Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur le bilan politique et économique de la première année de présidence de N. Sarkozy et sur l'avenir de l'UMP, Paris le 6 mai 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur le bilan politique et économique de la première année de présidence de N. Sarkozy et sur l'avenir de l'UMP, Paris le 6 mai 2008.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réunion des nouveaux adhérents de l'UMP à Paris e 6 mai 2008

ti : Mes chers amis,


Bon anniversaire monsieur le Président de la République !
Bon anniversaire Nicolas !
Bon anniversaire de la salle Gaveau où l'UMP, ton parti,
celui que tu as construit, celui dont tu as fait le premier parti politique de France, celui qui t'a permis d'imposer la rupture pour engager la France dans une nouvelle ère, ce parti qui, aujourd'hui, rassemble ses nouveaux adhérents.

C'est ici, salle Gaveau, au contact de ces milliers de français qui chaque mois venaient nous rejoindre que s'est enclenchée la dynamique qui a conduit à ton élection.

Je m'en souviens, chaque jour tu t'enquérais du nombre des nouvelles adhésions qui constituaient pour toi la seule vraie mesure de cette dynamique.
Quand les sondages étaient médiocres et les pronostics pessimistes, c'est ici, auprès des militants et des adhérents, que tu trouvais des raisons d'espérer !

Dans cette salle, sur cette même estrade, je me souviens du jour où Nicolas annonça qu'il allait se présenter à l'élection présidentielle.
En l'observant, je me souviens alors avoir pensé que lui seul pourrait briser tous les scénarios écrits d'avance.
La gauche misait alors sur le traditionnel balancier électoral pour empocher la mise.
Le microcosme commençait à s'extasier devant les débats participatifs de Ségolène Royal.
Ici ou là, certains ne manquaient pas de souligner les divisions de la droite.

Pouvions-nous gagner ?
Nicolas répondait « oui », nous le pouvons et nous allons le faire.
Non seulement nous allons le faire, mais, au surplus, nous allons le faire sur nos valeurs et notre projet.
Et le pari a été gagné.

Ce matin, nous avons évoqué avec le Président de la République cette soirée.
Il n'est pas là, mais croyez le, son coeur et ses pensées sont tournés vers vous.
Je vous livre une confidence : le Président reste au fond de lui-même un militant, un rebelle, qui refuse d'être étouffé par les habitudes du pouvoir.
Il conserve en lui ce goût de convaincre.
Ce goût d'engager la bataille intellectuelle face à la muraille des préjugés.
Ce goût d'agir face au mur des conservatismes.
Ce goût d'oser, là où la force de l'inertie recommande de renoncer.

Vous savez, il faut être un roc pour résister, comme il l'a fait, au déferlement d'agressivité et de critiques qui a accompagné sa première année de mandat.
L'opposition s'agite, les réformes passent.
Les attaques pleuvent, le Président avance.
Si sa volonté demeure intacte, c'est pour deux raisons essentielles.
La première, c'est que le Président est fidèle au pacte noué avec les Français.
Ce qu'il a dit, il le fait ! Chacune de nos réformes, répond à chacun de ses engagements. Cette fidélité, c'est sa force intime.
La seconde raison, c'est qu'il se sent investi d'un devoir qui transcende l'actualité immédiate : le devoir de moderniser la France. Rien, ni personne, n'altère la gravité de cette responsabilité qu'il a fait sienne.

Mes amis,
Je suis fier de servir le Président de la République.
Je suis fier de ne pas être là pour gérer le déclin tranquille de notre pays, mais d'être là pour redresser la France.
Je suis fier de trouver, au côté du Chef de l'Etat, le pouvoir d'agir avec courage.
Le courage de ne pas perdre le fil de l'intérêt national malgré la pression des intérêts catégoriels.
Le courage de ne pas osciller en fonction des sondages et de ne pas vaciller en fonction des résistances.
Le courage de construire pour l'avenir. L'avenir des jeunes générations qui ont grandi avec le chômage de masse et qui rêvent d'une société du plein emploi. Cette société du travail, des talents et du mérite, nous la bâtissons pour eux.
L'avenir de nos enfants qui ne doivent pas être contraints de payer nos dettes. Les efforts que nous déployons pour réformer l'Etat et réduire nos dépenses, nous les faisons d'abord pour eux.
L'avenir de nos petits-enfants qui ne doivent pas être condamnés à voir leur environnement devenir irrespirable et invivable. En engageant une stratégie de développement durable, nous pensons d'abord et avant tout à ceux qui nous succéderont.

