Tribunes de Mme Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, dans "Lutte ouvrière" des 1er, 8, 11, 22, et 29 juin 2007, sur l'appel à la lutte contre l'action gouvernementale, et sur l'appel à la grève contre les divers plans de suppressions d'effectifs, notamment chez Airbus. | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribunes de Mme Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, dans "Lutte ouvrière" des 1er, 8, 11, 22, et 29 juin 2007, sur l'appel à la lutte contre l'action gouvernementale, et sur l'appel à la grève contre les divers plans de suppressions d'effectifs, notamment chez Airbus.

Personnalité, fonction : LAGUILLER Arlette.

FRANCE. Lutte ouvrière, porte-parole

ti : Législatives : un programme pour les travailleurs


Le 10 juin, les électeurs sont invités à élire de nouveaux députés. Et comme ce scrutin a lieu dans la foulée de l'élection présidentielle, la droite est quasiment assurée de l'emporter. Sarkozy disposera d'une majorité parlementaire qui votera tout ce qu'il lui demandera de voter.

Le Parti Socialiste prétend qu'il faudrait élire le maximum de ses candidats pour créer un contre-pouvoir à l'UMP. Mais il est aussi mensonger que ridicule de prétendre qu'en votant largement socialiste on peut contrebalancer le pouvoir de Sarkozy. La présence de quelques députés du PS de plus dans la future Chambre ne changerait rien. La Constitution est rédigée de telle façon qu'une minorité parlementaire, même nombreuse, ne pourrait rien changer à la politique du gouvernement.

L'avenir du monde du travail n'est pas au fond des urnes, car les bulletins de vote ne peuvent rien changer de fondamental. L'avenir des travailleurs est entre leurs mains. Ce sont eux qui font marcher toute l'économie, les usines, les entreprises, les banques. Ce sont encore eux qui dégagent, par leur production, ces profits qui ensuite alimentent les circuits financiers et la spéculation qui est à la base de la sarabande du CAC 40.

Mais ceux qui font marcher l'économie, la production, la pompe à profit, ont aussi le pouvoir de les arrêter. Ils ont aussi le pouvoir de menacer la classe capitaliste là où elle est la plus sensible, du côté des coffres-forts.

Alors, Sarkozy ou pas, les travailleurs ont la force sociale d'arrêter le cours actuel des choses et d'imposer des changements véritables pour les classes populaires. Et ils ont intérêt à mettre en avant, à ce moment-là, les objectifs qui pourront réellement changer le rapport de force entre le patronat et les travailleurs.

Pour arrêter la montée de la pauvreté, il est indispensable de mettre fin au chômage de masse et à ce demi-chômage qu'est la précarité. Il est indispensable que tout un chacun dispose d'un logement convenable.

Il n'y a pas d'autre moyen de répondre à ces exigences qu'en affectant à la création d'emplois utiles dans les hôpitaux, à l'Éducation nationale, à la construction de logements sociaux, les sommes actuellement versées à fonds perdus au patronat sous forme d'aides et de subventions.

Et il n'y a pas d'autre moyen de financer tout cela qu'imposer davantage les bénéfices des entreprises capitalistes, ainsi que les revenus les plus élevés, en obligeant la classe riche à abandonner une partie de ses privilèges pour arrêter l'appauvrissement général.

Mais pour imposer une telle politique, il faut changer le rapport des forces entre le monde du travail et celui des possédants. Et il faut abolir le secret commercial et le secret bancaire. C'est une condition indispensable pour que les travailleurs d'une entreprise ou ses usagers puissent porter à la connaissance du public tous les choix de l'entreprise, et en particulier ceux qui sont néfastes pour la collectivité.

Utopie que tout cela ? Pas plus que d'attendre, d'élection en élection, un changement qui ne vient jamais !

C'est au nom de ces idées que Lutte Ouvrière présente des candidats dans ces élections législatives à venir, pour que le monde du travail puisse dire à ce gouvernement réactionnaire qu'il ne se sent pas engagé par le scrutin qui a prolongé sa présence à la tête du pays, et qu'il se battra contre toutes les mesures réactionnaires de ce gouvernement, qu'elles portent encore sur les retraites du privé comme sur celles de la fonction publique, qu'elles concernent le droit de grève ou le remplacement du contrat à durée indéterminée par une nouvelle mouture du « contrat nouvelles embauches » que médite Sarkozy.

