).

FICHE 6 : ORIENTATION

11 - Quelles sont vos propositions pour le service public d'orientation, en particulier les CIO ? (Missions, recrutement et qualification des personnels, ...)

Face aux menaces qui planent sur ce service, nous réaffirmons la nécessité d'un grand service de psychologie de l'éducation, de la formation et de l'orientation scolaire dans l'éducation nationale, ayant compétence pour intervenir auprès des élèves de la maternelle à la fin de la scolarité.

Tous les éducateurs savent combien l'élaboration d'un projet d'avenir chez l'adolescent, loin d'être seulement une simple question d'information sur la réalité des métiers, les formations offertes et leurs débouchés sur l'emploi est en lien étroit avec le développement de sa personnalité et la construction de son identité. Or trop, souvent, l'orientation scolaire dans le système éducatif français est faite négativement, comme conséquence de l'échec scolaire.. Ce phénomène est générateur de gâchis humains et sociaux insupportables pour l'individu aussi bien que pour la collectivité. Nous affirmons qu'une orientation réussie vers une voie de formation professionnalisante ne saurait être que l'aboutissement d'un processus éducatif, mené en concertation au sein des équipes pédagogiques tout au long de la scolarité sur la base de la réussite scolaire. Dans ce processus, les psychologues scolaires dans le premier degré, et les conseillers d'orientation- psychologues dans le second degré ont un rôle essentiel à tenir , que ce soit de manière préventive pour détecter les difficultés qui pourraient induire d'éventuelles souffrances psychiques pouvant conduire à l'échec scolaire, ou dans la construction, avec les autres partenaires de l'éducation de stratégies de réussite, notamment au moment où le jeune s'interroge sur son avenir professionnel et son insertion dans la société. C'est pourquoi, nous nous opposons à l'externalisation hors du système scolaire des missions de suivi psychologique et d'accompagnement dans la construction du projet personnel d'orientation de l'élève.

FICHE 7 : LES ENSEIGNANTS ET LEUR METIER

12 Quelle conception avez-vous des missions et du service des enseignants des collèges et lycées ? La bivalence est-elle compatible avec cette conception ?

Les enseignants ont une mission fondamentale : former les jeunes générations, leur transmettre les savoirs et connaissances qui leur permettront de devenir des citoyens à part entière et permettre à tous les élèves d'accéder à un haut niveau de culture scolaire commune. Le travail des enseignants doit être reconsidéré et mieux rémunéré. Dans certaines disciplines les enseignants de second degré sont bivalents, dans d'autres non. Des modalités seront sans doute à examiner pour répondre à certaines situations délicates (petits collèges ruraux...) mais nous ne proposons pas de modifier, sur ce point, le statut des enseignants. La Transdisciplinarité doit être réfléchie avant tout dans le cadre des contenus enseignés et du développement du travail en équipes pédagogiques.

13 Quel est selon vous le niveau de recrutement aujourd'hui pertinent ?

Nous proposons de porter la durée de formation professionnelle des enseignants en IUFM à trois ans au lieu de deux actuellement avec une revalorisation complète de la carrière et de la grille salariale. Un diplôme de niveau mastère sanctionnera in fine cette formation. Nous pensons par ailleurs qu'il faudrait cesser d'utiliser les enseignants en formation (stagiaires IUFM) comme des "moyens d'enseignement à temps plus ou moins partiel".

14 - Reviendrez-vous sur les décrets De Robien de 2005 et 2007 sur les services ?

Nous abrogerons la loi Fillon et tous les décrets De Robien après concertation avec l'ensemble des organisations syndicales et associations de parents d'élèves pour élaborer pour réfléchir aux améliorations nécessaires.. Nous pensons que ces textes s'inscrivent dans la logique ultralibérale définie à Lisbonne en 2000 et dans une logique de soumission du système éducatif aux «lois » du marché. Il faut aussi réorienter sur 5 ans la loi de Finances de façon à ce que le budget de l'Etat consacre 7% du PIB pour l'Ecole.

FICHE 8 : FORMER DES MAITRES, ENTRER DANS LA PROFESSION

15 - Quelles mesures prendrez-vous pour améliorer l'entrée dans le métier des enseignants (aménagement du service, action sociale, etc.) ?

Nous pensons que l'entrée dans le métier (après la réussite au concours) doit s'effectuer progressivement, un allègement des obligations de service devant permettre au début une adaptation au contexte professionnel dans lequel l'enseignant se trouve affecté (ZEP ? établissement rural à faible effectif ? établissement spécialisé ? ...).

Durant cette période, l'enseignant reste en relation avec le centre de formation le plus proche, qui lui apporte une aide pédagogique adaptée en fonction des objectifs définis par le Conseil Scientifique et Pédagogique de l'établissement d'affectation.

L'action sociale dans l'éducation nationale et dans la Fonction Publique est actuellement quasi inexistante pour les enseignants ou non enseignants, actifs ou retraités et plus spécifiquement pour les personnels en situation de précarité. Elle est totalement à reconstruire, et devra prendre en compte la situation particulière des personnels entrant dans le métier (aide au logement, garde d'enfants, etc...)..

16 - Vous engagez-vous à revoir la loi pour empêcher le recours à des personnels non titulaires ? Quelles dispositions dans l'immédiat pour résorber la précarité ?

Nous pensons que l'action pédagogique ne peut se concevoir que dans la durée, et assurée par des personnels bien formés: ces principes excluent à priori tout recours à des personnels précaires. Nous pensons plus globalement qu'il faut éradiquer toute conception de l'emploi qui s'appuie sur le recours à la précarité.

