Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, des collectivités territoriales et de l'outre-mer, à Europe 1 le 15 janvier 2008, notamment sur la baisse de la délinquance, la sécurité routière, la création d'unités territoriales de quartiers dans les zones sensibles et sur les violences en Corse. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, des collectivités territoriales et de l'outre-mer, à Europe 1 le 15 janvier 2008, notamment sur la baisse de la délinquance, la sécurité routière, la création d'unités territoriales de quartiers dans les zones sensibles et sur les violences en Corse.

Personnalité, fonction : ALLIOT-MARIE Michèle, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales;

ti : J.-P. Elkabbach.- Il y a d'abord une bonne nouvelle, elles sont assez rares, on peut le dire, et la bonne nouvelle provient de l'Insee. Nous sommes près de 64 millions d'habitants. La France comptait au 1er janvier 2008, 63.753.000 : plus 361 000 en un an. C'est un bon signe.
 
R.- Absolument c'est un signe de dynamisme de notre pays et au moment où un certain nombre de nos partenaires européens ou extra européens voient leur population baisser, c'est-à-dire en réalité vieillir, c'est-à-dire perdre de son dynamisme, cela montre que la France est au contraire sur une bonne voie et que cela ne peut qu'encourager son développement économique. Donc je crois que c'est une chance et qu'il faut féliciter les Français.
 
Q.- Oui, les Français et les Françaises. Et les naissances hors mariage sont devenues pour la première fois majoritaires en 2007, dit l'Insee. Il y a beaucoup d'informations qui sont données et qui mériteront d'être commentées. Vous arrivez ce matin, la nouvelle tombe et vous la commentez. C'est en effet bon signe et ça peut avoir aussi des conséquences sur le nombre d'immigrés en France, sur le dynamisme de l'économie française. Est-ce qu'il faudra des immigrés en France, comme le dit la Commission Attali ?
 
R.- L'un des problèmes que nous avons en France comme dans beaucoup de pays, c'est la capacité de satisfaire un certain nombre de besoins dans différents domaines. Nous savons bien par exemple qu'aujourd'hui dans le domaine médical, du fait notamment d'une mise en oeuvre des 35 heures dans les hôpitaux sans qu'on ait pris préalablement les précautions nécessaires, il a fallu faire appel à un certain nombre de médecins ou d'infirmières extérieurs. C'était dû d'ailleurs aussi à un autre problème qui était celui du malthusianisme en matière de concours. C'est vrai aussi aujourd'hui que dans le domaine de l'informatique par exemple, nous avons besoin que des ingénieurs d'autres pays viennent chez nous parce que nous avons des besoins informatiques et aujourd'hui pas assez de gens formés dans ce domaine. Ce type de problème nous l'aurons toujours. Mais n'oublions pas également une chose importante, c'est qu'avoir beaucoup de jeunes Français très dynamiques, cela permet aussi qu'ils aillent à l'étranger eux-mêmes bénéficier de ces expériences avec les retours positifs que cela peut représenter pour notre pays en terme d'économie, en terme d'influence, en terme de capacité d'exportation.
 
Q.- Alors madame la responsable du ministère de l'Intérieur, du ministère de l'Intérieur, ces Français-la vont demander à vivre dans un climat de sécurité.
 
R.- Vous avez tout à fait raison parce que la sécurité c'est la condition de la mise en oeuvre d'abord des libertés... Où est la liberté d'aller et de venir par exemple si vous craignez d'être agressé ? C'est la condition de la mise en oeuvre également...
 
Q.- Mais ça c'est votre job.
 
R.-... du dynamisme économique. Des entreprises iront-elles s'implanter dans des endroits où il n'y a pas de sécurité ? C'est donc mon rôle effectivement que de protéger les Français et de faire respecter la loi.
 
Q.- Alors vous disposez d'indications là, ce matin, sur la délinquance en 2007. Des tendances, peut-être des chiffres. Est-ce qu'elle augmente ?
 
R.- Non la délinquance n'augmente pas. Je ne vais pas vous donner les chiffres parce qu'ils seront demain publiés par l'Observatoire national de la délinquance qui est un organisme indépendant, garantissant donc la vérité. Effectivement...
 
Q.- Mais vous savez, donc nous devons savoir.
 
