Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et candidat à l'élection présidentielle, en réponse à un questionnaire de la CFTC le 11 avril 2007, sur les problèmes de travail et de société. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et candidat à l'élection présidentielle, en réponse à un questionnaire de la CFTC le 11 avril 2007, sur les problèmes de travail et de société.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. UMP, président ; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007

ti : Question 1 : Quelles sont vos propositions pour donner davantage de sécurité et enrayer la précarité ?

R - Je veux d'abord dire que la précarité, en particulier celle du travail et du logement, est la conséquence de l'appauvrissement de notre pays et de la dévalorisation de la valeur travail. Dans un pays qui tolère depuis tant d'années un chômage de masse, les salaires sont bas et les salariés sont soumis à des contraintes de plus en plus vives : horaires variables, temps partiel subi, contrats précaires. Le plein emploi est la première et principale manière de réduire la précarité du travail. Cela veut dire travailler plus, mobiliser toutes les forces de travail, car c'est l'activité des uns qui crée le travail des autres.

Ensuite, dans un monde où l'innovation va de plus en plus vite, les pays qui s'en sortiront seront ceux dont les entreprises pourront s'adapter au même rythme. Changer plusieurs fois d'emploi dans sa vie va devenir une réalité pour tous. Protéger les emplois n'a plus de sens, ce qu'il faut c'est protéger les personnes. Ce sera le rôle de la sécurité sociale professionnelle que je veux créer, si je suis élu, avec les partenaires sociaux. Concrètement, toute personne licenciée pour des raisons économiques conservera son contrat de travail, qui sera transféré au service public de l'emploi, et 90% de sa rémunération. Elle pourra recevoir une formation qualifiante, chercher ou essayer un nouvel emploi. Elle recevra immédiatement l'aide d'un service public de l'emploi unifié, qui l'accompagnera quotidiennement dans ses démarches. La durée d'indemnisation du chômage dépendra de la durée prévisible que chacun mettra à retrouver un emploi équivalent. Le but est que le chômage ne s'accompagne plus d'un traumatisme social pour toute la famille. En contrepartie, il ne sera plus possible de refuser plus de deux offres d'emploi sans justification.

Question 2 : quelles sont vos propositions pour prendre en compte le besoin de compétitivité des entreprises et permettre simultanément aux salariés de se réinsérer le plus rapidement possible ?

R - D'abord, je tiens à souligner que la compétitivité des entreprises ne s'oppose pas au plein emploi, ni à la sécurité des salariés, au contraire. C'est parce qu'on a oublié que cela allait ensemble qu'on a accumulé de nombreuses erreurs économiques dans notre pays. Ensuite, je propose que la création de la sécurité sociale professionnelle aille de pair avec la création, pour les nouveaux contrats de travail, d'un contrat de travail unique donnant à la fois plus de souplesse aux entreprises et plus de sécurité aux salariés car il sera dès l'origine à durée indéterminée et ouvrira droit à des garanties se renforçant au cours du temps. Le contrat de travail unique, c'est un CDI pour tous, mais un CDI que les entreprises ont intérêt à utiliser alors qu'aujourd'hui tout est fait pour les en dissuader. Son contenu sera évidemment discuté avec les partenaires sociaux.

Question 3 : Quelles sont vos propositions pour favoriser l'entrée dans la vie active et la mobilité professionnelle choisie ?

R - Trop souvent, l'entrée dans la vie active se heurte à des difficultés qui auraient pu être résolues en amont par une orientation réussie et une formation adéquate. C'est pourquoi je veux mettre en place un service public d'orientation, qui informera chaque lycéen des débouchés réels de la filière qu'il prévoit d'entreprendre et de ses chances de succès en fonction du cursus qu'il a suivi jusqu'alors. Le financement de l'enseignement supérieur privilégiera par ailleurs les filières dont les débouchés professionnels sont réels. Quant aux 160 000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification du système éducatif, je souhaite qu'ils soient accueillis dans des écoles de la deuxième chance où ils recevront une formation qualifiante. Naturellement, l'Education nationale devra prendre les dispositions nécessaires pour qu'à terme plus aucun jeune ne se retrouve dans cette situation.

