Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat à l'élection présidentielle, à RMC le 20 avril 2007, notamment sur ses positions sur l'islamisation, l'immigration, le droit d'asile et les taxes à l'exportation. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat à l'élection présidentielle, à RMC le 20 avril 2007, notamment sur ses positions sur l'islamisation, l'immigration, le droit d'asile et les taxes à l'exportation.

Personnalité, fonction : VILLIERS Philippe de, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Mouvement pour la France, président ; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007;

ti : J.-J. Bourdin - Présidentielles 2007 : premier tour dans deux jours maintenant. 30 % d'électeurs, au moins 30 % d'électeurs seraient encore indécis. Alors pour vous aider tous les matins, sur RMC et sur BFM TV, nous vous offrons la possibilité de comparer les projets et les personnalités des différents candidats. Nous embauchons ensemble celle ou celui qui dirigera la France. Dernier candidat à passer son entretien d'embauche ce matin, P. de Villiers, bonjour.

R - Bonjour, Monsieur Bourdin.

Q - P. de Villiers qui aura le même temps de parole, les mêmes questions courtes et précises que les autres, un face-à-face entre les candidats et nous... Nous demandons des engagements aux candidats, sur lesquels nous reviendrons dans les mois qui suivront l'élection. Alors précisément, hier tous les candidats étaient en meeting, sauf vous, vous aviez tenu votre dernier meeting la veille, mercredi soir. Est-ce que dans ces cas-là, vous écoutez ce qui a été dit la veille ? Vous avez lu ce matin, vous avez écouté la radio pour savoir ce qui a été dit la veille ?

R - Oui, bien sûr. Mais en réalité moi, je suis surtout concentré sur mon message que jusqu'au bout je diffuserai auprès des Français : le patriotisme, c'est-à-dire l'idée que si le pays ne retrouve pas sa souveraineté, la souveraineté populaire, c'est-à-dire le pouvoir, il ne pourra rien faire d'utile pour le redressement de la situation qui est une situation aujourd'hui désastreuse. Quand le pouvoir n'a pas le pouvoir, il ne peut plus rien pour vous. Voilà, c'est ça la question de fond qui n'a pas été abordée, que j'ai été le seul à aborder pendant cette campagne. Moi, je veux rendre le pouvoir aux Français, ce pouvoir leur a été confisqué, il est à Bruxelles, il est à Francfort, il est à l'OMC, il est à l'OTAN, il n'est presque plus en France. Et si le pouvoir n'est presque plus en France demain, alors ceux qui disent « on va réformer le pays » mentent parce qu'ils ne feront qu'ajouter des compresses achetées à crédit aux cachets d'aspirine donnés par les générations précédentes.

Q - P. de Villiers, regardons l'actualité ensemble. Des tombes de Juifs ont été profanées il y a un mois à Lille, des tombes musulmanes profanées au cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette près d'Arras. Qui attise la haine en France ?

R - Ecoutez, malheureusement, on pourrait ajouter aussi des tombes chrétiennes qui ont été profanées. Malheureusement, il y a des fous furieux qui s'en prennent, non plus seulement à la vie des gens mais à ce qui symbolise le respect par excellence, c'est-à-dire les tombes. Et je voudrais dire que je suis outré par ce qui s'est passé à Arras aussi bien qu'à Lille. A Arras, c'était un carré de musulmans qui se sont battus, qui sont morts pour la France. Etant petit-fils de deux soldats qui sont morts avec à côté d'eux des musulmans français qui aimaient profondément la France, je suis très sensible à ce qui s'est passé. Et je condamne de la manière la plus ferme, la plus nette toutes ces profanations qui sont des signes de barbarie.

Q - L'Irak, 190 morts avant-hier, des dizaines encore hier. Vous êtes président de la République, est-ce que vous demandez aux Américains de présenter un calendrier de retrait ?

R - Oui, absolument, un calendrier de retrait, c'est-à-dire le retrait de manière certaine, mais dans des conditions telles qu'il n'y ait pas ensuite un appel d'air pour toutes sortes de mouvements séparatistes ou des mouvements insurrectionnels qui créeraient ensuite une atmosphère de guerre civile. Je pense que ce qu'ont fait les Américains en Irak, c'est une chose très grave, les Américains sont des grands enfants en diplomatie, c'est-à-dire ils n'ont pas la culture du monde.