R.-... je sais, je peux vous dire effectivement que cette année 2007 et en particulier le deuxième semestre 2007 ont vu des améliorations sensibles en matière de sécurité, avec une baisse de la délinquance générale, avec une baisse également des violences aux personnes qui était l'un de nos problèmes. Pour autant, je ne m'en satisfais pas parce que la délinquance existe toujours, parce qu'il y a toujours des personnes qui en sont victimes et donc mon rôle c'est toujours de continuer à la contraindre. Mais ce que je peux dire, c'est que le président de la République m'avait fixé un objectif au mois de juillet, quand je suis arrivée, pour deux ans. En l'espace de quelques mois, nous sommes en train d'atteindre cet objectif.
 
Q.- Vous êtes en train de nous dire que si vous êtes évaluée, vous aurez une bonne note ?
 
(Rires)
 
Q.-...Mais ça, ce n'est pas ça. Quelles sont les formes de délinquance qui demeurent et où elles se manifestent le plus ?
 
R.- Alors nous avons des formes de délinquance notamment en ce qui concerne les violences aux personnes. Depuis dix ans, les violences aux personnes n'avaient cessé d'augmenter. Ce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui nous contenons, nous avons contenu cette progression des violences aux personnes et nous constatons au cours de ces derniers mois une diminution. Nous avons des problèmes qui demeurent, notamment en ce qui concerne la délinquance routière. Nous avons eu cette année, encore, trop de morts et trop de blessés sur les routes dus notamment à l'alcool, dus à la drogue etc.
 
Q.- Vous allez mettre des radars et vous allez mieux les positionner ?
 
R.- Ce que je veux aussi, c'est que l'on arrive à mieux contrôler ces dérives que sont l'alcool et la toxicomanie qui sont à l'origine d'un grand nombre d'accidents. Et ce que je veux, c'est à la fois faire de la prévention parce qu'empêcher les accidents c'est encore ce qu'il y a de mieux. Et quand c'est nécessaire, bien entendu, aussi la répression parce qu'elle est indispensable.
 
Q.- Est-ce qu'en France et dans les villes et un peu partout, on va voir plus de policiers ? Parce qu'avec vous, c'est peut-être la tendance. Vous allez peut-être les mettre au travail davantage, vous allez en recruter, je ne sais pas.
 
R.- Il faut des policiers sur le terrain quand il y en a besoin, là où il y en a besoin. Et il faut des policiers qui fassent réellement leur travail, c'es-tà- dire le travail de protection de nos concitoyens, le travail de mise en place de l'autorité de l'Etat et de respect de la loi. C'est ça ce que j'ai annoncé hier, en Seine Saint-Denis. La Seine Saint-Denis qui va être un laboratoire d'excellence de ce que nous pourrons faire dans un certain nombre de lieux en France, où nous avons des gros problèmes de délinquance en même temps que de vraies potentialités.
 
Q.- Si ça marche, vous étendrez ce dispositif à tout le pays ?
 
R.- Il ne s'agit pas de l'étendre à tout le pays. Encore une fois, il s'agit de le faire là où il y en a besoin. Il y a par exemple 5 départements en France qui sont des départements où les taux de délinquance sont beaucoup plus élevés que dans le reste du pays, où cela empêche le développement harmonieux de toutes les potentialités de ces régions. Là, effectivement, il y aura ces nouveaux dispositifs d'une police plus près du terrain, mieux adaptée aux différentes formes de violence. Et encore une fois, des policiers qui feront vraiment leur travail. Pas de l'encadrement des jeunes, pas de la prévention, parce que ce n'est pas eux de le faire...
 
Q.- C'est-à-dire ? C'est-à-dire, les policiers dans les commissariats on en verra mieux. Il y aura des administratifs, si je comprends ?
 
R.- Exactement. Je veux dégager des effectifs de police qui aujourd'hui sont mis sur des emplois administratifs bloqués à l'intérieur des commissariats. J'ai créé dès cette année, tout de suite, des postes d'administratifs qui vont permettre que les policiers soient recentrés sur leur coeur de métier, sur ce sur quoi ils sont engagés et donc qu'ils soient effectivement dans la rue, sur le terrain.
 
Q.- Par exemple, en Seine Saint-Denis, ça représente combien de policiers à peu près pour avoir une idée ?
 
