Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, sur les relations et le partenariat de la France avec le Bostwana, Paris le 20 mars 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, sur les relations et le partenariat de la France avec le Bostwana, Paris le 20 mars 2008.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes

Circonstances : Toast de Bernard Kouchner lors du dîner offert en l'honneur du président du Bostwana Festus Mogae à la veille de son départ du pouvoir, à Paris le 20 mars 2008

ti : Je veux dire ce soir l'honneur et la fierté de la France et du gouvernement français d'accueillir le président Mogae à la veille de son départ du pouvoir.

Cette visite est pour moi l'occasion de rendre hommage à un chef d'Etat et à un pays qui sont des modèles pour l'ensemble de l'Afrique. C'est aussi l'occasion de renforcer les relations entre la France et le Botswana, deux pays qui ont beaucoup en commun : la démocratie, les Droits de l'Homme, l'approche des défis du développement et des grandes questions internationales.

Mais je veux d'abord m'arrêter sur le parcours accompli par le Botswana depuis son indépendance, un parcours sans équivalent sur le continent africain.

Le Botswana a su construire une prospérité réelle par une gestion vertueuse du processus de développement. Le Botswana a aujourd'hui un PIB par habitant parmi les plus hauts d'Afrique. Un produit intérieur brut au service de sa population par le biais d'investissement dans les trois secteurs prioritaires de l'éducation, de la santé et de l'action sociale.

Le Botswana a su construire une vraie démocratie en préservant ses institutions d'origines. L'Etat de droit est une réalité solidement enracinée, reconnue et respectée sur tout le continent et ailleurs hors d'Afrique.

Dans cette réussite exceptionnelle, vous avez, Monsieur le Président, une grande responsabilité. Par votre action, par vos compétences reconnues, par votre personnalité, vous avez su consolider ces acquis et permettre au Botswana de franchir encore de nouvelles étapes importantes.

Votre action doit être pour nous une source d'inspiration.

Aujourd'hui, je souhaite que la France et le Botswana établissent un partenariat exemplaire.

Nous avons en effet beaucoup à nous dire, à échanger et à faire ensemble, notamment sur les grandes questions du continent, qu'il s'agisse des crises et des conflits, du maintien de la paix - je pense au Darfour dont nous avons parlé avec le président - ou du partenariat de l'Union européenne avec l'Afrique.

Nous attachons également une importance toute particulière au processus de la SADC, que nous soutenons, et dont le Botswana a été, dès l'origine, à la fois l'hôte et un acteur modèle.

L'appui à l'intégration régionale est aujourd'hui l'un des points cardinaux de la politique de la France en Afrique.

Ces relations de confiance et d'amitié, nous devons les développer plus encore. Je voudrais pour terminer mentionner quatre sujets emblématiques :

- les relations économiques : il y a beaucoup à faire dans ce domaine, et je souhaite que nous nous y attelions tous, Français et Botswanais, dans l'enthousiasme et la sincérité. Votre petit déjeuner, Monsieur le président, au MEDEF international, demain en présence d'investisseurs français lancera, je l'espère, des pistes en vue d'une plus grande collaboration. Vous venez d'en parler lors de notre point de presse.

- La lutte contre le sida naturellement : je connais votre action remarquable. La France se veut à la pointe de ce combat, c'est pourquoi nous voulons entretenir un dialogue étroit avec le Botswana, qui pourrait utilement adhérer à notre initiative Unitaid.

- Le français : je me félicite de l'accord-cadre sur l'aide à l'enseignement du français qui a été signé. Je vous remercie, Monsieur le Président, pour la décision prise par le gouvernement de généraliser l'enseignement du français - comme langue de communication avec le reste de l'Afrique - dans l'ensemble des écoles secondaires du Botswana d'ici à 2016.

- Enfin, la construction de notre nouvelle ambassade à Gaborone. Permettez-moi de vous remercier pour le geste consenti par le Botswana pour l'attribution d'un terrain pour la construction d'une ambassade en co-localisation avec les Allemands. Ce projet sera essentiel pour le renforcement de notre présence au Botswana et de notre coopération avec la SADC. La France souhaiterait évidemment beaucoup que le Botswana puisse ouvrir, quand il le pourra, une ambassade à Paris.

Vous le voyez, il y a beaucoup à dire, beaucoup à faire entre nos deux pays. Je souhaite que notre coopération, fondée sur des principes communs et une amitié sincère, se développe avec le même dynamisme que vous avez mis à réformer et à développer votre pays.

Je ne doute pas que les liens anciens et personnels qui vous attachent à la France depuis votre passage à Lyon, durant vos années d'études, vous rendront particulièrement sensible à ces voeux.

Je sais que vous allez retourner demain dans cette belle ville. Je vous souhaite d'y effectuer un très heureux séjour, en espérant que vous aurez une nouvelle fois l'occasion de profiter de la qualité de vie de ce pays que vous appréciez tant.

Je sais qu'il est d'usage au Botswana de conclure les allocutions par le mot "Pula", souhait de pluie, de bonheur et de prospérité. C'est celui que je forme à votre intention et à celle des membres de la délégation officielle qui vous accompagnent, notamment mon collègue et ami, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Botswana, M. Mompati Merafhe.

Pula !


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mars 2008

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