Q - EADS, les 8,5 millions d'euros touchés par N. Forgeard, le magazine Challenge qui affirme que T. Breton est intervenu, T. Breton qui dément : qu'en pensez-vous ?

R - Ecoutez, soit il est intervenu et dans ce cas-là, il doit démissionner, soit il n'est pas intervenu mais de toute façon, le problème est le même. C'est-à-dire qu'on est là devant deux mondes économiques, celui que j'aime, celui que je connais, celui des artisans, des PME. Je voyais hier un petit patron qui me disait : « moi je me saigne avec ma femme, j'ai baissé mon salaire - un petit patron - pour garder un gars qui est là depuis 30 ans chez nous, on n'a plus les moyens mais on veut le garder quand même ». Donc vous voyez, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac. Et puis il y a N. Forgeard, il y a cette espèce de dérive avec la dissociation du capital et du travail dans le CAC 40, c'est-à-dire le capital qui prospère à la Bourse à Paris et le travail qui part en Chine. Je trouve ça à la fois moralement scandaleux et économiquement inefficace.

Q - L'euro très haut ou le dollar très faible, vous êtes président de la République, que faites-vous ?

R - Je demande aux banquiers centraux de baisser l'euro pour encourager nos exportations, permettre à Airbus de survivre, et surtout pour faire ce qui avait été promis, c'est-à-dire un euro au service de la croissance et de l'emploi. Et s'ils n'obtempèrent pas, dans les deux ans, je fais un référendum pour poser la question aux Français : que pensez-vous de ce grand mensonge ?

Q - P. de Villiers, consignes de vote entre les deux tours ou pas ? Si vous n'êtes pas au second tour, est-ce que vous donnerez des consignes de vote, oui ou non ?

R - Ecoutez, personne n'est propriétaire de ses voix, et donc si je ne suis pas au second tour, je souhaite que mes idées y soient, c'est-à-dire ma conception de la famille, ma conception d'une Europe protectrice, ma conception du combat contre le communautarisme, ma conception d'un renouveau des valeurs civiques et morales. Et moi, je me bats pour des idées et pas pour une négociation personnelle, pas pour une carrière. Donc ma personne importe peu, ce qui compte ce sont mes idées, c'est-à-dire les convictions de ceux qui ont voté pour moi. Et moi, je dis à tous les auditeurs qui nous écoutent : « ne confondez pas les deux tours. Et le premier tour c'est le tour du choix, au deuxième tour on élimine, le premier tour c'est le choix, c'est la préférence et le choix des convictions. Si vous êtes convaincu que mes idées sont bonnes pour la France, donnez-leur du poids parce qu'elles seront ensuite incontournables au deuxième tour.

Q - Votre projet P. de Villiers, ouvrons votre programme. Alors est-ce que la France est menacée actuellement, parce que je vois « menaces contre la France, menaces réelles, il faut absolument lutter contre l'islamisation ». Est-ce qu'à vos yeux, la France est aujourd'hui menacée ?

R - La France, elle est menacée trois fois. Elle est menacée dans sa vitalité puisque ses forces vives sont aspirées par la mondialisation sauvage : Arena, Aubade, Alcatel, etc. Vous voyez tous les jours des fleurons qui s'en vont, donc ça c'est la vitalité de la France, la vitalité économique. Et même, elle est menacée dans la vitalité de ses familles, puisque le mariage homosexuel va nous faire basculer dans le vide. Elle est menacée dans son identité avec le communautarisme qui, petit à petit, s'impose à nous : 120.000 polygames, on m'a dit hier d'ailleurs 200.000, le vrai chiffre, 70.000 mariages forcés, etc. Et elle est menacée dans sa souveraineté J.-J. Bourdin surtout, puisque c'est un pays, la France, aujourd'hui, dans lequel le peuple n'est plus souverain, puisque les hommes politiques français depuis 20 ans ont transféré nos principaux pouvoirs, que ce soit en matière législative, nos lois - puisque le Parlement français ne fait plus que 10 % des lois - ; que ce soit en matière monétaire, en matière budgétaire, puisque tout se passe maintenant en Allemagne à Francfort, que ce soit en matière commerciale puisque par exemple, l'outil de travail français n'est pas protégé contrairement à ce qui se passe en Chine, en Inde, aux Etats Unis, c'est-à-dire qu'on ne protège pas nos fabricants de vêtements, nos fabricants de chaussures, nos fabricants de MP3, nos fabricants d'écrans plats, etc.