On ne construit pas l'avenir avec le regard rivé dans les sondages.
On ne transforme pas un grand et vieux pays comme la France en quelques mois.
On ne change pas de politique au premier coup de vent.
Le Président a un cap, et nous le suivons avec la volonté d'être jugé au terme de notre mandat et non avant l'heure.

Il est curieux de faire le bilan au début de la course. Mais nous ne redoutons pas l'exercice.
Bien sûr, les procureurs sont, en la circonstance, toujours plus nombreux que les avocats. Mais croyez-moi, bien des gouvernements antérieurs auraient aimé pouvoir égrener la liste de nos réformes faites en 12 mois.

La France d'aujourd'hui n'est déjà plus celle d'avant mai 2007.
A la source de ce changement, il y a une révolution culturelle. Nul ne s'y trompe, et notamment pas la gauche qui a si longtemps dominé le débat intellectuel : Nicolas Sarkozy a bousculé les lignes, et notre société aborde désormais l'avenir avec un nouvel état d'esprit et un regard neuf.

Révolution culturelle sur la question de l'emploi, qui, jusqu'à lors, se résumait au partage du travail et aux RTT. Aujourd'hui, c'est à qui fera des heures supplémentaires !
7,5% de chômeurs (le plus bas taux depuis 1984), 200.000 chômeurs en moins en 2007, 26% d'heures supplémentaires en plus : la France au travail est en marche !

Révolution culturelle sur la question de la solidarité, qui, jusqu'à ce jour, se résumait à plus où moins d'assistanat. Aujourd'hui, nous débattons de l'extension du Revenu de Solidarité Active dont la philosophie nous est chère : c'est celle de la dignité par le travail !

Révolution culturelle sur la délinquance et la violence. Hier, le coupable était une victime. Désormais l'impunité s'efface devant les principes de fermeté et de responsabilité !
La loi du 10 août 2007 contre la récidive - tant décriée par la gauche et par certains experts ! - c'est, dès à présent, 7000 décisions de justice rendues.
La loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté contre les criminels les plus dangereux - cette loi «inapplicable», «liberticide», disaient ses adversaires - s'applique déjà à 13 condamnés à perpétuité et à 49 condamnés reconnus dangereux. Et qui peut dire après l'assassinat odieux, sauvage de cette jeune suédoise par un récidiviste qu'il n'était pas nécessaire de légiférer sur cette question.

Révolution culturelle avec le service minimum.
Hier, les usagers des transports publics devaient faire avec les grèves, et nul n'osait s'en offusquer, si ce n'est les Français eux mêmes !
Maintenant, c'est le service public qui doit se mettre au service des usagers et non le contraire.
Le 15 mai, il est annoncé un mouvement de grève qui devrait affecter l'éducation nationale.
Eh bien, le 15 mai, les familles feront la distinction entre ceux qui, parmi les élus, défendent le service minimum à l'Ecole et ceux qui ne le défendent pas !

Révolution culturelle sur l'université que les spécialistes du statu quo disaient intouchable, surtout par la droite !
Depuis 1984, rien n'avait bougé en la matière. Le déclin de notre enseignement supérieur était programmé. Avec la réforme sur l'autonomie des universités nous avons mis un terme à cette spirale.

Révolution culturelle sur la question de l'immigration.
Hier, les partisans de l'immigration zéro et ceux de l'immigration sans freins, se disputaient le sujet.
Nous y avons mis un terme: l'immigration choisie entre dans les faits ! Et désormais, la France est en mesure de choisir qui elle veut accueillir et dans quelles conditions !

Révolution culturelle sur la question des régimes spéciaux de retraites. Hier, ces régimes faisaient trembler tous les gouvernements. Ils sont désormais réformés et le principe d'équité s'est imposé, rendant possible l'harmonisation des régimes et la consolidation de la répartition.

