Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les efforts en faveur de la Défense, à Bayonne le 3 avril 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les efforts en faveur de la Défense, à Bayonne le 3 avril 2007.

Personnalité, fonction : CHIRAC Jacques.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Visite aux forces spéciales du 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de marine, à Bayonne (Pyrénées Atlantiques) le 3 avril 2007

ti : Madame la ministre,
Mon général,
Mesdames et messieurs, mes chers amis,


C'est avec beaucoup de fierté et d'émotion que je vous retrouve ici, à Bayonne, vous les hommes des Forces spéciales. Vous êtes un symbole pour nos Armées. Vous êtes un exemple pour nos concitoyens. Vous incarnez la volonté de la France de n'abandonner à personne le soin de veiller à sa sécurité. Vous incarnez sa détermination à peser sur les affaires du monde, pour la paix, pour la justice, pour la défense de nos valeurs.

Je tiens tout particulièrement aujourd'hui à rendre hommage à votre rôle essentiel sur tous les théâtres d'opération, notamment, en Afghanistan, où la plupart d'entre vous se sont illustrés. Certains de vos compagnons d'armes y ont été blessés. D'autres y ont laissé la vie. Ce sacrifice suprême, c'est l'expression ultime de l'engagement du soldat au service de la nation : Caporal YAGCI, Caporal-chef CRUPEL, Premier-Maître LEPAGE, Adjudant GAZEAU, Caporal-chef POULAIN, Caporal-chef PLANELLES, Premier-Maître PARÉ, votre mémoire restera gravée dans nos coeurs. La France n'oubliera pas votre combat pour la paix, dans un monde de plus en plus marqué par le terrorisme, ce fléau planétaire des temps modernes.

Oui, nous vivons aujourd'hui dans un monde dangereux, et rien n'indique hélas que, dans les années qui viennent, les tensions et les conflits de toute nature s'apaisent.

Ce serait donc folie de relâcher notre effort et notre vigilance. La France doit assurer elle-même sa sécurité et, comme elle l'a toujours fait dans son histoire, continuer à assumer pleinement ses responsabilités dans le monde.

Le premier instrument de notre crédibilité, c'est, bien entendu, notre force de dissuasion nucléaire. Depuis mon entrée en fonctions, j'ai veillé à sa cohérence et à la modernisation de ses composantes océanique et aéroportée, dans un esprit de stricte suffisance. J'ai adapté notre doctrine aux menaces nouvelles, dans le respect de nos engagements internationaux. En toutes circonstances, tout agresseur potentiel sait que, s'il envisageait de s'attaquer à la France, il s'exposerait à des dommages inacceptables. La capacité qui doit toujours être la nôtre de moderniser en permanence nos forces de dissuasion est un des enjeux essentiels des années qui viennent.

Notre crédibilité, bien sûr, n'est pas seulement technologique : elle est aussi humaine. Derrière chaque arme, aussi sophistiquée soit-elle, il y a d'abord des combattants. Notre crédibilité, c'est notre capacité à déployer des troupes pleinement opérationnelles lorsque c'est nécessaire, au service des Français et de la sécurité du monde. Afghanistan, Côte d'Ivoire, Liban, Kosovo : actuellement, 15.000 femmes et hommes sont engagés sur dix-sept théâtres d'opération dans le monde.

Ils le font, vous le faites, avec professionnalisme, avec bravoure, avec honneur.

Face aux nouveaux enjeux et aux nouvelles menaces, j'ai toujours veillé à ce que vous disposiez des moyens nécessaires à l'accomplissement de vos missions. C'est pour cela que j'ai conduit la modernisation en profondeur de notre outil de défense, à travers une politique d'équipement à la hauteur de nos exigences et par la professionnalisation de nos armées.

Cette professionnalisation, vous en avez été les fers de lance. Elle est aujourd'hui totalement réalisée, et cela dans les délais fixés. Chacun a conscience de l'atout considérable qu'elle représente pour notre Défense nationale.

Je le mesure pleinement, les exigences de la carrière militaire comportent pour vous, mais aussi pour vos familles, des contraintes fortes. Le nouveau statut des militaires vous apporte la juste compensation de ces exigences. C'est aussi pour cela que j'ai créé le Haut Comité d'évaluation de la condition militaire, qui apporte au gouvernement un regard indépendant.

J'ai également veillé à l'indispensable redressement de nos capacités de défense. La loi de programmation a été conçue dans cet esprit, et elle a été respectée. Elle a aussi permis de lancer les programmes nécessaires pour l'avenir.

Je le dis aujourd'hui devant vous, avec la plus grande conviction et avec la plus grande fermeté : les crédits de la défense ne sauraient être la variable d'ajustement de notre politique budgétaire. Il est essentiel de continuer notre engagement dans la durée. Sinon, les efforts des Français auraient été vains. Si la France baissait la garde, elle ne serait plus maîtresse de sa sécurité, et donc de son destin. Un tel choix serait aussi naïf qu'irresponsable.


Mesdames et messieurs,

Tous ceux qui ont eu le privilège de combattre à vos côtés reconnaissent votre professionnalisme dans les situations les plus dangereuses et les milieux les plus hostiles. Ce professionnalisme, il réside aussi dans votre capacité à apaiser les tensions, à faire revenir la confiance, à vous adapter à tous les environnements culturels et humains.

Je le dis ici : nous avons une Armée exemplaire et respectée dans le monde. Elle a prouvé sa capacité à travailler en pleine intelligence avec les autorités des pays dans lesquels ses forces sont déployées, avec les organisations internationales, et bien sûr avec tous nos alliés, au premier rang desquels les Européens.

Car le progrès de l'Europe de la Défense, c'est évidemment l'une des clés de notre sécurité. Voilà pourquoi j'en ai fait une priorité, avec le rapprochement de nos capacités opérationnelles, de nos doctrines, de nos moyens industriels et de recherche, de nos programmes d'armement, de nos centres de formation. Avec, aussi, l'engagement conjoint dans des opérations de maintien de la paix.


Mesdames et messieurs,

En vous rendant visite ici, je veux dire toute la reconnaissance de la nation aux Forces spéciales. Et, à travers vous, c'est à l'ensemble de nos forces armées que je rends hommage : à vous, femmes et hommes de l'Armée de terre, de la Gendarmerie, de la Marine, de l'Armée de l'Air. Vous êtes l'un des fleurons de notre jeunesse. Vous avez choisi de mettre votre vie au service de nos concitoyens. Vous portez haut les valeurs militaires : le courage, l'abnégation, le sens de la discipline, l'acceptation du sacrifice pour votre pays, pour la paix et pour la sécurité du monde. Le peuple français en a pleinement conscience : il sait tout ce qu'il vous doit.

Au nom de la nation, et en ma qualité de Chef des Armées, je veux vous exprimer toute mon estime, ma reconnaissance et mon amitié.


Vive la République ! Vive la France !

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