Déclaration de Mme Christine Boutin, ministre du logement et de la ville, sur la qualité de la construction, la diversité des formes de logements ainsi que sur la nécessité de trouver du foncier, public ou privé, permettant la réalisation d'opérations destinées aux primo-accédants, Lyon le 21 septembre 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Christine Boutin, ministre du logement et de la ville, sur la qualité de la construction, la diversité des formes de logements ainsi que sur la nécessité de trouver du foncier, public ou privé, permettant la réalisation d'opérations destinées aux primo-accédants, Lyon le 21 septembre 2007.

Personnalité, fonction : BOUTIN Christine.

FRANCE. Ministre du logement et de la ville

Circonstances : Réunion avec le syndicat national des aménageurs lotisseurs (SNAL) à Lyon le 21 septembre 2007

ti : Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,


En organisant l'espace et créant le cadre de vie de demain, les aménageurs sont des acteurs essentiels du développement local de nos territoires. Je suis heureuse de recevoir votre organisation qui contribue à une part importante de la production nationale de terrains à bâtir.

Il y a un an, le Syndicat national des professionnels de l'aménagement et du lotissement se réunissait à moins de deux kilomètres d'ici, sur la place de la Comédie, à l'Opéra de Lyon. Le SNAL tenait en effet son 16ème congrès sur le thème « Quelle politique foncière pour améliorer l'offre de logement ».

En engageant le Chantier national pour le logement, je souhaitais que tous les acteurs du logement puissent travailler ensemble, en confiance. Ce mot de confiance est fondamental pour la politique que je souhaite mener. Les aménageurs lotisseurs contribuent évidemment à la chaîne du logement. Nous voilà donc réunis pour une nouvelle réunion de Chantier.

Vous m'avez sollicitée pour faire préface de votre Livre Blanc. J'ai accepté cette requête avec plaisir car vos propositions s'inscrivent parfaitement dans la dynamique que j'appelle de mes voeux pour répondre à la crise aiguë du logement que connaît notre pays.

Vous le savez, si le logement relève de ma compétence, l'aménagement dépend quant à lui de mon collègue Monsieur Jean-Louis BORLOO, ministre de l'écologie, de l'aménagement et du développement durable, le MEDAD. Or, il y a une continuité évidente entre tous ces domaines. C'est pourquoi, nous allons travailler main dans la main.

Comme je l'ai écrit dans la préface de votre ouvrage, la crise du logement touche, à des degrés divers, l'ensemble de nos concitoyens et, de ce fait, fragilise l'ensemble de la société. C'est pourquoi, c'est bien toute la chaîne du logement qu'il faut remettre en mouvement, en partant des personnes les plus fragiles, sans domicile, jusqu'aux cadres supérieurs. C'est une chaîne de solidarité qu'il faut établir, une chaîne au regard de laquelle chacun d'entre nous, en tant que professionnel mais aussi en tant que citoyen, doit prendre sa part de responsabilité. Je me suis clairement exprimée à ce sujet, hier, lors du Congrès HLM.

J'ai aujourd'hui plusieurs messages à vous adresser aujourd'hui.

Le premier message porte sur la qualité de la construction.

Les grandes ambitions que nous avons pour la construction de logements doivent aussi contribuer à construire les villes et les territoires de notre pays en les adaptant aux défis de la société de l'information marquée par un fort développement des services tout en répondant aux enjeux du développement durable. Le Grenelle de l'Environnement, dont les travaux sont en cours, aborde la question de l'énergie dans les bâtiments.

Je suis attentivement ces démarches avec le souci d'éviter à tout prix la moindre « fracture énergétique ». En d'autres termes, je ne veux pas que nous oublions les plus fragiles et les plus modestes dans les actions en cours.

La construction de logements doit aussi prendre en compte des questions comme le développement du haut-débit. La fibre optique commence à irriguer nos plus grandes villes et arrive chez les particuliers. La ville de Paris, par exemple, est partiellement équipée mais il ne faudrait pas là encore que le très haut-débit soit réservé à quelques secteurs. Il en faut partout ! Le surcoût est négligeable. Ce n'est donc - à mon sens - qu'une question de volonté.

