Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, à RMC le 3 septembre 2007, sur l'annonce de la fusion entre GDF et Suez et sur la rentrée scolaire. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, à RMC le 3 septembre 2007, sur l'annonce de la fusion entre GDF et Suez et sur la rentrée scolaire.

Personnalité, fonction : COPE Jean-François, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député;

ti : J.-J. Bourdin.- Notre invité ce matin, J.-F. Copé, le patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale, ancien ministre du Budget. Alors précisément, on va commencer avec l'actualité : cette fusion GDF-Suez. Est-ce que le prix du gaz encadré par l'Etat sera toujours encadré ?
 
R.- D'abord, ce projet est un projet formidable. Moi, je suis très heureux
 
Q.- Voulu au départ par D. de Villepin !
 
R.- Oui, et par la majorité présidentielle...
 
Q.- N. Sarkozy, au départ, était un peu timide ?
 
R.- Oui, c'est vrai, il avait quelques réticences, mais qui s'expliquaient aussi, parce qu'il y avait un certain nombre de choses qui fallait préciser. Et donc, pour répondre très directement à votre question : pourquoi est-ce qu'on a voulu faire ce projet ? Parce que plus on est gros, plus on est en situation de négocier le prix des fournitures d'énergie quand on dépend de l'étranger, et notamment, comme vous le savez, en particulier de la Russie et de l'Algérie. Donc l'intérêt, d'un projet comme celui-là, c'est d'avoir une entreprise deux fois plus grosse pour donc peser plus sur le prix des approvisionnements. Alors, 35 % pour l'Etat c'est ce qu'on appelle au-dessus de la minorité de blocage, c'est-à-dire un Etat qui reste présent ; mais, et c'est cela aussi la modernité, qui laisse suffisamment de souplesse de gestion, c'est tout l'intérêt d'une privatisation par rapport à un dispositif public à 100 % pour prendre des décisions rapides, sans devoir attendre deux mois, trois mois ; que la tutelle, dans sa lourdeur, comme on a pu le connaître autrefois, vienne autoriser les décisions, qui parfois devaient être prises en quelque heure.
 
Q.- Cela, c'est un commentaire sur cette fusion. Mais je vous repose la question : est-ce que le prix du gaz encadré par l'Etat aujourd'hui le sera toujours ?
 
R.- Réponse pas rapport à tout cela : c'est qu'évidemment, la privatisation de ce point de vue ne change pas les choses.
 
Q.- La privatisation, disons les choses, et alors !
 
R.- La définition est très simple, c'est soit au-dessus soit en dessous de 50 % du capital. Et dès lors qu'on est en dessous cela s'appelle une privatisation. N'ayons pas peur des mots, il faut l'assumer. Si vous le permettez, pour aller jusqu'au bout, privatisation dans lequel l'Etat reste très présent : il est majoritaire au capital et avec 35 %, c'est-à-dire la fameuse minorité de blocage. Je reviens sur l'aspect des prix, parce que c'est cela aussi qui intéresse les auditeurs, les téléspectateurs, en vous précisant bien que le dispositif, tel qu'il est, aujourd'hui il ne change rien de ce point de vue. Pour une raison simple : il améliore, il a vocation à l'améliorer, en fait, on est plus gros, donc on pèse plus facilement sur celui qui nous vend le gaz. Voila, c'est tout.
 
Q.- Donc, pour le consommateur, c'est une garantie ?
 
R.- C'est une garantie supplémentaire.
 
Q.- Que le prix n'augmentera pas ?
 
R.- Mais pas qu'il n'augmentera pas ! Il augmentera raisonnablement. Mais qu'il sera adossé aux prix de la matière première. Il est évident que s'il y a une explosion du prix du gaz que l'entreprise soit publique à 100 % ou privée à 100 %, cela ne change rien.
 
Q.- Est-ce que l'Etat pourra intervenir si, tout à coup, la direction du nouveau groupe décide d'augmenter de manière inconsidérée les prix du gaz ?
 
