Déclaration de M. François Sauvadet, président du groupe parlementaire Le Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, sur l'adhésion du Nouveau Centre au Traité de Lisbonne, Versailles le 4 février 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. François Sauvadet, président du groupe parlementaire Le Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, sur l'adhésion du Nouveau Centre au Traité de Lisbonne, Versailles le 4 février 2008.

Personnalité, fonction : SAUVADET François.

FRANCE. Le Nouveau Centre, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. Le Nouveau Centre, député

Circonstances : Réunion du Congrès pour la modification de la Constitution en vue de ratifier le Traité de Lisbonne, à Versailles (Yvelines) le 4 février 2008

ti : Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Secrétaire d'Etat,
Mes chers collègues,


Jamais l'Europe n'a été aussi nécessaire. Il faut le redire à nos compatriotes.

L'Europe ce n'est pas une menace, c'est au contraire une chance face aux défis qui nous attendent, et je fais miens, les mots de Jean-Louis Bourlanges, lorsqu'il disait avoir eu le sentiment, au Parlement européen, d'avoir contribué à forger "un objet politique inédit, voire révolutionnaire, capable de permettre aux Etats nationaux [...] de répondre solidairement aux défis de la globalisation".

Nous le savons tous, nous ne pourrons affronter les grands enjeux que si nous sommes "unis dans la diversité". Les crises économiques et financières que nous traversons en ce moment même, les défis de l'immigration, l'enjeu de notre sécurité collective, notre combat contre le terrorisme et la lutte contre la criminalité, la protection de l'environnement et l'avenir énergétique, la recherche, sans oublier l'enjeu alimentaire et la politique de défense : tous ces grands défis du XXIe siècle sont européens.

Et il y avait urgence à donner à l'Europe les moyens de fonctionner à 27 efficacement et démocratiquement. Avec l'adoption du Traité de Lisbonne, l'Europe est enfin sortie de la crise et la France de son isolement. Je tiens au nom du groupe Nouveau Centre à saluer l'action du Président de la République et sa détermination.

Et à ceux qui réclament un référendum, le Président s'est déjà expliqué sur ce choix, il s'était engagé sur ce point lors de la campagne présidentielle.

Le choix du Parlement, c'est le choix de l'efficacité, c'est un engagement que nous avions pris auprès de nos partenaires européens. Et le Parlement au moment où on parle de la revalorisation de son rôle est tout à fait légitime pour prendre les décisions de l'avenir parce que nous sommes les élus du peuple.

Chacun est appelé à se prononcer aujourd'hui, en son âme et conscience, sur cette réforme constitutionnelle préalable à l'adoption du traité.

Ce que les Français attendent, de nous que nous assumions nos responsabilités, que notre "oui" soit un "oui" ou que votre "non" soit un "non". Parce qu'on ne construira l'Europe de demain que dans la sincérité des engagements. Et de ce point de vue, je regrette l'attitude ambiguë du parti socialiste : cette attitude d'abstention n'est pas responsable.

Car, au fond, ce traité, chacun le sait, sortira d'abord, l'Europe des blocages institutionnels issus du traité de Nice, que nous centristes, européens convaincus, n'avions pas voté. Aujourd'hui, dire « non » au traité de Lisbonne, c'est tout simplement conforter le fonctionnement institutionnel issu de Nice, lequel a provoqué des dyarchies à tout niveau et conduit à des incohérences institutionnelles qui affaiblissent l'Europe.

Disons le haut et fort, ce nouveau traité va permettre de mener les politiques concrètes qu'attendent les citoyens. La règle de majorité est élargie à de nouveaux domaines clefs de l'action européenne. Les procédures décisionnelles au Conseil européen seront débloquées et les chances d'y obtenir une décision seront multipliées par 4. Les grands Etats, faut-il le rappeler, seront également mieux représentés et l'exécutif stabilisé avec une présidence de deux ans. La présidence de six mois du Conseil de l'Europe ne pouvait durer.

La majorité qualifiée et la codécision seront étendues au troisième pilier, c'est à dire aux questions fondamentales de justice, d'immigration et de police. Comment demander à un Etat de la taille de Malte de maîtriser seul les flux migratoires ? Nos concitoyens attendent, sur ces sujets, que l'Europe nous protège.

Et puis avec le Traité de Lisbonne, l'action internationale de l'Union européenne est enfin réunifiée. Le Haut représentant sera à la fois vice-président de la commission et représentant des affaires étrangères.

Certes, il nous reste encore du chemin vers cette Europe politique que nous appelons de nos voeux au Nouveau Centre, mais ce traité remet en marche le processus européen, ce traité va nous permettre d'avancer ensemble : citoyens, parlements nationaux dont le contrôle de subsidiarité est renforcé et parlementaires européens, gouvernements... Pour nous, Nouveau Centre, engagés dans la construction de ce grand rêve européen. Ce traité n'est bien sûr qu'un pas mais un pas qui je l'espère, nous emmènera sur "la route de la liberté".


Je vous remercie.


source http://www.le-nouveaucentre.org, le 12 févri

Rechercher