Mais cette question pose nécessairement celle du remplacement des enseignants absents. Nous sommes favorables au renforcement du système des TZR - aujourd'hui largement dévoyé - Titulaires mobiles pour le premier degré, pour assurer ces situations sans faire appel à des non titulaires. Avec la même ambition, nous proposons de mettre en débat les mesures à construire pour le remplacement des personnels non enseignants.

Enfin, elle pose celle de l'anticipation des volumes de recrutements nécessaires pour ne pas se trouver dans des situations ingérables qui imposeraient le recours à des personnels. Nous sommes pour des plans pluri-annuels de recrutements anticipant sur les besoins prévisibles et prenant en compte les objectifs éducatifs préconisés par la nation.

FICHE 9 : REMUNERATION, CARRIERE, RETRAITE

17 - Prévoyez-vous de revaloriser les traitements et les carrières des enseignants ?

Oui: Nous considérons inacceptable qu'un enseignant recruté à bac + 4 démarre sa carrière à moins de 1300 euros par mois... Nous proposons donc une revalorisation et un véritable plan de carrière prenant en compte plusieurs éléments objectifs qui interviennent au cours de la carrière (acquisition de diplômes, nouvelle qualification, etc) afin que les passages dans d'autres corps ne soit pas laissés à la discrétion des inspections et des chefs d'établissements. Nous proposons que dans ce domaine la transparence soit permanente.

Nous proposons par exemple que la hors classe fasse partie de la carrière normale de tous les enseignants.

18 - Quelles modifications pensez-vous apporter à la loi sur les retraites ?

Nous proposons que tous les salariés, quel que soit leur statut, puissent bénéficier d'une retraite pleine et entière à 60 ans au bout de 37.5 annuités de travail pour conduire à 75% du dernier salaire. Nous proposons l'abrogation de la loi Fillon d'Août 2003 et la reconstruction du code des pensions civiles et militaires incluant notamment l'assimilation et la péréquation.

Nous proposons aussi que des aménagements permettent la prise en compte des particularités de chaque profession (métiers particulièrement usants au plan physique, par exemple, comme c'est le cas pour les enseignants d'EPS). Enfin, nous proposons de prendre en compte les années d'étude et de formation dans la constitution du droit à retraite.

Dans la fonction publique, nous faisons le constat qu'il existe à la fois des inégalités fortes entre pensions des femmes et des hommes et des pensions ne permettant pas de vivre décemment. Nous proposerons d'agir sur ces données après négociations avec l'ensemble des partenaires concernés. Nous voulons mettre en oeuvre une politique de l'emploi qui vise au plein emploi. L'éradication du chômage doit être une ambition politique pour la prochaine législature.

FICHE 10 : ORGANISATION DU SYSTEME EDUCATIF

19 - Quelles conception avez-vous de l'organisation du système éducatif (carte scolaire, autonomie des établissements, décentralisation, enseignement privé ...) ?

Conçue en 1963 pour accueillir tous les élèves, quelles que soient leurs origines sociales ou ethniques, ou leurs parcours personnels dans des établissements communs, elle induisait une conception ouverte du "vivre ensemble et de l'appropriation par tous les jeunes d'une culture commune supposée permettre leur égale capacité d'insertion dans la société des hommes. Il s'agissait donc d'un vrai choix de société, en même temps qu'un outil administratif destiné à gérer localement les flux d'élèves en fonction des mouvements de populations. Mais, progressivement, devant le phénomène de ghettoïsation de certains quartiers, elle a été de plus en plus vécue comme une sorte d'"assignation à résidence scolaire" sur fond de dramatisation des enjeux de la formation en termes d'accès au diplôme et à l'emploi. D'où la multiplicité des cas de contournements - on parle aussi d'"évitement" -facilitée en outre par l'existence d'un enseignement privé qui n'est pas soumis à cette contrainte. Nous sommes pour le maintien de la carte scolaire, mais il ne peut pas y avoir de solution satisfaisante à cette question sans réorganisation profonde de l'urbanisme dans un sens de mixité sociale. Dans l'immédiat, la réponse réside dans une politique scolaire audacieuse et novatrice développant pour ces établissements des dispositifs internes visant à en faire des établissements d'excellence particulièrement attractifs pour toutes les familles.

FICHE 11 : LES MOYENS DU SYSTEME EDUCATIF

20 Envisagez-vous sur la durée de votre mandat une croissance des dépenses intérieures d'éducation (DIE). Quelle part pour les crédits du ministère de l'Éducation nationale dans cette évolution ?

Dans le cadre d'un accroissement important de la DIE (actuellement aux environs de 6,9% du PIB) , nous proposons que sur une législature le budget de l'Etat consacré à l'éducation (hors familles et collectivités territoriales) soit porté à 7% du PIB.

Bien entendu, cette proposition serait pure démagogie si n'était pas entreprise en parallèle une réforme démocratique de la fiscalité.

21 - Prévoyez-vous une programmation pluriannuelle du recrutement des enseignants du second degré et envisagez-vous le remplacement des départs à la retraite ?

Nous proposons une politique ambitieuse de recrutement visant à améliorer considérablement la qualité du service public. Nous proposons aussi sur une législature d'unifier l'ensemble des lieux de formation (public et privé) dans le cadre strict du service public ; La nation a un besoin important de formation et la scolarisation et la réussite de tous les élèves passe par un recrutement qui corresponde aux besoins.

Source http://www.snes.edu, le 11 avril 2007

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