Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la politique économique du gouvernement en matière de croissance : "travailler plus, investir plus, dépenser moins", Evreux le 12 février 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la politique économique du gouvernement en matière de croissance : "travailler plus, investir plus, dépenser moins", Evreux le 12 février 2008.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

ti : Monsieur le député maire, cher Jean-Pierre,
Monsieur le député, cher Bruno,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,


Je voudrais remercier Jean-Pierre Nicolas, et Bruno Le Maire, de m'accueillir, ici, à la Mairie d'Evreux, à l'occasion d'une visite, comme Jean-Pierre vient de le dire, qui est une visite républicaine.

Je suis venu, en effet, pour la première fois, s'agissant d'un Premier ministre de la République française, depuis bien longtemps, visiter la gendarmerie. A la fois, le Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale, le prestigieux GIGN, que le monde entier nous envie, et qui est un sujet de fierté, à la fois pour nos armées, pour la gendarmerie et pour notre nation tout entière. Et puis, la gendarmerie départementale de l'Eure.

C'est pour moi, l'occasion de redire combien la lutte contre la délinquance, la lutte contre l'insécurité, les progrès accomplis en matière de sécurité routière, sont essentiels, et demeurent au coeur de la politique du Gouvernement.

Ce n'est pas parce que nous avons progressé sur ces sujets, et que donc, ils sont moins présents dans les préoccupations des Français, qu'il faut relâcher l'effort. C'est bien parce que Nicolas Sarkozy, depuis 2002, a impulsé une nouvelle dynamique à la politique de sécurité que nous avons aujourd'hui les résultats que nous connaissons, et que, du coup, les Français considèrent que la sécurité est une préoccupation moins importante qu'une autre.

Il nous faut sans cesse remettre le travail en cause. Il nous faut sans cesse améliorer nos performances. Il nous faut jamais relâcher l'effort, particulièrement dans le domaine de la sécurité routière, où les résultats dans le département de l'Eure sont spectaculaires : 60 % de tués en moins ; 50 % d'accidents en moins. C'est bien le résultat de cette action volontariste, dont Nicolas Sarkozy a été l'initiateur.

Naturellement, Jean-Pierre, le Premier ministre sera très attentif aux demandes qui sont celles de la ville d'Evreux, et aux demandes qui sont celles du département de l'Eure pour se doter des équipements dont il a besoin pour se développer. Je pense à la deux fois deux voies ou aux équipements culturels et sportifs. Et s'agissant des équipements sportifs, je crois que demain, j'aurai l'occasion de prendre les décisions de financement, en matière notamment, de FNADT, qui permettront à la ville d'Evreux d'obtenir ce qu'elle souhaite, et de réaliser ses projets.

Je veux dire que la générosité du Premier ministre à l'égard de la ville d'Evreux est déjà très grande puisque je vous ai donné le meilleur directeur d'hôpital que je connaisse ! Et je veux vous le recommander puisqu'il est tellement bon d'ailleurs, que dans la Sarthe, où il a sévi pendant longtemps, il avait réussi l'exploit de diriger deux hôpitaux à la fois. Donc il va être sous-employé ici à Evreux, puisqu'il n'en dirigera qu'un seul !

Je voudrais, Jean-Pierre, Bruno, mes amis parlementaires, me tourner vers vous pour vous dire, à l'occasion de cette rencontre, merci pour le soutien que vous m'avez apporté et que vous avez apporté au Gouvernement durant tout le début de cette session parlementaire.

Nous avons engagé, sous l'autorité du président de la République, un effort de réformes sans précédent. Et nous avons engagé cet effort de réformes avec la volonté de tout faire vite. Pourquoi ? Parce que notre pays ne peut pas attendre, parce que notre pays est menacé par une mondialisation à laquelle il ne s'est pas suffisamment préparé. Pendant trop longtemps, la France a cru qu'elle avait suffisamment de richesses, que son héritage culturel, que ses traditions sociales, que son organisation économique étaient suffisamment efficaces et suffisamment brillantes pour qu'elle ne soit pas concernée par les changements qui affectaient toutes les régions du monde, les unes après les autres. Et aujourd'hui, il nous faut réparer cet immobilisme qui n'a que trop duré et engager toutes les réformes, avec un objectif qui est finalement très simple : nous voulons que dans cinq ans, la France soit parmi les trois premiers pays européens en matière de croissance.

