Interview de M. Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, dans "Le Midi Libre" du 16 mai 2008, sur la réforme des institutions et la réorganisation de la défense. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, dans "Le Midi Libre" du 16 mai 2008, sur la réforme des institutions et la réorganisation de la défense.

Personnalité, fonction : MORIN Hervé.

FRANCE. Ministre de la défense ; FRANCE. Le Nouveau Centre, président

Circonstances : Congrès fondateur du Nouveau Centre à Nîmes les 16 et 17 mai 2008

ti : Q - Le congrès fondateur de Nîmes signera-t-il la renaissance de l'UDF ?

R - Pendant plusieurs décennies, l'UDF a représenté un courant de pensée qui a défendu les valeurs du centre. Le centre veut une société équilibrée. Comme les deux flotteurs d'un catamaran, notre société doit s'appuyer sur la liberté qui fait avancer le monde et la solidarité qui garantit la justice pour tous. Le Nouveau Centre veut incarner cet humanisme.

Q - Sur quels points durs pourriez-vous aboutir à un clivage avec la majorité UMP, par exemple sur le plan constitutionnel ?

R - L'idéal démocratique est consubstantiel à la liberté. Nous voulons peser sur les choix qui seront effectués au moment de la révision de la Constitution. Nous voulons faire évoluer le texte. Sur l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale car nous voulons une société plus juste où toutes les familles politiques puissent être représentées. Sur l'inscription de la règle d'or c'est-à-dire l'obligation faite au gouvernement de présenter un budget en équilibre. Nous voulons aussi faire valoir nos idées sur la réhabilitation des droits du Parlement et sur le statut de l'élu comme par exemple l'obligation pour un fonctionnaire, après son premier mandat, de démissionner de la fonction publique pour donner de l'oxygène à la politique. Ce texte va dans le bon sens mais nous comptons l'améliorer encore.

Q - Et concernant l'Europe, n'êtes-vous pas en décalage avec vos partenaires ?

R - Nous avons la volonté de faire en sorte que l'Europe ne soit pas qu'une zone de libre échange. L'Europe doit lier protection et projection. Elle doit protéger contre les excès de la globalisation. Mais il faut aussi qu'elle porte son modèle à travers le monde. Cela passe par une construction politique et des projets comme l'Europe de la défense ou la lutte contre l'immigration clandestine à l'échelle européenne.

Q - La réorganisation des forces armées, qui entraînera des fermetures de sites, suscite l'inquiétude de certains militaires et des élus locaux. Pouvez-vous les rassurer ?

R - Trois raisons imposent de faire évoluer notre défense. La première est de l'adapter aux risques qui évoluent sans cesse. D epuis la chute du mur de Berlin et la disparition du pacte de Varsovie nous ne courons plus de risque majeur d'invasion de notre territoire national, avons-nous besoin d'autant de chars de combat de plus de 40 tonnes ? En revanche, si nous pensons que notre pays doit faire face aux risques liés au terrorisme à grande échelle, à la prolifération nucléaire ou à la déstabilisation de régions qui entraîneraient des conséquences pour notre propre sécurité, vous voyez bien qu'il nous fa ut davantage de moyens d'investigation, de renseignement et de projection. La deuxième raison est que malgré l'effort colossal d'adaptation que nous avons fait en professionnalisant nos armées en 1996, nous n'en n'avons pas tiré les conséquences en matière d'administration générale et de soutien. Alors que dans les opérations extérieures, nos armées ? terre, air, mer ? travaillent en permanence ensemble, elles ne le font pas encore assez dans la vie quotidienne sur le territoire national. L'administration générale et le soutien sont encore trop cloisonnés entre les armées. Je souhaite supprimer les doublons de services pour les mutualiser au profit de toutes les armées.

Q - Et qu'en est-il de l'armement ?

R - La France a décidé d'engager le renouvellement de la totalité de ses grands programmes d'armement. Cet effort nécessaire nous conduit à avoir des besoins financiers nettement supérieurs à ce que nous consacrons aujourd'hui à l'équipement de nos forces. Il nous faudrait au moins deux milliards d'euros de plus par an. Toutes les marges de manoeuvre que nous dégagerons à la suite de notre réorganisation seront affectées à l'équipement de nos forces, et à l'amélioration de la condition des personnels de la défense. Au plan local, des compensations seront proposées pour les sites touchés.

Q - Le secrétaire général du Nouveau Centre pourrait-il être gardois ?

R - A ce poste, je nommerai le député Yvan Lachaud. Il est très actif et courageux.


Recueilli par Gérard Durand


source http://www.le-nouveaucentre.org, le 16 mai 2008

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