R.- Je voudrais vous dire deux choses pas rapport à cela : La première, c'est qu'il y a la concurrence. Ça, cela change tout. Cela veut dire que, du coup, vous mettez en concurrence des entreprises qui vous fournissent le gaz ; à partir de là, vous allez au moins cher - les entreprise ne sont pas folles, elles ne veulent pas perdre leurs clients. Premier élément. Deuxième élément - pardon d'insister mais c'est très important : quand vous êtes acheteur d'un produit auprès d'un fournisseur, plus vous êtes gros, plus vous pesez dans la négociation sur le prix de vente. C'est très important ! Parce que, en passant d'un opérateur de taille moyenne Gaz de France, à un doublement de sa taille, cela change beaucoup de choses. Donc, c'est une manière de sécuriser encore mieux nos approvisionnements.
 
Q.- Suez doit abandonner son pôle environnement. Revendu à Véolia ?
 
R.- Pour l'instant, ce n'est pas du tout évoqué. Je crois que, en plus le principe, c'est le principe d'une mise en bourse pour une part importante. Donc, moi je n'ai pas d'autres éléments là-dessus. Ce que je veux simplement dire, c'est que vous avez là, une illustration d'une méthode de politique qui marche. Je voudrai vous le dire aussi. Parce qu'en ce début de rentrée annoncer aux Français comme première grande nouvelle que ce dossier qui avait donné lieu à de nombreux débats trouve une solution aussi moderne que celle-là, c'est aussi une manière d'expliquer pourquoi les Français sont aussi enthousiaste dans ce que nous faisons.
 
Q.- Regardons ce que fait la gauche, puisque c'est était l'actualité à la Rochelle. F. Hollande et S. Royal ne se sont pas rencontrés à la Rochelle. Est-ce que vous ne trouvez pas qu'ils nous ont peut-être menés en bateau pendant la campagne électorale ?
 
R.- De quel point de vue ?
 
Q.- Ah, je ne sais pas : en nous mentant sur leurs relations personnelles ? Je vous pose la question.
 
R.- Vous me posez une question impossible. Quand vous êtes dans la majorité pour parler de l'opposition, s'il dit du mal, on va dire, il est dans son rôle, il dit du mal.
 
Q.- Je vous pose une question. Car tous les Français se disent maintenant, en ayant tout appris : on a été menés en bateau.
 
R.- D'abord, ils ne l'ont pas été, puisqu'ils ont voté et ils ont élu N. Sarkozy. Ils n'ont pas élu S. Royal. Donc, quelque part, ils ont dû penser que, dans l'ensemble du concept S. Royal, il y avait peut-être des choses qui n'étaient pas totalement (inaud). Mais si je peux me permettre, ce n'est pas là-dessus qu'ils ont pensé que ce n'était pas clair, c'était surtout sur le projet socialiste pour gouverner la France, il leur a probablement semblé que ce n'était pas comme cela ...
 
Q.- Quand on entend F. Hollande dire "la France doit travailler plus" ?
 
R.- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Laissez-moi vous dire mon sentiment là-dessus. Je n'ai pas donné ni de leçon, ni ricané, parce que la gauche d'aujourd'hui, c'est la droite d'y il a 10 ans. On a connu la même histoire. La droite, il y a dix ans, c'était 1997, c'est-à-dire on faisait la rentrée, battus ; c'était juste après les législatives. J'en parle en connaissance de cause, j'ai été battu. J'ai été battu aux législatives avec un Front national qui avait fait 23 % des voix, la gauche a gagné dans ma circonscription de Meaux. Je vois le changement depuis. Ils ont fait 5 %, le Front national, là où ils avaient fait 23 %. Pourquoi cela a changé ? Parce que, à droite, depuis dix an,s et en particulier ces dernières années, on a crevé nos abcès idéologiques. Et c'est l'un des grands mérites de N. Sarkozy ; ce n'est pas, là non plus, un hasard, si les Français l'ont élu, que d'avoir permis à la droite - sur tous ces sujets où l'on n'osait rien dire, de dire les choses : les impôts, les privatisations, la sécurité, l'immigration. La gauche n'a pas fait ce travail ; et elle l'a payé au prix fort au mois de mai dernier.
 
Q.- La rentrée scolaire. Je voudrais avoir votre sentiment. L'école le samedi. X. Darcos dit ce matin, dans la presse, "il faudrait peut-être supprimé les cours le samedi". Vous y êtes favorable ?
 