Les votes en faveur des candidats de Lutte Ouvrière ne changeront pas la majorité du Parlement qui soutiendra ce gouvernement. Mais ils montreront qu'une fraction de la classe ouvrière est prête à s'opposer par la lutte, voire par des grèves, à tous les mauvais coups du gouvernement.

Le 10 juin, votez Lutte Ouvrière.

Se servir de son bulletin de vote pour dire ce que l'on pense


Ministre de la Santé dans le gouvernement Sarkozy-Fillon, Roselyne Bachelot a annoncé que le déficit de la Sécurité sociale serait plus élevé que prévu, et a confirmé la création de nouvelles « franchises », c'est-à-dire d'une diminution des remboursements qui empêchera un peu plus les plus pauvres d'accéder aux soins qui leur seraient nécessaires. Dans le même temps, Sarkozy a confirmé les cadeaux fiscaux qu'il entendait faire aux plus aisés, car pour cela l'État n'a pas de problèmes d'argent.

Cela donne le ton de la politique que mènera le gouvernement après les élections législatives, quand il n'aura même plus à se soucier de ce que pense la fraction de l'électorat populaire qui s'est laissé séduire par la démagogie sécuritaire, nationaliste, anti-immigrés et antichômeurs de Sarkozy.

De son côté le Parti Socialiste prétend qu'il lui faut le plus grand nombre possible de députés pour constituer un contre-pouvoir face à l'UMP, et il le clame d'autant plus fort que les sondages pronostiquent une victoire écrasante de la droite. Les sondages ne valent que ce qu'ils valent, mais une telle hypothèse est dans la logique des choses, les élections législatives se déroulant dans la foulée de l'élection présidentielle. C'est d'ailleurs le Parti Socialiste qui est responsable de cet état de choses, ce calendrier électoral ayant été décidé par le gouvernement socialiste de Jospin.

Mais quand le Parti Socialiste affirme que plus il aura de députés, plus il pourra s'opposer à la politique de Sarkozy, c'est un mensonge éhonté, et une récidive du chantage au vote utile qu'il avait déjà utilisé pour la présidentielle. Demain, qu'il y ait 50 ou 200 députés socialistes à la Chambre ne ferait aucune différence. Même s'ils le voulaient, les députés socialistes n'auraient aucun moyen de s'opposer aux décisions du gouvernement, qui disposera du soutien inconditionnel de la majorité UMP. Et il n'est même pas sûr qu'ils le voudraient, le programme du PS ne différant pas sur certaines questions de celui de la droite.

Non, si le Parti Socialiste utilise ce chantage au vote utile, s'il tient à avoir le plus grand nombre de députés possible, c'est que toute son existence repose sur le nombre de ses élus, d'abord au Parlement, mais aussi dans les Conseils régionaux, les Conseils généraux, les municipalités des grandes villes. Cette présence lui permet de nouer toutes sortes de relations avec les possédants, au niveau local comme au niveau national, car il y a longtemps que le Parti Socialiste a renoncé à transformer la société et n'a comme seul but que d'être admis à gérer les affaires de la bourgeoisie.

Aucun résultat électoral ne pourra empêcher Sarkozy d'accentuer la politique de régression sociale qui est menée depuis des années. La seule chose qui puisse y mettre un coup d'arrêt, c'est une réaction du monde du travail. Mais il n'y a pas de raison d'être démoralisé. Les forces de la classe ouvrière sont intactes. Ce qui lui manque, c'est la conviction qu'elle peut par la lutte, par les grèves, contraindre le gouvernement à mettre au rencart ses menaces sur le droit de grève, sur le démantèlement du code du travail, sa politique de généralisation de la précarité.

