Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations entre la France et la Principauté d'Andorre, à Paris le 26 avril 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations entre la France et la Principauté d'Andorre, à Paris le 26 avril 2007.

Personnalité, fonction : CHIRAC Jacques.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Cérémonie de remise de lettres de créance des Ambassadeurs accrédités en Principauté d'Andorre, à Paris le 26 avril 2007

ti : Monsieur le Chef du Gouvernement,
Monsieur le Syndic Général,
Mesdames et Messieurs les élus d'Andorre,
Messieurs les Ambassadeurs,
Et tout simplement mes chers amis d'Andorre, et ce n'est pas une formule de politesse, c'est ce que je ressens réellement à l'égard d'Andorre : des sentiments d'estime et d'amitié.

Je vous remercie de votre présence, aujourd'hui, au Palais de l'Élysée, pour participer à cette rencontre que j'ai tenu à organiser et à laquelle j'attribue une importance toute particulière.

Durant douze années, j'ai eu le très grand privilège d'exercer la responsabilité de Co-Prince, que me confère la Constitution andorrane. J'ai constaté combien les représentants élus d'Andorre, et les Andorrans eux-mêmes, sont attachés à la fonction et au rôle des Co-Princes, institution que vous avez tenu à conserver lorsque vous avez adopté la Constitution, qui confère ainsi au système des Co-princes une légitimité nouvelle, démocratique et souveraine.

Au cours de ces années, j'ai pu entretenir avec les représentants élus de la Principauté des relations à la fois franches et chaleureuses.

J'ai pris également un grand intérêt à connaître les diverses personnalités qui ont été chargées de la conduite de la politique de l'Andorre et qui étaient toujours des personnalités de qualité. J'ai pu aussi apprécier la haute conception qu'avaient Monseigneur MARTI, hier, et Monseigneur VIVES, aujourd'hui, dont je salue le représentant, de la charge de Co-Prince que nous assumons conjointement.

Notre rencontre me permet de vous témoigner, personnellement, l'intérêt que je porte avec respect, estime et amitié, à la Principauté, à ses représentants et à l'ensemble de ses habitants.

L'Andorre présente cette originalité d'avoir su traverser l'histoire sans rien renier de son passé, ce qui est un phénomène historique. Ses paysages, son territoire, mais aussi, en profondeur, ses institutions, ont su s'adapter, par modifications successives, pour faire de l'Andorre un État moderne, toujours fidèle à lui-même et fort d'une tradition vieille de plus de 700 ans.

Aujourd'hui, l'Andorre est un État reconnu par la communauté internationale, et les Andorrans ont, entre leurs mains, la maîtrise et la responsabilité intégrales de leur destin.

Depuis 1993, ils ont su, avec talent, assumer la difficile responsabilité de faire connaître et entendre la voix de l'Andorre sur la scène internationale, dont témoigne le nombre croissant d'Ambassadeurs accrédités auprès de ce pays.

La qualité de vos représentants, au sein des nombreuses instances internationales dont l'Andorre est membre, a permis de vous faire apprécier de tous, dans le monde entier, et j'ai été heureux de vous apporter, au nom de la France, un soutien qui ne s'est jamais démenti et que vous m'avez toujours rendu.

Il reste cependant à Andorre de nombreuses étapes à franchir, comme dans toute démocratie, et notamment dans le cadre de ses relations avec l'Union européenne.

La Principauté, par sa géographie, son histoire, ses hommes et ses femmes, est européenne et ne peut rester à l'écart des évolutions des États voisins. L'Andorre dispose ici d'une large variété d'options allant du maintien de l'accord commercial actuel aux arrangements plus ambitieux, tels que la négociation d'un accord d'association. Ces choix seront déterminants pour votre avenir et pour celui des générations futures. Ils doivent cependant être précédés d'une large concertation démocratique et d'une réelle compréhension par la société civile, sans laquelle, dans une démocratie, on ne peut rien. L'Andorre peut compter sur la bienveillance de ses voisins, et de la France en particulier, pour l'aider dans ses démarches, mais il vous revient évidemment de les entreprendre avec confiance et détermination. Par définition, nous soutiendrons les options que vous aurez arrêtées.

En ce qui me concerne, soyez sûrs que je serai toujours à vos côtés par le coeur comme par l'esprit, prêt à favoriser les solutions qui permettront à la Principauté d'Andorre de conforter, toujours davantage, ce qu'elle fait siècle après siècle, la place éminente qui lui revient dans le concert européen et mondial.


Je vous remercie.


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