Déclaration de M. Bernard Laporte, secrétaire d'Etat aux sports, sur l'engagement des jeunes, l'éducation civique et le volontariat, Paris le 3 avril 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Laporte, secrétaire d'Etat aux sports, sur l'engagement des jeunes, l'éducation civique et le volontariat, Paris le 3 avril 2008.

Personnalité, fonction : LAPORTE Bernard.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux sports, à la jeunesse et à la vie associative

Circonstances : Rassemblement des jeunes volontaires d'Unis-Cités à Paris le 3 avril 2008

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Il y a quelques jours je me suis vu confier la responsabilité d'impulser la politique de notre pays en matière de Jeunesse. Je suis désormais Secrétaire d'Etat aux Sports, à la Jeunesse et à la Vie associative, mais rassurez-vous, je ne suis pas pour autant un homme politique. Je ne suis pas ici en représentation ! On m'a confié la Jeunesse parce que je m'intéresse aux jeunes. Parce que depuis 20 ans je suis au contact de jeunes, et que j'ai appris à les connaître.

J'aime les jeunes qui s'engagent, qui vont au contact. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a quelques mois, j'ai pris position en faveur du service civique... Et que j'ai lancé un dispositif de missions d'engagement civique dans le domaine du sport. Ce n'était qu'un premier pas, pour amener les jeunes à s'engager. Mais bien sûr l'objectif est un service civique « étape de vie ». Vous connaissez comme moi la passion et l'énergie de Marie et de tous les responsables d'Unis-Cité pour défendre cette idée, qui vaut la peine qu'on se batte pour elle. C'est ce que vous allez faire demain dans Paris ! Allez-y ! Donnez-vous à fond ! C'est un très beau visage de la jeunesse que vous montrerez. Aujourd'hui, je suis heureux et fier d'assumer ces nouvelles responsabilités, parce que je crois que l'on n'a pas encore fait assez pour notre jeunesse.

Par votre présence si nombreux ce soir, vous démontrez l'importance du succès rencontré par le service civil volontaire. Ce succès est la preuve qu'il existe chez vous comme chez de très nombreux jeunes un grand besoin de s'engager. J'étais il y a quelques jours au Salon des jobs d'été. J'ai rencontré plein de jeunes désireux de travailler. Vous savez quand j'avais 18 ans, j'entendais certains, plus âgés, me dire que les jeunes n'avaient plus envie de s'engager et de réaliser des choses. Aujourd'hui j'entends les mêmes propos. Je leur ai prouvé le contraire, et je sais que les jeunes d'aujourd'hui en sont aussi capables.

Pour moi, le rôle de l'Etat, c'est de donner à chaque jeune qui souhaite s'investir pour la collectivité les moyens de le faire. L'obligation des pouvoirs publics, elle est là ! C'est la raison pour laquelle le Président de la République a confié à Luc FERRY une mission sur le service civique. Je le rencontrerai personnellement dans les prochains jours pour en débattre. Cette mission permettra de prévoir toutes les modalités pour étendre ce dispositif le plus largement possible, et dans les meilleures conditions.

Je suis sûr que demain, les jeunes seront de plus en plus nombreux à suivre votre exemple et à consacrer un moment de leur vie à une cause qui leur est chère. En réponse à l'égoïsme, à l'individualisme et au repli sur soi, nous devons construire la société du volontariat. Ce qui manque aujourd'hui à notre société, c'est cet esprit collectif, ce sens de la générosité, ce sens du partage. Vous savez, moi je viens d'un sport collectif, un sport dans lequel tout seul on n'est rien. Un sport qui repose sur la confiance et sur l'entre-aide. Comme vous je sais que la solidarité est essentielle.


Alors bien sûr, tout ça coûte de l'argent. Et je sais qu'il en manquait pour assurer le financement du service civil volontaire cette année. Dès que j'ai reçu les nouvelles responsabilités de la Jeunesse et de la Vie associative, j'ai été alerté sur le sujet.

Il manquait 8 millions d'euros pour boucler le financement du service civil volontaire cette année. J'ai appelé le Président de la République, et vous pouvez me croire, il m'a immédiatement donné l'assurance que l'ACSé débloquerait les huit millions manquants pour permettre de financer le service civil volontaire. C'est une première victoire. Mais nous irons plus loin parce que ce que vous faites mérite d'être étendu à tous les volontaires.

Je vous demande de garder tout votre enthousiasme. Je suis venu ici pour échanger, pour m'imprégner de vos souhaits, de vos attentes, et aussi de votre énergie. De cette énergie qui est complètement positive. On ne parle en ce moment que de la haine, de l'agressivité et de la violence constatées dans certains stades. Je regrette que l'on fasse tant de publicité à la colère de certains, et si peu au volontarisme qui est le vôtre. De même on parle trop souvent de la jeunesse comme un problème. Il n'y a qu'à voir ces nouvelles inventions des « boîtiers anti-jeunes » émetteurs d'ultra-son pour empêcher les regroupements de jeunes. C'est la marque d'un grand cynisme. La première fois que l'on m'en a parlé, je n'y ai pas cru tellement cette idée m'a fait froid dans le dos.

Je veux au contraire croire que la jeunesse est une chance ! Il y a beaucoup à faire pour les jeunes. Mais je vous rassure, je n'ai pas l'intention de lancer un n-ième Plan pour la jeunesse. Je veux mener des actions concrètes ! Il faut faire sauter tous les verrous qui empêchent un jeune d'avoir confiance en l'avenir et de s'épanouir. Quels sont ces projets ?

Je veux favoriser la mobilité. Chaque jeune doit pouvoir partir à l'étranger pour se former. Et pas seulement les étudiants dans le cadre du programme Erasmus. Les apprentis doivent pouvoir avoir cette chance.

Je compte aussi me pencher sur la question du permis de conduire. Le permis de conduire pose problème pour de nombreux jeunes, car on met beaucoup de temps à l'avoir, et il coûte très cher. C'est en France que l'on prend le plus de temps pour avoir son permis, et qu'il coûte le plus cher. Et pourtant, c'est aussi France qu'il y a le plus d'accidents de la route impliquant des jeunes. Il y a donc un problème ! Le permis de conduire est une question essentielle pour les jeunes, parce qu'il est souvent nécessaire pour trouver un emploi. Sans permis, pas de boulot.

Il faut ensuite s'attaquer à la question de la formation : que fait-on pour les 150 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme ni qualification ? Qui s'occupe d'eux ? Avant 16 ans, c'est l'Education nationale, mais après ? Moi, j'ai envie de m'en occuper ! Cela passe par le développement des écoles de la 2ème chance, ces écoles qui donnent une formation et des compétences à ceux qui n'en ont pas obtenues dans le système classique. Je vais me rendre dans une école de la 2ème chance dans quelques jours. Il y a aujourd'hui 4 000 élèves dans ces écoles. Notre objectif est de multiplier par 4 ce chiffre d'ici 2012.

Vous le savez, il y a énormément à faire pour les jeunes ! Je compte sur vous tout au long des prochains mois pour m'aider à donner un coup de pouce à ceux qui ont en besoin pour pouvoir aller de l'avant. Je suis fier de notre jeunesse, et je veux la mettre en mouvement. Et je suis sûr de pouvoir compter sur vous !


Source http://www.jeunesse-sports.gouv.fr, le 8 avril 2008

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