Interview de M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat, porte-parole du gouvernement, à RMC le 9 janvier 2008, sur les thèmes abordés lors de la conférence de presse de N. Sarkozy : pouvoir d'achat, durée du travail, participation, culture des OGM et suppression de la publicité à France Télévision. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat, porte-parole du gouvernement, à RMC le 9 janvier 2008, sur les thèmes abordés lors de la conférence de presse de N. Sarkozy : pouvoir d'achat, durée du travail, participation, culture des OGM et suppression de la publicité à France Télévision.

Personnalité, fonction : WAUQUIEZ Laurent, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Secrétaire d'Etat, porte-parole du Gouvernement;

ti : J.-J. Bourdin.- On va commencer- je vais commencer - avec un mail d'un auditeur de l'Isère : "S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ?", il reprend les propos du président de la République, de N. Sarkozy hier. "S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide les caisses qui sont déjà vides, qu'il faut que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordre ? Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat c'est absurde, d'autant plus absurde que j'ai été le seul à en parler", a déclaré hier N. Sarkozy. Et notre auditeur vous dit : Qu'est-ce qu'on attend de N. Sarkozy ? Mais qu'il augmente les retraites de 25 %, comme il l'a dit ! Qu'il augmente le pouvoir d'achat ! Car il l'a dit pendant la campagne : "Je serai le Président du pouvoir d'achat". Qu'il ne touche pas aux 35 heures, vu que c'était son engagement. Citation de F. Fillon : "Nous n'avons pas été élus pour abroger les 35 heures". Les caisses sont vides : étrange ! Quand F. Fillon avait dit que le pays était en faillite, N. Sarkozy n'était pas loin de qualifier cette affirmation de gros mensonge. Que de contradictions de la part du chef de l'Etat français !
 
R.- On va être concret.
 
Q.- Oui, on est concret, et ici on sera concret, vous le savez.
 
R.- Est-ce que le Président a parlé de pouvoir d'achat, hier ? Il a parlé d'abord de dire : moi je ne continuerai pas à faire des allégements de charges pour des entreprises s'il n'y a pas un effort sur les salaires. Il a parlé des heures supplémentaires, je pense qu'on en reparlera avec les 35 heures. Il a parlé de la participation, en disant : je constate que le capitalisme aujourd'hui est en train de devenir trop fou, c'est-à-dire, avec un déplacement en direction des actionnaires, et que les salariés dans les entreprises ne touchent pas assez leur part de revenu. Il a parlé de tout cela, avec un effort très important, prêt à être fait, sur ce qu'on appelle "la participation". En concret, cela veut dire, quand une entreprise fait des bénéfices, est-ce que tout va dans la poche de l'actionnaire ou est-ce qu'il y a aussi une part qui va dans la poche des salariés ? Donc, évidemment il en a parlé. Mais il a aussi dit quelque chose : ne comptez pas sur moi pour faire des chèques en blanc, parce que les Français savent très bien que quand on fait un chèque en blanc, à la fin de l'année, on le récupère avec des impôts.
 
Q.- Alors, qu'attendent les Français ? Les petites retraites, il n'en a pas parlé hier, pas un mot sur les petites retraites. Qu'attend-t-on pour les petites retraites ?
 
R.- Il faut le dire aujourd'hui en France, j'ai un département qui est très représentatif là-dessus, les gens ont des toutes petites retraites, ils sont bien souvent même pas au niveau du minimum pauvreté en termes de retraite. Donc, cela fera partie du rendez-vous de 2008, on va poser la question des retraites avec notamment deux axes : les petites retraites et la pénibilité du travail.
 
Q.- Il s'était engagé à augmenter les petites retraites de 25 % lorsqu'il était candidat de la République. Va-t-il tenir ses engagements ?
 
R.- Cela fera partie du rendez-vous de 2008, où on mettra l'ensemble de ces questions sur la table.
 
Q.- Donc, vous dites aux petits retraités : attendez encore six mois ?
 
R.- Non, même pas six mois. Je dis aux petits retraités : on a la clause de rendez, on avait dit : d'abord, on fait la réforme des régimes spéciaux, parce qu'on ne pouvait pas laisser ce sujet qui est le sujet qu'aucun Gouvernement n'avait eu le courage de faire jusque-là. Mais maintenant on le sait très bien, il y a un le sujet des petites retraites.
 
