Interview de M. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, sur le site Plus News.frle 6 juin 2007, sur la carte scolaire. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, sur le site Plus News.frle 6 juin 2007, sur la carte scolaire.

Personnalité, fonction : ASCHIERI Gérard.

FRANCE. FSU, secrétaire général

ti : Plusieurs syndicats d'enseignants militent pour le maintien de la carte scolaire, en particulier la Fédération syndicale unitaire (FSU), particulièrement présente parmi les profs de collège.

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU et professeur de lettres dans des classes de BTS, annonce de « lourds mouvements sociaux » face aux projets du gouvernement. Il s'en explique. Pensez-vous qu'il faut absolument maintenir la carte scolaire ?

La carte scolaire n'assure plus la mixité sociale, on ne peut pas le nier. Mais le problème se pose très différemment selon que l'on vive à Paris, dans une grande ville de province ou à la campagne.

En réalité, le problème n'est pas la carte scolaire, mais les inégalités territoriales et la ghettoïsation croissante de certains quartiers. Il existe aussi de grandes inégalités dans l'offre scolaire. En clair, certains lycées dispensent une meilleure formation que d'autres. Ils proposent, par exemple, des options à haute valeur culturelle comme le grec ancien, les langues rares, les sections européennes.

Supprimer la carte scolaire ne permettra pas de gommer ces inégalités. Au contraire, cela les augmentera : certaines familles n'ont ni les ressources financières, ni les ressources culturelles pour inciter leur enfant à bouger.

Peut-on malgré tout apporter des améliorations à ce système, qui profite avant tout aux enfants d'enseignants, c'est-à-dire à ceux qui savent comment obtenir des dérogations ?

On parle beaucoup de ces quelques élèves qui contournent le système. Mais les vrais leviers d'action sont ailleurs. Il faut commencer par repenser la répartition des moyens accordés aux établissements. Pour l'instant, la différenciation entre un collège de centre-ville et un collège classé ZEP est largement insuffisante : le collège de ZEP paraît toujours moins attractif.

Il faut aussi réfléchir aux transports en commun : à quoi bon permettre aux enfants d'une cité d'aller dans un lycée de centre-ville si aucun bus ne les y conduit ? Quant à la carte scolaire, il convient de regarder au cas pas cas si l'on peut revoir la sectorisation. Il faudrait parfois déplacer un établissement qui se trouve au coeur d'un territoire socialement trop uniforme. Il pourrait aussi être utile de scinder certains établissements difficiles en plusieurs établissements. C'est une expérience qui a été tentée avec succès dans les Yvelines.

Vous avez rencontré Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale, quelques jours après sa nomination. Que pensez-vous des assouplissements qu'il propose pour la rentrée prochaine ?

Nous avons des points d'accord et de désaccord. Mais personne n'est dupe. A terme, son plan vise à supprimer la carte scolaire. Il n'y arrivera pas. Une telle décision conduirait à de lourds mouvements sociaux.

Quasiment tous les syndicats y sont hostiles. La FCPE, qui est la plus puissante des fédérations de parents d'élèves, est contre. Les mouvements de chercheurs sont également contre. Les jeunes enseignants n'accepteront pas qu'on organise la fuite des établissements en difficulté. Pour l'instant, nous restons donc sur nos gardes.

Envisagez-vous des mouvements de protestation dès la rentrée prochaine ?

Nous n'en sommes pas encore là. Les instances délibératives de la FSU se réuniront les 20 et 21 juin. Nous y déciderons de notre stratégie à la rentrée. D'ici là, nous devons rencontrer Nicolas Sarkozy le 11, avec les autres représentants des syndicats enseignants. Ce qu'il nous dira sera décisif.

Pour l'instant, il affiche une volonté de revalorisation des syndicats, à laquelle nous sommes très sensibles. Mais nous voulons aussi du concret. Va-t-on supprimer le décret Robien ? Quels seront nos moyens à la rentrée ? Que vont devenir les emplois « vie scolaire » qui arrivent à échéance ? Il nous faut des réponses suffisamment lisibles.


Source http://www.fsu.fr, le 8 juin 2007

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