Qui peut penser que la France ne peut pas atteindre cet objectif ?

C'est le deuxième pays de l'Union européenne en termes de population, c'est un des plus riches avec une des traditions en termes d'éducation, de formation, la plus ancienne et la plus efficace, avec les services publics sans doute de la meilleure qualité. Comment est-ce que nous ne serions pas capables de faire aussi bien que les trois ou quatre meilleurs pays européens en matière de croissance ?

Nous voulons, deuxième objectif, que le chômage descende en dessous de 5 %. Il y a dix pays européens qui y sont arrivés et qui, pour beaucoup d'entre eux, avaient moins d'atouts que nous pour le faire.

Nous voulons que la pauvreté dans notre pays diminue d'un tiers. Nous voulons placer dans les 100 premières universités mondiales 10 universités françaises ; aujourd'hui, nous n'en avons que deux dans les 100 premières universités mondiales, dans le pays qui a presque inventé l'université.

Nous voulons ramener nos finances publiques à l'équilibre. Là encore, beaucoup d'autres pays européens l'ont fait dans un délai très court, et se trouvent aujourd'hui dans une situation bien plus confortable que la nôtre. Je vois défiler à l'hôtel de Matignon beaucoup de chefs de gouvernement de toute l'Europe et certains d'entre eux me confient que l'une des difficultés qu'ils rencontrent aujourd'hui, c'est la difficulté de répartir les excédents budgétaires parce que tout le monde veut sa part des excédents budgétaires. Je les regarde en me disant que le jour où le Premier ministre français n'aura plus comme souci que celui de répartir les excédents budgétaires, c'est que notre pays aura fait des progrès considérables.

Et puis, nous voulons atteindre les objectifs du "Grenelle de l'environnement" : 20 % d'émissions de CO2 en moins en 2020. Cela suppose que d'ici cinq ans, on ait déjà parcouru une bonne partie du chemin.

Comment est-ce que l'on arrive à ces objectifs ?

Eh bien on y arrive en conduisant une politique économique qui est inspirée par trois principes très simples : pour avoir de la croissance, il faut travailler plus ; pour avoir de la croissance, il faut investir plus ; et enfin, pour avoir de la croissance, il faut dépenser moins.

Alors peut-être certains trouveront que cette politique économique est un peu simple, mais je suis un paysan sarthois et je pense que travailler plus, investir plus et dépenser moins, c'est une bonne politique économique, qui est valable quel que soit le contexte économique et social international.

Travailler plus : nous avons commencé à mettre en oeuvre cette stratégie en libérant les heures supplémentaires en juillet, en permettant le rachat des RTT en janvier. Et nous espérons, si les partenaires sociaux travaillent bien, qu'avant l'été, nous pourrons obtenir la négociation directe dans l'entreprise, entre le chef d'entreprise et ses salariés, de la question de l'usage des heures supplémentaires, de leur volume, de leur rémunération.

Travailler plus, c'est aussi ce qu'on appelle "la flex-sécurité à la française", c'est-à-dire faire en sorte que le droit du travail soit plus souple, et en même temps, qu'il y ait plus de garanties pour les salariés.

C'est aussi accompagner les chômeurs d'une façon plus efficace vers l'emploi. C'est pour cela que nous sommes en train d'organiser la fusion de l'ANPE et de l'Unedic. C'est pour ça que nous avons demandé aux partenaires sociaux de négocier une réforme du contrat de travail, qu'ils ont négocié. Pour la première fois depuis les années 60, les partenaires sociaux ont accepté de modifier les règles du contrat de travail pour l'assouplir.