R.- En Seine Saint Denis par exemple, vous avez 200 policiers actifs qui se trouvent sur des emplois administratifs. Je débloque 100 postes sur deux ans, dont la moitié retrouvera dans les deux ans qui viennent - et ça va commencer tout de suite - va retrouver effectivement ce métier pour lequel ils se sont engagés.
 
Q.- Alors vous avez créé avec le Gouvernement des unités territoriales de quartier, vous avez provoqué des réactions, qui sont plutôt favorables, surtout chez les maires de banlieue socialistes, communistes, des quartiers concernés par la sécurité. On dit peut-être que vous avez perdu un peu de temps, on y reviendra tout à l'heure. Vous les mettez dans les trois zones sensibles, est-ce que ça veut dire que ces policiers-la vont travailler après 19 heures ? Vont travailler la nuit ? Seront là 24 sur 24 ?
 
R.- Ils seront là quand il y en aura besoin et là où il y en aura besoin. L'idée c'est effectivement d'avoir des policiers qui ont une certaine expérience d'abord, qui ont un minimum de deux ans d'expérience dans le quartier, qui bien entendu seront des...
 
Q.- Ce ne seront pas des tous jeunes alors.
 
R.- Ce ne seront donc pas des tous jeunes, ce seront des policiers qui seront formés pour être sur le terrain, qui mèneront à la fois des opérations de renseignement, ils recueilleront du renseignement puisqu'ils auront des contacts notamment avec les élus, avec les commerçants etc. Deuxièmement, ils feront de l'investigation pour, en particulier, lutter contre les bandes ou contre les trafiquants qui aujourd'hui créent la sécurité.
 
Q.- C'est aux qui iront ou vous enverrez les brigades, les BAC, ou vous enverrez les CRS quand il le faudra pour les noyaux durs de la délinquance ?
 
R.- Encore une fois, il s'agit d'un dispositif où on garde ce qu'il y a et ou on rajoute des choses plus pointues, plus performantes. Donc ils iront là, ils procèderont quand ce sera nécessaire à des interpellations et à des déferrements à la justice. Et bien entendu ils travailleront aussi avec les autres. Mais les BAC, elles interviennent dans d'autres circonstances.
 
Q.- Chacun son rôle.
 
R.- Chacun dans son rôle. Ce que je veux, c'est que chacun fasse son métier, c'est vrai au sein de la police, c'est vrai dans les relations avec la justice, avec l'Education nationale, avec les élus, c'est travailler avec eux. Pour cela, c'est une chaîne de sécurité. Chacun fait son métier, mais en liaison avec les autres.
 
Q.- Les auditeurs vont vous poser dans un instant avec J. Pradel, beaucoup de questions. Est-ce qu'ils seront armés ces policiers ?
 
R.- Ces policiers sont des policiers comme les autres et ils auront les mêmes éléments de protection et d'action que les autres.
 
Q.- Je sais que vous lisez la presse. C'est le casse-tête ou la dernière plaisanterie à la mode. Qu'est-ce qu'une police proche des gens qui n'est pas une police de proximité ? Pourquoi on se bat sur les mots ?
 
R.- Ecoutez moi, je ne me bats pas sur les mots. Je ne suis pas membre de l'Académie française, je suis ministre de l'Intérieur. Ce que je dis simplement, c'est quand on a parlé de police de proximité, c'est une création de C. Pasqua en 1995. Une création intelligente.
 
Q.- Vous remarquez, J. P. Chevènement dit : c'est moi, c'est moi, c'est moi.
 
R.- Peu importe, ça été créé en 1995, mais ensuite cela a été dévoyé sous monsieur Jospin. On a fait des policiers, finalement des gens chargés de l'encadrement des jeunes ou de la prévention. Ca, ce n'est pas un métier de policier, c'est le rôle des associations avec lesquelles nous devons travailler et ce n'est pas le rôle des policiers. Donc ce que je veux aujourd'hui...
 
Q.- Vous avez reproché à ces policiers à l'époque de L. Jospin, d'avoir fait du sport avec les jeunes des banlieues. Est-ce que ce n'était pas une caricature...
 
R.- Mais pas du tout.
 
