Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, sur les réseaux "ambition réussite", Paris le 19 mars 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, sur les réseaux "ambition réussite", Paris le 19 mars 2008.

Personnalité, fonction : DARCOS Xavier.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Séminaire national "Conduire l'action pédagogique dans les réseaux ambition réussite" à Paris le 19 mars 2008

ti : Monsieur le Directeur général,
Mesdames et Messieurs les Inspecteurs généraux,
Mesdames et Messieurs les Inspecteurs d'académie, Inspecteurs pédagogiques régionaux,
Mesdames et Messieurs les Inspecteurs de l'éducation nationale,
Mesdames et Messieurs les chefs d'établissement,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers collègues,


C'est avec beaucoup de plaisir que je participe aujourd'hui à ce séminaire national dédié à la conduite de l'action pédagogique dans les réseaux ambition réussite de notre pays et qui s'inscrit dans la droite ligne des quatre rencontres inter-académiques organisées précédemment. S'il ne m'a pas été possible d'entendre l'ensemble des interventions qui se sont succédé depuis ce matin, ni de participer directement à vos travaux, j'ai en revanche veillé à prendre connaissance des débats qui se sont tenus ici et je suis heureux de pouvoir prendre part à la conclusion de cette journée d'échange et de travail consacrée aux réseaux « ambition réussite ».

Je veux tout d'abord saluer la qualité du travail collectif réalisé dans le cadre de ce séminaire. En effet, je crois que la pertinence des interventions successives, la diversité des questions abordées ou encore la richesse de la réflexion conduite dans le cadre des huit groupes de travail, organisés en fin de matinée, doivent être soulignées pour une double raison :

La qualité du travail collectif mené aujourd'hui démontre tout d'abord l'engagement de tous ceux qui, au sein des réseaux « ambition réussite », oeuvrent pour offrir les meilleures conditions d'apprentissage possibles aux élèves qui grandissent dans un contexte économique, social et culturel dégradé. Que vous soyez inspecteur, chef d'établissement ou enseignant, je sais que vous ne ménagez pas vos efforts pour que ce dispositif, mis en place depuis bientôt deux ans, porte rapidement ses meilleurs fruits et je tiens à vous en remercier.

La vivacité des débats et le souci de chacun des participants de contribuer, par son témoignage ou ses analyses, au succès de cette journée illustrent également l'enjeu que représentent les réseaux « ambition réussite » pour le système éducatif tout entier et l'attention qui lui est portée et les attentes qu'ils suscitent.

Comme vous le savez, les réseaux « ambition réussite » ont été créés à partir de mars 2006. Leur mise en place rapide, soulignée récemment par le rapport annuel de l'inspection générale, permet d'avoir aujourd'hui le recul nécessaire pour dresser le bilan d'une année pleine de fonctionnement.

Aujourd'hui, il existe quelque 253 collèges publics « ambition réussite » qui rassemblent autour d'eux les écoles de leur secteur. Les réseaux sont répartis dans l'ensemble des trente académies, même si certaines en concentrent un nombre plus important que d'autres.

Les réseaux « ambition réussite » reposent sur la volonté de cibler les efforts sur un nombre limité d'écoles et d'établissements qui concentrent les plus grandes difficultés. J'attache d'ailleurs beaucoup d'importance à l'instauration de liens étroits entre les écoles et les collèges qui les entourent, car ils permettent d'affirmer plus distinctement la continuité de la scolarité obligatoire et d'éviter une partie des difficultés qui surgissent au moment de l'entrée au collège.

Les réseaux « ambition réussite » ont un objectif majeur : améliorer les résultats des élèves, en portant notamment une attention particulière aux démarches pédagogiques qui y sont mises en oeuvre.

Pour atteindre cet objectif de réussite pour tous, d'importants moyens ont été attribués aux réseaux « ambition réussite ». C'est ainsi que des enseignants-référents, qui peuvent être totalement déchargés de leur service, encadrent les élèves. Par ailleurs, des assistants pédagogiques accompagnent les élèves en difficulté.

Ainsi conçus, les réseaux « ambition réussite » renouent avec les principes fondateurs et parfois oubliés de l'éducation prioritaire. En effet, alors que le système mis en place prévoyait l'expérimentation, l'innovation, l'audace pédagogique, mais aussi la concentration des moyens et la possibilité d'entrer ou de sortir des dispositifs, les ambitions liminaires se sont peu à peu estompées au profit d'une extension toujours croissante des dispositifs. Ainsi, aujourd'hui, ce sont 1 119 collèges, soit plus d'un collège sur cinq, qui relèvent de l'éducation prioritaire.

En ciblant les établissements et les écoles qui concentrent les plus grandes difficultés, les nouveaux réseaux « ambition réussite », affirment aussi avec clarté la détermination de l'Education nationale à donner plus à ceux qui ont moins, afin d'offrir à tous nos enfants des chances de succès égales.

