Interview de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports, dans "Le Figaro" du 5 janvier 2008, sur les exportations françaises de matériels de transport. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports, dans "Le Figaro" du 5 janvier 2008, sur les exportations françaises de matériels de transport.

Personnalité, fonction : BUSSEREAU Dominique.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports

ti : Q - L'automne a été une période faste pour les exportations françaises dans les transports...

R - Nous sommes en effet dans une période favorable. Dans le domaine du TGV, Alstom finalise un contrat en Argentine pour une ligne entre Buenos Aires et Cordoba et mène des discussions en Italie pour sa nouvelle automotrice à grande vitesse (AGV) entre Rome et Naples. Le métro et le tramway ne sont pas en reste puisque la RATP a décroché l'exploitation du métro d'Alger. De son côté, Alstom a gagné la ligne 10 du métro de Shanghaï, et les tramways d'Oran et de Constantine.

Q - La France est-elle plus performante pour certains types de transport ?

R - Elle l'est pour tous et c'est ce qui fait sa force à l'international. Nous avons de nombreux groupes très puissants à l'échelle mondiale. Veolia est le premier opérateur privé européen de transport public. Keolis, la filiale de la SNCF, est présente dans le monde entier, et Transdev s'y développe. Dans le secteur aérien, nous avons évidemment Airbus et le groupe Dassault. Dans le maritime, CMA-CGM est le troisième transporteur mondial de conteneurs. Il est néanmoins vrai que notre image est très forte dans le secteur ferroviaire, depuis longtemps : c'est nous qui avons vendu les premières locomotives non russes du transsibérien, nous détenons le record du monde de vitesse sur rail et aujourd'hui nous nous imposons de plus en plus comme un spécialiste de la gestion de réseau.

Q - Quel est votre rôle à l'international pour pousser les exportations françaises dans ce secteur ?

R - J'essaie de promouvoir les offres françaises à l'étranger. Lors de mes déplacements seul, ou lors de ceux du président de la République et du Premier ministre, sont présents des patrons français pour manifester localement que nos entreprises ont le soutien du gouvernement. Le récent voyage de Nicolas Sarkozy au Maroc a ainsi permis à Alstom de gagner le tramway de Rabat-Salé. J'étais moi-même allé juste avant en Chine, ainsi qu'au Japon, à Dubaï, en Tunisie. Je reçois beaucoup de délégations étrangères qui viennent voir comment fonctionnent nos transports, car la France est bien sûr la vitrine de notre savoir-faire. Arnold Schwarzenegger a même testé incognito le TGV Est cet été car la Californie a un projet important de TGV.

Q - Comment pousser les entreprises françaises sans fausser la concurrence entre elles ?

R - Mon but n'est pas d'empêcher l'émulation entre les entreprises françaises à l'étranger. Mais nous devons veiller à ce que des concurrences inacceptables entre nous ne profitent pas in fine aux autres. Nous devons donc mieux fonctionner en équipe lorsqu'il y a de grands appels d'offres internationaux et partager les informations qui peuvent être utiles à tous. Je vais réunir début janvier les patrons des entreprises de transports pour évoquer le marché des Emirats arabes unis, qui est en pleine croissance. Nos voisins allemands ont la bonne habitude de fonctionner ainsi.

Q - Quels sont les grands marchés de demain ?

R - Il se passe beaucoup de choses en Chine et Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, et moi-même regardons évidemment de près les projets de ligne à grande vitesse, notamment l'axe Shanghaï-Pékin. Mais le grand marché de demain pourrait être l'Inde, où le transport urbain se développe considérablement, notamment dans le domaine du métro (Delhi, Bombay...), et où il existe aussi des projets de lignes à grande vitesse sur lesquels travaillent les entreprises françaises. Enfin, les Etats-Unis redécouvrent le transport public, ce qui constitue pour nous une formidable source d'opportunités. Il y a un projet de ligne à grande vitesse en Californie, mais le TGV est tout aussi pertinent au Texas et en Floride.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 janvier 2008

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