Et puis, nous sommes en train de mettre en oeuvre la réforme de la formation professionnelle. Investir plus, nous allons commencer avec les défiscalisation qui ont été mises en place au mois de juillet dernier, avec le triplement du crédit impôt recherche, nous alors poursuivre au printemps avec un projet de loi de modernisation de l'économie qui proposera en particulier de réduire considérablement les délais de paiement qui sont imposés aux entreprises et en particulier aux PME, y compris d'ailleurs les délais de paiement des administrations.

Nous voulons suspendre les effets de seuil, les effets financiers des seuils qui, aujourd'hui, handicapent les petites entreprises dans leur développement.

Nous voulons réformer le Livret A, nous voulons mettre plus d'atout entre les mains des entreprises françaises pour qu'elles se développent et pour qu'elles exportent. Enfin, dépenser moins, c'est d'abord le gel, pendant cinq ans de toutes les dépenses publiques au niveau de l'inflation, y compris, monsieur le maire, des concours aux collectivités locales.

C'est ensuite la Révision générale des politiques publiques qui doit nous conduire à rationaliser l'action de l'Etat, et à rationaliser la relation entre l'Etat et les collectivités territoriales.

C'est la réduction, il faut le dire clairement, des effectifs de la Fonction publique, parce qu'on ne pourra pas moderniser l'Etat et on ne pourra pas moderniser la Fonction publique sans réduire les effectifs de la Fonction publique. C'est la raison pour laquelle nous avons clairement indiqué que nous ne remplacerions pas un départ sur deux à la retraite dans la Fonction publique de l'Etat.

Et puis enfin, c'est l'ouverture des grands chantiers du financement des retraites et du financement de la protection sociale que le président de la République a lancés le 6 février dernier avec les partenaires sociaux. Là aussi, l'objectif c'est naturellement d'atteindre les équilibres financiers sans lesquels notre pays ne peut pas durablement construire de la croissance, distribuer du pouvoir d'achat et atteindre le plein emploi.

Déjà, nous obtenons des résultats qui sont des résultats spectaculaires, je pense en particulier aux résultats en matière d'emploi. Le chômage ne cesse de baisser dans notre pays ; nous sommes aujourd'hui à un niveau historiquement bas : 7,9 % de chômage. C'est vrai qu'on est encore loin de l'objectif de 5 % que nous voulons atteindre, mais c'est un chiffre qui nous ramène au niveau du chômage du début des années 80.

J'ai parlé tout à l'heure de la sécurité où les résultats sont exceptionnels, à la fois dans la lutte contre la délinquance et en matière de sécurité routière. Je pourrais aussi parler du retour de la France dans le monde et en Europe, avec en particulier la signature et la négociation de ce traité de Lisbonne, qui place la France dans une situation, où elle était la cause d'un blocage du fonctionnement des institutions européennes, à une situation où elle est la principale responsable de la remise en marche de ses institutions européennes, et chacun sait le rôle clé qui a été celui du président de la République dans ce retour de la France au coeur des institutions européennes.

Voilà, mesdames et messieurs, pourquoi je voulais remercier les parlementaires qui sont autour de moi, et qui ont une grosse part de responsabilité dans la mise en oeuvre de ce projet. Je voulais leur dire, et vous dire, que pour réussir les réformes, il faut l'énergie et la détermination du président de la république. C'est d'ailleurs sans doute parce qu'il a cette énergie et cette détermination qu'il attire aujourd'hui tant de critiques, dont certaines d'ailleurs sont indécentes et insupportables parce qu'elles n'ont rien à voir avec la politique et qu'elles n'ont rien à voir avec l'éthique qui devrait être celle de ceux qui commentent l'actualité. Eh bien, je veux vous dire que nous sommes tous rassemblés derrière le président de la République, avec le Gouvernement, avec la majorité, pour mettre en oeuvre les réformes dont notre pays a besoin, et dont la réussite, ici, de l'équipe municipale à Evreux est un exemple.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 15 février 2008

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