Interview de M. Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et candidat à l'élection présidentielle de 2007, à France 2 le 18 avril 2007, sur ses propositions de campagne et sa conception d'un chef de l'Etat "qui protège les Français". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et candidat à l'élection présidentielle de 2007, à France 2 le 18 avril 2007, sur ses propositions de campagne et sa conception d'un chef de l'Etat "qui protège les Français".

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas, CHABOT Arlette.

FRANCE. UMP, président ; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007;

Circonstances : Emission "Question ouverte" de France 2 le 18 avril 2007

ti : Arlette CHABOT
Bonsoir à tous. Bonsoir, Nicolas SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Bonsoir, Arlette CHABOT. Merci de m'avoir invité.

ARLETTE CHABOT
Merci d'être là. Vous dites ce matin dans une interview accordée à notre confrère du FIGARO : « Je ne mène pas un combat politique, je mène un combat idéologique. » Je voudrais qu'on comprenne bien ce que vous voulez dire, est-ce que ça veut dire que c'est un combat d'idées ou bien vous nous ramenez quinze ou vingt ans en arrière, quand on était dans du frontal droite/gauche bien classique ?

NICOLAS SARKOZY
C'est gentil de présenter ça comme ça. Pas du tout. Je voudrais que dans cette campagne électorale, les Français puissent penser librement, voter librement, réfléchir librement. Cela fait des années et des années qu'une gauche bien pensante impose un mode de pensée. Tous ceux qui ne sont pas d'accord sont alors diabolisés, dénoncés, sectarisés. Moi, je crois que la France a besoin de tolérance et qu'elle a besoin de débat. Durant cette campagne, j'ai essayé de donner du sens au projet politique qui est le nôtre en parlant...

ARLETTE CHABOT
Donc, qui dit logique, c'est idée, c'est ça qu'il faut comprendre...

NICOLAS SARKOZY
Bien sûr, bien sûr, le débat des idées...

GILLES LECLERC
C'est un vrai débat de société comme, par exemple, en 81, pour vous, il y a des clivages...

NICOLAS SARKOZY
Je pense qu'il y a eu deux ou trois débats de cette nature, en 1958, dans un autre contexte, en 1981. J'ai voulu, par exemple, qu'on dise, maintenant, ça suffit, la dévalorisation du travail. On ne peut pas vivre dans une société où celui qui est assisté gagne autant que celui qui travaille. Cela suffit la repentance, l'accusation systématique de la France, le refus d'assumer la fierté d'être Français, j'ai voulu ce débat sur l'identité.

GILLES LECLERC
Pour vous, on est dans une élection de type classique gauche/droite, c'est un petit peu le schéma sur lequel vous êtes ?

NICOLAS SARKOZY
Non. Je pense que cela va bien au-delà. Il y a des tas d'électeurs de gauche qui veulent qu'on parle de la nation, il y a des tas d'électeurs de gauche qui veulent qu'on parle de l'immigration. Il faut enfin qu'on puisse dire en France qu'on veut maîtriser l'immigration, refuser les régularisations globales, sans être immédiatement accusé d'être raciste. Il y a un problème d'autorité, de sécurité, on a vu un certain nombre d'évènements, il faut qu'on puisse dire tout simplement que les multirécidivistes ou les cas, les faits divers qu'on a vus récemment, ce Pierrot dit le fou, qui, alors qu'il n'avait même pas terminé sa peine, s'est permis d'assassiner trois personnes, est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est pensable ? Est-ce qu'on l'accepterait ailleurs ? Il faut, et je le dis aux Français, si je suis élu président de la République, je résoudrai le problème des multirécidivistes dès l'été 2007. Oui, ce n'était pas simplement un débat sur des mesures techniques, mais pour donner du sens. Qu'est-ce que veulent les responsables politiques qui dirigent la France ? Voilà quelle est, me semble-t-il, la question posée par les Français.