Q.- Mais alors quand ?
 
R.-... qui arrive avec la clause de rendez-vous avec les partenaires sociaux, qui est dans la première moitié de l'année 2008. C'est très clair.
 
Q.- Dans les six mois, les six premiers mois de l'année 2008 ?
 
R.- Dans les six premiers mois de l'année 2008, le sujet sera très clairement sur la table. Et je sais que les gens l'attendent, parce qu'ils disent : vous faites des choses pour les salariés, d'accord, mais moi, sur ma petite retraite, je ne vois pas venir. Et juste, permettez-moi, c'est bien pour cela que sur la redevance, on n'a pas voulu faire la redevance aujourd'hui sur les retraites et sur les petites retraites, on a dit : on attend de voir traiter le sujet des petites retraites, parce qu'on ne peut pas rajouter encore une louche sur des petites retraites.
 
Q.- Il a fallu débat d'ailleurs autour de cette la redevance ? Il a fallu débat, intervention, à la fois, de l'opposition mais aussi de nombreux députés de la majorité.
 
R.- Et du Président de la République.
 
Q.- Bien, le pétrole, les carburants. Rien non plus sur les carburants. Est-ce qu'on doit faire un effort ? Je ne sais pas quel effort à faire ? Mais l'Etat doit-il intervenir ou pas ? Parce que, inciter les compagnies pétrolière ça ne sert à rien, vous le savez bien, ça ne sert à rien.
 
R.- Alors, sur le pétrole et le carburant, il faut essayer de faire le maximum tout en ne vendant pas de l'air. Qu'est-ce que je veux dire par là ? On sait très bien que les réserves de pétrole sont limitées, que la consommation de pétrole dans le monde augmente, et que donc le prix du pétrole ira à la hausse. Et dire autre chose c'est un mensonge. Donc, notre but, c'est d'essayer d'inciter au maximum à tout ce qui permet aux Français de faire des économies au niveau de leurs factures de pétrole. Cela veut dire, les aider sur l'achat de véhicules qui consomment moins. Cela veut dire, aider les gens qui sont dans la difficulté, notamment pour remplir leurs cuves de fuel, parce que, là-dessus on a fait un effort spécifique. Cela veut dire, essayer avec le développement des énergies renouvelables qui permettent aux gens de faire des économies sur leurs factures d'énergie dans leur maison. Tout cela, c'est du concret. Le risque, pour expliquer simplement, parce que les Français disent souvent : "ok, d'accord, mais vous vous sucrez beaucoup avec des impôts sur le prix du pétrole avec toutes vos taxes". Oui, mais si jamais on fait un effort là-dessus, le problème c'est que ce sera récupéré immédiatement par les compagnies pétrolières et ensuite, que finalement, le bénéfice revient dans les pays producteurs de pétrole. Donc, il vaut mieux aider les Français à faire des économies sur leurs factures de pétrole plutôt que de baisser artificiellement le prix, alors qu'on sait qu'il sera de toute façon à la hausse.
 
Q.- On va parler des 35 heures, mais regardons. N. Sarkozy dit : le pouvoir d'achat, finalement, je n'y peux rien ! Je n'y peux pas grand-chose ! Non ? C'est ce qu'il dit ?
 
R.- Non, non ! La seule chose qu'il dit c'est : si jamais, travailler sur le pouvoir d'achat, vous attendez que je fasse des chèques avec tel ou tel dispositif d'aide, cela ne sert à rien. Parce que...
 
Q.- Mais les caisses sont vides, alors effectivement, il n'y a pas grand-chose à offrir aux Français, franchement !
 
R.- Exactement. Mais non... Le message qui est important, qu'on essaye de passer, c'est de dire : on veut réenclencher la voiture pouvoir d'achat, il faut rallumer le moteur du travail. Parce qu'on ne peut pas distribuer de l'argent et de la richesse qu'on n'a pas réussi à créer. Et si on veut tous que la France soit à nouveau un peu plus riche, qu'on ait à nouveau dans le portefeuille et dans le caddie, il faut qu'on réenclenche le moteur du travail. C'est pour cela, que...
 