S'agissant de la mobilité professionnelle, je pense qu'elle est une liberté essentielle insuffisamment garantie dans notre pays. Nous devons tout faire pour encourager ceux qui veulent changer ou progresser dans leur vie professionnelle. Le compte individuel d'épargne de formation que je veux créer, dont chacun sera doté au début de la vie, qui se rechargera au fur et à mesure que l'on travaille, qui sera attaché à la personne du salarié et donc transférable d'une entreprise à l'autre, permettra à chacun d'entre nous de recevoir une formation qualifiante lorsqu'il a besoin ou envie de changer de secteur, de métier ou de qualification.

Question 4 : Quelles sont vos propositions pour permettre aux établissements et aux enseignants-éducateurs, publics comme privés, d'assumer leurs missions éducatives vis-à-vis des enfants et des familles, de préparer une bonne insertion professionnelle et sociale ?

R - Les conditions d'un système éducatif performant sont bien connues. Il suffit de prendre la peine de s'en inspirer. Première condition, la qualité de la formation des enseignants et leur liberté pédagogique. Nos enseignants en France ont une formation d'exception s'agissant de la maîtrise de la discipline. Il faut la garder, mais il faut l'assortir d'une meilleure formation initiale à la pédagogie et d'une formation continue régulière. Je veux par ailleurs garantir la liberté pédagogique des enseignants, c'est-à-dire concrètement les évaluer en fonction des progrès et des résultats des élèves, et non en fonction de la manière dont ils appliquent des méthodes souvent déconnectées du réel qui leur sont imposées d'en haut. Aucune circulaire ne remplacera jamais l'expérience de 20 ans d'une institutrice. Deuxième condition, l'autonomie des établissements. Je veux que les établissements scolaires soient libres de mettre en oeuvre des projets pédagogiques adaptés à leurs publics. Troisième condition, la mixité scolaire et sociale des établissements. Aujourd'hui, la carte scolaire ne la garantit pas et au contraire aggrave la ségrégation. C'est pourquoi je veux que les parents soient libres de choisir l'école de leurs enfants et, en contrepartie, que les établissements soient obligés de veiller à une obligation de mixité géographique, sociale et scolaire de leurs effectifs. Quatrième condition, l'évaluation des élèves, des établissements et de l'ensemble du système. L'évaluation des élèves en particulier doit être plus régulière afin de prendre tout de suite les dispositions nécessaires en cas de décrochage d'un enfant. Enfin, dernière condition, la qualité de l'environnement de travail des enfants. Aux enfants qui n'ont pas d'endroit calme pour travailler à domicile ou qui ne peuvent pas être aidés chez eux, je veux que l'école offre des conditions de travail optimales, pour les uns les études dirigées en fin d'après-midi, pour les autres des internats de réussite éducative, pour les troisièmes un tutorat ou du soutien individualisé... Avec ces quelques règles de bon sens, nous pourrons faire beaucoup pour les élèves. Notre objectif doit être de ne laisser aucun enfant, je dis bien aucun, sortir de l'école sans qualification.

Question 5. Comment faire en sorte que la valeur-travail soit au coeur des choix stratégiques de l'entreprise ?

R - Il faut d'abord que le travail paie plus pour le salarié et soit plus rentable pour l'entreprise. Pour cela, le coût du travail doit baisser. J'ai proposé d'exonérer les heures supplémentaires de toute charge sociale et fiscale. C'est une mesure qui réduit le coût général du travail et permet d'augmenter les salaires et le pouvoir d'achat des salariés. C'est aussi une mesure qui crée de l'emploi, comme l'a montré l'Institut indépendant d'analyse économique Rexécode, car l'activité des uns crée le travail des autres. Il faut ensuite que le travail soit respecté. Je veux poser la question des conditions de travail, des rythmes de travail, des contraintes imposées aux salariés. Je veux enfin que les salariés soient mieux associés au partage des bénéfices des entreprises. Si je suis élu, je proposerai aux entreprises de moins de 50 salariés de bénéficier d'une réduction de leur taux d'impôt sur les sociétés si elles acceptent de mettre en place un régime de participation en faveur de leurs salariés. Quant à l'attribution de stock-options, elle ne devrait plus être réservée aux seuls dirigeants des entreprises, mais accordée à l'ensemble des salariés.