ARLETTE CHABOT
Depuis le début, vous dites, ce sera effectivement un débat projet contre projet, est-ce que pour la clarté du débat et du choix des Français, vous devez vous retrouver en face de Ségolène ROYAL pour que les Français choisissent ?

NICOLAS SARKOZY
Madame CHABOT...

ARLETTE CHABOT
Est-ce que c'est plus clair ? C'est ce qu'ils attendent depuis 2002 puisqu'ils ont été privés...

NICOLAS SARKOZY
Je n'ai aucun desiderata, je ne sais même pas si je serai au deuxième tour moi-même. C'est les Français qui vont décider. Ce n'est pas les médias, ce n'est pas les sondages. Attendons simplement. Les Français décideront, sur les douze candidats, qui sont douze personnes respectables, lequel parmi eux, lesquels seront les deux sélectionnés.

GILLES LECLERC
Tout à l'heure, vous avez parlé de la gauche, vous mettez François BAYROU dans la gauche, vous avez d'ailleurs dit que...

NICOLAS SARKOZY
Vous savez, moi, je pense...

GILLES LECLERC
Il était de gauche, vous l'avez dit, je crois encore ce matin...

NICOLAS SARKOZY
C'est tout à fait le droit de François BAYROU de changer d'idée. Je l'ai toujours connu à droite, voici qu'il est maintenant à gauche. Mais j'espère qu'il a demandé l'autorisation à ses électeurs, qu'il les a prévenus...

ARLETTE CHABOT
Il est au centre pour l'instant, il est au centre...

NICOLAS SARKOZY
Non, puisqu'il a dit qu'il était plus à gauche que Ségolène ROYAL, qu'il trouvait beaucoup de qualités à monsieur BESANCENOT et que s'il était élu, il prendrait un Premier ministre de gauche. Est-ce que...

GILLES LECLERC
Quand vous regardez son... Pardon...

NICOLAS SARKOZY
Ce n'est pas l'accuser que de dire ça, c'est son droit le plus absolu. Mais peut-être que ça peut étonner un certain nombre d'électeurs de l'UDF, un certain nombre d'électeurs du centre que de se retrouver alliés avec le Parti communiste, les trotskystes et même madame ROYAL, c'est quand même curieux comme spectacle. C'est son droit.

GILLES LECLERC
Cela signifie que vous ne pourrez plus lui parler éventuellement entre les deux tours si cela devait se faire ?

NICOLAS SARKOZY
Pourquoi ? Mais absolument pas ! Moi, vous savez, je n'ai pas changé. Je trouve simplement curieux le système qui consiste à dire pour François BAYROU : Si je suis au deuxième tour face à Nicolas SARKOZY, je serai le candidat de la gauche ; si je suis au deuxième tour face à Ségolène ROYAL, je serai le candidat de la droite. Quand même, pour diriger la 5ème puissance du monde qu'est la France, ce n'est quand même pas un geste de conviction formidable. Mais il y a de vrais débats qui ont été posés. Je veux dire que si je suis élu président de la République, je protègerai les Français ; la notion de protection, ça existe. Protéger contre les délocalisations, il n'y a pas de fatalité, je veux qu'on garde les usines en France. Les protéger, l'Europe doit protéger en ayant des frontières, la Turquie n'a pas sa place en Europe parce qu'elle est en Asie mineure. Protéger contre l'insécurité...

GILLES LECLERC
SARKOZY, protecteur, ce n'est pas tout à fait l'image qu'on avait au début de cette campagne électorale.