Q.- Travailler plus ?
 
R.- Oui, et j'ai envie de dire : travailler plus pour vivre mieux ! Travailler plus, avec, notamment toute cette question des 35 heures et des "heures sup".
 
Q.- Alors, précisément, les 35 heures : j'aimerais des explications, parce qu'il y a un débat autour... on supprime, on ne supprime pas les 35 heures... Je ne sais pas si le fond du problème est là. Le fond du problème est ce qui va être réservé à tous les salariés. Dans une entreprise, on discute entre le patron et les salariés ; on décide de travailler 38, 39, 40 heures par semaine. Terminé les 35 heures dans l'entreprise, on passe aux 40 heures par semaine. Il n'y aura plus d'heures supplémentaires ?
 
R.- Alors, il faut être très clair pour que tout le monde comprenne...
 
Q.- Dans une entreprise où on va travailler 40 heures, y aura-t-il encore des heures supplémentaires ? Des heures supplémentaires qui ne seront déclenchées qu'après 40 heures de travail !
 
R.- Alors, si vous me dites : est-ce que c'est la fin des 35 heures, au sens où on remet en cause la durée légale, c'est non. Si vous me dites : est-ce que c'est la fin des 35 heures, au sens où c'est lever tous les freins qui aujourd'hui empêchent les gens de faire des heures supplémentaires, la réponse est oui. Le problème précisément...
 
Q.- Il n'y a pas d'heures supplémentaires si on travaille 39 ou 40 heures dans une entreprise, il n'y a pas d'heures supplémentaires !
 
R.- C'est bien pour cela que, si jamais, par exemple, dans une entreprise vous dites : bon, voilà, nous, finalement on décide de travailler 39 heures. Sauf si jamais tout le monde est d'accord autour de la table, les heures supplémentaires seront entre 35 et 39 heures, et à partir de 35 heures c'est "les heures sup". Le fait d'avoir une définition nationale...
 
Q.- Toutes les heures travaillées au-delà de 35 heures seront des heures supplémentaires ?
 
R.- Sauf si jamais dans l'entreprise tout le monde est absolument d'accord en disant... le chef d'entreprise dit : bon, nous on va se mettre le seuil à 38 heures, que les partenaires sociaux sont d'accord, que les salariés sont d'accord. Si jamais il n'y a pas d'accord comme cela, non. Le seuil reste à 35 heures, les heures sup se déclencheront à 35 heures.
 
Q.- Et si le patron impose 38 heures, dans des petites entreprises, par exemple, les salariés travailleront 38 heures, et ils n'auront pas d'heures supplémentaires ?
 
R.- Non. C'est bien pour cela qu'on met un verrou qui est un verrou absolu sur deux niveaux. D'abord, pas de négociations si cela ne se traduit pas par une amélioration des salaires. Et la deuxième chose, cela doit être dans le cadre d'un accord majoritaire. On met vraiment tous les verrous. Nous, notre objectif c'est quoi ? On essaye de travaille sur le pouvoir d'achat, on essaye de redonner de l'argent à travers le travail, en se disant : il faut que ce soit "gagnant-gagnant". Ce n'est pas pour empêcher les gens de gagner de l'argent avec "les heures sup". Tout ce qu'on a fait jusque-là c'est l'inverse. Notre idée c'est quoi ? C'est que, aujourd'hui... prenons votre exemple d'une entreprise : je ne sais pas, par exemple, une entreprise Dupuis qui fait des fenêtres ; aujourd'hui, ils voudraient faire 39 heures, il ne pourrait pas, parce qu'ils sont limités et il y a une loi qui leur dit...
 
Q.- Elle est passée à 39 heures en offrant des heures supplémentaires...
 
R.- Non, ils ne peuvent pas, parce qu'il y a une règle qui s'appelle les "contingents", et qui vous dit : par an, je vous interdis de donner plus de 110 heures supplémentaires à un salarié. Donc, j'ai des salariés que je suis allé voir, et qui m'ont dit : ça m'intéresse votre dispositif d'heures sup. Pourquoi est-ce qu'on m'interdit d'en faire plus ? Eh bien, c'est à cela qu'on veut s'attaquer. Et c'est la fin des 35 heures en ce sens-là : on donne le choix aux salariés et aux entreprises qui veulent faire plus d'heures sup., on leur permet d'en faire plus.
 
