Point de presse conjoint de MM. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, sur le rôle et la contribution du Comité d'orientation sur les questions européennes à la préparation de la future présidence française de l'Union européenne en 2008, Paris le 19 décembre 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse conjoint de MM. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, sur le rôle et la contribution du Comité d'orientation sur les questions européennes à la préparation de la future présidence française de l'Union européenne en 2008, Paris le 19 décembre 2007.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard, JOUYET Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes; FRANCE. Secrétaire d'Etat aux affaires européennes

Circonstances : Installation du comité d'orientation sur les questions européennes le 19 décembre 2007 à Paris

ti : Bernard Kouchner - Nous avons créé ce matin ce comité d'orientation sur les questions européennes. Mettre tous ces personnages ensemble fut une jolie démonstration de la nécessité de ne pas être conformes.

Or, la Présidence française et l'Europe, en général, sont enserrées dans des obligations dont il nous faudra sortir pour que la société civile, c'est-à-dire les citoyens français et européens, participent de cette présidence avec des idées qui pourraient faire bouger les grandes lignes.

Cela ira de l'organisation de colloques, de rencontres, un peu plus informelles que celles que nous avions prévues. Les sujets devraient être abordés, non pas uniquement par les ténors mais pourraient être confiés aussi aux régions, aux syndicats, aux associations, à l'école, comme Elisabeth Guigou l'a indiqué.

Il faudrait que nous fassions en sorte que l'Europe soit plus populaire, au sens quotidien, au sens de l'obligation et de l'offensive, qu'elle ne l'a été jusqu'à présent.

L'Europe, ce n'est pas un carcan pesant et administratif, c'est également une idée qui fait son chemin. Cette idée se révélera indispensable dans les années qui viennent, si l'on tient compte des problèmes que l'on doit affronter.

L'Europe, ce n'est pas le spectre de la globalisation, avec une impuissance ou une immobilité européenne pour y répondre, c'est, au contraire, une offensive permanente.

Le Comité d'orientation est né.

Jean-Pierre Jouyet - Ce Comité a simplement pour but de nous aider à faire, comme le dit Bernard, une présidence citoyenne, à préparer cette Présidence européenne de manière décentralisée, la plus proche possible des citoyens et faire en sorte que nous ayons une présidence un peu différente, qui soit aussi festive, professionnelle et ouverte sur les autres Européens. Ceci devrait amener au retour de l'Europe en France. Toutes ces personnalités de sensibilité différente, qui ont des expertises diverses également, dans le secteur de la communication, de la culture, du droit et évidemment de l'économie. Toutes ces compétences seront associées pour préparer, dans le cadre des Conventions thématiques, notre présidence européenne entre, les mois de mars et août prochain.

Voilà le but de ce Comité. Nous nous réunirons, autant que faire ce peut, dans cette formation ou de manière plus spécialisée, au cours des mois à venir. Nous avons pensé à une séance par mois, c'est à la fois un Comité qui servira de capteur, d'apporteurs d'idées et qui servira également de tour de vigie, qui nous montrera ce que nous devons faire et ce que nous ne devons pas faire.

Nous avons déjà appris plusieurs leçons dès ce matin et reçu beaucoup de conseils.

Bernard Kouchner - Il faut que ce soit vivant, il faut que les questions qui se posent dans notre société soient discutées, agitées et qu'il y ait des démonstrations de l'intérêt quotidien de l'Europe. Mme Guigou évoque la jeunesse européenne. Il faut, en effet, que l'on cerne ses préoccupations. Il faut que cette jeunesse garde aussi le souvenir, pas forcément celui des anciens combattants, mais celui des dangers que nous avons affrontés, ces dangers qui seront encore présents demain. Il faut montrer la participation nécessaire de tous ces citoyens.

L'Europe est enviée à travers le monde. C'est un modèle pour tous et nous avons l'impression, en France en particulier, mais, en l'Europe en général, que ce n'est pas très excitant. C'est beaucoup plus excitant pour les autres que pour nous. Il faut changer cette impression.

Jean-Pierre Jouyet - C'est un modèle qui reste attractif et, comme l'ont souligné plusieurs personnes, notamment Marielle de Sarnez et Alain Lamassoure, nous devons conjuguer ce qu'est l'Europe du concret, notamment pour les jeunes. Nous devons examiner ce que nous pouvons faire en élargissant ERASMUS, en démocratisant tous ces programmes, notamment à l'égard des jeunes qui sont les plus défavorisés, faisant en sorte que nous ayons une vision et un projet.

Beaucoup ont insisté ce matin sur la nécessité de concilier ce qu'est le concret, mais également, ce qui est le plus important, de garder la vision et l'inspiration, pour reprendre ce qu'a indiqué Marielle de Sarnez.


Q - (inaudible)

R - Jean-Pierre Jouyet - Qu'il y ait des divergences avec nos amis tchèques et suédois sur un certain nombre de problèmes, nous nous en sommes expliqués au dernier Conseil européen.

La position de la France concernant la Turquie est connue, elle a été exprimée par le président de la République française. Cela ne nous empêche pas de travailler à un programme de plusieurs présidences avec les Tchèques et les Suédois. Nous avons plusieurs points communs, notamment concernant la lutte contre le réchauffement climatique, concernant la politique énergétique ou la nécessité d'affirmer davantage l'Europe au concret.

Il nous faut renforcer la citoyenneté à laquelle sont attachés les Suédois et, de même, avec nos amis tchèques et suédois, nous sommes partisans d'une politique de voisinage à l'Est et sur la Méditerranée qui soit extrêmement dynamique.

Cela fait beaucoup de points d'accords pour avoir une continuité au niveau des présidences et chacune d'entre elles aura à coeur de mettre en oeuvre le Traité que nous avons signé le 13 décembre dernier à Lisbonne.

Les représentants suédois et tchèques ont, comme vous le savez, été invités par le Premier ministre au séminaire gouvernemental que nous avons tenu ; c'est une première et nous avons tenu à ce que nos partenaires y assistent, ainsi que les présidences qui nous ont précédés et celles qui nous suivront. Ils ont pu, bien évidemment, faire valoir des observations. Qu'il y ait des divergences, sur un certain nombre de sujets, notamment sur la Turquie, ce n'est pas un scoop.

Q - Monsieur le Ministre, juste une question d'actualité à côté de laquelle on ne peut pas passer sans vous interroger, la décision des FARCS de libérer trois otages prochainement, cela veut-il dire qu'il y a des éléments nouveaux dans ce dossier ?

R - Bernard Kouchner - En soi, c'est un élément nouveau. Nous attendons qu'il soit confirmé. Ne nous hâtons pas, mais nous nous réjouissons déjà. Ne nous hâtons pas de conclure, il faut malgré tout considérer qu'il s'agit d'une ouverture.

Le gouvernement colombien attend la confirmation de la manière dont Mme Rojas pourrait être libérée, avec son fils et la sénatrice, Consuelo Gonzalez de Perdomo. Cette modalité n'est pas exactement définie pour le moment.

Nous sommes très heureux de cette annonce. Il ne s'agit, cependant, que d'une annonce et nous continuons de travailler pour que tous les prisonniers, dont Ingrid Betancourt, puissent être libérés.

Q - Ceci pourrait-il hâter votre départ à Bogota ?

R - Bernard Kouchner - Il ne s'agit pas de mon départ à Bogota, il s'agit d'un acharnement en terme de Droits de l'Homme et d'insistance politique pour que tous les prisonniers, et surtout, Ingrid Betancourt, soient libérés. Nous continuons dans ce sens.

Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 décembre 2007

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