NICOLAS SARKOZY
Ah bon ! Ecoutez, je n'ai été que quatre ans ministre de l'Intérieur et je crois que j'ai mis toute mon énergie au service de la sécurité des Français, qu'il y a eu des résultats, je crois, des résultats importants. Mais aujourd'hui, quelle est la peur des Français ? La violence qui monte dans la société, il faut bien y répondre. Cette violence porte deux noms : 50 % des crimes et délits sont le fait de 5 % des délinquants, c'est les multirécidivistes, il faut les sanctionner fermement. Et puis, la question des mineurs, on ne peut pas continuer à excuser tout sous prétexte qu'un individu a 17 ans ! Pour la victime, qu'est-ce que ça change ? Ce sont toutes ces questions que je veux poser et j'assurerai la protection des Français face à ces risques. Mais je dis également aux Français qui ont mis un genou à terre, à ceux qui sont au RMI, qu'on leur trouvera une solution. La solution, c'est quoi ? Donner à chacun une formation pour qu'il ait un emploi. Je ne crois pas qu'il faille...

GILLES LECLERC
Par exemple, quand vous avez dit aussi dans votre programme que quand un chômeur refuse deux emplois, ensuite, ça devient plus compliqué pour lui. Qu'est-ce qu'il peut devenir, celui-là ?

NICOLAS SARKOZY
Mais bien sûr, mais pourquoi...

GILLES LECLERC
Là, ce n'est plus de la protection...

NICOLAS SARKOZY
Les indemnités de chômage sont payées par la solidarité, c'est-à-dire par le travail des autres. C'est normal qu'on soit indemnisé quand on est au chômage. Mais quand on est au chômage et qu'on vous propose à deux reprises un emploi qui correspond à vos capacités, pourquoi accepter de le refuser ? Je dis, il peut y avoir deux refus, après, ce sont...

GILLES LECLERC
Qu'est-ce qui se passe après ? Qu'est-ce qui se passe ?

NICOLAS SARKOZY
On est obligé de le prendre. Ou alors, on n'a plus d'indemnisations. Cela veut dire quoi, monsieur LECLERC ? Cela veut simplement dire que dans la société démocratique qui est la nôtre, il y a des droits et, en face des droits, il y a des devoirs. On oublie de parler des devoirs. Chacun estime qu'il est légitime à réclamer davantage de solidarité. Mais, moi, je veux être le candidat qui dit aussi au pays : Arrêtons de demander à la France de faire quelque chose pour nous et demandons-nous, nous, à notre tour, si nous sommes prêts à faire quelque chose pour notre pays.

ARLETTE CHABOT
Il y en a qui se demandent comment vous arrivez à faire un grand écart, si on en reste sur les programmes, par exemple, vous dites : Je suis le défenseur de la France qui souffre. En même temps, vous voulez réduire les impôts. Il y en a qui disent : Ce n'est pas possible. Où se trouve-t-il, Nicolas SARKOZY ?

NICOLAS SARKOZY
C'est une vision totalement manichéenne des choses. Pardon de le dire. Je veux que tous ceux qui ont de l'argent et qui veulent créer des richesses, innover, puissent venir en France pour créer des entreprises et donner du travail. En même temps, je veux que tous ceux qui ont mis un genou à terre aient le droit d'avoir une formation qui leur permette de trouver un emploi. Le problème de la France est assez simple, nous avons travaillé moins quand le monde entier travaillait plus. Les 35 heures, nous les avons payées dur, d'abord parce que les salaires n'ont plus été augmentés à cause des 35 heures. Les 35 heures ont été une régression sociale. Deuxièmement, il y a cinq pays en Europe qui ont le plein emploi, aucun de ces pays n'a fait le choix du partage du temps de travail des 35 heures. Le Danemark : 4 % de chômeurs ; la Suède : 4 % de chômeurs ; le Royaume-Uni : 4 % de chômeurs ; l'Irlande ; et d'une certaine façon l'Espagne. Moi, je veux le plein emploi pour les Français et je leur dis, si je suis élu président de la République, je m'engage - c'est un engagement - sur 5 % de chômeurs à la fin de mon quinquennat. Les autres l'ont fait, on va le faire, nous aussi, en libérant les possibilités de travail dans notre pays. C'est quand même invraisemblable qu'on interdise aux gens qui veulent gagner plus de pouvoir travailler davantage.