Et enfin, révolution culturelle là ou toutes nos incertitudes et nos conservatismes se réfugiaient traditionnellement: je veux parler de l'Etat.
Ah la réforme de l'Etat ! On en a tant rédigé de rapports sur ce sujet, on en a tant parlé dans les colloques !
Nous, nous avons décidé d'agir.

Avec le non renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et la Revue Générale des Politiques Publiques, notre Etat est conduit à faire mieux en s'organisant mieux et en dépensant moins.
Ce défi est au coeur d'une ambition, qui, elle aussi, relève de la rupture: mettre un terme à 34 ans de déséquilibre budgétaire et réduire notre endettement qui est passé de 20% à 64% de notre PIB.

Mes amis,
Ce bilan nous le portons avec fierté, et je ne suis pas sûr que l'opposition puisse en dire autant, elle qui n'a toujours pas tiré les leçons de trois défaites successives aux élections présidentielles

N'en déplaisent à François Hollande et ses amis, il vaut mieux mettre 5 milliards d'euros pour booster les heures supplémentaires et mieux les rémunérer que de mettre 13 milliards d'euros pour financer les 35 heures.
Nous n'avons pas de leçons à recevoir de la part ce ceux qui n'ont jamais rien fait pour adapter la France à la compétition internationale, jamais rien fait pour sauver nos retraites, jamais rien fait pour briser la spirale de la délinquance.
C'est connu, moins la gauche a d'idées, plus elle caricature celle des autres ! Et plus le monde se transforme, plus elle regarde dans le rétroviseur.

Mes amis,
Nous savons ce qu'il nous reste à accomplir.
Il faut de la ténacité et du courage pour rénover et redresser la France.
La crise économique internationale rend notre tâche plus difficile, mais de toute façon, crise ou pas, il fallait et il faut moderniser la France.

Depuis les années 90, notre pays connaît un PIB inférieur à la moyenne européenne lié à une productivité plus faible.
Il se caractérise par une croissance inférieure de 1% et un chômage supérieur à 2% par rapport aux autres Etats européens. Quant à notre endettement, il est passé de 20% à 66% en 25 ans
Tout cela, c'est le résultat de plusieurs décennies d'hésitations et d'immobilisme.
Des décennies durant lesquelles nous avons cru que le progrès économique et social était un dû et non une conquête permanente.

Notre pays a pris beaucoup de retard.
Et c'est ce retard que nous allons rattraper ensemble.

Naturellement, je discerne l'impatience et les doutes.

Nous sommes entre deux époques.
Il y a, d'un côté, la France d'hier qui se libère progressivement de ses habitudes, et, de l'autre, la France de demain qui commence à se dessiner.
Toute période de transition crée un mélange d'attentes et de crispations.
Comme l'a fait le Président de la République lors de son intervention télévisée du 24 avril, je fais appel au bon sens des Français.
Il faut dire la vérité, et la vérité c'est que l'on ne va pas à la conquête de la croissance, du plein emploi, de la remise en ordre de nos finances publiques, sans durée, sans ténacité et sans courage !

Mes chers amis,

L'engagement intense du Président, du Gouvernement, du Parlement, ne doit pas freiner les militants que vous êtes.
Il n'y a pas, et il ne peut pas y avoir, de pause militante.
Au cours des dernières années, nous avons triplé nos effectifs.
C'est un résultat magnifique qu'il faut poursuivre.
Il faut aller encore et encore au devant des jeunes, des ouvriers, des intellectuels, des artistes, des économistes, des entrepreneurs, des représentants du monde associatif...
Bref, il faut aller au devant des Français. Il faut les écouter, les interpeller, les motiver.
Nous sommes un mouvement populaire, pas un parti de notables !

Avec le Président de la République, nous avons besoin de vous pour agir.
Nous avons besoin de vous pour sentir le futur.
Nous avons besoin de vous pour conserver un coup d'avance dans le combat intellectuel.
Avec Nicolas Sarkozy, nous avons besoin de vous pour bâtir la France que nous aimons et que nous voulons.


Source http://www.u-m-p.org, le 7 mai 2008

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