Question 6. Quels engagements prenez-vous pour favoriser la croissance par l'investissement des entreprises et la consommation ?

R - La revalorisation du travail relance l'investissement et la consommation. L'investissement car des salariés qui travaillent plus sont des salariés qui ont besoin d'outils de travail. La consommation car des salariés qui travaillent plus et des chômeurs qui retrouvent un emploi sont des consommateurs qui ont plus de pouvoir d'achat. C'est pour cela que j'utilise parfois l'expression de « relance par le travail ». Je veux également soutenir le développement des PME par la création d'un small business act à la française qui leur réservera une partie de la commande publique, et la suppression des contraintes réglementaires inutiles qui freinent leur développement.

Septième proposition : développer les services publics indispensables à la cohésion sociale.
Question : Seriez-vous prêts à soutenir nos propositions et à les promouvoir, notamment par un effort budgétaire dont les retombées soutiendront la croissance ?

R - Il est évident que certains services publics doivent être soustraits de la logique du marché. De fait, ils le sont. Je partage votre point de vue selon lequel la libéralisation d'un secteur n'est pas toujours une garantie de réussite : la libéralisation du secteur des télécommunications et celle du transport aérien ont apporté de vrais bénéfices aux usagers, pas celle de l'électricité et du gaz. J'exercerai donc la plus grande vigilance sur ces sujets. Enfin, comme vous, je conviens que le service universel s'apparente parfois à un service public au rabais. Je n'accepte pas, par exemple, que l'accès au téléphone mobile et à l'Internet haut débit ne fasse pas partie des obligations du service universel des télécommunications.

De manière générale, je suis très attaché aux trois grandes « lois » du service public que sont la continuité, l'égalité et l'adaptabilité, et je veillerai à les garantir. En particulier, dans notre pays où le service public a toujours été un outil d'égalité des chances, je ne conçois pas un instant que l'on puisse renoncer à la présence du service public en milieu rural.

Mais je crois qu'il est nécessaire aussi d'affirmer un quatrième principe, celui de la performance. La performance, c'est d'adapter en permanence l'implantation et le fonctionnement des services publics pour qu'ils soient plus proches des besoins des usagers : je veux par exemple que les horaires d'ouverture des services publics soient étendus pour qu'ils soient accessibles aux Français qui travaillent quand ils en ont besoin, en particulier aux femmes.

En contrepartie de cet effort que je demanderai aux fonctionnaires, je veux nouer avec eux un pacte de progrès. Je n'accepte pas le discours négatif que l'on tient trop souvent sur les fonctionnaires alors que ceux-ci sont le plus souvent l'exemple du dévouement à l'intérêt général et qu'ils sont les premiers à souffrir de l'incapacité des responsables publics à adapter le service public aux besoins des usagers. Je veux des fonctionnaires moins nombreux, mais mieux payés, plus considérés et dont les carrières seront plus variées et plus valorisantes.

Question 8. Quels choix entendez-vous impulser dans le domaine du logement, crucial pour la cohésion sociale et l'aménagement du territoire ?

R - Je veux d'abord que chaque Français dispose d'un logement. C'est la raison pour laquelle je me suis prononcé le premier en faveur du droit au logement opposable. Construire, construire, construire est la première des choses à faire pour mettre fin à la pénurie de logements et à la spirale inflationniste des prix. Et pour cela il faut responsabiliser les pouvoirs publics et encourager les élus bâtisseurs. Je veux ensuite transformer la relation perdant-perdant actuelle entre les propriétaires et les locataires en une relation gagnant-gagnant. A cette fin, je garantirai chaque propriétaire contre les impayés de loyers, j'appliquerai mieux la loi à l'encontre des locataires de mauvaise foi, et je supprimerai en échange les obligations de caution et de garantie de deux mois de loyer. Je veux enfin et surtout que chaque Français puisse devenir propriétaire de son logement. Le logement est le rêve de chacun d'entre nous car c'est la première sécurité que l'on peut offrir à sa famille. C'est pourquoi je veux permettre aux Français de déduire de leur impôt les intérêts de leurs emprunts immobiliers et allouer une aide de l'Etat d'un niveau équivalent à ceux qui ne payent pas l'impôt sur le revenu. De même, je généraliserai le crédit hypothécaire, qui permet de garantir un emprunt par la valeur du bien. C'est grâce au crédit hypothécaire que la quasi totalité des Britanniques sont propriétaires de leur logement.