ARLETTE CHABOT
Il y a une loi que vous aviez annoncée parce que vous souhaitez qu'elle soit votée très vite c'est celle sur le service minimum. Aujourd'hui vous annoncez une grande concertation avec les syndicats sur plusieurs thèmes qui devraient avoir lieu à l'automne si vous êtes élu, après une journée de négociation avec vous. C'est-à-dire que vous êtes converti maintenant plus à la négociation sociale qu'à la loi ?

NICOLAS SARKOZY
Non, mais enfin c'est très simple. Le service minimum ça fait 20 ans qu'on en parle et 20 ans que les gouvernements successifs ont peur de le faire. Je dis aux Français que si je suis élu il y aura un service minimum dans les transports en commun avant la fin 2007. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire que chaque français qui travaille aura trois heures de transport en commun ouvert les jours de grève, le matin pour aller au travail...

GILLES LECLERC
Ca ça passe par une négociation avec les syndicats avant ou pas ?

NICOLAS SARKOZY
Trois heures le soir pour rentrer. Il n'y a aucune raison que les travailleurs soient pris en otage d'un conflit qui ne les concerne pas. Alors comment on y arrive ? Il y a deux solutions...

GILLES LECLERC
Quelle est la bonne méthode ?

NICOLAS SARKOZY
La bonne méthode...

GILLES LECLERC
Parce que madame IDRAC dit que ce n'est pas forcément la meilleure piste par exemple, la présidente de la RATP ( sic).

ARLETTE CHABOT
Il faut discuter, il faut négocier.

NICOLAS SARKOZY
Oui bien la présidente de la RATP elle fera ce que son actionnaire lui dira de faire.

ARLETTE CHABOT
SNCF.

NICOLAS SARKOZY
Si elle n'est pas d'accord la présidente de la SNCF, si elle n'est pas d'accord écoutez elle en tirera certainement toutes les conséquences. Bon. Mais si les Français votent pour moi, ils auront le service minimum, et ce ne sera pas le problème de madame IDRAC à ce moment là. Comment on y arrive ? Je demanderai aux syndicats de se mettre d'accord sur un projet de service minimum dans l'été 2007. S'ils y arrivent, il n'y a pas besoin de la loi. S'ils n'y arrivent pas on fera voter par le nouveau parlement une loi avant 2007. Qu'est-ce que je veux faire par là ? Je veux que les Français retrouvent confiance dans la parole politique. Ca fait trop longtemps qu'ils pensent qu'on leur ment. Que trop de promesses ont été faites et qu'elles ne sont jamais tenues. Je dis donc aux Français : je ferai après l'élection, si vous me faites confiance, tout ce que j'ai dit avant l'élection. Eh bien ce sera valable au service minimum et pour toutes les autres propositions que j'aurais présentées.

ARLETTE CHABOT
Si on revient à la campagne aujourd'hui vous avez reçu le soutien de Valéry GISCARD d'ESTAING, alors c'est important évidemment vis-à-vis des centristes et de François BAYROU, qu'est-ce que vous attendez de Valéry GISCARD D'ESTAING ? Est-ce que d'abord c'est un modèle de président pour vous ?

NICOLAS SARKOZY
Non mais pas simplement important parce que c'est la question du centre. Valéry GISCARD D'ESTAING a dirigé la France pendant sept ans, Jacques CHIRAC a dirigé la France pendant douze ans, que deux hommes de cette envergure et de cette qualité, quels que soient par ailleurs les désaccords que j'ai pu avoir, disent : « voilà on a regardé tous les candidats, et celui qui nous parait le mieux à même de conduire la France pour les cinq années qui viennent c'est celui-ci » ; C'est important, pourquoi ? Parce que les Français voient bien que le contexte international est extrêmement difficile, que le prochain président de la République aura sur sa table des dossiers très lourds, la question de l'Iran, avec les sanctions à la clé, la question de l'Europe qu'il faut relancer, on ne peut pas en rester dans la situation d'immobilisme où nous nous trouvons. La mondialisation, je suis pour la concurrence, mais j'en ai assez de cette concurrence déloyale. On ne va pas supporter le dumping monétaire, le dumping social, le dumping fiscal. Il faut un chef de l'Etat qui protège les Français, qui sache où il faut conduire la France et qui ait l'expérience pour le faire. Que Valéry GISCARD d'ESTAING dise que j'aurais peut-être les capacités pour le faire, oui c'est un élément important.

