Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question sur le vote rejetant le projet de loi sur les OGM, à l'Assemblée nationale le 14 mai 2008 | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question sur le vote rejetant le projet de loi sur les OGM, à l'Assemblée nationale le 14 mai 2008

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Rejet du projet de loi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale le 13 mai 2008, une question préalable déposée par des députés du Groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR) ayant été adoptée

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,


J'en conviens, M. Ayrault, hier la gauche a réussi, bien malgré elle, un coup politique, qui n'est ni significatif ni constructif. Il n'est ni significatif parce qu'il intervient après le rejet de toutes les motions de procédure en première lecture à l'Assemblée nationale et au Sénat. Parce qu'il intervient après le vote à l'Assemblée nationale et au Sénat du texte. Et parce qu'il intervient même après le rejet d'une motion d'irrecevabilité que vous aviez vous-mêmes déposée en deuxième lecture. Mais ce coup politique n'est pas non plus constructif puisqu'il interrompt le débat pourtant nécessaire en deuxième lecture. En réalité, ce que vous avez fait hier, c'est un mauvais coup porté au développement durable, qui suppose un équilibre entre le respect de l'environnement et le progrès scientifique. Ce que vous avez fait hier, c'est un mauvais coup porté au "Grenelle de l'environnement", qui avait permis d'aboutir à un équilibre que vous-même vous n'avez jamais pu obtenir.

Alors au lieu de vous inscrire dans un processus de dialogue et de recherche de consensus, vous préférez faire de la procédure et de l'opposition systématiques. C'est votre droit ! Et je le comprends parce que vous avez beaucoup à vous faire pardonner. Qu'avez-vous fait pour réglementer la culture des OGM dans notre pays ? La réponse est rien ! Qui a autorisé le maïs Monsanto 810 en 1998 ? Vous ! Qui a négocié la directive européenne à Bruxelles ? Vous ! Qui enfin, a dit, mesdames et messieurs les députés : "Il ne faut pas tomber dans un obscurantisme qui arrêterait toutes les recherches" ? C'est madame Ségolène Royal ! Quant au droit de l'opposition, il n'a jamais été autant respecté. Qui a décidé que la présidence de la commission des Finances serait donnée à l'opposition ? Ce n'est pas votre majorité lorsqu'elle était au pouvoir, c'est la nôtre. Avez-vous proposé lorsque vous étiez aux affaires une réforme de la Constitution qui donnerait des nouveaux pouvoirs au Parlement ? Jamais !

Alors, M. Ayrault, je réponds directement à votre question : il n'y a pas d'institutions démocratiques qui consistent à donner à la minorité, le pouvoir que le peuple a donné à la majorité.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 15 mai 2008

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