Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur les mesures décidées pour améliorer la sécurité routière, Paris le 13 février 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur les mesures décidées pour améliorer la sécurité routière, Paris le 13 février 2008.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réunion du Conseil interministériel sur la sécurité routière, à Paris le 13 février 2008

ti : Mesdames et messieurs nous avons tenu une réunion du comité interministériel de Sécurité routière. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que la Sécurité routière est une priorité du Gouvernement, qu'elle a été une priorité toutes ces dernières années, avec des chiffres qui sont des chiffres remarquables, puisque, en 2008 nous avons 18,5 % de tués en moins, nous avons 2,1 % de blessés en moins, et 4,7 % d'accidents corporels en moins. La France, d'ailleurs qui était parmi les pays mal classés de l'Union européenne est aujourd'hui parmi les premiers pays européens. Mais nous ne nous contentons pas de ces résultats, d'abord parce que nous savons qu'il faut en permanence mettre en place des mesures nouvelles, renforcer les contrôles, les formations, les incitations pour que nos concitoyens ne relâchent pas leurs comportements, leur prudence, et puis, parce que il y a encore des vies humaines à épargner ; et des accidents à éviter.

Le président de la République nous a fixé des objectifs très ambitieux, pour la durée du quinquennat, puisque cet objectif, s'agissant du nombre de morts sur les routes, consiste à passer en dessous de la barre des 3.000. S'agissant des accidents mortels dus à une alcoolémie excessive, notre objectif est de les diviser par deux, diviser par trois le nombre des jeunes tués sur la route, cette catégorie de la population étant particulièrement exposée aux accidents mortels, et enfin, de diviser par deux le nombre des personnes tuées en utilisant des deux roues. Pour atteindre ces objectifs il faut des mesures fortes, il faut un moteur interministériel bien réglé, et je voudrais d'abord remercier tous les membres du Gouvernement, et la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, madame Cécile Petit, qui tous témoignent d'une grande ambition et d'un grand engagement dans la mise en oeuvre des mesures permettant d'améliorer la sécurité sur les routes françaises.

Nous avons donc décidé de renforcer les contrôles et de renforcer les sanctions. D'abord pour lutter contre la vitesse, nous allons déployer 500 nouveaux radars par an pendant cinq ans. Nous allons améliorer la répression des infractions commises par les conducteurs étrangers sur notre territoire, grâce à un projet de directive sur les poursuites transfrontalières, que la France soutiendra lors de la présidence française de l'Union européenne. Pour lutter contre la récidive, nous avons décidé la confiscation obligatoire du véhicule en cas de conduite sans permis, ou de récidive de délits ; délits de grande vitesse ou d'alcoolémie. Pour lutter contre les homicides, nous avons décidé une rétention automatique du permis, et pour lutter contre les trafics de points, une incrimination pénale spécifique. Sur les risques liés à l'alcool et aux stupéfiants, nous allons équiper certains véhicules en éthylotest anti-démarrage. Ce sera le cas pour, tous les véhicules conduits par des personnes qui ont déjà commis des délits de conduite sous l'emprise de l'alcool, pour tous les cars scolaires d'ici la rentrée 2009, et nous allons mettre la même mesure à l'étude pour les autres autocars. Nous voulons placer des éthylotests électroniques à la sortie de toutes les discothèques. Nous voulons interdire la vente de toutes boissons alcoolisées dans les stations-service. Nous voulons confisquer les véhicules en cas de récidive de conduite après usage des stupéfiants.

S'agissant maintenant des jeunes et du permis de conduire, nous allons tenir, à la mi-2008, un comité interministériel spécifique pour engager une réforme du permis de conduire et de l'apprentissage de la conduite. Il s'agit d'obtenir que le permis soit moins coûteux, car il y a aujourd'hui une discrimination liée au coût du permis de conduire, que les délais pour son obtention soient raccourcis et que la formation soit améliorée. Dès maintenant, nous allons rendre obligatoire, à partir du mois de juin prochain, l'affichage du taux de réussite pour chaque auto-école, partout sur le territoire national.

Les deux-roues et les autres usagers vulnérables sont devenus un enjeu essentiel de sécurité routière. Pour la sécurité des cyclistes, nous allons rendre obligatoire le port d'un gilet rétro réfléchissant la nuit en dehors des agglomérations, et nous allons lancer une campagne d'incitation au port du casque, notamment vers les enfants. Pour tous les véhicules nous allons rendre obligatoire, comme c'est le cas dans tous les autres pays européens, la disposition d'un gilet rétro réfléchissant et d'un triangle de signalisation. Nous voulons améliorer la prévention du risque routier professionnel dans le transport routier de marchandises, l'utilisation d'une télévision ou d'une console de jeux vidéo en situation de conduite sera sévèrement sanctionnée. Une charte de prévention du risque de routiers vient d'être signée avec les professionnels.

Enfin, pour sécuriser les infrastructures, l'Etat s'engage à des inspections de sécurité tous les trois ans, sur tous les itinéraires du réseau routier national à compter de 2009, avec naturellement les conséquences qu'il faudra tirer de ces inspections. Enfin, je voudrais dire un mot sur l'Outre-mer, où nous voulons faire un effort particulier compte tenu des retards qui sont accumulés sur ces territoires où les résultats de la politique de Sécurité routière sont moins bons que sur le territoire national.


Voilà ce que je souhaitais vous dire, avec les ministres qui m'entourent. Si vous avez des questions à poser, nous allons essayer d'y répondre.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 18 février 2008

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