Q.- Les grandes entreprises, par exemple, qui veulent rester à 35 heures, pourront rester à 35 heures ?
 
R.- Bien évidemment, c'est même la règle absolue, c'est la règle générale. C'est que, le seuil de déclenchement des heures sup, c'est 35 heures.
 
Q.- Donc, on ne supprime pas vraiment les 35 heures, on améliore, on aménage ?
 
R.- Non. Là où il y a un changement qui est complet, c'est le changement dans l'approche. Les 35 heures c'est même menu obligatoire pour tout le monde. Nous, ce qu'on veut faire, c'est menu à la carte.
 
[Deuxième partie]
 
Q.- L. Wauquiez, question précise : l'examen du projet de loi sur les OGM qui devait être adopté avant le 8 février a été reporté. Cela veut dire que le Gouvernement va faire jouer la clause de sauvegarde sur les OGM ?
 
R.- C'est clairement une des hypothèses. Il faut expliquer un peu...
 
Q.- Un peu plus qu'une hypothèse, c'est une réalité ?
 
R.- Juste... et d'ailleurs, on va avoir la nouvelle aujourd'hui, car il y a une Haute autorité indépendante qui rend son avis aujourd'hui en disant...
 
Q.- Elle dit qu'elle a des doutes.
 
R.- Si jamais elle dit qu'elle a des doutes, on fera jouer la clause de sauvegarde. Derrière, il faut quand expliquer le problème. Aujourd'hui, sur les OGM, cela peut avoir un impact très fort. On a notamment un doute sur le Mon-810, qui est une des semences. Quand même, l'enjeu avec la nature, enjeu avec l'environnement...
 
Q.- Il n'y a que le maïs transgénique qui est cultivé en France ?
 
R.- Oui, on joue aussi avec ce qu'on va léguer à nos générations. Donc, si jamais la Haute autorité dit qu'il y a un doute, le Gouvernement prendra ses responsabilités.
 
Q.- Le fait de reporter déjà l'examen du projet de loi ça montre bien qu'il y a un doute dans l'esprit du Gouvernement, et que la clause de sauvegarde va être appliquée ?
 
R.- C'est même, j'ai envie de dire, plus que cela. C'est d'ailleurs ce qu'a dit hier le Président : en matière d'environnement, on ne bricole pas à la va-vite, parce que ce avec quoi on joue c'est ce qu'on va léguer à nos enfants. Donc, moi... et ce qu'il a dit, c'est qu'il ne voulait pas avoir un débat à la va-vite. Si on le faisait rapidement avant les élections municipales et avant la pause du Parlement, c'aurait été un débat à la va-vite. Donnons-nous le temps de poser le vrai débat.
 
Q.- Donc, jusqu'aux municipales, clause de sauvegarde ?
 
R.- En tout cas... enfin, je ne peux pas griller la Haute autorité, donc on attend qu'elle rende son avis, et puis le Gouvernement prendra sa responsabilité.
 
Q.- L. Wauquiez, la télévision publique sans pub, pourquoi ?
 
R.- Ben, c'est tout simple : à quoi ça sert d'avoir une télévision publique si jamais vous avez la même chose sur la télévision publique que sur la télévision commerciale ? Si vous avez les mêmes pubs, si vous avez les mêmes genres de programmes, si vous avez les séries télévisées. Si cela a un sens d'avoir un service public, c'est pour tirer un peu un moment les programmes dans une autre direction, essayer de faire des choses qu'on ne peut pas faire sur de la télévision commerciale. Donc, pour cela, quand on regarde par exemple un modèle comme le modèle britannique, qui est la BBC, qui est une chaîne de très grande qualité et en même temps populaire, eh bien, ils n'ont pas de pub. Cela fait très longtemps qu'on en parle. Honnêtement, la gauche avait beaucoup agité ce sujet, elle n'a pas eu le courage de le faire. Là, l'idée c'est de dire...
 
Q.- Vous, vous le faites ?
 
R.- On prend ça à bras le corps et on relance.
 