Je vous demande donc en tant qu'aménageurs, de prévoir cette arrivée de la fibre optique dans les constructions. Nous sommes au début du XXIème siècle. Il s'agit de ne pas manquer ce rendez-vous de progrès et d'égalité.

Le deuxième message concerne la volonté des acteurs.

Ces dernières années, nous avons assisté à une intense activité législative dans les domaines du logement, de la ville et de l'urbanisme, avec en particulier la loi portant engagement national pour le logement (loi ENL) de juillet 2006.

La loi du 5 mars 2007 sur le droit au logement opposable est, quant à elle, une révolution en soi qui nous contraint tous autant que nous sommes à changer notre approche. Nous allons devoir faire le maximum pour atteindre les objectifs du Président de la République qui sont de construire 500 000 nouveaux logements par an dont près d'un quart de logements sociaux tout en renforçant l'accession à la propriété des Français.

Pour y parvenir, il n'y aura pas de querelle idéologique qui vaille. Je n'opposerai par exemple jamais les immeubles et les maisons individuelles. Pour moi, il n'y a aucun doute : elles se complètent pour construire la ville de demain.
Je suis très attachée au fait de donner à chaque Français la liberté de choix pour ce qui est de leur lieu de vie.

Pour les même raisons, il est indispensable que nous remisions nos préjugés en ce qui concerne la diversité des formes de logements. Je veux travailler sans tabou. Je souhaite, par exemple, que nous puissions étudier la possibilité de revoir les règles qui limitent les hauteurs et les densités des immeubles.

Si nous voulons sortir des querelles idéologiques, Mesdames, Messieurs, il faut avant tout rétablir la confiance entre les acteurs : entre l'Etat et les élus - dans une dynamique de décentralisation dont j'aimerais bien pour ma part qu'elle soit amplifiée -, entre le public et le privé, entre l'ensemble des professionnels ; c'est une priorité. C'est ce que je suis venue faire ici à Lyon !

Si nous n'arrivons pas à dégager des priorités, l'Etat sera bien obligé de reprendre ses droits.

Le troisième et dernier message a trait à la mobilisation du foncier.

Je partage avec vous un certain nombre de préoccupations.

Les deux principales sont la capacité de trouver du foncier, public ou privé, à des prix permettant la réalisation d'opérations destinées aux primo-accédants, ainsi que la poursuite de la hausse des coûts de construction dont une partie est due à une certaine prolifération de la réglementation technique, j'en suis bien consciente.

Sur le premier point, de nombreux partenaires, naturellement, m'ont interrogée à ce sujet. J'ai fait des annonces hier lors du congrès de l'USH. L'Etat donnera l'exemple. Il s'employait déjà à le faire mais je veux aujourd'hui accélérer le rythme grâce à un nouveau Plan de mobilisation du foncier public. Début 2008, une liste de terrains sera soumise au Comité interministériel au développement de l'offre de Logement. Naturellement cette action sera amplifiée, au-delà des terrains de l'Etat par des encouragements aux maires bâtisseurs.

Je vais examiner ce que nous pourrions faire dans le cadre du chantier lancé sur les finances locales à l'occasion de la prochaine réunion de la conférence nationale des exécutifs.

En ce qui concerne la réglementation technique, là aussi, j'ai été à maintes reprises interpellée sur ce sujet depuis quelques jours. Je tenais juste à vous dire, que nous avons évoqué hier avec la FFB, l'idée de lancer des chantiers expérimentaux visant à évaluer la réalité des coûts et des prix de la construction. J'ai évoqué la question des marges pour que nous puissions travailler en confiance, comme des partenaires. Il faut en effet avoir des documents clirs pour une évaluation transparente des coûts et des prix, sans procès d'intention.


Mesdames, Messieurs,

Les propositions faites par le SNAL offrent des pistes très concrètes pour répondre à ces différents enjeux. Nous allons les étudier avec le MEDAD. Elles témoignent, en tout état de cause, de l'implication des professionnels de l'aménagement et du logement au développement des territoires. Vous pouvez compter sur moi. Ensemble, nous pouvons relever le défi qui est devant nous.

Je vous en remercie.


Source http://www.reunions-de-chantier.org, le 28 septembre 2007

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