Interview de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" le 25 mars 2008, sur la session parlementaire et les réformes en débat. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" le 25 mars 2008, sur la session parlementaire et les réformes en débat.

Personnalité, fonction : ACCOYER Bernard.

FRANCE. Assemblée nationale, président ; FRANCE. UMP, député

ti : LE FIGARO. - Comment s'engage la session parlementaire après la défaite électorale de l'UMP ?

Bernard ACCOYER. - Elle va être intense. Beaucoup de textes importants seront examinés. Le résultat des élections locales ne remet aucunement en cause la légitimité des députés ni le mandat pour la réforme que le président et les députés ont reçu des Français. Nous avons entendu leurs impatiences et leurs attentes, mais il ne faut pas confondre les échéances. Je souhaite que ces réformes soient débattues au Parlement dans un climat constructif, à partir des propositions de chacun, sans blocages stériles et incompris par les Français. J'y serai particulièrement attentif.

LE FIGARO. - Faut-il accélérer le rythme des réformes ?

Bernard ACCOYER. - Le gouvernement, la majorité et les Français ne veulent pas de pause dans les réformes. Mais il faut distinguer la méthode et le contenu. J'ai demandé au premier ministre que le Parlement dispose du temps nécessaire pour travailler plus en amont avec le gouvernement. Il ne faut pas que les députés aient le sentiment de légiférer dans la précipitation. Mais n'oublions pas l'essentiel : la France a besoin de réformes, des réformes ambitieuses et courageuses.

LE FIGARO. - Le PS s'oppose « en l'état » à la réforme des institutions. Quels sont les points sur lesquels vous ne transigerez pas et comment obtiendrez-vous « le consensus le plus large » que vous dites rechercher ?

Bernard ACCOYER. - Cette réforme est essentielle. Je mettrai toute mon énergie à la faire aboutir. Elle constituera une avancée démocratique sans précédent sous la Ve République. Il s'agit ni plus ni moins de renforcer les pouvoirs du Parlement et d'encadrer un certain nombre des pouvoirs de l'exécutif, objectifs partagés par toutes les formations politiques.

Parmi les points sur lesquels je ne transigerai pas, il y a l'ordre du jour partagé, la discussion en séance du texte issu de la commission, la limitation de la procédure d'urgence, le délai de dépôt des textes et encore plus de renforcement des pouvoirs de contrôle et d'évaluation du Parlement.

L'opposition doit se reconnaître dans ces avancées. À mon sens, le fait que le président vienne s'exprimer devant les parlementaires, plutôt qu'à la télévision, renforcerait d'abord le Parlement, sans dénaturer les institutions, bien que ce ne soit pas la pierre angulaire de la réforme.

LE FIGARO. - Êtes-vous toujours contre la proportionnelle et pour le cumul des mandats ?

Bernard ACCOYER. - Oui, c'est toujours ma conviction. Je reste attaché au lien entre un mandat local et un mandat national, même si de nouveaux aménagements sont souhaitables. En ce qui concerne la représentation proportionnelle, même à faible dose, il ne me paraît pas souhaitable de mélanger deux catégories de députés, ceux qui sont élus au scrutin uninominal par le peuple, et ceux qui sont nommés par les partis au travers de la proportionnelle.

LE FIGARO. - Dès cette semaine, le lundi de Pentecôte férié va être rétabli et la journée de solidarité pourra être choisie à la carte. Pourquoi ce cafouillage gouvernemental ?

Bernard ACCOYER. - Ce n'est pas un cafouillage. Cette initiative des parlementaires va apporter plus de souplesse au dispositif, tout en préservant son principe. Cette journée de solidarité permet de recueillir, chaque année, deux milliards cent millions d'euros au profit des personnes handicapées et dépendantes. Simplement, nous ne voulons plus imposer cette journée de solidarité le lundi de Pentecôte, mais laisser un libre choix aux entreprises et aux salariés.

LE FIGARO. - Vous êtes hostile au mouvement anti-OGM. Allez-vous à nouveau prendre la défense des scientifiques lors du débat à l'Assemblée ?

Bernard ACCOYER. - La France a une grande communauté scientifique mondialement reconnue. Je comprends les craintes qui peuvent s'exprimer à l'occasion d'avancées technologiques, certainement insuffisamment expliquées. Mais je ne peux pas admettre, en tant que républicain, la violence, le terrorisme intellectuel, l'intimidation, voire la diffamation. À force de tergiverser, la confusion et la peur se sont installées à la faveur d'actions militantes anti-OGM violentes, faisant l'amalgame trompeur entre intérêts privés et intérêt général. Je souhaite que le débat à l'Assemblée soit serein, équilibré et objectif. L'enjeu des biotechnologies n'est rien moins que celui de l'alimentation de l'humanité, des progrès en matière de santé et de notre environnement.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 7 avril 2008

Rechercher