Déclaration de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, sur les vols de matériaux sur les chantiers et sur la signature du protocole d'accord visant à lutter contre le pillage des chantiers de bâtiment, Paris le 14 avril 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, sur les vols de matériaux sur les chantiers et sur la signature du protocole d'accord visant à lutter contre le pillage des chantiers de bâtiment, Paris le 14 avril 2008.

Personnalité, fonction : ALLIOT-MARIE Michèle.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

Circonstances : Convention de la fédération française du bâtiment à Paris, le 14 avril 2008

ti : Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,


Je remercie Monsieur le Président BAFFY de son intervention.

Les vols sur les chantiers sont une véritable préoccupation.

Vous avez rappelé les chiffres de l'enquête que vous avez menée en collaboration avec l'université d'Assas.

Les vols d'outillage, d'engins de chantier et de métaux pénalisent l'ensemble du secteur du bâtiment et des travaux publics. Ils sont pour l'économie française tout entière un véritable manque à gagner.

Je vous l'avais dit le 7 février dernier, et je vous le redis aujourd'hui : nous avons le devoir d'agir dans un esprit de partenariat. Le dialogue est la condition de la mobilisation de tous et d'une action efficace sur le terrain.

Le protocole d'accord que nous signons ce 14 avril, soit 2 mois après est une étape importante de cette démarche de dialogue (1). Il nous permettra de mettre en oeuvre des solutions concrètes au problème de la sécurité des chantiers (2).


1. La convention que nous signons aujourd'hui est l'aboutissement d'une démarche d'écoute, de franchise et de responsabilité.

A) Je me suis mise à l'écoute des demandes des professionnels du bâtiment.

J'ai entendu votre demande d'une meilleure prise en compte de la sécurité des chantiers par les forces de police et de gendarmerie.

Vous m'avez dit votre besoin d'un interlocuteur unique auprès des services de l'Etat.

J'ai compris votre demande de simplification des dépôts de plainte.

Je suis consciente des conséquences de la hausse du coût des matières premières. Elle explique souvent les exactions des bandes organisées. Elle incite parfois certains entrepreneurs indélicats à s'approvisionner de manière illégale.

B) Je vous ai fait part, en toute franchise, de ma propre analyse.

Je vous l'ai dit le 7 février dernier: chacun doit prendre ses responsabilités, services de l'Etat et professionnels du bâtiment.

Je ne vous ai pas caché que j'attendais beaucoup de vous.

L'implication de tous les acteurs est une condition essentielle de l'efficacité de notre action. Votre soutien m'est indispensable.

Je suis heureuse de constater, Monsieur BAFFY, que nous partageons cet état d'esprit.

C) Nous avons étudié ensemble les voies et les moyens pour parvenir à des réponses efficaces.

Un échange constructif s'est mis en place entre mes services et la Fédération Française du Bâtiment.

Je salue l'esprit de responsabilité qui a présidé à nos échanges, et dont vous venez à nouveau de faire preuve, M. BAFFY.

Aujourd'hui, nous signons un accord pragmatique.


2. La convention renforcera notre action commune autour de trois objectifs.

A) Premier objectif : la mise en place d'un partenariat situationnel

- Vous souhaitiez un interlocuteur unique.

Un référent sûreté sera désigné dans chaque direction départementale de sécurité publique et dans chaque groupement de gendarmerie départementale.

Sa mission sera de conseiller, de former et de sensibiliser les entreprises concernées.

- Je compte sur les fédérations départementales du bâtiment pour sensibiliser les entreprises à la sécurisation des chantiers : former les personnels aux enjeux de la sécurité, recourir au gardiennage et à la vidéoprotection, élaborer des plans de limitation des risques.

B) Deuxième objectif : mettre en oeuvre une prévention technique et opérationnelle.

- Vous le rappeliez, M. Baffy, la prévention passera, du côté de l'Etat, par la prise en compte des chantiers d'envergure dans le maillage territorial des patrouilles.

- Elle supposera, de la part des professionnels du bâtiment, une incitation à recourir aux solutions permettant d'assurer la prévention : l'immatriculation des engins de chantier qui font l'objet d'un trafic avec les pays d'Afrique et d'Europe de l'Est, la géolocalisation de ces véhicules par des systèmes de type GPS dissimulés. Je me réjouis de savoir que vous vous êtes d'ores et déjà engagés dans cette voie.

C) Troisième objectif : améliorer le dépôt de plaintes et l'efficacité des investigations.

- Les professionnels du bâtiment pourront obtenir un rendez-vous personnalisé au commissariat ou au poste de gendarmerie. Le gain de temps sera considérable.

- Les fédérations devront aider la police technique et scientifique à faire son travail, en informant les professionnels de la nécessité de garder les lieux de vol en état pour procéder au relevé de traces.


Mesdames, Messieurs,

La convention est rédigée. A nous maintenant de la mettre en oeuvre.

Je compte sur votre énergie pour convaincre les professionnels du bâtiment de s'engager dans cette démarche au niveau départemental.

Vous pouvez comptez sur ma détermination. Je vous remercie.


Source http://www.interieur.gouv.fr, le 21 avril 2008

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