Déclaration de M. Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche, sur les avancées constituées par le Traité de Lisbonne dans la construction européenne et son engagement à le voter, Paris le 5 février 2008 | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche, sur les avancées constituées par le Traité de Lisbonne dans la construction européenne et son engagement à le voter, Paris le 5 février 2008

Personnalité, fonction : BAYLET Jean-Michel.

FRANCE. Parti radical de gauche, président

Circonstances : Explication de vote sur le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution (pour permettre le vote sur le traité de Lisbonne) à Paris le 5 février 2008

ti : Monsieur le Président du Congrès,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame, Messieurs les Ministres,
Mes chers Collègues,


Le conseil constitutionnel ayant considéré que certaines dispositions du traité de Lisbonne touchaient aux conditions d'exercice de la souveraineté nationale, et que les nouvelles prérogatives dévolues aux parlements nationaux ne pouvaient être mises en oeuvre dans le cadre actuel de la Constitution , nous voici réunis en Congrès afin de lever les obstacles à sa ratification.

Certes, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer un référendum. En vain, puisque le chef de l'Etat en a décidé autrement. Cependant, n'oublions pas que dans l'esprit de notre Constitution, l'expression de la souveraineté nationale a la même valeur et, in fine, la même force démocratique, qu'elle soit issue directement du peuple ou de ses représentants. Mais le débat n'est plus là ! Concentrons-nous sur l'essentiel.

Ce qui compte, c'est de sortir l'Europe de la catalepsie institutionnelle dans laquelle elle se trouve depuis deux ans. Nous devons refermer les plaies ouvertes par le « non » de 2005. Un « non » qui exprimait des craintes plus qu'un rejet. Un « non » alimenté par le désarroi social de citoyens fragilisés par des facteurs hexagonaux. Souvenons-nous : tandis que les Français nous demandaient de la protection, nous ne savions que leur parler institutions !

Le traité de Lisbonne sera-t-il en mesure de répondre à leurs attentes ainsi qu'à celles des ressortissants des pays membres ? La pratique le dira, mais beaucoup de ses dispositions semblent aller dans la bonne direction.

Les éléments les plus contestés, qui figuraient dans l'ex-partie III, ont été supprimés. La concurrence n'est plus un objectif en soi. Les services publics sont soutenus par un protocole. Le devoir de protection face à la mondialisation est évoqué pour la première fois. Le dialogue social est reconnu. La charte des droits fondamentaux devient opposable.

Les institutions sont plus démocratiques et mieux adaptées à l'Europe élargie. La règle de l'unanimité recule. L'élection du président de la commission par le Parlement européen, le droit d'initiative citoyen, l'accroissement du rôle des parlements nationaux ou encore la révision du poids des Etats constituent de bonnes avancées.

Pour autant, négocié dans le cadre de l'Europe à 27, le traité est un compromis. Il peut donc décevoir. Mais comment pourrait-il en être autrement lorsqu'il s'agit de satisfaire des intérêts allant de Dublin à Athènes en passant par Helsinki ?

Nous, radicaux de gauche, nous souhaitons une Europe beaucoup plus intégrée sur le plan économique. Nous militons pour une Europe du volontarisme face aux partisans d'une Europe du libéralisme. Nous demandons l'accélération de la conscience européenne.

Nous voulons que le principe de laïcité soit mieux affirmé au sein de l'Union, surtout lorsque l'on entend le président de la République -pourtant garant de cette valeur - exalter les « racines chrétiennes de l'Europe ». L'histoire religieuse de l'Europe est un fait, certainement pas un étendard à brandir à des fins de politique intérieure.

Mes chers collègues, même s'il nous faudra travailler encore pour forger une vision commune de l'Europe, c'est sans états d'âme que les radicaux de gauche et l'ensemble des membres du RDSE, approuveront le traité de Lisbonne.

Pour nous, la défense de l'idée européenne est impérieuse. Depuis ses origines, la communauté européenne est un bel un outil au service de la paix. Elle est un formidable ensemble démocratique qui a su dépasser de veilles passions nationales pour forger un destin commun à près de 500 millions de personnes. Cet espace pacifié, qui semble être aujourd'hui une évidence, s'affaiblit lorsque l'Union européenne est en panne alors qu'il est plus sûr et plus fort dans le cadre d'une Europe en marche.

Lors d'une visite à la Haye en 1984, François Mitterrand déclarait « Nous attendons désormais de l'Europe qu'elle nous aide à donner un sens à ce monde ». De grands défis nous obligent ; L'émergence de nouvelles puissances mondiales, la sauvegarde de notre planète, la montée des intégrismes... Tout cela nous pousse à dire oui aujourd'hui et demain.

Fidèles à leurs idéaux, européens de la première heure, les radicaux de gauche et les membres du RDSE seront de tous le combats pour que l'Europe soit synonyme d'espoir dans l'esprit de nos concitoyens.


Source http://www.planeteradicale.org, le 12 février 2008

Rechercher