Déclaration de M. Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, sur l'accession à la nationalité française, la lutte contre l'immigration clandestine et les droits et devoirs des nouveaux citoyens, Bobigny le 31 mai 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, sur l'accession à la nationalité française, la lutte contre l'immigration clandestine et les droits et devoirs des nouveaux citoyens, Bobigny le 31 mai 2007.

Personnalité, fonction : HORTEFEUX Brice.

FRANCE. Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement

Circonstances : Remise de décrets de naturalisation à Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 31 mai 2007

ti : Mesdames et Messieurs,


Je suis heureux de vous accueillir ici aujourd'hui, au nom de la République française, afin de vous remettre vos décrets de naturalisation.

Pour vous, cette cérémonie n'est pas anodine, elle est bien plus qu'une simple formalité. Elle est un moment à part, exceptionnel pour chacun, solennel pour vous tous.

C'est à la fois l'aboutissement d'un parcours et le début d'une histoire. Aujourd'hui, la France devient votre patrie.

Pour moi, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement et, par conséquent, en charge des naturalisations, cette cérémonie est l'occasion d'affirmer les principes qui guident notre politique d'immigration et d'intégration.

Je ne viens pas en Seine-Saint-Denis par hasard. Ce département est la première préfecture de France à avoir conféré, en 1994, un caractère solennel à la remise des décrets de naturalisation en organisant des cérémonies d'accueil à l'image de celle-ci. Depuis la loi du 24 juillet 2006, ces "cérémonies d'accueil dans la citoyenneté française" sont obligatoirement organisées pour toutes les personnes qui accèdent à la nationalité française.

En 2005, sur l'ensemble du territoire français, ce sont 155.000 personnes qui ont acquis la nationalité.


I. Aujourd'hui, vous recevez la nationalité française.

a) Vous êtes ainsi rattachés à la longue histoire de notre pays, celle des rois et des reines, des empereurs, des présidents de la République, des savants, des philosophes, des serviteurs de l'Etat, mais aussi de cette foule d'anonymes qui, génération après génération, ont servi la France.

Notre histoire a eu ses heures de gloire mais aussi ses zones d'ombre, c'est à tout cela que vous adhérez aujourd'hui.

La France, c'est une communauté qui a ses habitudes, ses idées, ses souvenirs, son caractère. Il faut la prendre comme elle est.

Il faut l'aimer avec ses qualités et ses défauts. Il faut être capable de respecter ses règles et de partager son histoire. Elle ne vous demande pas d'oublier qui vous êtes ni d'où vous venez. Elle vous demande simplement de l'accepter et de la respecter.

b) Etre Français se mérite. L'accès à la citoyenneté n'est pas un droit, mais un honneur. Un honneur qui n'avait rien d'acquis mais que vous avez conquis.

Avant de devenir Français, vous avez réussi votre parcours d'intégration. Vous avez démontré que vous maîtrisiez la langue de notre pays, que vous en respectiez les règles et que vous adhériez aux valeurs de notre République.

Par votre comportement, vous avez démontré que vous étiez prêt à devenir, à part entière, membre de la communauté nationale.

Vous l'avez prouvé à l'égard de la France et de ceux qui sont déjà Français mais aussi à l'égard de vous-mêmes, vous qui savez ce que l'effort veut dire, vous qui avez oeuvré pour acquérir ce qui ne vous était ni destiné ni promis. Vous qui avez, étape après étape, manifesté sans relâche une volonté de partager un destin collectif.


II. Celles et ceux qui veulent tout sans rien faire ni devoir, ceux qui viennent et demeurent illégalement sur notre territoire et ne respectent pas les règles de la République ne doivent pas espérer pouvoir obtenir ce que la République vous reconnaît aujourd'hui.

a) Conformément aux souhaits du président de la République, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre, François Fillon, la lutte contre l'immigration illégale restera pour nous une priorité absolue.

Déjà, les reconduites effectives à la frontière ont augmenté de 140 % entre 2002 et 2006, avec 82 000 expulsions.

Nous resterons très fermes : pour 2007, l'objectif du Gouvernement de François Fillon est de 25 000 éloignements.

Soyons clair : les étrangers "sans papiers" n'ont pas vocation à rester en France, mais à être raccompagnés dans leur pays d'origine, de manière volontaire ou contrainte.

b) Vous le comprenez mieux que quiconque, plus nous serons fermes avec les étrangers qui violent les lois de la République, plus nous pourrons être ouverts à l'égard de ceux qui, comme vous, veulent s'intégrer et font preuve de civisme.

C'est tout le contraire de la division, c'est la justice, c'est l'équité, c'est le respect. C'est la France que nous voulons.


III. Désormais, vous avez des droits mais aussi des devoirs.

a) Vous avez des droits : vous êtes citoyens français mais aussi européens.

Vous avez l'un des plus beaux droits qu'une démocratie peut offrir, le droit de vote. Je ne peux que vous inciter à respecter ce principe d'engagement civique.

Exprimez-vous, faites valoir votre voix et choisissez ce que vous estimez être le meilleur pour la France. Votez pour qui vous voulez, mais votez !

Vous avez aussi le droit d'être éligible et de devenir ainsi des porte-paroles et des acteurs majeurs de notre destin commun.

A vous de construire votre propre histoire au sein de notre communauté et de devenir les exemples que vous avez toujours voulu être.

b) Désormais, vous avez aussi des devoirs. Ils sont tous ceux qu'une République implique.

Les discriminations liées au sexe, à la race ou à la religion sont, au nom de l'égalité, condamnées par nos lois.

Le Préambule de la Constitution de 1946, qui fait partie de la constitution de la Vème République, dispose, par exemple, que "la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme".

Notre pays ne tolère aucune discrimination ou violence liées au sexe et de telles pratiques sont condamnées par nos lois.

Cette conception de la place de la femme dans la société n'est malheureusement pas partagée par toutes les cultures ou traditions.

Mais en acquérant la citoyenneté française, vous faites vôtres les valeurs de la République et vous vous engagez à transmettre à vos enfants ces principes fondamentaux.

Mes chers amis, dans quelques secondes, vous allez devenir Français. Désormais, la France, c'est vous aussi. A chacun de vous de la servir, de l'aimer, de la respecter et de la construire.

Pour cela, vous ne serez pas seul : en faisant preuve d'autorité à l'égard de ceux qui ne respectent pas nos règles ni nos valeurs, mais de générosité avec ceux qui adhérent à notre devise et nos devoirs, la République française vous aidera à être pleinement les Français que vous méritez d'être.


Mes chers compatriotes, je vous félicite, vous encourage et vous remercie.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 26 juin 2007

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