ARLETTE CHABOT
Et en plus il savait rassembler ou il voulait rassembler deux Français sur trois. C'est pas un mauvais programme ça ?

NICOLAS SARKOZY
Mais au contraire, moi je veux d'ailleurs dire aux Français que je me veux le candidat du peuple de France, je ne m'intéresse pas aux étiquettes, le Président de la République c'est pas l'homme d'un parti, c'est pas l'homme d'un clan, c'est pas l'homme d'une secte. Le Président de la République c'est l'homme de la nation, il doit aimer les Français, il doit les rassembler et c'est ce que je ferai.

GILLES LECLERC
Vous parlez justement de rassemblement, comment vous expliquez que parfois des Français qui sont d'ailleurs plutôt de votre camp disent : « parfois Nicolas SARKOZY peut faire peur ». Je cite par exemple Max GALLO qui dit : « Si Nicolas SARKOZY perd ce sera sans doute de sa faute parce que peut-être il aura pu faire peur ».

NICOLAS SARKOZY
Max GALLO, pour qui j'ai beaucoup de respect...

GILLES LECLERC
Historien de gauche, mais qui s'est rapproché de vous.

NICOLAS SARKOZY
Qui a été ministre de François MITTERRAND...

GILLES LECLERC
Parce que vous parlez de rassemblement, est-ce que vous n'avez pas une image qui...

NICOLAS SARKOZY
Mais vous savez c'est extraordinaire tout ça, lorsque le Général de GAULLE est revenu au pouvoir la gauche bien pensante d'alors a défilé avec des pancartes « le fascisme ne passera pas ». Les affiches du Général de GAULLE étaient recouvertes de croix gammées. Ceux qui ont fait ça étaient ridicules. Lorsque François MITTERRAND s'est présenté, la peur est montée, on a dit : « oh il y aura les chars soviétiques à la concorde ». Et lorsque Jacques CHIRAC s'est présenté, on a dit : « Oh mon Dieu, après ce qu'il a dit sur les odeurs, l'agité ». Il y a une gauche bien pensante qui veut toujours être sectaire à l'endroit de ceux qui ne pensent pas comme eux. Dans cette campagne je n'ai attaqué personne. Parce que je crois que la tolérance est une qualité...

GILLES LECLERC
Mais comment vous expliquez alors ces sentiments de certains Français ?

NICOLAS SARKOZY
Eh bien peut-être que parce que certains à gauche pensent que j'ai quelques chances de gagner, et qu'ils considèrent que c'est un risque.

ARLETTE CHABOT
Est-ce que vous pourriez vous aussi faire l'ouverture, parce qu'au fond dans l'idée de François BAYROU il y a des Français qui disent c'est pas idiot de rassembler les meilleurs de chaque camp pour essayer de gouverner la France et de régler les problèmes. Est-ce que Nicolas SARKOZY président peut tendre la main au-delà de son camp ?