Deux ans après leur naissance, les réseaux « ambition réussite » ont déjà obtenu des résultats importants. Ils doivent encore persévérer pour atteindre les objectifs qui leur ont été fixés. A mon sens, les réseaux ambition réussite doivent aujourd'hui relever un triple défi :

Le premier défi est la nécessaire mobilisation de tous les acteurs du pilotage pour faire avancer les réseaux « ambition réussite », système récent qui demande encore à être fortifié. De ce point de vue, les inspecteurs et les chefs d'établissement sont les cadres et les acteurs engagés du changement car c'est à eux que revient la lourde tâche d'inviter les enseignants à infléchir leurs pratiques pédagogiques afin qu'elles puissent prendre en compte les difficultés spécifiques rencontrées par les élèves. Il est bien évident que si cette impulsion était absente ou si elle manquait de solidité théorique, le changement des pratiques au sein de la classe ne pourrait avoir lieu. Sur ce point, je sais que je peux vous faire confiance pour porter ce changement, et l'ensemble des débats qui ont précédés l'ont d'ailleurs démontré.

Le second défi se situe du côté de l'innovation pédagogique. En effet, les réseaux « ambition réussite » constituent le fer de lance du système éducatif du point de vue de l'innovation pédagogique. En effet, il existerait un véritable paradoxe à reprendre, dans ces réseaux qui concentrent la plupart des difficultés du système éducatif, les méthodes didactiques employées partout ailleurs et qui ne donnent pas toujours des résultats satisfaisants.

Sur ce point, je fais appel à votre hardiesse. En effet, l'esprit d'innovation et d'expérimentation est encore timide au sein des réseaux « ambition réussite », alors même qu'il devrait être au coeur du dispositif. Je vous invite donc à le renforcer et à encourager chacune des initiatives originales dès lors qu'elle vous semblera profitable à la réussite des élèves. L'article 34 de la loi sur l'école de mai 2005 a ouvert des possibilités formidables en matière d'innovation pédagogique, je vous demande de vous en emparer et d'inciter l'ensemble des acteurs des réseaux « ambition réussite » à en faire de même.

Le troisième défi, sans doute le plus décisif, est la réussite des élèves et je me réjouis que cette question ait été au coeur de la réflexion menée aujourd'hui au lycée Louis-le-Grand. La dénomination même de ces réseaux, mis en place depuis mars 2006, appelle à une amélioration tangible des performances et des résultats scolaires des élèves qui sont scolarisés en leur sein. Loin de limiter leur action à l'adjonction de moyens supplémentaires dans des établissements en difficulté, les réseaux « ambition réussite » ont également pour objectif de mettre en oeuvre une véritable culture du résultat, ce qui suppose nécessairement une évaluation régulière des progrès accomplis par nos élèves.

Au-delà, je souhaite que cette avant-garde que sont les réseaux « ambition réussite » puissent montrer la voie à l'éducation nationale tout entière. Je tiens en particulier à ce que l'expérience acquise dans les réseaux permette de proposer des solutions originales à tous les élèves en difficulté, quel que soit leur lieu de scolarisation, et de les aider à améliorer substantiellement leurs résultats.

À terme, lorsque ces défis auront été relevés, lorsque les objectifs de réussite auront été atteints, se posera nécessairement la question de l'évolution du dispositif. La logique voudrait que les écoles et les collèges dont les performances se sont accrues puissent en sortir. Ce serait en quelque sorte le symbole des progrès accomplis mais également le signe de l'efficience du dispositif qui n'a pas pour vocation de stigmatiser ou de ghettoïser durablement ces écoles et ces collèges mais au contraire de les aider à surmonter les difficultés qu'ils rencontrent.

Au moment de conclure, je veux vous faire part d'une conviction sincère et je pense que vous la partagerez. Je crois profondément que l'école a une responsabilité particulière envers ceux de ses élèves qui grandissent dans les quartiers habituellement qualifiés de difficiles et qui ne trouvent pas chez eux l'aide et le soutien dont bénéficient d'autres enfants de leur âge. Pour eux, sans doute plus que pour les autres, l'école doit redevenir une source d'espoir, un espace d'ambition et un vecteur d'ascension sociale.

Elle ne doit pas se contenter de les scolariser, elle a pour obligation de leur apporter les conseils, l'encadrement et l'ouverture culturelle dont ils ont besoin et qu'ils ne peuvent trouver à la maison. C'est toute la raison d'être des réseaux « ambition réussite » que vous avez contribué à créer et auxquels vous vous êtes consacrés sans relâche depuis deux ans. Je tenais donc à vous en remercier et je vous invite à poursuivre les efforts consentis pour assurer la réussite de tous nos élèves.


Je vous remercie.


Source http://www.education.gouv.fr, le 20 mars 2008

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