Q.-...parce que ça veut dire peut-être qu'ils avaient réussi, qu'ils avaient de bons résultats, qu'ils avaient créé un climat de confiance avec les populations ?
 
R.- C'est ce qu'on leur demandait. Quant aux résultats, écoutez, moi je peux vous les donner. Ce que je constate c'est qu'entre 97 et 2002, vous avez eu plus de 16% de délinquance en plus, que depuis 2002 vous avez eu une baisse de plus de 9% de la délinquance. Plus 16% avec ce système de monsieur Jospin, où on demandait aux policiers de ne pas faire leur métier, moins 9% quand on demande aux policiers de faire leur métier. Ce que je veux, c'est que les policiers fassent le métier pour lequel ils ont été formés. Ce qu'on attend d'eux, c'est qu'ils fassent respecter l'autorité de l'Etat et la loi, qu'ils le fassent avec intelligence, qu'ils le fassent en ayant un comportement qui ne soit pas agressif.
 
Q.- Humain.
 
R.- Mais en même temps, qu'ils soient très fermes à l'égard des quelques délinquants qui empoisonnent la vie dans les banlieues et qui pénalisent doublement les habitants de ces banlieues à la fois parce qu'ils sont violents et également parce qu'ils donnent une mauvaise image de tous ceux qui habitent dans ces banlieues.
 
Q.- Il y a beaucoup de sujets. La Corse, vous avez dénoncé le regain de violence dès les attentats ou les manifestations violentes de l'autre jour. Où en est l'enquête ce matin ?
 
R.- Ce qui s'est passé samedi en Corse est inacceptable, c'est intolérable et c'est indigne parce que c'est une atteinte à la démocratie. Alors immédiatement, effectivement, dès samedi j'ai dit que nous mettrions tous les moyens pour déterminer ceux qui ont procédé à ces dégradations au sein d'un établissement public qui est celui de la représentation démocratique.
 
Q.- Ca c'est votre rôle, où en est l'enquête ?
 
R.- J'ai immédiatement envoyé effectivement le Service central d'identité judiciaire et la section explosifs et incendie de Marseille. Ils ont récupéré énormément de traces et d'indices. Aujourd'hui, nous avons tout ce qu'il faut pour identifier très précisément ceux qui se sont livrés à des dégradations au sein de l'Assemblée de Corse. Et je peux vous dire une chose, c'est qu'il y aura des suivis très prochainement et j'espère bien, effectivement, que la justice punira cela à la hauteur de l'attaque contre la démocratie qui a été commise.
 
Q.- Quels qu'ils soient, ils auront des comptes à rendre à la justice ?
 
R.- Quels qu'ils soient, ils auront des comptes à rendre et nous avons tous les éléments pour les identifier.
 
Q.- Est-ce qu'il est vrai qu'il y a une dizaine d'interpellés déjà ce matin ?
 
R.- Ce matin, il y a eu effectivement, parce que d'une façon générale en Corse, il y a une volonté de l'Etat d'aider ceux qui veulent mettre en avant les atouts de la Corse. Mais ceci ne peut se faire qu'à condition d'avoir une situation qui, là aussi, est une situation de sécurité. Je m'engage sur cela. Vous constatez d'ailleurs que c'est de mieux en mieux compris. Moi ce que je note, c'est qu'il y a eu moins d'attentats, beaucoup moins d'attentats cette année qu'il y en avait l'année dernière.
 
Q.- Mais là, ils reprennent.
 
R.- Et de toutes façons, nous avons de plus en plus d'interpellations et effectivement, c'est vrai que ce matin, il y a eu huit interpellations en Corse.
 
Q.- Est-ce que vous confirmez que Louis Sarkozy, 10 ans, le fils du président de la République, a reçu des menaces de mort sur son portable ? Vous écoutiez A. Acco tout à l'heure. Selon lepoint.fr, deux hommes seront jugés le mois prochain. Ils ont été arrêtés après avoir proféré des menaces de mort à plusieurs reprises. Est-ce que c'est vrai ?
 
R.- Oui c'est vrai. C'est tout à fait vrai. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent parfois. Vous avez des gens qui sont déséquilibrés, qui se croient malins ou qui veulent faire des chantages, qui utilisent ces méthodes. Je pense que l'affaire du fils de N. Sarkozy montre que nous avons...
 
Q.- 10 ans.
 
