Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat à l'élection présidentielle, à France 2 le 18 avril 2007, sur son refus d'une radicalisation de l'islam en France. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat à l'élection présidentielle, à France 2 le 18 avril 2007, sur son refus d'une radicalisation de l'islam en France.

Personnalité, fonction : VILLIERS Philippe de, SICARD Roland.

FRANCE. Mouvement pour la France, président ; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007;

ti : Q- Bonjour P. de Villiers.

R- Bonjour monsieur Sicard.

Q- Il y a un mois, vous étiez venu et vous nous aviez dit « avec l'égalité des temps de parole dans les médias, tout va changer ». Et puis un mois après, on a l'impression que finalement le rapport des forces entre les différents candidats n'a pas tellement évolué. Comment vous expliquez ça ?

R- Vous plaisantez, là !

Q- Non.

R- Une plaisanterie potron-minet.

Q- Non, non, je ne plaisante pas.

R- Mais vous allez voir dimanche.

Q- Alors, qu'est-ce qui se passe dimanche, selon vous ?

R- Dimanche, il va y avoir une journée à surprise dans tous les sens.

Q- Qu'est-ce qui va se passer d'après vous ?

R- Vous savez, on dit "il y a les grands candidats, il y a les petits candidats". Vous allez voir, il n'y a pas les grands électeurs, les petits électeurs, comme si on disait "France 2 est une petite chaîne".

Q- C'est une grande chaîne.

R- Oui, voilà, donc tout ça va être reclassé par les Français. Tout simplement parce que les Français vont faire un choix personnel, souverain, de conviction, et moi je les invite à choisir l'honnêteté, l'authenticité et la seule solution pour notre pays, c'est-à-dire le patriotisme, et je pense que les résultats ne seront pas du tout ce qui est supposé aujourd'hui par les commentateurs et les médiateurs, et naturellement les inénarrables sondeurs.

Q- Mais est-ce que vous n'avez pas le sentiment quand même qu'une bonne partie des valeurs que vous défendez est déjà défendue par J.-M. Le Pen, ce qui finalement peut gêner votre campagne ?

R- Non. Je pense qu'aujourd'hui il y a une immense majorité de Français qui sont sur les valeurs que je défends. J'en citerai trois exemples. Une immense majorité de Français qui veut, comme moi, imposer à Bruxelles une véritable protection européenne douanière, commerciale, monétaire avec un euro faible plutôt qu'un euro fort, pour protéger nos PME, pour les armer, armer nos PME dans la mondialisation et pour stopper l'hémorragie massive des délocalisations, et donc pour stopper le chômage. Deuxièmement, le renouveau des valeurs civiques et morales : plutôt la famille que le mariage homosexuel, plutôt la propriété privée que la précarité publique, plutôt le travail que l'assistanat, ça aussi ce sont des valeurs majoritaires. Et enfin, quand je dis : il faut stopper le communautarisme islamique, affirmer l'autorité de l'Etat par rapport au communautarisme, interdire la polygamie et les mariages forcés sur le territoire national, je pense que je suis majoritaire.

Q- Mais je reviens à ma question : quelles grandes différences sur le programme il y a entre vous et J.-M. Le Pen ?

R- Ecoutez, je ne me situe pas par rapport à J.-M. Le Pen. Si vous voulez vraiment une différence, je dirais que je l'ai entendu hier soir, sur votre chaîne, parler d'Ahmadinejad...

Q- ... c'est-à-dire de l'Iran.

R- Moi je considère qu'on ne peut pas laisser ce fou furieux se doter de la bombe atomique, je pense que ça serait une responsabilité du président de la République et moi si je suis élu président de la République, je serai très attentif à ce qui se passe en Iran.

Q- Vous parliez de l'islam. Hier, il y a eu une décision qui a été prise à Marseille par le Tribunal administratif : la mosquée ne sera pas construite pour l'instant. Comment est-ce que vous réagissez ?

R- Je me réjouis du fait que grâce à la plaidoirie de notre avocat, Me A. Varaut, qui était présent à Marseille...

Q- ... il y avait aussi l'avocat du Front national.

R- Oui, bien sûr, oui, et d'autres.

Q- Donc, là-dessus, vous êtes d'accord.

R- Et il y avait beaucoup d'habitants dont j'étais le porte-parole, beaucoup d'habitants qui disaient ce qu'a dit le tribunal. Le tribunal a dit : « on ne peut pas faire une dérogation à la loi », c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire d'un côté : « les églises ou les synagogues sont financées par les paroissiens », ce qui est logique, c'est-à-dire par les fonds privés, et de l'autre côté pour faire plaisir à monsieur Gaudin qui veut faire plaisir aux islamistes...

Q- ... le maire de Marseille.

R- ... le maire de Marseille, eh bien on a le droit de faire des facilités pour construire des mosquées. On n'est pas en terre d'islam, on est en terre de France et il y a Notre-Dame de la Garde à Marseille et moi je préfère que Marseille soit surplombé par Notre-Dame de la Garde qui veille sur la ville. On a quand même le droit de dire ça, on est en France.

Q- On a quand même le sentiment qu'il y a eu un durcissement de votre discours sur l'islam.