Q.- Quand ?
 
R.- Il y a une commission qui va immédiatement travailler sur le sujet. Le but c'est de sortir là encore sur 2008.
 
Q.- Sur 2008 ? Avant la fin 2008, il n'y aura plus de pub sur France 2, France 3 et les autres chaînes de télévision publique ?
 
R.- En tout cas, c'est clairement la direction qui a été imprimée par le Président.
 
Q.- Et sur les radios publiques ?
 
R.- Non, pour l'instant, la seule chose dont on a parlé à ce stade, c'est le service public audiovisuel. Une chose après l'autre.
 
Q.- Parce qu'on entend dire ça et là qu'il pourrait y avoir de la pub sur les radios publiques. Vous êtes favorable à ... je vous pose la question.
 
R.- J'ai envie de dire... Même si je sais que cette émission est très piégeuse et dangereuse pour un porte-parole...
 
Q.- Non, elle n'est pas dangereuse, je pose des questions qui doivent être posées.
 
R.- Les réponses, ce n'est pas : Je vais réfléchir, je sais tout... Ce que je sais, c'est qu'on s'attaque au service public de l'audiovisuel et qu'on veut faire en sorte de leur permettre de remplir à plein leur mission de service public.
 
Q.- Et ce serait extraordinaire de supprimer la pub à la télé, de la mettre... Ce serait le comble.
 
R.- Je vous réponds clairement : on n'est pas là pour enfiler des perles, on veut avancer rapidement sur le service public de l'audiovisuel, faire en sorte que quand vous alignez votre télé, il y ait en vraie différence et que vous ayez un vrai choix.
 
Q.- Vous savez que les auditeurs de RMC sont perspicaces. Certains ont lu votre livre : "Un Huron à l'Assemblée nationale".
 
R.- C'est bien. Ok.
 
Q.- Marc, du Var, qui dit : "page 126, je lis : je suis favorable à ce qu'on divise par deux le nombre de députés". Est-ce que vous soutenez toujours cette proposition ?
 
R.- Juste, je voudrais m'exprimer très simplement sur le sujet : la dernière fois que j'ai fait une remarque là-dessus, tous les députés et tous les sénateurs me sont tombés à bras raccourcis dessus en me disant : ce n'est pas ton job, tu es au Gouvernement, maintenant, laisse-nous gérer nos affaires. Cela dit, j'assume. Quand j'étais député, j'ai fait des remarques sur le changement et la façon dont doivent bouger les institutions. Et notamment, je pense que ... eh bien, voilà, quand on regarde d'autres pays, il y a moins de députés et moins de sénateurs, mais par contre, ils ont plus de moyens pour travailler.
 
Q.- On bat le record du monde du nombre de parlementaires par millions d'habitants.
 
R.- Voilà. Cela peut être éventuellement une piste intéressante. Mais je le dis, et je l'assume - c'est un peu aussi ma liberté de parole personnelle - c'est ma conception, avec l'expérience ancienne de député que j'ai. Cela étant, c'est aux députés et aux sénateurs de faire leur travail.
 
Q.- En tant que député, vous travaillez beaucoup ; en tant que porte-parole du Gouvernement, vous travaillez beaucoup - c'est ce que vous dites. Et vous voudriez en plus être maire du Puy. Mais vous allez travailler vraiment, vraiment beaucoup.
 
R.- Vous savez, je n'ai fait aucune annonce là-dessus. Le suspens sera bientôt levé, mais je le ferai chez moi, dans ma ville du Puy. Pour une ville comme le Puy qui est une ville qui se bat un peu pour construire son avenir, le fait d'avoir quelqu'un qui est aussi capable de relayer un peu ses aspirations au niveau national c'est un atout. Et d'ailleurs, je profite du micro de RMC pour inviter tout le monde à aller voir la ville du Puy, qui est quand même sur un site assez exceptionnel.
 
Q.- Donc, L. Wauquiez sera candidat à la mairie.
 
R.- Je n'ai jamais dit cela.
 
Q.- Mais on l'a compris.
 
R.- Non, non.
 
Q.- L. Wauquiez, on l'a compris, entre nous. [Suite : Questions des auditeurs]
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 9 janvier 2008

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