Q - Bien. Je regarde, alors "réforme de droit du sol, interdiction de la double nationalité, abrogation du regroupement familial, expulsion immédiate de tous les clandestins, dissolution des associations de soutien aux sans-papiers", vous allez jusque-là aussi. On n'a plus le droit de soutenir les sans-papiers ? Dissolution des associations, c'est une atteinte aux libertés publiques, c'est quoi ? Alors allez-y, allez-y.

R - J.-J. Bourdin, je vais vous poser une question : est-ce que vous concevez qu'on puisse encourager des associations, par exemple de gens qui refuseraient de payer à la caisse, parce qu'ils n'ont pas de titre de paiement ? Non. Eh bien ce sont des délinquants, on ne peut pas accepter... il n'y a pas d'Etat de droit si on accepte sur le territoire de la République qu'il y ait des gens qui soient sans titre de séjour, et en plus se fassent aider par la collectivité, ce n'est pas possible, c'est injuste pour ceux qui respectent les lois de la France, qui bien souvent sont d'origine immigrée. J'ai rencontré un chauffeur de taxi portugais qui dit : « moi j'ai travaillé 24h/24, il n'y a pas de raison, j'y suis arrivé, je suis devenu Français et mes enfants me font pleurer lorsqu'ils parlent de la France, parce qu'ils aiment la France ». Donc voilà, c'est le même droit pour tout le monde. Et c'est vrai que le problème de l'immigration aujourd'hui est un problème immense, il faut le régler, je pense qu'il faut aussi que l'accès à la nationalité française ne soit plus automatique, mais soumis à un double timing, l'expression d'une volonté personnelle : « oui, je veux devenir Français » et l'expression d'un agrément de la collectivité nationale avec un serment solennel devant le drapeau tricolore, comme cela se pratique dans certains pays, pour que la naturalisation soit un acte fort. Etre Français ce n'est pas un droit, c'est un honneur.

Q - Suppression de l'A.M.E., de la C.M.U. et des inscriptions dans les écoles pour les sans-papiers et leurs enfants. Et que faites-vous des réfugiés, par exemple ceux qui viennent d'Irak et qui sont dans l'obligation de quitter leur pays ?

R - Ah ! Ça n'a rien à voir, je vous remercie...

Q - Alors précisez.

R - Ça n'a rien à voir. Il y a dans le droit des gens, dans le droit international et spécialement dans un pays comme la France qui est le pays le plus respectueux de l'hospitalité des réfugiés politiques...

Q - Le plus respectueux ! 7.000 réfugiés d'Irak acceptés en Suède en 2006, 90 en France ; 2.000 en Allemagne et 1.300 en Grande Bretagne...

R - Ecoutez, alors moi je peux vous donner d'autres chiffres de l'OFPRA, qui montrent que la France est le pays du monde où il y a le plus de demandeurs d'asile et où il y a le plus de demandeurs d'asile acceptés. Je considère pour ma part d'ailleurs qu'on a tendance à appeler « demandeur d'asile » n'importe qui venant du monde entier, se sentant mal à l'aise chez lui et venant chercher chez nous un Eldorado. Non, les choses doivent être claires : quelqu'un qui, venant d'Irak, se trouve persécuté, fait une demande à l'OFPRA, et puis sa demande est examinée dans un certain délai, que je souhaite d'ailleurs de plus en plus court. Et puis s'il est réellement en danger, sa demande sera acceptée ; s'il n'est pas réellement en danger, il n'a pas à rester sur le territoire national. Et vous savez ce qui se passe Monsieur Bourdin, dans mon propre département, vous avez des déboutés du droit d'asile - déboutés, c'est-à-dire qu'ils sont refusés, ils ne sont pas considérés comme des réfugiés - qui, ensuite logent à l'hôtel. Et vous savez combien ça coûte à la collectivité, aux contribuables français ? 300 millions d'euros, je trouve ça scandaleux.

Q - Ils ont peut-être déposé un recours, vous savez qu'on peut déposer un recours...

R - Oui mais enfin, de recours en recours ça peut durer 10 ans...