R- Non, pas du tout ! Non, au contraire, je veux dire, au début, les gens ne comprenaient pas, ils disaient : « il faut laisser, il y a la liberté de religion, etc. ». Et puis au fur et à mesure que j'ai expliqué, les Français ont compris que ce n'est pas du tout un problème religieux, je dirais même que je me fais en cet instant le porte-parole des musulmans modérés qui trop souvent sont amalgamés avec les islamistes. Défendre les musulmans modérés c'est attaquer les islamistes voire les terroristes, qui sont aux portes de la France et qui frappent aujourd'hui en Algérie, et ce n'est surtout dire : ou c'est la charia en France ou c'est la République. Et moi, je dis ça ne sera pas la charia, ça sera la République. Cela veut dire concrètement que moi je veux une charte républicaine pour la construction des mosquées avec des conditions draconiennes, c'est-à-dire pour qu'il y ait une construction de mosquée, il faudrait qu'il y ait la signature de cette charte entre l'imam du lieu et le préfet du lieu, représentant de l'Etat. Les conditions draconiennes, c'est quoi ? C'est respect de l'égalité homme/femme, interdiction de la polygamie et des mariages forcés, interdiction des financements étrangers.

Q- La polygamie est déjà interdite !

R- Elle est interdite et subventionnée par les caisses d'allocations familiales. C'est bien un scandale, justement. Vous savez combien il y a de familles polygames, monsieur Sicard, aujourd'hui, en France ? 200.000. Vous savez combien il y a de mariages forcés aujourd'hui en France ? 70.000, des mariages forcés, c'est-à-dire qu'on envoie des jeunes filles en Turquie ou en Algérie, et elles reviennent mariées. Et vous savez que dans mon propre département, il y a des jeunes filles qui se cachent, qui viennent de la région parisienne, elles se cachent parce qu'elles sont menacées d'être égorgées par leurs frères parce qu'elles veulent se convertir au protestantisme...

Q- ... et ça, c'est pas un durcissement de votre discours...

R- Attendez, mais c'est la réalité. L'autre jour, j'étais à Lyon, j'étais en avance, c'était à France 3, j'étais en avance, je suis allé dans un jardin public, bon, je me suis promené, j'ai regardé Lyon, et j'ai vu les voiles partout, les tchadors, ce qu'on appelle la « femme tonneau ». Les téléspectateurs qui vivent dans les villes, ils comprennent bien ce que je dis. Or, qu'est-ce que c'est que le voile islamique ? Ce n'est pas une croix, une kippa, ça n'a rien à voir parce que le judaïsme, le christianisme respectent...

Q- ... et vous ne pensez pas que vous allez choquer beaucoup de gens qui pratiquent l'islam normalement ?

R- Mais beaucoup de gens, par exemple en Tunisie, disent : « attention, le voile est un instrument de soumission de la femme ». Et donc quand je dis, moi, je veux interdire le voile dans les espaces publics, quand quelqu'un rentre dans un bureau de Poste, etc., c'est parce que le voile est un instrument de soumission de la femme, c'est-à-dire qu'il blesse la dignité de la femme. Et beaucoup de jeunes filles que je connais, que j'ai rencontrées, m'ont dit à moi, personnellement, les yeux dans les yeux puisqu'il n'y avait plus que les yeux pour voir, puisque tout est couvert maintenant, de la tête aux pieds, elles me disaient : « c'est la seule manière de ne pas subir les insultes, les quolibets, voire les jets de pierres ». Attendez ! Vous dites durcissement, R. Sicard, vous avez vu ce qui vient de se passer à Marseille ? Un procès pour lapidation, une jeune fille a été lapidée.

Q- C'est des cas exceptionnels !

R- Ah, c'est des cas exceptionnels, mais tellement exceptionnels que l'UOIF a fait son congrès devant des milliers, des dizaines de milliers de personnes le week-end dernier et il avait comme conférencier principal monsieur Hani Ramadan, le théoricien de la lapidation. Alors, vous voyez, c'est comme ça qu'on glisse, vous voyez, dans tous les domaines et c'est comme ça que par exemple sur le plan des délocalisations, c'est comme ça sur le plan de la dette, tous les grands problèmes de la France, on les laisse glisser en disant : attention, il faut être consensuel, il faut l'assentiment collectif. Moi, je ne suis pas engagé dans cette campagne pour dire des banalités de marketing comme les autres. Moi, je suis engagé dans cette campagne pour dire à tous ceux qui sont, au moment du choix : c'est sérieux, c'est grave, notre destin personnel en termes de prospérité, de sécurité et de liberté est lié au destin de la France. Or la France est un pays que les autres veulent laisser mourir. Ils ont transmis tous nos pouvoirs à Bruxelles, à Francfort et aux gnomes de l'OMC. Qu'est-ce qu'il leur restera pour gouverner la France ? Rien, parce que quand le pouvoir n'a plus de pouvoir, il ne peut plus rien faire pour nous, il ne peut mettre que des compresses sur la plaie, des compresses achetées à crédit, c'est-à-dire des cachets d'aspirine donnés à un blessé au bord de la route qui souffre d'une hémorragie. Moi, je veux que le pouvoir ait le pouvoir et la première chose à faire, si je suis élu président de la République, je rapatrierai le pouvoir et je ferai une Europe des Nations, la seule Europe de l'avenir, l'Europe du futur, l'Europe de la modernité.

Merci P. de Villiers.


Source:premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 18 avril 2007

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