NICOLAS SARKOZY
Bien sûr que c'est une bonne idée, avec un système de jeu. Parce que s'il s'agit de prendre les meilleurs de chaque camp, et pas dire ce qu'on fait... par exemple on fait un gouvernement avec la gauche et la droite, mais la gauche veut maintenant les 35 heures, moi je veux les changer. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait un gouvernement avec la gauche et la droite. Ah oui madame ROYAL veut régulariser les parents et les grands parents de tous ceux qui sont scolarisés. Moi je ne veux pas de régularisation globale. Qu'est-ce qu'on fait quand il n'y a pas de système de jeu vous pouvez avoir les meilleurs joueurs, il y a une soirée football ce soir, ça ne peut pas marcher. Alors en vérité si les Français me faisaient confiance, je constituerai un gouvernement avec des personnalités qui ne seront pas simplement de l'UMP, parce qu'il faut rassembler...

GILLES LECLERC
Et pas nécessairement politiques.

NICOLAS SARKOZY
Pas forcément politiques, et qu'il faut faire une équipe de France la meilleure possible. J'ai dit : il y aura 15 ministres, pas un de plus, et la parité. Vous savez quand je regarde les Etats-Unis, 300 millions d'habitants, 15 ministres. L'Allemagne, 82 millions d'habitants, 16 ministres. Alors bien sûr il y a l'Italie avec monsieur PRODI, 109 ministres. Ce n'est pas l'exemple que je veux suivre.

ARLETTE CHABOT
Si vous voulez rassembler donc si j'ai bien compris vous pouvez ouvrir à des personnalités de gauche dans votre gouvernement. Vous avez des noms que vous ne voulez pas donner, auxquels vous pensez.

NICOLAS SARKOZY
Sur une politique qui aura clairement été identifiée par les Français comme une politique d'avenir. Je ferai une équipe ouverte, je veux une République irréprochable et je considère notamment que la question des nominations qui doivent être faites sur le strict critère de la compétence et non pas de la connivence est un élément extrêmement important de la République irréprochable que je souhaite.

GILLES LECLERC
On peut mener à bien des réformes importantes pour le pays avec un Nicolas SARKOZY à l'Elysée et par exemple des milliers de personnes dans la rue, c'est faisable, même si vous ne gagnez par exemple de justesse ?

NICOLAS SARKOZY
Mais c'est extraordinaire...

GILLES LECLERC
Non mais c'est le scénario ...

NICOLAS SARKOZY
Mais pourquoi ce scénario...

GILLES LECLERC
Parce qu'on l'a vu dans beaucoup d'années précédentes avec d'autres présidents.

NICOLAS SARKOZY
Sans moi. Bon. Mais à quoi ça sert de voter, si les Français votent pour un candidat, que ce candidat expose un projet, et qu'à l'arrivée on ne fait pas ce projet parce que ça ne plait pas à tel ou tel ? Mais ce n'est pas la démocratie ! A ce moment là c'est la loi de la rue. Moi je dis les choses comme elles sont. J'ai des convictions, je crois au dialogue social, mais je crois aussi à la démocratie. Les Français vont exprimer un choix important le 22 avril et le 6 mai. Ce choix doit être respecté. Il y a un Français sur deux qui ne vote plus. Et le quart de ceux qui votent, vote pour les extrêmes. C'est bien parce que la politique a trop promis et pas assez tenu. On ne peut quand même pas me reprocher de vouloir tenir ce que j'ai dit et de penser ce que j'ai affirmé.

ARLETTE CHABOT
Merci Nicolas SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Merci de m'avoir invité.

ARLETTE CHABOT
Vous avez raison foot ce soir, Marseille-Nantes, je ne vais pas vous demander un pronostic parce que vous n'allez pas vous fâcher avec les habitants d'une des deux villes à 4 jours de l'élection présidentielle, donc je ne vous demande pas de pronostic.

NICOLAS SARKOZY
Non mais en tout cas c'est une très belle finale et je pense quand même à Montceau-les-Mines. Beau parcours.

ARLETTE CHABOT
Merci à vous. Demain rendez vous avec Ségolène ROYAL. Bonsoir. Bonne soirée foot. FIN.


Source http://www.u-m-p.org, le 19 avril 2007

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