Q - Non, on ne peut déposer qu'un seul recours, on revient devant l'OFPRA, c'est-à-dire qu'on a 3 examens, on passe 3 examens.

R - Oui, et puis ensuite ils repartent en Allemagne...

Q - Ils quittent la France...

R - Ils font la même chose en Allemagne, ils reviennent 2 ans après, ils recommencent un nouveau recours, etc. Non, écoutez, il faut être sérieux, un pays qui n'a plus de frontières de toute façon ne contrôle plus rien. Moi, je souhaite rétablir les contrôles aux frontières, et appliquer le droit de manière ferme et sévère. Après tout, on l'applique pour les citoyens français, il faut l'appliquer aussi pour les étrangers.

Q - Alors l'économie : baisse des charges de 50 % pour les PME-PMI, exonérations de charges sociales pendant 2 ans pour les créateurs de petites entreprises, abrogation des 35 heures, création d'un label "100 % français", TVA sociale pour les produits fabriqués à l'étranger. Et les entreprises françaises qui font fabriquer à l'étranger ?

R - D'abord les PME françaises aujourd'hui sont toutes menacées, parce que leur intérêt c'est d'aller fabriquer à l'étranger, tout simplement parce que les coûts de main d'oeuvre sont chez nous trop élevés. Et donc moi, je propose deux choses : à l'extérieur protéger, protéger pour armer nos PME, c'est-à-dire un fabricant de chaussures par exemple, s'il n'y a pas les droits de douane par rapport aux chaussures fabriquées en Inde qui arrivent chez nous, il va péricliter, il va aller fabriquer en Inde. Donc protéger à l'extérieur, et à l'intérieur libérer...

Q - Donc je suis chef d'entreprise français, je fais fabriquer ma production à l'étranger, je paie des droits supplémentaires, des taxes supplémentaires lorsque je vends mes produits en France !

R - Exactement, on va prendre un exemple précis.

Q - Allez-y.

R - Vous êtes fabricant de chaussures en France...

Q - A Romans, tiens ! Dans la Drôme.

R - Voilà un bon exemple puisque c'est vraiment le grand berceau de la chaussure. Malheureusement d'ailleurs, si vous allez à Romans, il n'y a plus grand monde qui fabrique des chaussures justement. Je pense aussi à Bata Ville, etc. Le fabricant de chaussures va se heurter à des droits de douane en Inde, à la frontière indienne de 68% très exactement. En revanche, le fabricant indien qui vend en France se heurte à des droits de douane à la frontière européenne de 4,8% seulement. Donc ce n'est pas jouable.

Q - Mais le fabricant français qui va faire fabriquer en Inde, on lui met quoi comme droits de douane ?

R - Les mêmes droits que celui qui fabrique en Inde, bien sûr. Alors je vais plus loin, j'ai rencontré pendant cette campagne un fabricant de jouets français qui m'a dit : « j'ai fait faillite, j'ai fait fortune. J'ai fait faillite parce que j'ai employé des travailleurs français, 70 personnes dans la tradition familiale. Et puis, ensuite j'ai fait fortune, parce qu'après cette faillite j'ai mis tout le monde à la rue et avec une secrétaire, je me suis intitulé : importateur avec une licence d'importation de jouets chinois, les mêmes jouets avec le même bois, le même design, le même dessin. Et là je fais fortune ». Il était enfoncé dans sa Mercedes, il baisse sa vitre, et il me dit : « moi pénard, je suis importateur ». Alors moi je veux, je propose qu'on déplace les cotisations sociales qui pèsent aujourd'hui sur les PME, qui produisent en France, avec des travailleurs français, qu'on les déplace sur les importateurs. De telle manière qu'on rééquilibre notre Sécurité sociale et que l'importation rapporte finalement à la protection sociale plutôt que le travail français, parce qu'il y a aujourd'hui des petits patrons ou des grands patrons qui choisissent de faire travailler des travailleurs français, qui sont pénalisés à cause de ça. Et il y a une chose que l'on n'a pas dite, que personne ne dit, qu'aucune autorité morale, spirituelle ou politique n'évoque dans cette campagne : il y a 250 millions d'enfants qui fabriquent les biens que nous achetons dans les grandes surfaces de distribution, 250 millions d'enfants en situation d'esclavage, notamment en Inde. Est-ce qu'on peut accepter cela ? Moi je veux des droits compensateurs qui tiennent compte justement du fait qu'à nos entreprises, on impose le protocole de Kyoto, à juste titre, des contraintes environnementales, des contraintes sociales qui ne sont pas imposées aux pays à bas coûts de main d'oeuvre, qui ne respectent pas ces contraintes là. Le libre-échange pour moi, c'est l'équilibre ; s'il n'y a pas d'équilibre, s'il n'y a plus l'équilibre, il n'y a plus de libre-échange.

