Réponses de M. Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire et candidat à l'élection présidentielle de 2007, sur le site internet du Syndicat national de l'enseignement supérieur (www.snes.edu) le 8 mars 2007, aux questions du SNES sur l'enseignement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Réponses de M. Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire et candidat à l'élection présidentielle de 2007, sur le site internet du Syndicat national de l'enseignement supérieur (www.snes.edu) le 8 mars 2007, aux questions du SNES sur l'enseignement.

Personnalité, fonction : BESANCENOT Olivier.

FRANCE. LCR, porte-parole ; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007

ti : FICHE 1 : LES OBJECTIFS EN MATIERE D'EDUCATION ET L'ORGANISATION PEDAGOGIQUE

Q - Comment envisagez-vous de réduire significativement les sorties sans diplôme ou qualification ?

R - La lutte contre l'échec scolaire passe avant tout par la mise en place de moyens de remédiation dès l'école primaire pour prévenir l'illettrisme. Des enseignants doivent massivement être formés spécifiquement et nommés à cet effet en surnombre dans les écoles. Ceux qui le sont dans le cadre du RASED aujourd'hui sont en nombre très insuffisants. L'aide aux devoirs, le soutien scolaire, voire le tutorat doivent aussi être assumés par l'Education Nationale à l'intérieur des établissements de l'école au lycée. Enfin, la formation initiale et continue des personnels doit être développée ainsi que la promotion des pédagogies nouvelles.

Q - Partagez-vous l'objectif de 50% de diplômés à bac +3 et si oui quels moyens vous donnez-vous pour les atteindre ?

R - Oui, cet objectif est loin d'être hors de portée si l'on s'en donne les moyens. Pour cela, nous proposons une allocation d'études pour tous les étudiants et un plan de développement du logement social étudiant. Bien sûr les moyens alloués à l'université doivent être revus à la hausse et de manière moins disciminante. L'objectif d'élevation du niveau général de qualification est le sens de notre revendication de la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans.

Q - Quelle attitude adopterez-vous par rapport à la loi Fillon pour l'avenir de l'école (abrogation, modifications ...) ?

R - Il faut l'abroger.

FICHE 2 : LE COLLEGE

Q - Quelles mesures comptez-vous prendre pour que le collège permette à tous les élèves d'atteindre les objectifs de fin de 3ème et d'accéder à une classe de Seconde (générale, technologique ou professionnelle) ?

R - Tout d'abord les effectifs doivent être revus à la baisse (20 élèves par classe). Les enseignements en groupes doivent avoir se faire véritablement en demi-classe. Ces enseignements doivent être étendus aux langues vivantes. Les horaires de certaines matières (français et maths mais pas seulement) qui ont été diminués ces dernières années doivent être revalorisés. Des heures de soutien doivent être prévus ainsi qu'un temps d'aide au travail scolaire.

Q - Comment vous situez-vous par rapport aux propositions de définition locale de 20% des heures de cours ?

R - Le maintien du cadre national des diplômes, du brevet des collèges comme du bac, exige une définition nationale de la répartition des heures de cours niveau par niveau, ce qui n'exclut nullement une part de diversification (choix des langues vivantes et options).

Q - Envisagez-vous d'abroger le dispositif d'apprentissage junior ?

R - Oui. L'apprentissage n'est pas une réponse à l'échec scolaire.

FICHE 3 : LES LYCEES

Q - Faut-il, pour vous, augmenter la proportion des jeunes bacheliers et comment comptez-vous arriver à cet objectif ? (diversification des structures, recours à l'apprentissage ?)

R - Oui bien sûr. La lutte contre l'échec scolaire ne peut pas s'arrêter aux portes de la seconde. Les mesures prévues pour le collège doivent aussi l'être au lycée dans une proportion différente. L'augmentation de la proportion de bachelier ne doit pas s'accompagner d'une hiérarchisation croissante des filières dont à terme nous préconisons la suppression au profit de diversifications au d'un cursus unique.

FICHE 4 : L'EDUCATION PRIORITAIRE

Q - Quelles mesures envisagez-vous de prendre en zone d'éducation prioritaire pour maintenir les mêmes exigences qu'ailleurs, améliorer les conditions d'étude des élèves, rendre les postes attractifs et stabiliser les équipes ?

R - L'abrogation de la refonte des ZEP de Robien est une première mesure. Ensuite il faut donner de véritables moyens aux établissements classés en éducation prioritaire : effectifs réduits (15 maximum par classe), leur attribuer des heures de remédiation et de concertation supplémentaires, augmenter l'encadrement éducatif, mais aussi d'orientation, d'aide sociale et de santé. Pour rendre les postes attractifs, nous prévoyons de diminuer le temps de travail des personnels qui y sont affectées et de valoriser dans le système de mutation des personnels le nombre d'années passées en ZEP.

FICHE 5 : LE SOUTIEN SCOLAIRE ET L'ACCOMPAGNEMENT A LA SCOLARITE

Q - Etes-vous d'accord pour supprimer le dégrèvement fiscal pour le soutien scolaire marchand et pour réintégrer les sommes dans le financement d'un soutien scolaire public au sein de l'école ?

R - Oui, mais ne pas promouvoir le marché lucratif du soutien scolaire ne suffit pas. Ce service doit faire partie intégrante des missions assurées par l'Education nationale à l'intérieur de l'école et non pas laissé à l'initiative du bon vouloir des collectivités territoriales ou d'associations vaguement subventionnées.