Beaucoup de travailleurs ne croient pas que cela soit possible. Eh bien, il faut montrer aux pessimistes qu'ils ont tort, qu'une fraction de la classe ouvrière ne s'est pas résignée à subir sans réagir de nouvelles attaques de la part du patronat et du gouvernement. Et la seule manière de le faire c'est de voter pour les candidats de Lutte Ouvrière, qui sont tous des travailleurs, et qui seront au premier rang, aux côtés de l'ensemble des travailleurs, dans les luttes à venir.


La droite a les mains libres à la chambre des députés
Aux travailleurs de l'empêcher d'appliquer dans le pays ce qu'elle aura décidé

Sarkozy aura donc la majorité qui lui permettra, comme il l'a dit, de tenir ses promesses faites à la droite. Et certainement bien d'autres promesses, pas encore annoncées, de mauvais coups envers les classes populaires.

Mais s'il se croit les mains libres, il a tort ! L'ensemble des salariés ne se laissera pas éternellement pousser vers la misère. Ce qui guette tous les travailleurs, non seulement les mal ou sous payés mais aussi les moyennement payés, ce sont les plans sociaux, les licenciements, avec la perte de leur salaire remplacé par des indemnités de chômage insuffisantes pour vivre, jusqu'au RMI, où la droite leur reprochera d'être "assistés".

Sarkozy, comme pendant les cinq ans de gouvernement passés et de majorité de droite, pourra continuer à "assister" le patronat, surtout le grand, par des sommes qui atteignent ou dépassent largement la centaine de milliards d'euros. Rien que le pourboire des cadeaux fiscaux qu'il vient de faire aux plus riches pèsera de 11 à 15 milliards d'euros sur le budget de l'Etat. Mais cela c'est uniquement une aumône pour récompenser ses électeurs. Mais pendant cinq ans, il pense pouvoir continuer à répondre présent à toutes les sollicitations du grand capital.

Mais s'il a les mains libres à l'Assemblée il ne les a pas dans le pays. Le monde du travail peut être sujet à des colères soudaines et imprévisibles. Il l'a montré dans le passé. La moindre petite grève ignorée peut, en certaines circonstances, se propager comme une traînée de poudre. De la poudre, le patronat va en répandre partout et, sans qu'on sache d'où elle vient, de Sarkozy probablement, une étincelle enflammera le tout.

Un ministre de Sarkozy a dit que le Parti Socialiste entretenait la haine des patrons chez les travailleurs. C'est prêter beaucoup au Parti Socialiste. La haine des patrons, c'est le patronat lui-même qui la suscite.

Rien qu'un tout petit exemple. Il vient de se dérouler, sur une zone industrielle de l'Etang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône. Quelques centaines de travailleurs de Cofathec, une filiale de 1200 travailleurs de GdF qui s'occupe de la maintenance des installations dans plusieurs entreprises des raffineries (Esso, Total, Shell, BP) et dans la sidérurgie à Arcelor-Fos (ex Sollac), se sont mis en grève le 25 mai, suite à une quasi provocation de leur direction qui avait proposé une simple augmentation de 1,5 % accompagnée de 26 centimes pour la prime de déplacement. Ils cherchèrent à étendre la grève dans la zone industrielle. Et cela a marché, cela s'est étendu. Peu, mais étendu quand même. Pas à l'appel des syndicats, mais dix travailleurs par-ci, trois par là, cela a touché plusieurs entreprises de la zone en dehors de Cofathec.

Sarkozy et le patronat du voisinage ont dû prendre peur car le sous-Préfet lui-même est intervenu et le patron a cédé en grande partie aux revendications des grévistes.

Pourquoi ? Parce qu'aussi bien Sarkozy que le patronat environnant craignaient l'extension. Cela évidemment aurait été gênant à la veille d'une élection. Mais la crainte était là quand même.

Bien sûr, ils veulent faire une grande partie de leurs mauvais coups cet été, pendant les vacances. Mais l'écoeurement sera d'autant plus grand à la rentrée.

La conclusion est que Sarkozy aura une majorité de béni-oui-oui dans son assemblée qui voteront, comme un seul homme, ce qu'il voudra.

Mais quant à tout faire appliquer, c'est un autre problème. Ce n'est pas l'Assemblée qui lui mettra des bâtons dans les roues, mais ce sont les grèves. De Gaulle a connu cela. Sarkozy est trop jeune pour avoir retenu toutes les leçons de l'histoire, mais chacun doit faire son expérience !