R.- 10 ans en plus, ce qui est absolument scandaleux et révoltant - mais ce que nous avons fait montre aussi et avise tout le monde que nous avons tous les moyens aujourd'hui de retrouver les auteurs de tels agissements.
 
Q.- C'est un avertissement à ceux qui seraient tentés de recommencer parce qu'aujourd'hui, les enfants ont leurs portables, même quand ils sont tous petits, donc il faut les protéger.
 
R.- Qu'il s'agisse d'enfants ou d'adultes, nous avons effectivement - c'est ça aussi la police technique et scientifique que je développe- nous avons les moyens de remonter et de retrouver les gens qui se livrent à de tels agissements.
 
Q.- Mais ça veut dire que la famille du président de la République, peut-être le président de la République lui-même, sont l'objet de menaces et qu'il faudrait qu'ils renforcent leur sécurité ?
 
R.- Nous sommes là aussi pour assurer la sécurité du président de la République et de sa famille comme celle de tous les Français.
 
Q.- Deux questions politiques. S. Royal dénonçait ici ce qu'elle appelle l'exhibitionnisme de N. Sarkozy. Il fait des évènements de sa vie privée, des évènements publics. Il se prend pour Louis XIV. "Louis XIV" est en ce moment en Arabie Saoudite. Mais qu'est-ce que vous pensez du commentaire ? Est-ce qu'il y a pas une part de vrai ? Comment se comporte Louis XIV en conseil des ministres ?
 
R.- Ecoutez moi, je dis que madame Royal a beau jeu de critiquer le président de la République alors qu'elle-même nous a abreuvé à longueur de Unes et de journaux et de déclarations de ses états d'âme et de sa vie privée. Alors je pense que la politique c'est autre chose et qu'on ne se grandit pas en attaquant sur le plan personnel les gens.
 
Q.- Elle ne va pas aussi loin.
 
R.- Vous vous souvenez de la campagne présidentielle et de ses avants et même de ses après d'ailleurs ? Il y a même des livres, me semble-t-il.
 
Q.- Dernière chose, le président de la République va s'engager- il n'arrête pas de le dire et F. Namias le rappelait qui l'accompagnait hier dans les pays du Golfe - il va s'engager dans les municipales. C'est contesté y compris dans la majorité. Est-ce qu'il est vraiment indispensable qu'il prenne tant de risques parce qu'il peut y avoir aussi des villes perdues etc. ?
 
R.- Monsieur Elkabbach, vous connaissez la politique depuis trop longtemps pour ne pas savoir que de toutes façons, pour des élections municipales comme régionales, vous avez toujours une interprétation de politique nationale par la suite. Et vous avez eu des exemples très nombreux où on a dit effectivement : tout ceci est de la politique locale. Et puis ensuite, en fonction des résultats, on attaque la politique nationale et notamment le président de la République. Que le président de la République dise : "mettons fin à toute cette hypocrisie puisque de toutes façons on en fera une analyse nationale, moi je vais m'engager", cela n'a rien d'anormal à mes yeux. Ceci dit, vous savez aussi bien que moi que les élections municipales ont des caractères très différents selon qu'il s'agit des grandes villes ou selon qu'il s'agit de petites villes. Dans des petites villes, il est évident que la question des personnes et des problèmes locaux est essentielle. Mais dans les grandes villes, vous avez des scrutins qui sont toujours politiques, qu'on le veuille ou non.
 
Q.- Est-ce qu'il est vrai que les préfets vous disent qu'en ce moment les Français sont agacés par ce qu'ils voient des comportements privés, de ce qu'on leur raconte de leur Président ?
 
R.- Ce que je demande aux préfets, c'est de faire leur travail, de ne pas s'occuper des ragots...
 
Q.- Ca fait partie de leur travail.
 
R.-...Des rumeurs mais de contribuer à la fois à renforcer la sécurité des Français, de travailler également avec les collectivités territoriales à mettre en place les éléments du développement économique et social dont nous avons besoin.
 
Q.- Gardez vos arguments, M. Alliot-Marie...
 
R.- J'en ai d'autres. Rassurez-vous.
 
Q.- Je sais... avec J. Pradel et les auditeurs qui ne cessent d'appeler. Bonne journée.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement,  le 15 janvier 2008
 

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