Q - Etes-vous favorable à la reprise du recrutement d'étudiants-surveillants dans les établissements scolaires ?

R - Oui, mais ce statut doit être amélioré. Statut par définition transitoire, il doit permettre un meilleur suivie des études. Nous préconisons l'abaissement des maxima horaires, un meilleur salaire et le droit aux congés-formations. Leurs missions ne devraient pas non plus être seulement cantonnés à la surveillance mais être élargies à l' accompagnement éducatif et au soutien scolaire.

FICHE 6 : ORIENTATION

Q - Quelles sont vos propositions pour le service public d'orientation, en particulier les CIO ? (missions, recrutement et qualification des personnels)

R - Il est important de maintenir à l'intérieur de l'Education Nationale un service d'orientation en direction, principalement, du public scolaire qui justifie leur spécificité. Leur statut, leurs missions doivent rester définis nationalement comme pour les autres personnels éducatifs. Leur recrutement doit être relancé car leur nombre est notoirement insuffisant.

FICHE 7 : LES ENSEIGNANTS ET LEUR METIER

Q - Quelle conception avez-vous des missions et du service des enseignants des collèges et des lycées ? La bivalence est-elle compatible avec cette conception ?

R - Le fondement de leur mission est bien sûr l'enseignement, la transmission des connaissances et tout ce qu'elle exige. Le service des enseignants doit intégrer outre leurs heures d'enseignements, celles consacrées à la nécessaire concertation entre les équipes ainsi que les aides (individualisées ou collectives) aux élèves.

La bivalence est pour le ministère un moyen commode de flexibiliser les personnels enseignants au détriment de la qualité du service rendu. Nous y sommes opposés.

Q - Quel est selon vous le niveau de recrutement aujourd'hui pertinent ?

R - La licence.

Q - Reviendrez-vous sur les décrets De Robien de 2005 et 2007 sur les services.

R - Oui, car ils vont à l'encontre du principe de la baisse du temps de travail que nous défendons.

FICHE 8 : FORMER DES MAITRES, ENTRER DANS LA PROFESSION

Q - Quelles mesures prendrez-vous pour améliorer l'entrée dans le métier des enseignants (aménagement du service, action sociale etc) ?

R - La formation initiale des enseignants est insuffisante. Nous estimons nécessaire qu'elle passe à 2 ans. L'accent doit être mis sur la pédagogie et la didactique, en lien avec le terrain sous forme de stages avec tuteurs. Il n'est pas normal que les nouveaux enseignants soient employés sur poste dès leur année de stage. Passé le stage, leur service doit être aménagé pour laisser plus de place à la formation continue. En ce qui concerne l'aide sociale, nous prévoyons une aide spécifique pour l'aide à l'installation des nouveaux fonctionnaires.

Q - Vous engagez-vous à revoir la loi pour empêcher le recours à des personnels non titulaires ? Quelles dispositions dans l'immédiat pour résorber la précarité ?

R - Oui cette pratique doit être bannie. Titularisation de tous les précaires et formation. Abrogation du contrat à durée indéterminée, vacations...

FICHE 9 : REMUNERATION, CARRIERE, RETRAITE

Q - Prévoyez-vous de revaloriser les traitements et les carrières des enseignants ?

R - Oui. Le SMIG à 1500 euros net est un élément important de notre programme. Les salaires de début de carrière doivent être relevés, en priorité.

Q - Quelles modifications pensez-vous apporter à la loi sur les retraites ?

R - Nous prévoyons l'abrogation de la loi Fillon.

FICHE 10 : ORGANISATION DU SYSTEME EDUCATIF

Q - Quelle conception avez-vous de l'organisation du système éducatif (carte scolaire, autonomie des établissements, décentralisation, enseignement privé ...) ?

R - Le principe de la carte scolaire doit être maintenu car il est le seul moyen de maintenir un minimum de mixité sociale dans les établissements scolaires. Pour que cette mixité devienne une réalité plus forte et que les ghettos scolaires soient éradiqués il faut procéder à une véritable refonte de la carte scolaire dans les villes en lien avec une politique de la ville adéquate. L'autonomie des établissements doit être recentrée sur les projets des équipes éducatives. La définition de leurs missions, la gestion de leurs personnels doivent rester nationales.

En ce qui concerne l'enseignement privé, nous considérons comme anormal qu'ils prospèrent en étant financé pour l'essentiel avec l'argent public, nous prônons sa nationalisation.

FICHE 11 / LES MOYENS DU SYSTEME EDUCATIF

Q - Envisagez-vous sur la durée de votre mandat une croissance des dépenses intérieures d'éducation (DIE) ? Quelle part pour les crédits du ministère de l'Education Nationale dans cette évolution ?

R - La croissance des dépenses intérieures d'éducation est nécessaire et elle doit être supérieure à celle du PIB car l'Education doit être la priorité du gouvernement. Il n'est pas normal que la part de l'Education Nationale ait baissé ces dernières années. Pour nous, les collectives territoriales n'ont aucune légitimité à intervenir dans le champ de l'éducation.

Q - Prévoyez-vous une programmation pluriannuelle du recrutement des enseignants du second degré et envisagez-vous le remplacement des départs à la retraite ?

R - La perspective du départ prochain à la retraite de toute une partie de la profession rend indispensable une programmation pluriannuelle du recrutement des enseignants. Les départs à la retraite doivent être remplacés mais une politique ambitieuse pour le service public d'Education Nationale exige d'aller au-delà et de prévoir davantage d'embauches dans les années suivantes.

source http://www.snes.edu, le 10 avril 2007

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