R.- Il y a à mon avis une question plus globale à poser ; sur laquelle je crois qu'il faut qu'on ait un débat sans que cela fasse un drame : c'est le temps de travail des élèves.
Q.- Trop d'heures de cours ?
 
R.- Je pense qu'il faut regarder ce qui se passe ailleurs. Avec mon club Génération France.fr, on passe notre temps à regarder ce qui ce passe ailleurs, à comparer. Parce que ce n'est pas un drame de regarder comment cela marche ailleurs. Dans tous les autres grands pays, pour l'essentiel d'entre eux, les enfants travaillent moins que chez nous, font plus de sport que chez nous, ils font d'activités qui les ouvrent à d'autres domaines, je pense aux domaines artistiques, au théâtre -nos enfants ne font pas assez de théâtre. Oui, c'est très concret. Cela permet de se tourner vers les autres, de s'inventer des personnages, de rêver. Tous ces éléments n'ont pas été évoqués depuis très longtemps dans nos débats à nous. Je crois que cela vaudrait la peine de la faire. Donc, le temps de travail des élèves, c'est un vrai sujet.
 
Q.- Et terminé, le redoublement par exemple en primaire, c'est aussi l'idée qui traîne ci ou là. Parce qu'en Finlande, un pays qui réussit admirablement bien, il n'y a pas de redoublement.
 
R.- En même temps en France, il y a des choses très concrètes qui sont très utiles dans l'évaluation des enfants et des élèves. Je pense par exemple à la note de vie scolaire. L'idée, qu'il y ait une note globale tous les trimestres qui dise voila comment l'enfant se comporte, etc. ... Je crois qu'il faut essayer de faire simple.
 
Q.- Est-ce que les élus UMP vont prendre des initiatives sur ce terrain là, par exemple ?
 
R.- Les députés UMP, ils ont une particularité : c'est que vous avez 321 hommes et femmes qui représentent un bout du territoire national, qui sont en contact avec les Français toute la journée et qui, à eux seuls, incarnent des tranches de vie. Vous savez, j'ai le privilège d'être le chef des députés de l'UMP, je les vois très souvent, je les entends, je le suis moi-même. Je vois bien comment on réagit, nous, députés UMP. On réagit en étant en prise directe avec les Français. Et moi, je réfléchis beaucoup avec mes collègues et mes amis, à ce que doit être un député moderne. Qu'est-ce que cela peut-être très concrètement d'être au coeur du débat, d'apporter des infos de nos territoires respectifs, de réagir, d'accompagner à fond le Gouvernement - parce qu'il faut que N. Sarkozy réussisse, on a une dynamique fantastique, et puis de faire des propositions sur tous les sujets - comme on aura l'occasion de le faire, notamment et en particulier sur l'école.
 
Q.- Est-ce que les enfants doivent se lever, lorsque le prof entre en classe ?
 
R.- Bien sûr. Moi, je trouve que c'est une très bonne idée
 
Q.- Est-ce qu'on doit imposer ça par décret ?
 
R.- Je ne sais pas si c'est par décret parce que, chaque fois, on met des textes pour tout. Il y a un moment où le bon sens n'exige pas qu'à chaque fois, on ait des textes réglementaires. Mais par contre, il y a une chose qui est vraie, ce que j'ai trouvé fantastique dans le discours de N. Sarkozy sur l'école tout au long de cette campagne, c'est qu'il n'a pas eu peur des mots. C'est que quand on a dit, "on va arrêter avec mai 68", c'est parce que cette idée que, depuis 40 ans - par définition, je suis de cette génération là, j'avais 4 ans en 68 donc j'ai vécu les conséquences directes de tout cela - l'idée que tout se vaut - le travail, le non travail, l'autorité, la non autorité, les adultes, les enfants - fait qu'on a perdu beaucoup de repères. L'idée qu'on assume en ce début de quinquennat, qu'on remettre de nouveaux repères, et qu'on les assume carrés, - pas genre on tourne autour du pot - on dit les choses sans langue de bois, cela fait partie aussi d'un nouvel l'état d'esprit.
 
Source : Premier ministre, Service d'information du Gouvernement, le 3 septembre 2007
 

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