La gauche prétend que la résistance passe par l'Assemblée,
qu'elle le montre donc !

À l'issue du deuxième tour des élections législatives, l'UMP, le parti de Sarkozy, dispose à lui seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Sans même compter les députés centristes qui ont abandonné leur chef de file Bayrou pour assurer leur réélection en ralliant Sarkozy. Le président de la République dispose donc d'une majorité plus que confortable pour mettre en pratique la politique qu'il a annoncée. Une politique faite d'attaques contre le niveau de vie des classes populaires et leurs conditions d'existence et de travail.

Mais, contrairement aux prévisions des sondages, repris et répercutés entre les deux tours aussi bien par les dirigeants de la droite pour triompher que par les dirigeants de la gauche pour mobiliser leur électorat, il n'y a pas eu un « tsunami » en faveur de la droite, et la gauche s'en tire finalement mieux que ce que ses dirigeants eux-mêmes escomptaient.

Le PS augmente même d'une soixantaine le nombre de ses députés. L'opposition de gauche, PC et Verts compris, est plus nombreuse dans cette assemblée qu'elle ne l'était dans la précédente.

Le principal argument du PS lors de ces élections législatives, repris à son compte par le PC, a été de demander aux électeurs de lui donner assez de députés pour que l'opposition à la Chambre puisse constituer un contre-pouvoir à Sarkozy.

Eh bien, le PS a obtenu ce qu'il demandait ! Ses dirigeants se glorifient d'avoir endigué la vague bleue annoncée. Et cerise sur le gâteau : la défaite d'Alain Juppé, numéro deux du gouvernement, qui, après son échec à Bordeaux, a annoncé sa démission de celui-ci ! Il suffisait de voir la mine réjouie des dirigeants socialistes, le soir des élections, en particulier de ceux qu'on donnait perdants et qui finalement sauvent leur siège, pour y lire que ce deuxième tour constitue une heureuse surprise pour le PS.

Le PC, lui, se flatte d'avoir conservé 18 députés, bien loin de la chute calamiteuse prédite entre les deux tours.

Malgré la majorité conservée par la droite, la gauche est, en somme, contente.

Mais en sera-t-il de même pour les classes populaires ? Le PS dispose du groupe parlementaire conséquent qu'il demandait à son électorat de lui accorder. Qu'il montre donc en quoi une forte proportion de députés de gauche sera un moyen de résister aux mauvais coups qui s'annoncent ! Qu'il montre donc quelles sont les mesures préjudiciables aux intérêts des classes populaires qu'il est capable d'empêcher !

Il serait cependant hasardeux pour les travailleurs de ne compter, face aux attaques annoncées par le gouvernement, que sur l'opposition de gauche à l'Assemblée.

Mais le sursaut de l'électorat populaire entre les deux tours est l'indice qu'il n'est pas dupe des rodomontades de Sarkozy. Celui-ci comme ses ministres ont beau prétendre cyniquement que l'élection présidentielle leur a donné un chèque en blanc pour les mesures antiouvrières, celles annoncées pendant la campagne, voire celles sorties du chapeau après le premier tour, comme la hausse de la TVA, cela ne passe pas.

La véritable opposition dont Sarkozy et les siens ont toutes les raisons de s'inquiéter ne réside pas dans le plus grand nombre de députés obtenus par la gauche. D'après l'arithmétique parlementaire, Sarkozy dispose d'une majorité pour faire passer les lois qu'il veut. La véritable opposition menace de venir du pays lui-même, de ses classes populaires.

Ce que la majorité de droite a à redouter et, derrière elle, le grand patronat, c'est que l'opposition ne se limite pas à l'hémicycle de l'Assemblée nationale et à ses couloirs. C'est que le monde du travail exprime qu'il n'acceptera pas éternellement de voir son pouvoir d'achat baisser, les licenciements se multiplier et la pauvreté se généraliser. Et qu'il l'exprime par les moyens qui sont les siens, par la grève, par des manifestations, par une explosion sociale assez puissante et déterminée pour que le patronat craigne pour ses profits et pour ses capitaux.

