Tribune de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports, dans "Le Figaro" du 31 janvier 2008, sur la politiqiue des transports dans l'Union européenne durant la prochaine présidence française, intitulée "Les transports, multiplicateurs de forces pour le XXIème siècle". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports, dans "Le Figaro" du 31 janvier 2008, sur la politiqiue des transports dans l'Union européenne durant la prochaine présidence française, intitulée "Les transports, multiplicateurs de forces pour le XXIème siècle".

Personnalité, fonction : BUSSEREAU Dominique.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports

ti : En défendant une politique de civilisation, le président de la République a défini un nouvel humanisme. C'est une vision ambitieuse, et particulièrement précieuse pour l'Europe à la veille de la Présidence française de l'Union européenne.

Aujourd'hui, avec l'ouverture des frontières au sein de l'Europe et la mondialisation, les transports sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important pour la circulation des personnes et les échanges de marchandises. Ainsi, la Présidence française aura à traiter de nombreux sujets qui concernent le domaine des transports. Il y a là un défi, que nous abordons avec confiance et enthousiasme, parce que nous avons une vraie vision des transports européens.

Quelles pourraient être nos grandes orientations ? J'en vois trois : garantir la sécurité à tous les Européens ; développer des transports respectueux de l'environnement ; insuffler à l'Europe une véritable ambition internationale grâce aux transports.

La sécurité est un sujet qui touche la vie quotidienne et le bien-être des citoyens européens. Sur les routes, d'abord, je souhaite que tout conducteur européen qui commet une infraction dans un pays de l'Union européenne puisse être sanctionné. La sécurité doit également être assurée sur nos mers : la France souhaite que la responsabilité de l'Etat du pavillon et du propriétaire du navire soit renforcée en cas d'accident. Enfin, alors que le transport aérien est appelé à se développer, il est de notre responsabilité d'établir toutes les garanties de la sécurité aérienne. Pendant la Présidence française, nous devrons donc encourager la création d'un "ciel unique" européen intégrant le contrôle aérien des différents Etats membres.

Notre deuxième grande orientation est la préservation de l'environnement. En la matière, la France joue un rôle exemplaire, et les autres pays ont les yeux tournés vers le "Grenelle de l'environnement" et les décisions concrètes qui en ressortent actuellement. La Présidence française sera l'occasion de porter à l'échelle européenne cette ambition environnementale. Nous souhaitons favoriser les solutions de transport les plus économes en énergie et en pollution, comme les lignes ferroviaires à grande vitesse, ou les autoroutes de la mer, qui transportent les camions sur des bateaux.

Les transports sont enfin le domaine par excellence où l'Europe peut retrouver une place de premier plan dans le dialogue international. En proposant une Union méditerranéenne, le président de la République, Nicolas Sarkozy, souhaite une collaboration qui associerait les pays européens et africains du pourtour méditerranéen dans une politique commune de codéveloppement. L'Europe ne peut laisser échapper une telle mission, qui donnera une nouvelle impulsion au processus de Barcelone. Cette Union constituerait également un facteur de stabilisation pour la région. Enfin, ce projet permettrait à l'Union européenne de relever un défi planétaire : rééquilibrer les rapports Nord-Sud, par le développement des liens de coopération, de commerce et d'échanges.

Moteur des échanges commerciaux, vecteur de croissance, le secteur des transports constitue non seulement un outil, mais également un champ important pour le contenu de cette Union méditerranéenne. La France s'est d'ores et déjà impliquée dans des projets de coopération en ce domaine : le développement de la grande vitesse ferroviaire au Maroc, l'amélioration de la sécurité des chemins de fer égyptiens et la création d'un centre de formation aux métiers de la mer en Tunisie. Mais je sais aussi que notre pays peut également compter sur ses voisins européens. Je me réjouis notamment de l'idée de création d'un tunnel ferroviaire dans le détroit de Gibraltar entre l'Espagne et le Maroc, projet ambitieux s'il en est !

Parmi les objectifs de la Présidence française pourrait figurer l'accélération de l'ouverture du ciel entre l'Union européenne et ses voisins méditerranéens. Elle garantirait la croissance du trafic aérien sur les deux rives de la Méditerranée dans le souci de la sécurité, de la protection des voyageurs et du respect de l'environnement.

Aujourd'hui, nous ne devons pas avoir peur de vouloir un nouvel équilibre mondial plus juste et plus ouvert, dont l'Union méditerranéenne et l'Union européenne seraient des piliers. Comme cela a toujours été le cas dans l'histoire et particulièrement dans l'histoire de l'Union européenne née de la gestion partagée du charbon et de l'acier cet idéal se réalisera par des projets concrets, et, en premier lieu, dans le domaine des transports.

Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 1er février 2008

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