Q - Chômage et retraite : suppression du monopole de l'ANPE, radiation des chômeurs refusant plus de deux offres correspondant à leur formation et à leur zone géographique, épargne salariale obligatoire, établissement de la pension de réversion à 100% de la retraite du conjoint. Et puis, je vois encore : mise en place du scrutin proportionnel sur un tiers de sièges aux législatives, suppression de l'immunité parlementaire, vous y tenez, je crois savoir. Suppression du monopole syndical et du financement public des syndicats. Comment faites-vous avec les syndicats ?

R - Comme dans tous les grands pays. Moi je souhaite que les syndicats et les partis soient financés par les cotisations avec la possibilité de très fortes déductions fiscales pour ceux qui souhaitent les financer, je dis bien les syndicats et les partis, comme dans tous les grands pays. Et pas de financement public, parce que le financement public c'est la taxe forcée. C'est-à-dire que moi je ne veux pas financer la CGT - j'ai le droit de ne pas financer la CGT - mais quelqu'un qui veut financer la CGT aura la possibilité de fortes déductions fiscales. De la même manière, je ne veux forcer personne à financer le Mouvement Pour la France, ou l'UMP. Dans les grands pays modernes, ce sont des fondations, les fondations syndicales, les fondations d'entreprises avec de fortes déductions fiscales. Il faut concilier la fiscalité et la liberté.

Q - Alors je vois encore dans le domaine de l'Education : stage obligatoire d'un mois chez un artisan ou à l'usine à la fin de la classe de Troisième.

R - Oui.

Q - C'est original. Refus d'un enseignement multiculturel en supprimant l'enseignement intitulé : langues et cultures d'origine. Il faut quand même essayer de savoir ce qui se passe dans le monde, essayer de connaître les cultures, non ? Alors explication.

R - Ce qu'on appelle les langues et cultures d'origine, c'est un enseignement qui est fait dans les banlieues, c'est l'enseignement de la langue arabe pour des jeunes maghrébins qui sont en France.

Q - On ne pourra plus apprendre l'arabe ? Interdiction de l'apprentissage de l'arabe ?

R - Bien sûr qu'on pourra apprendre l'arabe, mais pas dans les conditions de ce chapitre « langues et cultures d'origine », parce que ça c'est de la désintégration. Le problème d'un petit Maghrébin qui arrive en France, si on veut qu'il devienne Français, il faut lui donner la possibilité d'aimer la France, d'apprendre à aimer la France, donc d'apprendre à aimer notre langue, notre patrimoine historique, notre littérature. Et donc, si on cultive son origine précédente, son identité, sa première identité, on va rendre plus difficile le passage de la deuxième identité. Parce que qu'est ce que ça veut dire être Français quand on est d'origine étrangère ? Ça veut dire accepter en soi, dans son fort intime le dépouillement d'une partie de soi-même - c'est pour ça que c'est difficile et que c'est plus facile pour un Portugais, un Espagnol ou un Polonais, il y a juste un changement de climat, un changement de langue - que pour un jeune musulman du Maghreb qui arrive du Maroc, et pour qui la langue, la religion, la civilisation, la non séparation du temporel et du spirituel etc. sont des choses qui sont beaucoup plus difficiles à oblitérer. L'immense problème de l'intégration aujourd'hui, c'est que la France s'est habituée à mener une politique de désintégration. Et puis de toute façon, comment voulez-vous qu'on intègre des étrangers à un pays qui se désintègre ? Il faut donc affirmer l'identité de notre pays et à travers son enseignement, les valeurs patriotiques. C'est pour ça que je reviens toujours à l'idée de mettre au coeur de chaque petit Français, d'où qu'il vienne, un peu de patrie utile, un peu de patrie chérie.

Source : Premier ministre, Service d'information du Gouvernement, le 20 avril 2007

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