Qui sème le vent...


Le Salon aéronautique du Bourget, qui vient de fermer ses portes, s'est achevé sur un concert d'autofélicitations des patrons d'Airbus : 728 commandes dont 425 fermes, portant sur toutes sortes d'avions, y compris sur le gros porteur A380 dont les retards de livraison ont été le facteur déclenchant de la crise chez l'avionneur. À ce qu'il paraît, l'ensemble des commandes représente quelque 100 milliards de dollars. Ce qui fait dire aux dirigeants d'Airbus que c'est leur meilleur salon depuis toujours.

Malgré ces commandes, il n'est cependant pas question de toucher au plan Power 8, c'est-à-dire au plan de 10 000 suppressions d'emplois avec des fermetures ou des reventes d'usines appartenant au groupe.

Le patron d'Airbus, Louis Gallois, considère que ces suppressions d'effectifs demeurent « indispensables » pour permettre à l'entreprise d'être plus « productive » face à la concurrence internationale.

Avant même ces nouvelles commandes, Airbus avait du travail pour les cinq ans à venir. Les suppressions d'emplois n'étaient pas seulement un drame pour ceux dont l'emploi va être supprimé, mais aussi pour ceux qui resteront et qui seront moins nombreux pour faire plus de travail.

C'est le même argument de « productivité » qui est utilisé dans toutes les entreprises où on aggrave les cadences, on diminue les effectifs ou, plus souvent encore, on fait les deux comme chez Peugeot-Citroën. Qu'il s'agisse des techniciens ou des ingénieurs hautement qualifiés d'Airbus ou des ouvriers sur chaîne de l'industrie automobile, tous les travailleurs sont logés à la même enseigne. C'est sur le dos de leurs travailleurs que tous les patrons cherchent à préserver leurs profits dans la concurrence internationale.

L'État agit de la même manière. Plusieurs ministres se sont succédé, la semaine dernière, pour justifier le non-remplacement d'un travailleur du service public sur deux partant à la retraite, par la nécessité de faire des économies en présentant la mesure comme un service rendu aux contribuables ! Et tel ministre d'oser expliquer à la radio que les insuffisances d'effectifs criantes dans les hôpitaux pourraient être compensées par des heures supplémentaires, en vertu du slogan de Sarkozy « travailler plus pour gagner plus » ! Il faut une bonne dose de cynisme pour proférer des insanités de ce genre, alors qu'il est de notoriété publique que le personnel hospitalier crève déjà sous le poids des heures supplémentaires et qu'en plus, elles ne sont même pas payées.

Et tout le reste est à l'avenant. Le nouveau plan de déremboursement de médicaments, qui s'ajoutera à la franchise sur les actes médicaux, rend l'accès aux soins de plus en plus cher. Et pourquoi ce recul de la protection sociale, aux conséquences dramatiques pour les plus pauvres ? En réalité, pour compenser le manque à gagner pour la Sécurité sociale de toutes les exonérations de charges patronales. Elles sont censées être compensées par l'État. Mais ce dernier ne le fait que partiellement et avec retard. Et, en dernier ressort, ce sont les assurés sociaux qui paient la facture.

Le patronat accentue son offensive contre le monde du travail, poursuivie sous tous les gouvernements de droite comme de gauche. Il sait qu'il peut compter sur le gouvernement pour prendre toutes les mesures aggravant la condition ouvrière, afin de lui permettre d'augmenter ses profits. Et le gouvernement peut se targuer des élections qui ont conforté la droite au pouvoir.

Mais qu'ils se méfient ! Les travailleurs n'ont aucune raison de se laisser impressionner par le succès électoral de Sarkozy, ni par la majorité absolue de ses partisans à l'Assemblée. Malgré l'agitation tous azimuts du nouvel occupant de l'Elysée, il n'a les mains libres qu'à l'Assemblée. Il n'a pas plus de moyens que ses prédécesseurs pour faire face au monde du travail, si celui-ci se fâche.

Et, à force de semer le vent du mécontentement avec ses mesures, Sarkozy récoltera la tempête de la colère ouvrière qu'il mérite.


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