Question 9 : quelles mesures envisagez-vous pour restaurer et garantir les grands principes qui fondent le socle de l'assurance-maladie ?

R - Je veux en finir avec les politiques de santé fondées sur une approche strictement comptable. L'allongement de la durée de la vie et le progrès thérapeutique sont une chance que notre société doit être capable de saisir. Je veux que la France soit au rendez-vous des progrès considérables de la médecine afin de pouvoir permettre à tous d'accéder aux meilleurs soins.

Pour cela, je propose d'abord de faire des sciences du vivant une priorité de notre effort de recherche. Je veux mettre en place la politique de prévention qui nous fait défaut depuis tant d'années. Je souhaite soulager les professionnels de santé de l'épuisement qui est le leur depuis des années, en remédiant à la dégradation de leurs conditions d'exercice et en refondant avec eux une relation fondée sur la confiance. Je souhaite libérer l'hôpital de la contrainte des 35 heures en permettant au personnel hospitalier qui veut travailler plus pour gagner plus de le faire. Je veux augmenter les aides à l'acquisition de complémentaire santé et améliorer le remboursement des prothèses dentaires, auditives et des frais d'optique, car ces soins sont une condition d'une vie professionnelle et sociale réussie. Enfin, je mettrai en place une franchise limitée et juste sur les consommations de soins, de quelques euros par mois, car je pense que chaque Français doit se sentir responsable de la pérennité de notre système de santé.

Question 10 : Quelles mesures comptez vous promouvoir afin d'accompagner les familles à poursuivre leur mission de lien social ?

R - Les familles sont essentielles à la transmission des valeurs. Elles sont un lieu d'amour et de protection sans lequel il est très difficile de grandir et de construire sa personnalité. Je veux soutenir les familles à chacun des moments clés de l'existence : en versant des allocations familiales dès le premier enfant, en rendant opposable le droit à une solution de garde pour chaque enfant, en donnant des droits sociaux et des droits à la retraite à ceux des parents qui se consacrent exclusivement à l'éducation de leurs enfants, en garantissant une formation professionnelle qualifiante aux pères ou aux mères qui veulent reprendre une activité après s'être consacrés à l'éducation de leurs enfants, en permettant à toutes les familles de devenir propriétaires de leur logement, en créant des études dirigées dans tous les établissements scolaires et en permettant aux familles de mieux s'organiser grâce à une extension des horaires d'ouverture des commerces et des services publics, en créant une cinquième branche de la protection sociale pour mieux prendre en charge la dépendance et le handicap, en soutenant les familles qui s'occupent d'une personne âgée en fin de vie ou d'une personne handicapée, enfin, en supprimant les droits de donation et de succession à l'exception des familles les plus riches. Je veux aussi aider les familles qui rencontrent des difficultés à remplir leur devoir éducatif, à exercer leur mission d'autorité parentale. Mais lorsque, malgré cette aide, les parents ne remplissent pas leurs devoirs vis-à-vis de leurs enfants, je souhaite les responsabiliser, par exemple par la suspension ou la mise sous tutelle des allocations familiales.

Question 11 : Quelles seraient vos propositions sur la retraite en tenant compte des aspirations légitimes des salariés ?

