Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "Libération" du 12 avril 2008, sur les relations entre le gouvernement et l'UMP, notamment à propos du débat sur les OGM. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "Libération" du 12 avril 2008, sur les relations entre le gouvernement et l'UMP, notamment à propos du débat sur les OGM.

Personnalité, fonction : COPE Jean-François.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député

ti : Q - Entre cafouillages et insultes, les relations entre le groupe UMP et le gouvernement semblent bien dégradées...

R - Cette semaine n'a pas été heureuse pour le gouvernement et la majorité. Il est temps d'aborder la suivante et de méditer les enseignements du regrettable incident de mardi. Il faut se calmer et reprendre la cordée.

Q - Les ministres qui dérapent n'encourent apparemment pas de sanction. La majorité apprécie ce nouveau mode de management ?

R - Je ne crois pas qu'on puisse durablement s'en accommoder. Mais il est du ressort du président de la République de décider du sort des ministres.

Q - Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, vous ne « tenez » pas le groupe, ce qui expliquerait les cafouillages...

R - Il y a longtemps que je n'avais pas entendu ce type d'attaque ! Il m'a semblé que c'était pour la secrétaire d'Etat une façon détournée d'éviter l'autocritique. Si les parlementaires ne viennent pas en séance, c'est souvent parce qu'ils n'ont pas été associés aux projets de loi ou qu'ils se sentent déconsidérés. Au début, le projet de loi OGM a été très suivi, puis nombre de mes amis se sentant inutiles en séance ont claqué la porte.

Q - Le Grenelle de l'environnement n'a jamais été la tasse de thé des députés...

R - Pas du tout ! Le problème, c'est que nous n'y avons pas été associés. Ce qui ne nous a pas empêchés de travailler de notre côté. Patrick Ollier, Christian Jacob, Yves Bur, Antoine Hert, Marc Laffineur et nombre de mes amis députés ont des propositions ambitieuses dont certaines directement inspirées par le rapport Attali. C'est notamment vrai dans le domaine du logement, où nous entendons promouvoir des mesures fiscalement incitatives. En matière de transport, nous voulons développer toutes les alternatives possibles à la route.

Q - Supprimer la carte famille nombreuse aurait donc été une bêtise ?

R - C'est le moins qu'on puisse dire ! Mais tout est bien qui finit bien ! Hier soir, le président de la République a entendu le message d'inquiétude exprimé par la majorité. La carte famille nombreuse est un pilier de notre politique familiale, pas un élément de notre politique sociale. S'il faut des économies, la sagesse est d'en trouver ailleurs avec la SNCF.

Q - Comment apaiser les relations entre la majorité et le gouvernement ?

R - Il faut tirer les enseignements de ces petits incidents successifs, être d'avantage dans l'anticipation et la « coproduction » législative que j'appelle de mes voeux. Avec Christine Lagarde, on travaille sur la loi de modernisation de l'économie et les suites du rapport Attali. Au départ, on peut avoir des désaccords, mais depuis un mois et demi, nous coopérons de la meilleure manière qui soit. Cela permet de déminer les éventuels différends.

Q - Nicolas Sarkozy est-il conscient des états d'âme de ses députés ?

R - Oui, il y est très attentif et nous en parlons souvent ensemble. Il m'a d'ailleurs fait part de son intention de réunir tous les députés du groupe UMP début mai.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 17 avril 2008

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