Interview de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" du 20 mai 2008, sur les divisions au sein de l'UMP et l'appel aux députés de gauche pour adopter la réforme des institutions. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" du 20 mai 2008, sur les divisions au sein de l'UMP et l'appel aux députés de gauche pour adopter la réforme des institutions.

Personnalité, fonction : ACCOYER Bernard.

FRANCE. Assemblée nationale, président ; FRANCE. UMP, député

Circonstances : Début de l'examen à l'Assemblée nationale, le 20 mai 2008, du projet de loi constitutionnelle

ti : Q - Êtes-vous inquiet des divisions profondes au sein du groupe UMP, tant sur le projet de loi OGM que sur la réforme des institutions ?

R - J'appelle la majorité à se ressaisir et à être unie. La majorité s'est trop divisée sur le projet de loi OGM au point d'être battue dans l'Hémicycle sur une motion de procédure, ce qui ne s'était jamais produit sous la précédente législature. Elle n'est pas, non plus, totalement unie sur la réforme des institutions, comme sur la question de l'urbanisme commercial, l'un des éléments forts de la loi de modernisation économique. À chaque fois qu'une majorité est battue, elle compromet gravement son avenir et déçoit ses électeurs.

Q - Comment expliquez-vous ce que certains qualifient de « climat délétère » dans la majorité ?

R - Nous devons revenir à l'engagement pris par Nicolas Sarkozy devant les Français : celui de réformer en profondeur le pays. Beaucoup de Français ont voté pour Nicolas Sarkozy et lui ont donné une majorité à l'Assemblée pour que nous conduisions ces réformes indispensables qui n'ont que trop attendu. Il faut que nous sachions surmonter l'immobilisme et le conservatisme. C'est notre feuille de route. Les responsables comme les parlementaires de la majorité doivent savoir additionner leurs compétences. Tout le monde doit absolument jouer collectif. Chacun est responsable de la réussite commune. Il n'y a pas de place pour les comportements individuels qui conduiraient à l'échec collectif. Le débat au sein de la majorité est indispensable, mais dans l'Hémicycle, l'unité doit prévaloir.

Q - Il y a une dizaine d'opposants résolus à la réforme constitutionnelle chez les députés UMP. Quel message voulez-vous leur adresser ?

R - La réforme des institutions est un engagement pris par le président de la République et sa majorité devant les Français. Sans revenir sur les principes de la V République, qui a fait les preuves de sa solidité et de sa souplesse, le rééquilibrage en faveur de pouvoirs supplémentaires donnés au Parlement, c'est-à-dire aux représentants directs des électeurs, est indispensable pour la santé de notre démocratie. Nous devons répondre à l'attente légitime des Français d'être mieux entendus et leurs attentes mieux exprimées dans les lois votées au Parlement. C'est l'objectif de la réforme.

Q - Y a-t-il sur ce texte d'autres avancées possibles pour tenter de convaincre la gauche de voter pour ?

R - Oui. L'exécutif l'a dit : il est ouvert à l'amélioration du texte, y compris sur des propositions venant de l'opposition. J'observe que c'est ce qui s'est passé en commission des lois, où des amendements ont été adoptés à l'unanimité, y compris des amendements de gauche. L'heure des choix responsables est venue pour l'opposition. Comment pourrait-elle justifier son refus de donner de nouveaux pouvoirs, qu'elle a elle-même demandés, au Parlement et aux citoyens ? En multipliant les exigences et les préalables qui ne relèvent pas de la Constitution, comme la réforme du mode de scrutin sénatorial ou l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée, la gauche ne rend pas service à la France. Nous avons une chance unique de rénover notre démocratie. Saisissons-la.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 21 mai 2008

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