Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors du point de presse conjoint avec M. Ilkka Kanerva, ministre finlandais des affaires étrangères, sur la répression au Tibet et l'éventualité d'un boycott européen des Jeux olympiques de Pékin, le projet d'Union méditerranéenne et la protection de la mer Baltique, l'avenir des relations entre la Russie et l'Union européenne, Paris le 18 mars 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors du point de presse conjoint avec M. Ilkka Kanerva, ministre finlandais des affaires étrangères, sur la répression au Tibet et l'éventualité d'un boycott européen des Jeux olympiques de Pékin, le projet d'Union méditerranéenne et la protection de la mer Baltique, l'avenir des relations entre la Russie et l'Union européenne, Paris le 18 mars 2008.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes

Circonstances : Visite en France du ministre finlandais des affaires étrangères Ilkka Kanerva et entretien avec Bernard Kouchner le 18 mars 2008 à Paris

ti : Mesdames et Messieurs, j'ai reçu M. Ilkka Kanerva, notre ami, ministre des Affaires étrangères de Finlande. Nous nous connaissons bien et nous avons eu l'occasion de faire un tour d'horizon assez complet des questions bilatérales et européennes.

Nous avons aussi, bien évidemment, abordé les problèmes internationaux. Nous avons parlé du Moyen-Orient, de l'Iran, de la Russie. Nous regardons la période qui vient avec beaucoup d'intérêt puisque le président de l'OSCE est à mes côtés et que la France assurera la présidence de l'UE à partir du mois de juillet prochain - car c'est pour le moment la Slovénie qui assure cette Présidence. Nous aurons l'occasion, tous les deux, de nous entretenir des problèmes des Droits de l'Homme, des problèmes électoraux, des problèmes des crises dans le monde, à partir du 1er juillet.

D'ici là, nous avons donc décidé, puisque depuis plusieurs années il n'y avait pas eu de visite d'un ministre des Affaires étrangères français en Finlande, que je visiterai mon ami Ilkka et son pays avant la fin du mois de juin, je l'espère.


Q - Pensez-vous que l'Europe pourrait boycotter l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin ?

R - Pour le moment, je ne connais aucun pays européen qui veuille boycotter les Jeux de Pékin. La France non plus.

Nous sommes très attentifs. Nous suivons tout ce qui se passe au Tibet au plus près de ce que nous pouvons connaître.

Nous sommes très attentifs à la position du Dalaï-Lama qui n'a pas demandé le boycott des Jeux Olympiques. Au contraire, il a répété qu'il n'était pas en faveur du boycott et qu'il demandait simplement une autonomie culturelle.

Maintenant, j'espère que la situation va se calmer, qu'il n'y aura plus de blessés et qu'il n'y aura plus de répression. Il y a eu une proposition, ce matin, avec laquelle nous ne sommes pas non plus en accord. Cette proposition est venue des journalistes qui pensent au boycott de la cérémonie d'ouverture.

Je me souviens très bien du boycott de 1980 pour les Jeux de Moscou. La Chine y était favorable à l'époque et cela n'a servi à rien.

En revanche, je crois que laisser aux journalistes le libre accès à l'information, cela c'est très important. Cela sera-t-il possible ? Je l'espère.

Q - J'ai une question pour le ministre finlandais ainsi que pour le ministre français. Je voudrais savoir si vous avez discuté du projet d'Union de la Méditerranée et de l'idée selon laquelle la Finlande devrait conditionner son soutien à cette idée au soutien de la France à la protection de la mer Baltique ?

R - La France et l'Allemagne, au nom de l'UE, sont en accord avec le modèle de protection de la mer Baltique. Pour l'Union de la Méditerranée, nous avons besoin de projets, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, et nous voulons bien sûr poursuivre ce projet tous ensemble, avec la Commission européenne. Il s'agit du " Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée ".

Q - Avez-vous évoqué le nom du futur ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne ? Aujourd'hui, vous avez émis un communiqué avec M. Carl Bilt, serait-il un bon candidat pour vous ?

R - Non, Monsieur, nous avons parlé de la Serbie. Nous avons publié ce communiqué ensemble parce que nous sommes les amis de la Serbie et que nous sommes engagés depuis des années dans la résolution de la question des Balkans.

En ce qui concerne le nom du futur ministre des Affaires étrangères de l'UE, cela sera décidé sous présidence française et fera l'objet d'une décision commune des 27 Etats membres.

Q - Quel est votre projet durant la Présidence française de l'UE concernant la Russie ?

R - Concernant la Russie, nous avons décidé - mais je laisserai Ilkka répondre - que nous devons organiser, au niveau de nos experts - pas à un niveau ministériel -, la façon dont nous envisageons, nous envisagerons, ensemble, les Vingt sept pays, d'avoir des relations particulières avec la Russie.

La Russie est un grand pays. Le président Medvedev vient de déclarer que l'avenir de la Russie se situe en Europe. Nous voulons concevoir, imaginer, pratiquer un nouveau langage avec ce grand pays.

Je crois que le ministre des Affaires étrangères Finlandais a là une expérience, votre pays a une expérience formidable et nous voulons en bénéficier. Nous allons travailler, nous allons créer une sorte de "European think tank".


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 mars 2008

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