R - Je veux préserver et consolider la retraite par répartition, à laquelle les Français sont très attachés. Pour cela, je conforterai la loi Fillon, qui est une loi juste et responsable, et conduirai une politique économique de plein emploi, qui est la condition nécessaire pour assurer durablement le financement du régime général. Je saisirai l'occasion du rendez-vous de 2008 pour réformer les régimes spéciaux de retraite afin qu'ils participent à l'effort de sauvegarde des retraites au même titre que le régime général et que le régime des fonctionnaires. Enfin, je veux que le libre-choix du moment de partir en retraite devienne la règle. Je lèverai pour cela toutes les restrictions au cumul emploi-retraite et j'encouragerai le recours à la retraite progressive. Je n'ignore pas non plus la pénibilité particulière de certains métiers. Je veux qu'elle soit prise en compte dans les discussions avec les partenaires sociaux.

Question 12 : Quelles mesures préconisez-vous pour faire du développement durable un objectif partagé par les acteurs économiques ?

R - Le développement durable doit devenir une dimension essentielle de l'action publique. Aussi, vous comprendrez que je ne puisse développer ici en quelques lignes l'ensemble de mon projet présidentiel en la matière. En quelques mots, je veux mettre en évidence trois idées fortes : premièrement, la création d'un grand ministère du développement durable regroupant l'écologie, l'environnement, les transports, l'équipement, l'énergie et la prévention des risques industriels, doté des moyens, des structures et des agents nécessaires à la mise en place d'une politique ambitieuse agissant sur les vrais leviers du changement climatique ; deuxièmement, la création d'une fiscalité écologique permettant de limiter les comportements nuisibles et d'inciter fortement à l'adoption de comportements écologiquement responsables ; enfin, une action internationale pour que les pays qui restent en dehors des engagements de réduction des gaz à effet de serre prévus par le Protocole de Kyoto, en particulier les Etats-Unis et la Chine, soient vivement incités à rejoindre les pays européens sur la voie de la responsabilité.

Question 13 : Quels sont vos engagements sur ces questions européennes pour ériger l'emploi en une politique transversale ? Que pensez-vous faire pour que la France et l'Union européenne promeuvent au niveau mondial un développement respectueux des personnes qui ne peut être atteint par les simples mécanismes économiques ?

R - L'Europe n'est pas seulement une zone de libre échange. Elle est une Union politique qui défend des valeurs, celles des droits de l'homme, de la démocratie, de la fraternité, de la protection de l'environnement. Je veux qu'elle porte cette parole forte dans le monde. Je veux que l'Europe fasse de son territoire le lieu d'une nouvelle éthique du capitalisme. Je n'accepte pas que l'on joue avec les usines et les emplois comme avec des pions sur un jeu de société. Je demanderai donc à l'Union européenne de se doter de règles en matière d'investissement, de rachat et de restructuration d'entreprises en Europe, et ceux qui voudront y faire des affaires devront les respecter. Je pense que l'Europe doit protéger, non pas exposer, dans la mondialisation. A cet effet, je souhaite réhabiliter la préférence communautaire, c'est-à-dire le droit pour l'Europe de préférer et donc de protéger ses produits, ses entreprises, ses marchés, lorsque c'est son intérêt.

Quatorzième proposition : renforcer le dialogue social et l'implantation du syndicalisme dans l'entreprise
Que proposez-vous pour renforcer le rôle des organisations syndicales, en particulier dans les PME ? Quels dispositifs privilégiez-vous pour garantir la légitimité et le pluralisme des organisations syndicales ?

R - Nous ne pouvons plus continuer à faire fonctionner notre système de relations sociales sur des schémas définis au sortir de la guerre. Je veux m'appuyer profondément sur le dialogue social, mais pour cela il faut en rénover les modalités, que les syndicats soient plus forts, plus représentatifs et que les salariés puissent approuver ou désapprouver les décisions qu'ils prennent au nom des salariés. C'est pourquoi je souhaite que les élections professionnelles dans l'entreprise soient ouvertes à tous les syndicats légalement constitués. Je veillerai à ce que, dans le cadre d'une large concertation avec tous les syndicats, nous abordions les modalités de reconnaissance de leur représentativité au niveau national, mais aussi à qu'ils aient les financements suffisants pour assurer leur mission de représentation des salariés.

Source http://www.cftc.fr, le 11 avril 2007

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